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de VEmile de Jean-Jacques : Le comte Tolstoï raîlle-t-il ou bien s'il est fou ? Il paraît que les enfants et le peuple en Russie |
connaissent Cakya Mouni et son histoire ; c'est Vodka-Mouni qu'il faudrait dire, ce semble.
Il faut être d'une mauvaise foi ridicule pour écrire, < le thème des décadences et des esthètes, dans le genre d'Oscar Wilde, est la négation de la morale et l'exaltation de la débauche. »
Oscaro Wilde n'existait pas avan t son supplice, c'était un excentrique et la littérature ne songeait pas à le réclamer, l'ignoble Angleterre en fait une victime.
Ce que réclame le comte Tolstoï, c'est' au fond, la chanson de Darcier, Pierre Dupont, Déranger, pour la poésie ; Jean Macé p our la science avec Jules Verne, des instantanés de miséreux comme tableaux et les airs de dix-huit cent trente.
Le paysan étant un enfant, il y a toute une presse à laquelle je ne veux pas faire de réclame, car je n'admets pas la littérature pour enfants, pas plus que la religion pour
bêtes, qui donnerait satisfaction au moujickisme, cette nouvelle école où il faut d'abord ne rien savoir et ensuite mépriser l'art, au nom du Christ.
L'article demandé abonde dans les greniers du commerce français; s'il est le seul qui puisse s'associer au vodka, je suis prêt, en gratitude de ce Tolstoï a écrit contre la guerre et l'armée, à lui donner les litres, les dates et à lui indiquer même des stocks de cette précieuse marchandise. Mais que ce dyspeptique intellectuel, parce qu'il a l'estomac faible ou gâté, vienne blasphémer le vin et l'ordinaire nourriture, pour préconiser le régime lacté et les laits de poule; Non !
Cet esprit vieilli et désabusé, janséniste, sans credo, voudrait dissuaduer l'huma, nité de l'Eglise et de TArt ; sorte de stopitz cérébral, il réprouve ce qui a fait la joie et la force de l'université, seulement épris du livre israélite, le plus anti-chrétien qui ait jiamais été.
Sa Critique ne s'étend pas à voir Tincohérence des deux testaments en un volume,
il est trop musulman pour ne pas aimer Moïse, et dans ce russe^ il y a du turc, et dans cet officier, il y a de l'uléma.
L*homme qui trouve insupportable les murmures de la Forêt de Siegfried , la Tetra lagie^ un conte stupide et confus ; la forge de Vépée une bêtise, le réveil Brunehilde , une sottise, est un barbare. Au lieu d'une parole de Jugement, c'est Tinjure que le grand moujick lance au chef-d'œuvre ; il crie « stupidité, absurdité, sottise, bêtise, ignorance ».
Unir les hommes, tel est le rêve exprimé ; créer un haine immortelle entre la race latine et la race slave, tel est le résultat de ce livre. Certes, les latins doivent recevoir les slaves comme des enfants et les instruire, c'est leur devoir de race supérieure, mais peuvent-ils supporter cet ancien officier qui vient faire de vilaines choses contre les plus grandes.
L'officier aime l'officier ; qui se ressemble s'assemble, et quand ces gens-là se rencontrent, ils conjuguent leur verbe propre, sabrer ou toaster : des culottes rouges se
sont frottées, à propos de Champagne, à des uniformes russes^ et on appelle cela sympathie de races : plaisanterie^ ces peuples s'ignorent et se haïraient en se connaissant.
Quant à l'intellectuel mis en garde par l'expérience historique, il redoute surtout la tyrannie des illettrés et des iconoclastes. Cette tentative russe contre le génie latin me semble prématurée : la France est déjà sous le protectorat russe, vassale au fond et dupe certaine, mais il faut encore un demi-siècle pour que les Cosaques campent ostensiblement à Paris.
L'ancien officier s'est trop pressé : le Barbare attend d'avoir mis sa pique sur la gorge d'une civilisation pour l'engager à renier ses Dieux : et comme il n'est pas au pouvoir de M. Faure, produit du suffrage universel, de paraître et de parler en autre nom que celui des manants, moi, électeur, au Saint Empire de l'art je dénonce Tattaque des moujicks et leurs insultes à nos Dieux.
Ce serait un facile et amusant travail que la réduction à l'absurde de Qu'est-ce que Pûrt?
Il n'y a point d'ordre en son discours que son perpétuel blasphème : il irriterait un ange; essayons, sur la traduction de M. Halperine Kaminsky de parcourir l'insolent exposé de la barbarie qui se dit chrétienne en un manifeste du nihilisme esthétique.
VArt occupe trop de place dans les ga:[ettes^ dans les mœurs, dans le budget national y absorbe trop d'énergie.
Et Tarmée, ô ancien officier, l'armée, la machine à tuer, elle remplit les gazettes de ses inévitables atrocités ; c'est elle qui arrache le paysan à la terre pour le jeter à la corruption des villes : il y a vingt millions en France pour Tart, il y a mille millions pour l'armée. Vous plaignez les coiffeurs, les bijoutiers, les imprimeurs, et vous ne plaignez pas les soldats !
Ce que vous avez vu de plus humiliant pour rhomme, c'est d'être choriste d'opéra et de subir Tinsolence du régisseur qui fait recommencer les mouvements. Souvenezvous, ô officier, vous avez fait recommander des mouvements autrement idiots ; et, après tout, le figurant peut gifler le f égis-
seur, tandis que vous savez le prix d'un soufflet quand la joue est galonnée : la mort, mon officier !
Ainsi, vous avez la plaisante audace, vous qui avez dit « portez arme et par file à gauche » avant de réformer Tart et d'insulter Beethoven, de pleurer sur la détresse du figurant, sur le malheur du joaillier.Âllons, mon officier, un peu d'honnêteté, souvenezvous du Knout, des compagnies de discipline, et des conseils de guerre, et de la Sibérie, et du banditisme colonial, et des hauts faits du Caucase, etc..
Tout ballet, opéra, exposition, concert^ livre exige un travail intense, souvent nui^ sible ou humiliant, toujours forcé de milliers d'hommes.
Quoi de plus humiliant, de plus nuisible, de mieux forcé, pour des millions d'hommes que l'armée.
Ces gens que vous peignez si misérables peuvent garder leur dignité et envoyer leur maître au diable ; ils peuvent se marier ; ils gagnent de l'argent et souvent du prestige ; ils sont indépendants leur journée finie.
Plaignez les soldats, mon officier, eux seuls sont les misérables, en notre société, eux seuls méritent la pitié !
VArt vaut-il ce qu'il coûte?
Et l'armée, mon officier, Tarmée qui prend tout homme, valide partout, et tout argent disponible.
A quoi reconnaître une œuvre cfart architecturale.
Monumentale question : On différencie l'œuvre d*art architectonique de la bâtisse, en ce que Tune exprime l'âme collective d'une communion et que la bâtisse ne réalise que la convenance de l'objet à l'usage.
Quand il y a identité de formes, il y a identité de sentiments ; le musulman et le slave se ressemblent, parce qu'il y a rapport entre la coupole moscovite et l'autre.
Le mot krassota veut dire plaisance et non beauté.
La Russie n'ayant pas encore de civilisation ni de penseur, n'a pas de langage mé« taphysique : et qu'est-ce que cela fait à l'esthétique ; il n'y a pas d'art russe, non
RÉPONSE A TOLSTOÏ 2Dg
plus, il n'y a qu'une force russe encore innommée mais formidable.
Nous appelons beauté ce qui nous procure tel ou tel plaisir.
La beauté serait donc une idyosincrasie ; non, nous appelons beauté la réalisation conforme à la fois à notre idéal et à la tradition, c'est-à-dire conforme aux œuvres testamentaires de l'humanité.
Exemple : il n'y a pas de beauté hors de la proportion : un corps peut être inscrit en 7 têtes ou en ii, pouvu qu'il soit proportionné. La beauté ne produit, quelque soit l'œuvre, qu'un seul et unique plaisir, d'essence spirituelle qui est une transposition du sentiment en idée, c'est-à-dire un mouvement abstractif.
La satisfaction de notre goût ne peut servir de base à notre définition du mérite de la nourriture ; de même la beauté, c'està-dire ce qui nous plaît. »
Mais, ô officier, la beauté est ce qui doit nous plaire. J'ai mis longtemps à me plaire avec Bach, par imperfection de connaissance musicale.
Le but de la nourriture est l'entretien de la vie physique; celui de Tart, l'entretien de la vie morale ; or les choses de Tâme ont une unité particulière qui ne laisse pas tant de place à Tidyosincrasie ; cependant il y a des tempéraments et Tun se nourrit de subtilité avec Léonard^ l'autre d'intensité avec Signorelli et Michel Ange. Des nuances existent encore ; pour certains, la suavité de MelozzOyde Gozzoli sera plus assimilable.
La beauté est reconnue par le plaisir qu^ elle procure ,
Non parce que le portrait d'une femme aimée, ou le paysage auréolé de souvenir, et tout ce qui s'augmenterait de choses vécues produiraient le plaisir mieux que la beauté abstraite.
La beauté est reconnue par Vélévation qu'elle procure au spectateur.
Parsifal est pour moi l'œuvre parce que nulle autre ne m'a élevé si haut.
La chose d'art est un aimant d'au delà pour l'homme, elle doit l'attirer en haut et cette attirance en hauteur est le vrai critère sentimental.
RÉPONSE A TOLSÏOJ lÔl
Ce qu'on appelle jouissance artistique, est un phénomène dilatatif de la personnalité, augmentatif de la vie Imaginative.
Donc, ce plaisir, si on veut ce mot, est bon comme la prière, parce qu'il rapproche du divin.
La beauté, mon officier, est ce qui purifie et non ce qui plaît :
« Qu'est-ce que Tart, si nous en écartons ridée de beauté qui embrouille la question? »
Ce que devient le moyen en écartant le but, ce que devient le corps en éloignant Tâme, ce que serait la recherche de la vérité en niant qu'il y en ait une ;
« Toute œuvre d'art engendre la contagion artistique : l'art agit comme la parole ».
La contagion (expression bizarre) résulte de deux facteurs polarisés, une potentialité et une susceptibilité réceptive : la puissanced'une œuvre etlareconnaissanced'une âme forment une équation esthétique ».
La parole suppose une analogie entre l'orateur et le public ; l'ouvrier français ne
pourrait suivre le développement de la phrase Bossuétique à plusieurs membres :
et rhomme d'humanité n'entendrait pas les mots techniques de l'ouvrier.
J'ai assisté à des disputes entre mécaniciens sans pouvoir saisir de quoi il s'agissait.
« Ce sera toujours de tart^ lorsqu'un hornme exprime plaisir ou douleur >.
Non, l'art ne commencera que si l'expression est typique et s'élève au-dessus de la circonstance ordinaire.
« L'art est une activité de l'homme sur ses semblables, pour leur faire vivre les sentiments qu'il a éprouvés. »
Mais, si un colonel nous initiait au plaisir d'achever les blessés et de compliquer les supplices comme à Madagascar ou avoir une com))agnie commandée pour le viol de vierges chinoises ; ou bien si un adjudand exprimait la résolution de faire fusiller tout intellectuel que lui tomberait dans les mains; ces sentiments éprouvés pourraient être éloquents, mais très différents de l'idéal chrétien. Il faudrait donc écrire :
RÉPONSK A TOLSTOÏ 263
L'artiste fait participer ses semblables aux visions les plus nobles.
«L'art n'est pas la manifestation de Dieu dit Tolstoï » or, cette parole étant ma parole je dois la défendre. Toute idée de perfection se raccorde à Dieu, comme l'idée de bonté.
Dieu peut être dit Beau comme Bon, car étant Dieu, il réalise ce que nous concevons d'excellent. L'Absolu contient tout, donc la beauté ; mais rien ne le contient, donc l'œuvre d'art ne contient pas Dieu : mais elle est un sacrement ou signe extérieur qui aide l'homme à s'orienter vers Dieu et elle le manifeste dans le sens où un miroir manifeste la lumière.
Vart i^eligieiix est une infime partie de tout /*(3r/. Vraiment,que reste-t-il, en dehors de la religion ; l'art ésotérique, l'art des magiciens, le Léonard et le Raphaël des Chambres, inassimilables aux moujicks.
« Le Christianisme d' Eglise catholique ne î^econnait pas les dogmes fondamentaux du vrai Christianisme : les relations directes de chaque homme avec le Père et Tcgaliié
de tous les hommes qui en résulte. » Tout à l'heure, on me traitait d'ignorant pour avoir dit que la Beauté manifestait Dieu dans les chefs-d'œuvre ; voici maintenant que le fidèle du vodka est en relation directe avec le Père.
Voyez-vous l'affreux protestant, l'ennemi de l'Eglise, des saints, de la Vierge, se révéler. Ah ! nous la comprenons, nous les Latins, Madame Marie, et elle aura toujours pour sa garde des pensées plus flambantes que le sabre de l'officier Tolstoï. « Les hommes sont égaux; » vraiment, celui qui déraisonne et enténèbre les esprits est l'égal du flambeau indicateur de la vraie voie ; et Barrabas vaut saint Jean et les deux larrons sont égaux l
L'art du moyen-âge serait inférieur pour notre temps.
La cathédrale, avec la sculpture de ses porches et la peinture de ses verreries, serait inférieure pour les officiers du tzar ou les moujicks des dits officiers I
« La Renaissance ne pouvait plus croire à la religion catholique dont on avait décou-
vert la fausseté et on retourna à la conception grossière des anciens grecs. »
Voilà une proposition qui rue de tous côtés.
La Sixtineet les Chambres ne croient pas; la naissance de la Compagnie de Jésus n^est pas une poussée de foi ; le xvii* français n'est pas rigoureusement catholique ?
Où donc l'officier moujick a-t-il étudié l'histoire : un russe qui parle de la grossièreté, des anciens grecs n'est-ce pas d'un comique sinistre ?
Voulez-vous d'autres assenions du savant officier.
Le Bien était déjà connu des juifs du temps d'Esaïe.
Il était sans doute inconnu des Egyptiens et des Indiens et des Chinois, ô savant sabreur. Le Bien est si peu connu d'Esaïe, que jamais la férocité la plus aveugle ne s'est exprimée aussi terriblement. Le grand poète aurait pu être aussi Skobeleff, il veut que les ennemis d'Israël soient exterminés et qu'on fouille le ventre des mères pour en arracher l'enfant avant terme.
sl--
Ah 1 le bien d'Esaïe, mais c'est le bien des bourreaux et des Kurdes et cela peut se lire à Sainte-Hélène ou à la chambrée, car c'est un poète national, non pas un poète sacré, et tous les nabis d'Israël ne sont que |; de vulgaires patriotes qui rêvent pour leur
race un piédestal fait du cadavre des nations.
« Il y a deux mille ans, un petit peuple demi-barbare, modelait fort bien le corps. »
L'impertinence est un peu lourde, mais excusez-le, il tut officier et il s'en souvient» il knotte la tradition, le bon russe ; et celui- P là n'a pas l'excuse de l'ivrognerie.
« On pouvait parler d'un art national juif. »
Malgré mon ignorance, j*ose dire que tous les symboles sont pris d'Egypte et d'Assyrie et que la main-d'œuvre fut phénicienne.
c, « Il y a eu un art russe jusqu'à Pierre.
En quoi consistait-il ? O pape des moujicks.
« L'Aî^l doit être accessible à tous, »
Un autre dirait tous doivent accéder à 1
l'art ; mais non, c'est à l'art de descendre.
L'amour ne doit pas choisir, toute femme est bonne à tout homme.
Absurdité. Chacun n'admire que dans le sens où il aimerait : or, l'accouplement de rinteliectuel et la paysanne, même russe, donnerait de piètres résultats.
« Une œuvre d'esprit ne l'est réellement que lorsqu'elle transmet de nouvelles pensées, que lorsqu'elle enrichit la vie humaine d'un nouveau sentiment, »
Excellent officier, il croit à la nouveauté en pensée et en humanité.
U évolution de la conscience religieuse n'a pas de limite,
M. Tolstoï incarne la dernière, la neuve sinon la bonne.
« Le prophète juif et Tartiste grec s'exprimaient sous une forme accessible à tous. »
Vraiment, tel le Bereschit et la vision d'Ezéchiel, et la Promethéide et les androgynes, O science russe !
L'œuvre grecque comme toute grande œuvre, était faite doublenient en extériorité pour tous, en intériorité pour quelquesuns. Le Torse de Hermès de Praxitèle est
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la négation de la femme au sens plastique^ mais Tolstoï ne le verrait pas, appartenant à la catégorie des exotériciens.
La majorité a toujours compris Tépopée de la Genèse.
Excepté lorsqu'elle a appelé Y Iliade une cosmogonie ou qu'elle a pris le Béreschit pour une Enéide,
« Tout compositeur doit entendre son œuvre pour lui donner la forme nécessaire, et Beethoven était sourd. >
4c Le corps nu, c'est-à-dire ce qu'on ne voit jamais et que Tbomme occupé du véritable art a rarement besoin de représenter. >
« L'art doit être contagieux, nouveau, net, sincère, réglé sur la conscience religieuse de répoque qui est, en 1898, la Fraternité ! »
« L'activité artistique sera accessible à tous parce que l'art aura perdu sa technique compliquée, qui exige de Tétude et du temps ; cette activité deviendra accessible à tous. »
« L'artiste de l'avenir vivra de la vie ordi-
naire, par un métier, et il fera des devinettes, des anecdotes et des jeux d'enfants. »
Sur cette dernière niaiserie, le dégoût accumulé par cette lecture vous fait rejeter ce livre qui est mauvais, insulte à toutes les preuves de la vérité, et ruine d'un coup les églises, les musées, les bibliothèques.
Les vieux Scythes saccageaient, mais ils n'avaient pas un mauvais réhteur qui légitimât leur dévastation par des considérations humanitaires : ils ne discutaient pas le mérite des œuvres d'art avant de les briser, ils dévastaient sans phrase.
Ce traînard des Huns qui vient salir les marches sublimes des Parthenons et des Sixtines, au nom du Christ, me semble le précurseur de la barbarie prochaine raisonneuse et théologique comme Luther, abominable comme l'Islam, mais qui, hélas, vaincra parce que l'ordre du Temple est mort, lui qui nous eût sauvés. Le génie latin a déjà subi bien des assauts comme TEglise, sa mère, et le fils et la mère existent encore, amoindris mais vivants ; malades même,
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mais immortels, car la latinité depuis dixneuf siècles détient la vérité sous toutes ses formes, elle a tout fait.
Si le jour doit venir, il approche peutêtre, où son éponymie s'éteindra. c*est que d'autres races se seront latinisées et civilisées au sein de TEgUsc, seule puissance d'ordre, de hiérarchies et de gloire, présence réelle de la divine volonté.
L'an deux mille sera sombre, mais la barque de Pierre, montée des nautes latins, restera encore le phare de l'humanité, et, si elle sombrait, l'univers, plongé dans d'atroces ténèbres, perdrait sa conscience et ce qu'on nomme histoire serait fini : les idées rectrices disparues, ce monde ne serait qu'un conflit d'espèces et d'instincts.
Van, comme la religion, se constitue de
son mystère : pour en recueillir les bénéfices il faut admirer et prier.
Les plus favorisés parmi les dévots ne sont pas les théologiens, ceux qui comprennent, mais les simples, ceux qui croient.
Si le peuple peut se nourrir du catéchisme^ le livre le plus difficile à comprendre qui existe au monde : il se subsantera d'images même subtiles, de formes même choisies.
L'amour a des ailes : il s'élève là où le raisonnement mène sa pesante enquête.
L'art doit dénouer nos ailes, leur donner essor, et celui qui pleurera devant le Cenacolo l'aura compris.
Il n'est pas vrai qu'il faille au peuple un art populaire.
Le peuple se plaît au sublime.
C'est la bourgeoisie qui. a corrompu la production contemporaine, en exigeant d'être représentée ressemblante et de retrouver partout sa même bassesse.
J'ai beaucoup aimé les arts ; j'ai fait ce que j'ai pu pour ramener à l'idéalisme, les artistes de mon temps : mais mon effort, d'abord difficile, a été rendu impossible.
L'Etat, en la personne de son Directeur des bâtiments civils, M. Jules Comte, m'a déclaré que Paris n'avait pas un mur à prêter pour vingt jours : et le sixième salon de la Rose croix a été vilipendé par le FigarOf avant d'être ouvert.
Je rends donc les armes : la formule d'art que j'ai défendue est maintenant admise partout, et pourquoi se souviendraiton du guide qui a montré le gué puisque le fleuve est passé.
J'ai fait le bien que j'ai pu et si je m'en souviens c^est pour prétendre que plus qu'un autre, j'étais obligé à ne pas laisser la diatribe russe sans protestation.
Je crois avoir été, en toute rencontre, un esprit classique, respectueux de la tradition,
qui préféra toujours l'Art à son œuvre et ne se démentit jamais en sa foi de penseur latin.
Ma personnalité a servi de proue à de très nobles idées ; elles sont débarquées et ont reçu accueil : qu'importe qu'on s'en souvienne !
Au service de Tidéal^ chacun a la même devise, celle du très saint ordre du Temple :
Non nobiSf Dotnine
Non nohis
Sed nominis lui
Glorûe soîi.
xAd Rosanii per Crucem tÂd Crucem, per Rosatn
In ea, in eis Gemmatus, resurgam.
St-Amand (Cher). — Imp. DESTENAY, BussiiBB frères.