C. A. LEBLANC
Commissaire.
(Certifié,)
Peter L. Macdonell,
Mardi, le 11 mars 1873 2 h, P. M.
L'examen du témoin G. Vancastor est continué.
A M. St. Pierre.
Je ne puis pas affirmer que l'affldavit dont j'ai déjà parlé, a ét^ fait sous serment ou non, on m'en a fait la lecture, voilà, tout. Lorsque l'on nj'a fait la lecture de l'affldavit en question, j'ai supposé que c'^ .t pour me faire abandonner la plainte. Evidemment, d'après les argmnents dont on se servait, j'ai compris que c'était pour me faire retirer ma pl'inte.
J'ai été déchargé de la police par un ordre du chef Penton le 22 janvier dernier ; j'étais à mon poste mr la rue St. Laurent, un homme de police est venu me chercher et m'a dit ue retourner à la station. Alors le sergent de service Angers me dit : Vancaster vous êtes déchargé. J'ai alors demandé les motifs de ma décharge, et on a refusé do me les donner ; j'ai aussi demandé de voir l'ordre par écrit, et l'on a aussi refusé de m'en donner connaissance.
Depuis ma décharge, aucune personne n'a fait d'instance auprès de moi pour me faire retirer ma plainte. La plainte que j'ai d'abord envoyée au gouvernement était sous forme de lettre, ainsi qu'il appert au dossier ; dix ou douze jours plus tard j'ai formulé les mêmes plaintes sous serment, sous la forme d'un affldavit. C'était au mois de décembre que j'ai fiiit le dit affidavit et c'est le 20 ou le 21 do janvier, comme je l'ai dit plus haut, que je suis allé au Buieau de M. Belle.
A ma connaissance on a fait de semblables démarches pour induire ma femme à retirer sa plainte. Ma femme et moi nous avions assennenté l'affldavit maintenant produit.
J'ai en ma possession un affidavit assermenté et signé de moi et de ma femme, c'est le seul affldavit que j'ai fait ou que ma femme à ma connaissance ait fait à ce sujet.
^iiestion. — Veuillez produire cet affidavit T
Réponse. — Je le produis marquée de la lettre L.
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Objection réservée.
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Transquestionné.
A M. Belle. '
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pour aller chercher le Magistrat, je n'ai rien pay«^ ù M. Millier pour la rédaction de l'atti<lavit en (piestion.
Je suis allé rendre visite h M. Muller dans le mois de décembre flernier, apn^'s la lettre que j'avais envoyée au ^Magistrat, l'affldavit en (luestion a été écrit chez moi, j'ignorais lorsque j'allai chez lui (lu'il fut sortit de l'émigration.
Avant de rendre visite h M. Muller, je ne suis pas allé h l'émigration, .mais je m'adressai à un M. Tioudinot (jui m'a donné l'a'l'-ftsse de M. Muller^
Lorscpie j'ai laissé la maison d'émigration, je cr(i s que M. ' TiUler restait là avec sa femme.
Question. — Comment avez-vous vécu depuis que ciw avez quitté le service de la Police î
Réponse. — Comme je l'ai déji\ dit, mes nu)yens étaient très-minimes ; j'avais une montre en or que j'ai vendue afin de pouvoir faire face aux éventualités.
Ces économies ont suffi jusqu'à ce jour h nos l)esoins. Le nom de ma femme est Louisa Delplace.
Question. — Où vous 6tes-vous marié avec Louisa Delplace. Objecté à cette (piestion, de la part de M. St. Pierre, avocat, représentant le ministère public, en autatit que cette question a pour objet de forcer le témoin à s'incriminer.
L'objection n'est pas maintenue par le Commissaire, et le témoin est sommé de répondre.
Réponse.— Je refuse de répondre à cette question et de répondre à toutes questions qui me serait faites quant aux faits antérieurs à mon arrivée à Québec.
La première fois que je suis venu en Amérique, c'est en 1865, je suis retourné en Belgique en 1870. Lors de mon séjour aux Etats-Unis, j'ai demeuré dans différents Etats, je suis rest^ à Green Bay dans le Wisconsin, pendant quelque temps.
Question. — Lorsque vous demeuriez à Green Bay, dans le Wisconsin, ne vous êtes-vous pas marié î
Réponse. — Non, ni dans aucune autre localité de cet Etat, je ne me suis pas marié aux Etatâ-Unis.