C. A. LEBLANC, C. R
Alcxaudrine Kigolet, épouse de Paul Jacquiu, de la cité de Montréal, étant dûment assermentée, dépose et dit :
Je réside à Montréal, de{)uis le mois d'août dernier. Je suis française. Je suis arrivée à Montréal, au nombre des émigrants. Je suis âgée de vingttrois ans. Lorsque je suis arrivée h Montréal, je suis allée avec mon mari, à la maison d'émigration. J'y suis demeurée quinze jours. Mon mari n'a pas trouvé d'emploi durant ce temps-là. M. Belle était alors Agent d'Emigration et M. Muller était employé au bureuu.
A M. MoxK.
L'établissement, pendant que j'y étais, était tenu très sale. Les lits étaient très sales et couverte de vermine. Il n'y avait point de couvertures, ni de draps siu* les lits que j'ai vns. Il y avait une chambre de bains, qui servait pour les deux sexes.
Pendant ces quinze jours, il n'y avait qu'une serviette poiu* tout le monde. Il n'y avait pas de savon. M. Belle traitait les émigrés d'une façon très insolente.
Depuis mon arrivée à l'établissement, j'étais souffrante. Un samedi, me trouvant bien souffrante et étant enceinte depuis sept mois, M. Belle mo demanda ce que j'avais. Je lui dit que j'étais souffrante et que je ne savais ' pas ce que j'avais. Alors il m'offrft un billet pour aller à l'Hôpital, ce que je refusai, eu lui disant que je n'étais pas venue au Canada, pour aller à l'Hôpital. Alors M. Belle me dit que dès lors que je ne voulais pas, aller à l'Hôpital, je devais quitter la maison, en se servant de l'expression : " Vous fouterez le camp." Je suis partie aussitôt et je suis allée chercher mon mari qui travaillait,rue du collège. Nous sommes allés demeurer,Eue Richmond où nous résidons aujourd'hui. Il n'est pas à ma connaissance que des émigrés aient payé de l'argent à madame Barrette, pour faire faire leur lavage.
La cuisine était dans un état très sale. Je ne me rappelle pas le nom de la personne qui faisait alors la cuisine. C'était une dame qui avait une
demoiselle et doux autres enfmf« t
et lorsque nous vounons maug^ da'nrr '' ''• '^ "-^'^'"^ ^*"^^ «"«'P-Iobligés de la laver uous-même T'm n ''^'''""^ P^^P^^» nous étions pour des émigrés. ^''- ^^^^^^^rnent n'était pa. convenable
A M. St. Pibkbb.
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suffisantes. M. Belle ne trait ti t^'. '' accommodations auraient été traiteit comme des gens de rien '"'^'^"*^ ^^«« Po«te««e : il noiîs
^ransquestionnée.
Par M. Belle.
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FEM. JAOQUIN.