‹ Réponse à une adresse de l'Assemblée législative, demandant copie des documents concernant l'enquête sur la conduite de C.E. Belle, écuyer, agent d'immigration, à Montréal [microforme]Chapitre 7 sur 111 · CER · texte numérisé non relu

CER

L'Honorable Secrétau-e Provincial de lu Province de Québec,

Monsieur le Ministre.

J'ai l'iionneur de vous transmettre si

VEnauêtf Ben, r.n» i. - --- sous ce pli, le dosier complet de

i T ,, ' ' •^*' vous prie de vouloir bien mettre sous les veux de Son Excellence le Lieutenant Gouverneur de la Province.

tingu'éf "'' ''■ '' ^''""''''' ^^'^'' l'«--P^-^«ion de ma considération dis-

(Signé,)

c. A. Leblanc,

Commissaire.

L'ASILE DES IMMIGRANTS, No. 161, RUE ST. ANTOINE,

iia:on.t3rea.i.

loua rldmimairaiion k

Avant d'entrer en matière, je dirai quelques mots sur cette classe d'immigrants qui quittent leiu- patrie, dans l'ancien monde, pour venir s'établir dans la Province de Québec. Le plus souvent, ils ne prennent cette résolution qu'après avoir été influencés par les agents d'immigration.

On peut dire que leur entrée en cette province est le port de Québec, très peu venant par la voie de New- York ; et que leur sortie, est Montréal. Car si les immigrants viennent à changer d'idée et à vouloir pénétrer plus loin ; en quittant I lontréal, ils sont perdus pour cette province.

Un petit nombre de ces immigrants réussissent à se placer à Québec et dans ses environs ou dans les cantons de l'Est. Le plus grand nombre se dirigent vers Montréal, dont l'agence devient ainsi d'une grande importanc«i ; demandant beaucoup de soins et d'attention dans la manière de traiter les immigrants; car ceux-même qui viennent au Canada avec une idée préconçue de s'y fixer, cachent encore au fond de leur âme, une pensée

■'"■'•"'■'" «l'nllor ver» 1,., l,-,,,. „ .

en'

I^e manque de succès Ho i»„ i • • „ "■^»»MM„„WaI! riche et,, x ° '"^''^'^ ™vant,

"Mtent y sont traita P^^ I" ?°°"^ ?»'°"«"" 'es imn,igSta™i f " "«rire et .e le &ire voir. ^""" "" ""'"o "tentive et je fSfte Zt

''«Il pJus aviw-

'^••'"vcillanco <'« M. T]i„ui, I) Jt «loiiiior ù

'/lie dos se- ^•'ivaiit jx,,,^ ainsi, reij,.

'VtUm est si

-V et Je i)lus ''•e, et il est ^iite espèce iiuent.

ti'fivédans son égard ^'ieut diiii-

ungratioû dans une érité (jue connaître ant :

Canada !

lins, tes Canada ! maison, X qii'ui^ lale, dés qui te e le dé-

» Ton narnitenv est pauvre : relui dont il \ a dévoiler les faute ■clic, lijiut placé et jmissaiit, en terres et - = '^^

craint rien, il se eonlie dans la bonté de

s, est riproiu'iétés ; — eei.en(lant il ne

, . f^ii «'iiusc, et aussi, ô Montréal!

dans ta i)iiissaiite protectKni, et dans ton é(inité e( ta Justice."

T/iuiinigrant, en arrivant ici, a beaucoup à souttrli- sous bien des vxuports, avaut que h's pertes de <r channaut asile lui soi,.nt ouvertes C,r M. Belle a ordonné, (pie les ijinnigrants .pii arrivent par des convois snéciaux, aprèK minuit, doivent rester dans la «are de Honaventure j.isqu'à cUHi heures du matin, avant d'être c<,nduits à l'asile, et que l'entrée en soit retusce à ceuxcjui arri\eraient avant cette heure ià.

Par cet ordre cruel, le malhennnix immigrant et ses pauvres enfants sont forces de passer le reste de la nuit sur le plancher nu ou sur les bancs de la salle d'attente delà gare, entassés comme des cueillères cuipaquetees, durant une nuit chaude, et après avoir fait le vovage long et ennuyeux de (Québec à Mcmtréal. Il arrive bien souvent que ce voyage dure dix-huit ou vingt heures, durant lesquelles les iuunigrants sont enfermés dans les wagons, sutïixpiés ])ar la chaleur du jour et obligés de passer la seconde nuit sans pouvoir se reposer dans un lit.

L'air de cette salle d'attente était homblement vicié, quand i'allais chercher les immigrants le matin.

M. Birkham, l'agent de la gare, s'opposait beaucoup à cet ordre de choses ; mais comme personne ne voulait recindr ces j.auvres gens il ne pouvait rien taire de mieux. Aux remarques que je faisais à ce sujet M. Belle répondait avec arrogance, " Vous n'espérez pas, j'espère, que l'asile sera ouvert toute la nuit?" * ' «' i' » «

Je dois faire ici mention d'une circonstance dans laquelle, des immigrants trouvèrent le moyen d'entrer dans l'asile après minuit. Je crois que ceci était du a une ruse du gardien de nuit de la gare. Lorsque j'allai chercher les immigrants, le matin, on m'informa qu'ils étaient rendus à l'asile depms longtemps. En y anivant, le premier qui se présenta devant moi, fut un vieillard qui demandait de l'eau et un lit pom- se reposer, ajoutant que ses jambes ne pouvaient plus le supporter.

Je dus lui procurer l'un et l'autre, malgré tout ce qu'en disait la prétendue gardienne, qui mm-miirait entre ses dents, de ce que les immigrante étaient entres dans l'asile avant l'heure indiquée, et qm refusait de leur rendre aucun service.

J'apperçus ensuite un groupe d'immigrants, au nombre d'environ trente, entasses dans une petite cham' n'ayant q-i'an*- table et un banc pou^

tout ainciiblement et oui M»it i« i

l™ position» ,„,,,||,|„,. jj„ „ 21 i , " ''" '■"''"»' '■" l'n'"»"t toiito, "-..o,.» d„ l'eau et faite, „«: S ,!;■»"■''' "■""•■■«■"">"■• "Ko,,-

1'asileetse.horrenrs; Lln^Lfs, ni ■ ""''^^'^'"'•«"t ensuite de quitter trouver M. Be„e, au Je/ n ^n ";; «..T^" 'T"^' ^^ ''"'^ ^'ï^pour moi. Lorsque M. Belle arriva il ,riï f' '*"^' ««»«"l^^'"ition

Pxan.ina l'affaire rt'uu air ,nao-isV,^i?' "''"*'*"" •'"'• l'autai» ordinaire. Il /^^i-lemeut,in,ru„a::ett"£,t^^^^^^^^^^^

temeut donnés, c'est-à-dire (ni'au; ' ,. ""'''' '^" " ^''^'^ '' "^^^Im-

a^ant six heuresdu mati "V^^ • ^^^a'sS'.r ",^^^"'*^* ^ ^^-'« et d'un extérieur vraiment remaSb r f *""' ''"'' •^^«'^««i«J«unes, pas «ne minute pour trouver ïïyeTde ^IT "T^^ ne perdù^ni promptement possible. On ne demind-, l ^"'' '^^^ ""'' "«"^ le plus cie leurs noms dans le liv., affutrvt^:^ ^ ^7 '''''''^'- Voilà pour l'eau :

de ^n^«o^?if u!:^^ Peut-étn. mieux fait

mvant par de.uc famill'es «61^: , t^Cre^l ?' '"**^ ^^"^*^°^P« -"Papparence et très-bien élevés *""*' '-^^»« ^^e la meilleure

^^^i^^z::::^^^:'' ^tv^-^-^ - ^-- ve.

«^es belges, tenant leurs en^rtr^sts^ir^'^f '""'^ ^^ ^»'«^««- ^esfemrent autour de moi, et se répandir^ren nt^^^^^^^ ''T '""^'^ '^'^^' «« ^«"g^traitement qu'on leur faisait subi Elles me dte, T^"'^, *'""*^ '^ ^«'^^ ^^ vait le bois, avait été fermé à clef aus.i^! '"V^"^ ^^"^'''^^* «^'^ «e trouveille, et qu'ainsi elles avaient t^ ^sl rn^''^'"**" ^^ bureau, la qu'elles n'avaient pu se procurer aucnnl S' T ^^"' ^^^"^^ «« ^mps là, ti^e de la cuisine leur étant iXrdir^e d^. it'' ^'"''^ ^'^ chauffer f l'en-' à M. Belle. '^''^- '^^ ^« ^ leurs maris de porter plainte

Quelle fut le résultat de cette démarche î

Aussitôt après, ces hommes me l'Xn ^f'^?^ "«-<>"« coûte rien." plusieurs centaines de pièces d'or, Z^t: ''"''"' '""^P«««' <^-^

• I>«MIHMt UniUiH

seniblo: "Don-

issir A leur pro- «itede (luifcter ^e que je pusse ' considération i ordinaire. Il lé comme ju/ife.

ivait si exi)lici.

'entût à l'asile cossaisjeunes, ^ ne perdirent lieux le plus le l'iuscription

Te mieux fait ?temps aupa- ) la meilleure

bureau, vers ne. Lesfem- «, se rangè- > le genre de t cil se troue bureau, la B temps là, luffer; l'enrter plainte

devez vous îoûterien." mplies, riii

"S'il iMînse nous traiter roninio des mendiants, vous v«'rrez que nous ♦'ne le sommes pas. Il y a au moins douze famil!.'s.|ui sont prêtes j\ nous *' suivre. N<ms savons malut(Miant ce que nous devons leur «'•crliv " Ces immignmts avaient l'intention de se fixer dans la région d'Outacuiais, mais la navigation tardant à s'ouviir.ils se virent forcés de proIong»,r leur séjour a l'asile.

La première chose (juc» doit faire un immigrant en entrant dans l'asile est d'aller se présenter au bureau et d'y faire inscrire son nom <lans un livre. Qu'y a-t-il dans un nmn ! M. Belle pourrait répondre ,\ cela, avec un sourirede connaisseur; " Un nom vaut beaucoup, et il yen a .pu valent encore beaucoup plus cpie d'autres. "

On fait ensuite^ passer l'immigrant dans la chambr»^ d«'s bains !— de beaucoup trop petite ;et ce .pii .^st encore pis, toujours tenue dans un état de malpropreté .leplorable. (Vrh' elnnibr. sert aux Imm.a.s et aux femmes, ce qui est^ de la deru.n-e ludécenc,,. I.,, .-hambre à dîner est formée ,1'u.u. parti., irregul.er,^ d'un passage; elle est insutlisante. Kt maintenant, laeuisin,.' mais 11 vaut mieux passer outre !

Dans U, IjAthnent construit à côté d. l'asile se trouve une chambre h c.M.eh,>r, un d.gr, p,„s bas ,p.e le nivau de la cour;-bien connue de M. Belle, pour être hmunle et malsaine. La grand, remise dans la co.u-, s,.rt aussi de chambre a coucher pour les luMnines. Cet édifice a été construit uveeJ>.aueoup, l'habilité, par l'ordre et sous la surveillance de M. Telle. Deux grands arbres, que l'on a laissés eu terre, passent h travers le toit de cette remise et portent leurs branches vertes et altiéres au-dessus , le l'éd t^ce Mais comme les arbres ne peuvent vivre sans eau, en temps d p ,^ Ils la répandent adroitement, .le mani.^re à rafraîchir également leurs rac nés et les ém.grants; ce .pu plong., .pielque-f.>ls ces derniers dans ull s ges les plus étranges, tant .pt'ils n'en sont pas tirés par la triste réalité.

M. Belle ne i)errat^t pas aux gens ignorants de parler en aucune mamère de cette eoustructhm, car il est convaincu que cet édifice, ap" to est un succès. Mais eu vérité, il n'est guère plaisant de dornir .Lis ce t.^ Wr-f^T'" ^^^'"T-- "» -'--ble lit composé d'un peu .le pi.' boyée étendue sur .les planches dures, sans .Iraps ni couvertures, fourmilto de vermines .le tout genre. 8i l'on y ajoute les inconvénients d'une nuit frm.le, on verra que la chose est loin .l'être agréable.

réset^éeZot -t.lmnf V'^'' '"' ^-"^«^ ^^^ Plaies d'Egypte eussent été réservées pou. t.>urmenter les pauvres immigrants venus des pays lointains es heux d'aisance, chose dégoûtante ! se trouvent: entre ces deux chaXs à coucher. Ils sont beaucoup trop petits, jamais vidés durant toute îa sais.m

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(twifiiiiH'lIcnu'nt ttim- iLn •■•. '^ . i

^*'n,..iso,uH^e dan ! ;. ,, ' •■^"^•■"••"^""^ i'*^ .vpH.Hlcnt une „dour

11 n'y u ici aucMuir .x,.«/.m.i.M, nu.Ls .si,„pl,.„M.nf lu v.'.rit^'. „„« seulenin (. H . <.<,nM< ,'",., ^ ' ^ «'""""."'"-'"""r .lo la saison tVoi.I.

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"e la coup.. H., s/ j!, \ L:;! ' ri;:':?" ''^''' ' ''^^ '•'''"•^^''''^'

<tV'«anls pour les usa-vs nui s- ■, , , '''''''*^ '''■♦^'•* '''' "»"»1»^'

"M.ts. '' ii vous ni ^ ; s m s r "" ?" '"'" '"• '""^""^' ^"- '-

^I. M.1U, a.u. uu'^ZT^^' ^:"""" •'^-^""^•" <'Vst le- principe de eé.én.oui;.: '' So./j: h nr,::^;;;" .^ '''-^''-'. *'^'^« 'eurdin-sHns

c.un.;;;:.:e;:;;ir'''''^''''"' ^""-^"^ ' ''••^"••- -• ^-^-' •>-- une petite ''ce;;r;::s;'ï:;;t^^^^ ,

.Hônu. Unups, le colo J^ ' ': ^ Zf ex;"' '"" '' "' '"•"^'^ '•''^"- " ^^'' IHVI à excuse Ha «'uisiniè v et sVh. ! '"''r"'*'"'""^ ««l'"'^ *>t toujours

seulemeut,parce. eeJU^ r^r^p'^V'''''"'''^^^

pays, et aûsli, en tl^nn gn ^ d ^.^^ 1':^^^^ .HM,vel]en.enr arrivées en ce J

1;- ..unie attention ituv^^'U^d;::;^':;;:^:'':^^-!;"? ''"-'"' <lilles, comme de ne pas mettre la nappe et aut . h , "' ^"■'"■

<iuand il i)rend son repas. ^ '" i^iiêeuces «le ce genre,

■ .l.i«t.Mue. """""''- """""''''"''"lo'li'oit.l'examme,- l'asile

cœur.

i'l«'iit une «idoms ni'iladics cou-

litj'' Il

ne.

rniiidciir nii/sdii.

iiH'iit. Elles ont

lu saiNoii t'voUUi

dans les niun-

l'iifiintH.

netto.vrcs assez

>it lu nuit, pom-

'l'oiis les jours I de h'irc et du «'st impossible «îc <•(' uiunciue '«■lies, siiiis les !<• luiiK'ipe de l<'ui' dire sans

MIS une i»etite

licaux autres; ûte rien. " En it, et toujours ' dix-huit ans iniv^^es en ce | •œurh iniain, ien d. j.éca- i de ce genre,

, d'une soufrants. Mais uniuer l'usilo

ebutunte de .sur les imiis le livre.

dVs!;;^ ""' ";'' ^ '"" ""'';"■' '""'•'""''^ '"^«"'"^ a.M.amvunl, rayonnait «lospj-.ranee et entrevoyait devant lui un .sentier bord,' ,»e fleurs, con lui-

.««mtauneeharmante<lenuMu-e,lestin.V,Vsaten.lre.'.pous.efdauliesinn....s

le ce genns se tr.M,ve t<M.t-A-eou,, sou,laine,n..„t désillusionné et abattu"

La vue de hnterteur de l'asile, et parti,.ulièrenn-nt de l'en.ho;. où il doit"

prendre son r..,M,s, l'a jeté dat.s ,n. profond nbattennM.t.et ^rhnv d'elfroi La

lu.^r(M•e^.arde.sesen^antsd'un^Mltri,ste.()nlesvoitaIorss<.o,ouperet discuter eiare eux .sur ce <p,1ls voient et ce (pi'ils entendent, et A travers la non.en-

tr;!: ;;;; 7;;!:^ """^ '"'' •" "^'^ ^■^''"^'•" '' ^"■^-'^ •""•^^^^^•'^-

Ceci est Hutlisant p«,ur nous révéler le sujet de la couver.sation ,.t nous

;;;;X;i™::'' '-'-•^"^-''^•'-•''•-^'--'^^abnrat.sit^^

L.'sin.n.i«Tants se demandent p.c l'on .loit ...spér.M- .hu. pavs où

"-: '•'^;';<'»"ne .Montréal, ne peut pas u.ên.e lui pr.lcurer n r et ....: n.ans dec,M.t à son arrivé.., et il faut aiouter ..ue les' province, inter^ re ; sm.tout Montréal ne jouissent pas .l'une .rande renon.nuV n,Mvs ,1e . .^n.nts.V,r.^M.e anglais., si ..s ,l..rni..rs ont .-a „nel,p,e. ,'appo ,s . wriaoent .l'nnnnoratnM. pour la l'rovin.r .l'Ontario; pas p us ,u'a m.vs <!.'. immigrants tVan.ais, s'ils se sont rencontrés av.. . ils end, "s I vais, qui. îmi^nnit aux Etats-Unis. « -in.uu ns t,an-

^ s., m n '?""'^™'^'^ '^'' *^'^'^'^^'^ <'^i^i"<^^ expriment leurs plaintes .•] „„

t.n vrr-e'r "T ""«"—"-' -•^•••ues .. t..u,oni.pu. .-nd, ' , 1; ' ''"""''" '"^'"-'"^'^' •^'"•f'>"f '^î l'">M*-^"t leur man.pie M. .ceux

ae (jiutter 1 asile aussi.stot <pie po.ssible.

Ils n'y prennent généralement .p.'uu seul repas. La phipa no

s. it pieiMie. . Il n'y a pas de vent .pii ne s.>ufHe à l'avantage de.]u.^l.p.'an I^s gran.ls t.>taux couvivut n.anbre de petits comptes, ^ue 1.1 ch tCi e.vacts ne .sauraient cepen.Iant pas justifier. «.^ uunies

pins tnUtlir "°""»'"'!"î? '^'' ^^««^ Hus-mentiounées ,lemeur..nt à l'asile pins longtemps, .,n peut dire, avec assurance, .pie ce sont .les c^ens sans mnn-, paivsseux ou ivrognes, .pu trouvent, .Mnvitant ici, l'.^ca.5o "le v tisfaire leurpa.s.sion abrutissante. Le temps plus ou m ,ins 1. g ont ï

sont rendus. Ce serait .-ependant un.; injustice et une erreur de norter 1.

yimmigrm.t français sinon gi-méralement, du moins très souvent,^

limer contre les autorités pour prolonger son séjour à l'asile, et être en

s^"! r^" T '""'"•^ i-î"«trieux, sobre et respectable suivknt toute la

>^S^^^caUouaeee.mot,. 0,ù, il pourra faire des efforts potir séjournera

i«ile, tout dégoûté qu'il en puisse être, et tout en s'en plaignant amèrement

bénéfi"! ?"^""^*;!*'«r^* P^"« «^«"^"é^' «t se croit autorisé à retirer quelque béeûce d'une institution où il est si mal traité. Il croit avoir des droits contre 1 asile. Il sait mieux que tout autre tirer parti des aliments mal apprêtés-— en y joignant quelques morceaux de son choix qui en relèvent le goût ou le font disparaître. Les mafbeurs récents dans lesquels sa patrie a été plongée l'ont endurci à ce genre de vie. P'^ufeee

Il y a une chose sur laquelle tous les immigrants sont d'accord quand

Il s'en suit naturellement «lue les innnigrants ne sont guères disposés à

V i. M , '*' '"^' ''"" ^^""««î«"^'"«"t« «li^ bureau. Je fus surpls de von M I elle devenir si vite l'objet de leurs s,>upvons. '< H nous considèi" <li.saient-ils, comme des chiffres à tant par tête. " Ils cessèrent biei t e le encontrer et de lui parler. Plusieurs fois M. Belle me disait, "o lut oic les immigrants, je ne puis les voir. " '

din.i^'SaÏtrÎr""';^''""''^''" ^''"^ ^'-'^'^ nombre qu'à l'oroinaue. LeJa est dû aux malhcu/As qui ont pesé sur lenr ivifi-ù. t »..«,

pour la belle France est protVmdément enracim^r da ^l ^^ , '':^

un français, l'immigration c'est l'expatriation dans le sens le us ;ia 'Ta

evolte de la Commune et les horreurs qui l'<mt accompagnée mt^i tctt

a sa cause, et expliquent pourquoi il aété reçu si froideinent^par ic lié enieu

par ses cousins-canadlens-français. On a eu tort de ten / m ^^mS ^

eon(Uute envers ces immigrants. Il y avait très peu de comm LtZ^^ !

ment dits parmi eux, si toutefois il s'en trouvait. Je dis n.ême ou' 1 nV

avait pas plus d'élément communiste parmi eux, qu'on ni rércôntre chez

les immigmnts des autres nations, composés des classes ouv^Se^ d

Les immigrants français que j'ai rencontrés ici, et c'est le plus ^rand '"

nombre, appartiennent à cette classe de sujets nne tLt 7« ^ , P'"*"^^^^".^' :

etquisont bienvenus partout. Ils Bonten^SSl,^:^^^:^:^^^^^ ^^^7 i au travail, paisibles et de bomie volonté\es fem^e tin. . '^^'''^'

dans leurs vêtements. Elles excellenl ^i.^ ^ o^^ïS^T'^': ^

aussi empressées que les hommes à se procurer du^ ^i^l^^^S |

très sonvent,pourra à l'asile, et être en ble suivant toute la fcs poiu" séjourner à liguant amèrement.

se à retirer quelque oir des droits contre its mal apprêtés; — lèvent le goût ou le >atrie a été plongée

mt d'accord quand mmigratiou et ses

c les mille et une

gnères disposés à [)lus extravagants Je fus surpris de Il nous considère^ rent bientôt de le lit, " où sont donc

nombre qu'à l'orpatrie. L'amour m- coîur ; et pour Itî plus vi'ai. La liée, ont fait tort particulièrement r une semblable munistes propre- même, qu'il n'y ti rencontre chez ivrières.

!st le plus grand londe veut avoir strieux, disposés opres, et simples aigmlle, et sont Lu majorité de

nos immigrants français se compose d'habiles ouvriers de tous métiers et qui valent beaucoup plus que leur poids en or, pour l'industrie de cette colonie qui n'est encore qu'à son berceau.

Les habiles ouvriers des fabriques d'objets d'utilité ou de fantaisie qui sont veiuis jusqu'à ce jom- de l'autre côté de l'Océan, ont contribué à l'agrandissement de ce vaste empire, sur lequel le soleil ne se couche jamais la Grande-Bretagne, la reine des mers. '

Beaucoup d'ouvriers français ont quitté le Canada et transporté leur fortune ailleurs.

On peut attribuer ce malheur en grande partie au dégoût qu'ils éprouvèrent d'abord dans l'asile. On peut compter par centaines, ceux qui, un jour ou deux après leur arrivée ont toiu-né le dos à l'asile, et qui ont dit adieu, en même temps, à Montréal et au Canada.

La grande immigration d'habiles artisans de la France, de l'Alsace et de la Lorraine (jui se fait cette année aux Etats-Unis, portera bientôt ses tnuts sur le marché de nos voisins, car ce que pn.duiront les nouveaux veiuis y dmiinuera d'autant la somme des importations ordinaires.

Les nombreuses correspondances écrites dans l'asUe, sous mes yeux par les immigrants, à leurs parents et à hiurs amis, et dans lesquelles en se plaignant de la réception qu'on leur faisait ici, ils les conjuraient de ne pas venu- au Canada, m'inspirent des craintes sérieuses sur le succès de l'immigration en cette province.

Le livre d'arrivée que l'on tient dans l'asile, ne saurait faire foi, si l'on veut par là, montrer le nombre <l'inmiigrants dont on a pris soin et aux- (luels on a procuré des situations. Je, dirai franchement que le livret dans le(iuel on inscrit le nom des immigrants, comme preuve de leur satisfaction du traitement qu'ils ont reçu dans l'asile, est une supercherie honteuse, SI on l'admet honûfide. M. Belhi le sait, et moi aussi.

C'est un ordre de choses bien déplorable, à la vue de l'augmentation de demandes et de la rareté de hi main d'œuvre dans la vie domestique, et dans toutes les branches d'industrie, et d'autant plus regrettable, que cette province n'a jamais été visitée par un aussi gi-and nombre de bons immigrants. Les faits en disent autant que des volumes,

Je n'ai jamais eu connaissance qu'un vol ait été commis dans

l'asile par un immigrant, quoique leiu-s bagages fussent toiiiours trèsexposés.

Les auteurs du seul larcin qu'on y ait constaté venaient du dehors et étaient des personnes qu'on n'aurait jamais soupçonnées de pareil méfait.

nw l'Emi I<^gioii.s. "

, -l'oiu- ajouter de l'iuinortinrf. :. ,.

^mhantes qu'il ]ui avait o»Ln" ^ ^ ^""''' ^T'"'"^ ^^i^P-itions i, ' <Ian.s les absurdes foru.alitc-^s dû u i...!^ ^- .*"• "'^ ' ^'^"^ ^'^^^'^^"'^^'■^ -utrtVs

^out mais malheureuseu,eutl;t âa l;r ""I ^'""'" "" ''^^-^^««•<^ ^<I-è l>are.Iles questions, quand cet ennîovï ' *'"'>*-' "^ '^^"^" *»« ^^re de poids de la besogne, est ento u." e n ' T ^'''*" '''"' '^«'^ ^'P'-^^les tout le ^- -tes les questions JZ^f:^ lll^tS^^ '"'"^^-^ '^''^ '^

-o^f^'ië;:;::.;;:;^^-^^ pu. ou .oins,.,

demande à grands cris le Z'eltZTT "V"""""« ^^^"« ^'-^^He ' entres, s'ils ont tous des billets d";,'" n V'' '""^^ '^ ^"^^' »>-n Je ehes pour s'en procurer ? P„i,s ila oute < r^ f •! ' ^'"'^ '"^'^"«""P dedénutrj;?;^^^-^-' efïbrcez-vous de les S" J ^ V7 '^'""^ ^^'^ " «"'-z-Ie , ■sidérablement diminué d'ici à d^mi pt -, '^"' '" "'^"^'""^ «'"t con

cours insensés, malgré les reprS 'io!; '""'\""^ ^^ ''^^''"«er ces dl ^e.s n'ont pa. encore été une 1 e ^d n lA T' '' ^"" ''"•^' '^"^ «'^^ Pa"vivs le temps de secouer la Poussiè^^ t^^ I ;;r;^:;;^^^^P-e.!coree:

Au même instant, quelou'n.. .. ' ''" ''' '^"'"''^"^ '^' -•

-- -— ' uauirs, ce qui

pour se prncur

er

s enti-e eux, I„i.,s- '»f avec la cuisi-

la môme plainfe reudoz-nioi mes

souvent jusqn'jY avant le dîner,

[)oui-i)ouvoirse je.stueuseiueut,

iniuhles iuiminoiiîs qu'il ,,'y

J'(!inar(iu(M' i)ur "ont épui.sé, il I>ms,s'<Vi.eiii.s- 'Pviu^ les iiou- 8'ent eu elief !

', il <leinan(le ositioiiN insiiiines euti'é(i.s Bci nurait ])n anta^£>-e après i fie faire de '"les tout le fauts qui lui

oins grand, s l'asile. Il "it bien été ' fie déniur- Suivez-les, ■e soit coner ces dis- -s pauvres • encore eu f^nt le cas.

les services d'un immigrant. Aussitôt M. Belle s'empare de lui. S'il arrive M. Belle, bon éloquence grandit avec la difficulté de la circonstance. On

de ^w'" '""' "" ""'''"'V ^"^^'"''"" ^1"' ^^'•^'"^^^ ^ ^'«"^^^'^ "»e montre de cunre pour une montre d'or pur. Si la personne se laisse convaincre et

2 ;:;.";r"-"'' '^^T/!--'^-"* recommandé et qui ne lui con- ' ' 1 ^1 Ifmve neut fois sm> dix, q,ze cet inunigrant revient à

ou ni V 7 ^l'^^^^^^^ouvs, et bien découragé. S'il refuse des'engageî

ne Its gages sont Uisuthsantes, alors M. Belle entre en furem-, et lu ordonne généralement de cpiitter l'asile.

C'est ainsi qu'il a engagé un homme de bureau, à un grossier cultiva-

eur irhuxhus. Avant la fin d'une semaine, l'honune de bum^u et le fermier

Iilaudais étaient revenus à l'asile, se répandant en récriminations mutuelles.

1" ^^ feinde travail, et demandait qu'on lui en remit au moins le prix : et

Une autre fois, je vis M. Belle faire les plus grands efforts, comme s'il se ai agi de .sau\er le pays de la banqueroute, pour se faufiler auprès d'au culUvaleur canadien, et le persuader d'engager et d'ennnener immédiatement une fannlle Flamande, composée, du père, delà mère, de six enfants, et dune tante, sa-ur de la mère. Cette famille étai, vraiment intéressante e était le vrai type des colons qui conviennent aux nouveaux établissements Le père était un homme d'un extérieur avantageux, robuste et plein <le san e. Les femmes étaient tout aussi bien partagées que lui sous ce l'apport. Quant aux enfants, il était difficile de dire quel était le i)lus beau « entre eux, tant ils était égak.nent bien partagés sous le rapport des avantages physi.p.es. Le cultivateur canadien lui disait sans cesse «mil n avait pas besoin de toute une famille, n'ayant pas de logement a lui donner, .pie c'était un homme seul (ju'il lui fallait. Cependant .M. Belle nen continuait pas moiLs ses efforts pour placer cette fiunille à tout hasard. Je ne pouvais plus y tenir. J'intervins dans cette transaction qui me semblait une véritable vente de marchandise. Je l'interrompis en disant : " A (jnoi bon tout ceci ! cet homme ne peut pas engager toute cette famille ; et tandis (pie nous avons tant de demandes de la campagne poiudes faimlles, pourquoi ne pas correspondre avec ces personnes ? pourquoi ne pas chmsir la situation la plus avantageuse pour cette digne famille ? Pourquoi ne pas lui donner le temps de trouver cette situation î"

Aussitôt après, M. Belle me fit une sérieuse réprimande, et m'ordonna de me taire, à l'avenir, lorsqu'il s'oeeuperait hii-même des immigrants.

J'étais néanmoins heureux de les voir sortir de ses mains. Et dès

une ner.?'"-' ' 'VkT'""' ''' ''' ^"^^^«^' ^ '^" «claire raisonnable, chez rilleTmWabir ''' campagne qui était en recherche d'uL fa-

taneif ■ T^"" f ««t;o«iP«rté de cette manière dans de nombreuses circonstances, et quelquefois dans d'autres occasions plus cruellement encore, vu grand. '^ V^^^om^e^ dont se composaient les familles était ^lus

dudî^ner"'''"'''"*^''^'^"'''''''"''''^ '^^ la journée pour M. Belle, est l'heure

Rnr/i'' ''"'^''"''^ *^"'' ':^'"^"''' ^°^™ig^a^t ait à se présenter au comptoir du

sonne ^eC^^"^ T''''' "° T'' ^''"^''^^ ^ '^ '^^"« ^ ^îner, et que personne ne peut duiev sans cela. Il est assis sur son ftiute ni, en o-rand

à 1 C""' T"r ''"T' '" '''"'^^"■^- '' ^^--^ ^^ I--'^' '^ ^'h.-l - aspira a l'honneur de dhier chez lui.

Comment, celui-ci est-il encore dans l'asile? Pourquoi n'est-il nas -illé

Wtenr I r^^^ ",.f^';f, '1'"^^-^'-»- "- peut pas y rester plus longtemps. Il faut qu'il quitte la maison, afin de faire place h un irrand nombre d'autres qui doivent amver dans peu de jours, et a ni de' 2 parlant toujom-s sur un ton élevé. J ^^^^ «^insi ae smte,

nait^l^r""^ '' ''"^,' ''^ ^'""' ^''"•^^•^ '^ P««*^^«" *i« ««"^ ^"^auels il venait d adresser la parole encore plus pénible, il y avait des favori qui pal

a ent^s^ns être examinés. Souvent, durant ces grands dîners de gairon lui

espec S ïr"*'' '^;^^^^'"" ^^^'^ P^'^"- ^' ^'^'^ nuneodeur de respec . Mais la personne, homme ou femme, qui a eu l'audace d'ex,)rimer son opinion est de suite flétrie, et on lui signifie qu'elle ait à quTttS lie" pour ne jamais s'y remontrer. >

Après ces scènes plus ou moins propres à exciter Uappétit, ces immi gran s prennent leur siège autour de la table, sans néanmoins être 1™^, d'y demeurer tranquilles; car M. Belle les poursiiit jusque irrconti nuantses harangues, adressant, tantôt à l'un, tantôt 1 llitre dL reTa .' ques plus ou moins désagréables. Il ne se gône pas de les appeler et d^îes aire sortir de table pour des bagatelle.,. Cependant, si l'on Soi ju« ^apparence, on a raison de croire que M. Belle aime beaucoup à jou[r ;« paix des plaisirs de la table. ^ ''

Dans une autre occasion, M. Belle fit quelque chose qui mérite d'être rapporté, et qui est peut-être unique dans les annales des agences d'i^imi!

gration chargées d'offrir aux immigrauts l'hospitalité de la proviiice. Ce matin là, un immigrant, après avoir été employé pendant (juehiue temps dans les cantons de l'Est, se présenta de nouveau à l'asile. Cet honnue donnait pour raison, que les gages étaient insufîisantes, et qu'il était en recherche d'une situation plus lucrative. Je lui fis observer que lorsciu'un immigrant avait obteiui une situation, il n'avait plus le droit d'être nourri et logé à l'asile. Je dis ceci pour faire voir cpi'il détestait et empêchait ces retoiu's autant que possible. Il ne m'est jamais veiui à l'esprit l'idée de mentionner un repas j)ris dans de telles circonstances ; puisque cette règle n'existait pas pour les favoris.

L'immigrant dont je parle, était mi jeune homme de la race celticiue, grand, robuste, et habile garçon de ferme. Je lui dis qtie ce qu'il avait à faire, était de prendre un siège, (^t (iu'(;n moins d'une demi Jieure il trouverait à se placer. Les sujets de son espèce étaiei^t en grande demande. En ettet, un instant après, il trouva à se enser h des conditions avantageuses! L'heure du dîner approchait. Il fut conv(Mui entre le patron et son employé, que ce dernier le rencontrerait aussitôt après le dîner. Je lui suggérai alors' (craigtiant l'atfrout (pii pouvait lui arriver;) qu'il vaudrait peut être mieux pour lui d'amener ce jeune homme de suite. La réponse spirituelle du patron, me fit rougir. " Oh ! ce n'est pas par rapport au dîner. Je veux bien le payer, mais j'ai encore des alïaires à régler avant de partir."

Lorsque l'immigrant s'en alla prendre sou diner avec le billet que je lui avais donné, je le prévins de ce (pii pouvait arriver de la part de M. Belle. Que si M. Belle le remarquait, il devait lui dire, qu'il était engagé, et ne devait prendre que ce dernier repas à l'asile. C'était le seul irlandais, parmi un i :and nombre d'immigrants français, et la seul qui avait réussi à se caser de suite. \ l'instant môme, j'entendis M. Belle qui m'appelait h grand cris, comme si un meurtre eût été commis.

Je cours ve.s lui eu toute hâte. Il m'adi-esse la parole d'une manière brutale, en me criant, de toute la force de ses poumons, comment, "par Néron et Caligula ; avez- vous pu enfreindre mes ordres les plus sévères de cette manière? " Le jeune homme dût sortir h l'instant, et laisser encore fumante la soupo qui lui était servie. M. Belle le mit lui-même hors de l'asile, causant parla une grande indignation chez tous ceux qui étaient présents.

Enfin les visites que M. Belle fait à l'asile, n'ont pas d'autres résultats, qu'un dérangement continuel des immigrants, dans le but de les forcer à quitter l'asile au plus vite : la différence en plus ou en moins ne peut être attribuée qu'à la crainte. M. Belle a toutes les allures d'un tyran. Son empres-

fi.va,,,bte ,„„„. ravenh 'ta tan,™ ''■' "'"■"""** *»' ->"^l"«'oes ,«.

■songer où i],s vont. ' ^'"'" '«« ^'«"vo^er do l'u.si]c sans

I^es iionibrt^i.sos doniandcs dP lo « contre roiiVc d'un ongage/n > t f t ?.. r";"'"' ""'* ^'^'^ '«**^«« "'«"es 1-él.uIsion on le défaut d'à i .1' 1;^ ' ^'.'""'J'- " ^-»1'*« l'0"r rien, la -t oti^rte, pas pl„. ,„, j^i^llIlUt;^^ l^^^^^ ' '""" '^ ^^^"•*""' ^'"^ '-

l'asile. Dan. le n.c^n.e te^ ," t^T '''''''\ ""'^ ^^ clébnté .lans dations, fut engagé en ,ual té de .-nX . '; """" '^' ^"'"'^''^ recommantresse de maison pnnluis rent '„ e it , ' '"""""■•' "^^*^'^ '^' ''-^ "^hî-

dien écossais s'enivra nudluur.s [ ;'rr""""^ ^^"^^ -"«• I^e gar- Ixnait avec lui, participa gran.kC'V' -^ ''" J"'"' ^''' "'^"^''^''^'^e 'l-i

1>1"- par un Jeune ..n ulU-n ^^'r::';^'*'^^^'- " ^"^ <l-luu^é et rem- W-, poli et de bonne ^ (.lonté eu ' •"!^';^'^»'^^'« dispositions j-Luni-" lof.îtresse de maison. ' '''"' '"^ "'"'l^^^m' ,1e boire avee lu

emie die et, u,„i. Au lieu !,[! h^" tri' """ '■«'»™" »«™if l«rtttfé pa» ,1e .e™,„,le de ...Lpe.: fe' ,^Z» ï,:»;^ 1""» -«-u,, il .,e ,e M

.;i-Sreti:iit:rr^^^^^ ««- - ai-i-

«'accumulalent d'une manière alammnte r ' * "' "" '"■''"'^«

minaient et t«,u.n.entaie,.t les umv ™«S^^rT'T "" ""■■'«<«"'- «">reut une uuisauee, patwiu'ils ftaiout tenu. ,. '"^ '''•'"'""'™ "<"''•'■

dé,of,.ante. On --en;aitie.irn\srr:';:rn:.et:s-«

iéqneiices dé-

llt>, et pins il If l'usilc sans

Jttres mortes Knir rieii, la «<ioii qui lui

l'iiiev que la d6hnt6 dans recoiuman- ' <Ie la maille. Le garaîfiesse qui l'^'t' et rein- )ns ;— Luuiihv iixec la

qu'elle lui intes.

Belle qui m mallieu-

3s devoirs, connaître •d'ungart partagé e maison, iiioourser ne se fit

Ml admiordures l'es foure deviu- Jro])i-eté galerie.

Et comme si elle eftt voulu varier les odeurs, elle devint passionnée pour les volailles : elle en ganlait une cin<iuantaine dans la cour durant le jour au milieu des immigrants et de leurs bagages, et les faisait jucher le soir .\ coté de leur chambre à coucher.

Comme elle avait été regrattière dans son pays, et qu'elle était douée de dispositions particulières pour le trafic, elle ouvrit une buanderie ,,our les immigrants, où le lavage se faisait poui- son bénilice et au plus haut prix. Le bois et le savon figurent dans les comptes de l'asile et ne sont i.as mentionnés dans ses dépenses; de sorte «pie cette industrie lui était bien profitable. Son esprit d'entreprise ne se bornait pas t> cela. Il y a dans l'-isile plus d'un moyen de soutirer l'argent <les immigrants, et elle n'en négligea aucun.

Mais personne ne peut s'occupei- avantageusement «le plusi«Mivs ^.«^«.s h la fois, et la miîtresse de maison ne fait par «exception à la règle. Les soins de la maison furent malheureusement m'gligés d'une manière honteuse. La chambre «les bains ressemblait à un cloa.iue. Quel«iuefois, hnvsque jdus de cent immigrants se trouvaient dans l'asih', on me «leniamh.it «lu sav«)n et des serviettes. J'allais de suite demamler à la maîtresse, i!es articles indispensables. Elle me rép«)ndait «pi'elle lîe pouvait pas me les procurer qu'elle avait été trop occupée h d'autres choses. '

Dans le mènn^ temps sa fille était sur le envier, et elle-m«Mne repassait le linge, de s«)rte q-i'elles étaient toutes deux occupées à c-fte buanderie privée. C'est ainsi «pi'on disposait du savon et du temps «pu auraient du être employés i\ i)réparer le linge de l'établissement. J'étais oblioé de retourner vers les immigrants, et de leur avouer, h ma honte, «pie l'as'îlene pouvait pas leur procurer ces objets. Que dire des ])amasse.s et des traversins ! dont la paille ne fut changée que deux fois durant la sais«)n f quehpies paillasses même ne le furent qu'mie seule fois. Je n'ai. jamais pu, sans rougir, montrer }\ un immigrant le grabat misérable et malpropre «pi'on lui «lonnait pour se reposer. Des immigrants ont été renv«)yés h l'asile parce que les personnes «pii les employaient s'ai)perçurent «pi'ils étaient couverts de poux. Un jeune homme qui occupe maintenant une position très resiiectable, me montra un jour le lit, dans lequel il avait passé une nuit sans dormir. La vue de la vermine dont il était rempli, faisait vraiment horreur. ^

Si la maîtresse n'est pas apte h tenir une maison en bon ordre, elle ne l'est pas i)lus à faire la cuisine. Car, pour la cuisine, elle ne s'y entend pas mieux, qu'un ours «lansant h composer un morceau de musique. Et parmi toutes celles qui sf sont occupées de cette besogne, il serait assez difficile d'en tvoxuer une qui pût l'égaler en malpropreté dans la manière de préparer

r;f ^'^'^'^'^^S'eoIl'C ''"" ^'^^^ '!•" - ^^<^ employé a„.

Vi^lh^nuMit ueléoH T>?.,.! "^""'"ei, pour mettre des nomm,.» ,?. T "^

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l" première foi, .Im.s'Mo.S' ^1^" "'"'■' """'"«■".■«iont f,, „,.v„ilk.,. „„„,.

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Jiiiiectivemeut refff» t./.

<5 employé aijx s de teiio iiou- Klant le repas, lets, ils se ver- Bile ignore ce ne s'en i)r<:'ocqni ressemble

et ignorante,

l'asile. Elle

'■e. Si quoi-

moyen de le

iisieurs.

enfant. Or, «on oj)inion l'asile snr le

J'«ie, et ne

*re.

^ailler pour lui, comme onvenable.

)illet pour ' lui dit-il, délai. "

constance e mari de lojieé son le dernier as rester issi pau- ■ possède ledi prote aupa-

l Belle, ice et le

succès.

11 trouvait toujours moyen d'excuser la cuisinière et sa tille, et me faisait remaniuer qu'il valait mieux pour moi de nepasm'in.mism.lans lesalfaires dautrm. (^pendant un incident servit à m'expli,,uer la conduite d(, M. Belle dans la, cnv.mstanœ que je viens de raconter et dans bien d'autres encore. Une après n.idi, je le surpris dans un couloir avec l'ain.able petite fi le de 1,1 ina. resse de maison. Cette jeune nyn.phe semblait tnnn.v un plaisn- n.eflablc dans b>s caresses qu'il lui pro<liguait. Elle contemplait, dans une ^;spœe de ravissement, la seule chose <lig„e d'attention dans la personne de M. Belle. Ceci me rappela une anecdott que j'avais lue autre^ fois La scène se passe entre un gardon de barre et Peggy, qni veut, en le flattant obtenir de lui un verre de wliiskey. '

"Mon Dieu ! v(,us me rappelé, toujours le brave maître qiie je servais

en Irlande. C'était un homme d'un extérieur séduisant ! et comme luf

vous avez un ventre très développé. Le garçon soiu-it ! Peggy avait réussi."

sombî!!blf " ''"''*' "^""^ '"" «barbante fille, jouait en ce moment un rôle

M. B(.]le est sensuel et passionné à outrance pour le sexe. Guidé ,>ar cette passu.n, ,1 cherche sans cesse les moyens de la satisfaire. Je sais (lue par ses gallantenes eftVontées, il s'est exposé bien des fois au ridicule et aux sarcasmes (le tous les immigrants de l'asile. Légèretés déplacées de leur part, car le loup ravisseur rôdait autour de leurs femmes et de leurs iilles, sous la forme dangereuse du Berger et du protecteur des immigrants.

Ceci à la vérité,n'est arrivé que dans des cas isolés,mais ces cas se répétaient (3ha(pie fois qu'une jolie femme ou une jolie tille franchissait l'enceinte

Il se présenta un jour un charment couple, nouvellement marié, venant de la Belgi(pie. Tous deux de belle apparence. La femme était intelligente et activer, avec cet air vif, décrit par Heine " comme un poignard brillant a demi tiré du fourreau." M. Belle tendit de «uite son piège ordinaire, et leur dit, (ju'il avait besoin d'eux pour le service privé de sa maison : (pi'ainsi ils ne pouvaient pas être placés ailleurs. Il fit connaître ses mtenticms à cette femme de la manière la plus contraire aux règles ordinaires de la bienséance. Mais Cupidon est toujours un Dieu trompeur. Un jour, un enfant qui se trouvait dans l'asile, descend précipitamment pour avertir les autres immigi-ants que M. Belle poursuivait cette temme jusqu'au haut de l'escalier, essayant de l'étreindre et de l'embrasser Cette conduite irrita tout le monde et devint le sujet général de la conversation dans tout l'asile. Le mari en fut bientôt informé et il prit la chose au sérieux. Son indignation envers l'agent de l'Immigration était légitime et facile a comprendie. Il va trouver sm- le champ M. Belle au Bureau des Terres

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H'c pour C>trv.

'e iiiaii of lu

ol'aiiiuintos

'S ('<' niari, lo. La (îrnuo ment vC'Uw, <-ai('iif dans Jj.'uk' utfbc-

;îvor (les siit avoir 111, i Coiu'ouao.

i.Hii(>i' (lo la, laisser sa cas où elle 'M'aicequo !i'e soi-vice ii't <!(' son ••f quifter ro fainillo 'f, et eniin.

is.soincnt.

«sait que

fut qu'an

l't'iiuemle otag-e e. VoilA.

s outrae ques-

l'ants a ns parjaraais

visitôo par un aussi grand nonibriMrininiigvants avec rint<'ntion de s'y établir. La lâclio qu<! J'avais h rt'nii)lir l'tait tn'^s lai)ori('uso. .le crois avoir fait pour les immigrants tout ce cpii était en mon ponvoir, autant (|uo les embarras de ma position me le ])erm(îttaient, .l'étais généralement occupé, de cin(i heures du matin à dix heures «lu soir, et depuis (pic J'ai mis de eôté le premier règlement de M. Belle, et «pie je re(;ois les immigrants à tontes les heures de la nuit, cette partie du temps que je consacrais au sommeil ne m'ai)parti<'nt i)lus. Tout ceci, néanmoins, n'aurait été (l'aucune conséquence ixiur moi, jiarceipie j'aimais beaucoup h m'(»ccnper des immigrants si i\L Belle n'efit pas converti l'asile <mi un lieu destiné ;\ assouvir ses passions honteuses, et créé par là, des nombreuses dillieultés.

Les chosi^s en vinrent à tui tel point cpie j'acquis, la conviction (pie tous mes etîbits étaient inutiles, et que pour gagner ma subsistance, je devenais l'instrument misérable du cliiirlatanisme ridicule exercé dans l'agence d'immigration dont il était chargé. Depuis longtemps, le resp(!ct que je devais A M. Belle diminuait sensiblement. J'avais coinnuincé h refuser de lui rendre l'obéissance passive et la servilité honteuse (pi'il exige de ses Miballernes, tout en rongeant mon frein. Tne chose, inditlérente en clle-niênie,niie clef, fut le commencement des liostilit('s, et le prélude d'une bataille en forme, entre les parties belligérantes, c'est-iVdire, la maîtresse de maison, et sa tille, avec leur brave hincier, le chevaleres(pu' et re(h)iitable colonel lui-même d'un v.ùtr, et moi seul de l'autre.

J'avais réussi ù faire mettre une sernire à une petite porte qui favorisait giandemeiit les atl'aires de buanderies et autres (pie faisait la maîtresse de maison le diniandie. Il va sans dire, ((ue cette s(irrure lui p(n'tait ombrage. Le moins (pi'elle i)ouvait faire, était d'avoir la clef de cette poi'te eii sa possession. Voilà pounpioi, lors(pie je dennindai cette clef au serrurier aussit(')t (pril eut fini son tra\ ail,il me ré[»ondit (pi'il ignorait ce (pi'elle était devenue. J'allai la (h'iiiander à la cuisine et Mamscllc m'en donna une (pii n'était pas la véritable. Je leur déclarai alors formellement, (pie je voulais avoir cette clef, et (pie je l'aurais. Dans le même temps la cuisinière m'app(n'ta la clef, et me dit, en me la i)résentant: " S tonnerre !

la voici ! " Elle jure habituellement ; — et depuis (pi'elle exerce ses nouvelles fonctions, elle emploie fré(iuemment, et sur tous les tons le mot Sacn\ Je lui tis comprendie que je me souciais peu de tous nea tonnerres ! qu'il était temps cpi'elle changeât sa manière dégoûtante de tenir la maison, si toutefois elle était susceptible de pouvoir s'amender sous ce rapport. Que les immigiants se plaignaient de l'état de malpropreté dans le(piel se trouvait l'asile ; (pie sa nonchalence et son manque d'attention à l'exécution

des devoirs de sa charge, étaient devenus un sujet de blâme. Que dans une circonstance récente, quatre immigrants anglais, parmi lesquels se trouvait une femme malade, étaient an-ivés de boune heure un dimanche

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dre appar( saurait êti coustitueu que pour i je continui M. Belle r pourrait ê1

Cette mer mon avait recoi les siennes les mêmes

Oubliî de l'asile, ; tout ce qui de côté, il :

f'iim, il.s f„.

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t«' .' Je ' dans |>nfant lo emtce sur e dois

raal-

])onrl'mie leen- Hoiis , nio ir le una titre

avait m convenu entre M. Bell», et mol, que Je prendrais le dîner h l'asile, pais(ine je (Unuis n<k;e,ssairenient m'y trouver iV eette heure là. Il avait {'t6. parfait(>ment eonipris, ,|ue le dîner me serait doum'- par l'asile, eomme un des ('•moluments de nui «liarKo «le gardien; Et plus tard, M. «elle m'en- Kaj?<'ii lui-mènui à venir résider entièrement dans l'asile et h v amener ma fiimille.

Lorsque ma femme pr(''|)arait elle-m.Ame les repas, je les prenais avec elle, et de temps a autre je prenais un pain ou un morceau de vian.le à môme les provisions de l'asile, en échange du .lîner auquc^l j'avais ilroit. J en agissais amsi ouvertement, et je demandais (puUque f<,is au boucher de m apporter un morceau de viande, expressément pour mon usage.

Je me soumis néanmoins h eette inj<M.ction, que je reganlai comme un chfttnnent de 1 altercation que j'avais eue avec la (uiisinir-re, et ensuite i.arce que cela me rendait plus in.lépcn.hmt sous tous les rapports.

La seconde injonction fut, que j<> devais cesser d'emploverà l'avenir, envers la cuisuuèro, les .expressions outrageantes dont je m'étais servi envers elle, car, comme cette p.n-sonne était une dame de qualité ! il me dit positivement qu'il u(i soutfrirait pas .pie je me servisse d'im semblable langage h son égard. * "

Je me permis de répliquer h cette sentence, qu'il n'y avait pas la moindre appareuce d'une (Zrt«u' dans cette cuisinière : une personiu, malpropre ne saurait être mie dame ;-,px'à nies yeux, elle n'avait aucune des qualités qui constituent une dame, c'est-îVdire, qu'elle ne se lavait presque jamais ! et que pour moi, ce détaui; équivalait à tous les autres. Et qu'en conséquence je continuerais i\ la traiter sans mettre de gants et sans cérémonie. A quoi' M. Belle me répondit, que le manque de respect envers cette pei-sonue pourrait être la cause de la perte de mon emploi.

Cette persécution ne m'intimida point, et je continuai h lui exprimer mon opinion sans déguisement. Pendant ce temps la cuisinière avait recours aux pleurs, cette arme si dangereuse des femmes ; et quoique les siennes ne fussent pas des perles mouillées, elles n'en avaient pas moins les mêmes eflFets.

Oubliant ses premières injonctions, lorsqu'il m'avait 'constitué gardien de l'asile, avec une augmentation de salaire, avec l'obligation de surveiller tout ce qui appartenait à l'asile et d'en être responsable, mettant tout cela de coté, il me fait la déclaration suivante :

Que j'(:.tai8 devenu importun, en ni'occupant d'affaires qui ne me reffar raient pas; qu'à l'avenir, je n'aurais plus d'affaires que dans lo bureau ei dans ce qui s'y rapporte.

et

Quant à ce qui concerne la r^gle de tout ce qui a rapport à l'asile, à la cuisine, etc., c'était l'affaire de la maîtresse de maison et de la cuisinière, en une seule et même personne, qui n'étiiit nullement soumise à mou autorité et parlaitement indépendante et libre même de laver le linge des immigrants pour son propre compte. Ce qui était confirmé par la présente, nonobstant ses réprimandes antérieures.

Il ne m'était plus permis de recevoir les plaintes <les immigi-ants ; mais je devais les avertir, (pie désormais toute espèce de plainte devait être faite directement i\ M. Belle.

Tout ceci n'est que du charlatanisme et de la vengeance. Une pierre au lieu de ])ain, l'msulte pour la justice. Quel est celui qui après être demeuré dans 1 asile quelque temi)s, et y avoir été maltraité, peut dire le contraire ?

Considérant ma position sous le rapport pécuniaii-e et voyant la saison avancée -nous étions alors au 22 octobre,-j'é(;outai la pnidence : je tâchai de tirer le meilleur parti d'un mauvais jeu, et j'acceptai les conditi(ms déshonorantes de la capitulation, en faisant seulement remarquer à M Belle que s'il est vrai qu'il y a de la gloire à combattre, il y en a aussi à confesser qu'on a été défait.

Or j'avoue que j'ai été battu complètement aujourd'hui par la cuisinière, mais de grâce, ne confondez pas les causes.

Je pensais que la bagan-e était dès lors finie.

Je crois que M. Belle le pensait aussi. Durant ce temps, quelques immigrants et autres personnes étaient arrivés au Bureau, et il fallait s'occuper d'eux. Monsieur Belle et moi étions disposés à nous acquitter de ce devou-, et de fait, nous étions à l'œuvre. La cuisinière était restée dans le Bureau, jouissant de son tnomphe. Je pensai que M. Belle avait tort de ne pas dire à cette femme, sur le ton le plus doux qu'il eût voulu, qu'elle eût à se retirer. M. Belle lut probablement dans mes yeux l'idée que j'entretenais dans mon esprit, car il fit im signal de tête ; mais en même temps la cuisinière s'avance, et mettant doucement sa main dans celle de M Belle en lui disant, de sa voix la plus mielleuse "J'ai encore une grâce à vous demander, M. Belle. Veuillez bien dii-e à cet homme, en parlant de moi qu'il ne mette plus le pied dans la cuisine, sous aucun prétexte que ce

soit. H a aussi l'habitude de venir pour conuaîtrc l'iieure, je ne veux pas qu'il y vienne, même pour cela. "

Je riais de cette scène attendrissante qui se passait en prés('nce des immigrants, trouvant quelle tHait trop peu importante pour mériter ma colère, mai.s malheureusement, elle ajouta : " Sa femme pourra venir à la cuisine poiu- y préparer ses aliments ;— jusqu'il co moment elle s'est toujours assez bien conduite. " A ces croies, je me lève brusquement et lui dis. " Comment vous osez insinuer ici, qu'une femme honnête comme la mienne aurait besoin des faveurs d'une regrattière connue vous, créature, misérable, ignoble, vile et malpropre, vous misérable sycoi)luuite des immigrants?"

Au même instant M. Belle, piqué au vif par les paroles que je venais de prononcer, se lève subitement et s'écrie. "Vous êtes déchargé. Je vous enjoins de sortir du bureau à l'instant." Et sans dire autre chose (jne " très bien " je sors et je passe dans ma chambre. Telle fut ma réeomp(;nse pour le zélé que j'avais montré dans l'exécution de mes devoirs envers les immigrants ! etje pense qu'un grand nombre d'entre eux pourront attester la même chose. Ma conviction d'avoir accompli consciencieusement mes devoirs et l'espoir d'être débarrassé de la mauvaise compagnie de ce triste duo, me consolaient et me soulageaient.

Quelques jom-s plus tard, M. Belle cx)mmit la bévue impardonnable de me dire : " Etes-vous prêt h quitter l'asile demain ? Si vous ne sortez pas aujourd'hui je le fermerai demain matin ; car la cuisinière m'a dit, (lu'elle ne restera pas un jour de plus, si vous ne sortez pas de suite : " comme si la bonne humeur de la servante importait h l'immigration ou à moi, ou comme si je n'étais pas habitué depuis longtemps à ses lubies et autres niaiseries.

Durant cette difficulté, je sommai M. Belle de me spécifier une seule circonstance dans laquelle j'avais man(iué d'être attentif t\ mon devoir envers les immigrants, et je lui répétai cette sommation.

Je dois dire que dans tous mes rapports avec M. Belle concernant le Bureau, il ma toujours traité avec égard, et qu'il endurait une raillerie de ma part plus volontiers, qu'il ne l'aurait endurée d'aucun autre de ses subalternes; et il ne m'a jamais fourni le motif de l'injurier personnellement. J'en suis bien aise, et je dois déclarer, que je n'ai pas écrit ceci par aucun motif de vengeance personnelle, mais uniquement dans l'intérêt des immigrants et de l'immigration. Et cela, avec d'autant plus de raison, que j'étais tous les jours témoin occulairo des longues journées de peine et de souffrances qu'avaient à endurer les pauvres immigrants, pour des causes aussi viles et aussi méprisables que celles que j'ai rapportées plus haut.

déchne humblement mon nom. ^ ' de l'humanité en général, et jeîu^

Montréal, 1872.

HANS MULLEB.

îHe, Agent des

des immigrants

rénéraJ, etjelui

Document C,

LETTRE DE H. PAROTTE.

Montréal, Décembre, 1872.

Monsieur,

Ce n'est pas luie plainte que je viens formuler, je désire même que ma lettre demeure chose morte : je n'aime pas (^ue mon nom soit mis eu évidence, je viens vous renseigner sur des faits qui me sont personnels, et qui, s'ils se renouvelaient, pourraient amener un enchaînement de circonstances fâcheuses. Je suis anivé au Canada avec ma tiimille le. 6 juin dernier. J'étais porteur d'une lettre particuUère, me recommandant spécialement à vous. Vous avez eu l'obligeance de contresigner cette lettre et deTacb-esser à M. Belle, Agent d'immigration à Montréal.

L'accueil le plus gracieux m'a été fait par ce monsieur, il m'a donié ainsi qu'à ma famille de grandes marques d'intérêt, (trop d'intérêt !) mais je n'ai pu trouver d'emploi, par l'intemiédiaire de laquelle, j'ai été réduit à mes proi)res forces.

Ayant trouvé luie ocoupatii>n passagère qui nécessitait mon départ de Montréal, ma femme ne pouvant m'accompagner, j'ai dû la laisser j\ la maison d'Immigration, jusqu'à ce qu'il me fût possible de lui faire passer les fonds nécessaires à son installation dans une maison de pension ; c'est dnmoins à ces conditions que M. Belle m'avait oftert de la laisser séjourner au refuge des immigi-és. Du reste, elle s'occupait et rendait des services dans la maison.

Je suis parti, confiant dans la loyauté et la moralité d'im fonctionnaire de la province ; j'ai eu la sottise de croire que l'affreuse situation à laquelle se trouvait réduite une famille honorable d'expatriés, était un sauf-conduit suffisant pour commander le respect. Il n'en a rien été.

A peine étais-je partie, que ma femme a été obsédée par les offres injurieuses de l'agent ci-nommé. Elle a été dans la nécessité de quitter le Refuge, sans pain, sans ressources, et pour ainsi dire sans gite ; et ce n'est qu'à mon retoiu- qu'elle m'a informé de cela.

Il est probable que de semblables désagréments ne sont pas arrivés qu'à moi.

Vous comprenez, monsieur, qu'il est nécessaire, pour que l'immigration prospère et continue, que les Immigrants soient respectés, tant dans leurs

personnes que dans celle de leurs familles Pu..,.- •

les premiers qui doivent se confovmp o , Pnncpa.tx agents sont

Nous souffrons assez de uotre d ^^^^^ ^^^'^^^^ ^^^ l'hospitalité.

de la différence du climat et de toi t-l ^ ! "^"^^'"'^'"^'^t ^^^ "«^re patrie,

avoir encore à souffrir les njuJs^ ^ "'' '^"' nous attendent, sans.

Quelle différence pour nous 'e t" tcc^r "T """"'* ' ^^"^' "--•

estta.^Qué.ec,etlesmar;uesdï^^^^^

— ilTl^r^rTcl^riiet P^^ î- in..i..-ants. Celui-ci sieur, de me pardonner la 10111 de In, ^t^"'^' '' ^""'^ ^"^ "'"agréer l'assurance de mon resS A ' nf, ''^'''''^''^'''^ «^ de vouloir bien remédierez à cet état de clSr ^ '"™*^^" '"''^^''^ ^1"« vous

Votre obéissant serviteur.

H. PAROTTR.

Market Hôtel, Moiuitain Street 99, Montréal. , '

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