‹ Reponse aux cinq lettres du R.M. VerreauChapitre 2 sur 5 · Sur cette liste, il ne devra être inscrit qu'un ou · texte numérisé non relu

Sur cette liste, il ne devra être inscrit qu'un ou

vrage par matière d'enseignement, ou deux dans le cas où l'un serait élémentaire et l'autre et l'autre plus complet pour les classes avancées, et nul autre ouvrage ou livre ne sera en usage dans les écoles.

10. La dite liste des livres approuvés ne sera revue que tous les quatre ans, et tout livre d'école qui serait exclu de la dite liste ne pourra être exclu de l'enseignement avant une année à compter de la date de la révision de la dite liste, et les nouveaux livres approuvés ne devront être mis en vente qu'après une année à compter de la même date.

11. Le surintendant retiendra la subvention de toute municipalité qui, après le premier jour de septembre 1882, permettra dans ses écoles l'usage de livres non portés sur la dite liste ainsi revisée.

12. Nonobstant^toute loi à ce contraire, tous les livres ou tous les ouvrages portés sur la dite liste deviendront la propriété du Conseil de l'Instruction Publique, moyennant indemnité aux propriétaires, laquelle sera fixée par le Lieutenant-Gouverneur en conseil, et, s'il y a contestation sur le chiffre de cette indemnité, la contestation sera référée à trois arbitres nommés, l'un par le surintendant, l'autre par le propriétaire de l'ouvrage, le troisième par ces deux arbitres, et la décision de ces arbitres sera finale."

L'auteur a emboîté le pas sur M. Ferry et l'a devancé de quinze jours; c'est seulement le 7 octobre que le ministre de la République prescrit, par une simple circulaire, la mesure tyrannique qu'un habile a escamotée à la Législature. (1)

Citons quelques lignes de l.i piècï ministérielle. " Il y a, dit M. le Ministre, deux manières/Varriver, en ce qui concerne les livres scolaires, à l'unité de règle : la voie de l'autorité et la voie de la liberté Un seul manuel officiel pour chaque matière, ou un petit nombre d'ouvrages choisis approuvée par l'autirité centrale et distribués d"oïïice, à l'exclusion de

Comment et où cette loi a-t-elle été forgée ? Qui l'a présentée ? L'enfant est si laid et si méchant, qu'il ne trouve ni père ni parrain. M. le Surintendant va tout à l'heure nous déclarer qu'il n'en a point eu connaissance avant la session législative ; n'est-ce pas le cas de renforcer le poste et de doubler les sentinelles ?

En attendant que l'on fournisse l'extrait de naissance de ce terrible enfant, qu'on me permette de citer quelques notes que m'a laissées sur cette question le cher frère Armin-Victor, qui voyait si clair derrière la toile ; peut-être établiront-elles, au moins en présomption, la parenté qui existe entre le dépôt de livre et la loi votée par la Législature en juillet dernier.

" Que le dépôt de livres soit une heureuse innovation telle n'est pas la question que je veux me poser. On pourrait examiner comment elle a été appliquée et, sur ce point, il peut être fait — il a été publié — des critiques trop justifiées pour qu'on y réponde jamais d'une façon péremptoire et victorieuse. Mais ce n'est pas assez, le

tous les autres, dans les écoles publiques : voilà le premier système qui semble de beaucoup le plus simple et le plus rapide.

Le second système est plus libéral : c'est au personnel enseignant luimême que l'on confie l'examen et 'e choix des livres que la libre concurrence des éditeurs met au jour incessamment, le laissant libre de modifier, d'augmenter, de réviser le catalogue, selon les progrès de la librairie scolaire. C'est à celte seconde solution que, d'accord à mon administration, le Conseil supérieur, a, sans hésiter, donné la préférence. Ainsi, M. Constans enfonce les portes des monastères pour en chasser les religieux ; M. Ferry, qui s'entend mieux aux affaires, ne veux pas forcer celle de l'écîïe pour y reproduire un manuel scolaire. Scrupule de ministre ! deux lignes plus bas, Mr. Ferry ajoute : " Les instituteurs et institutrices de chaque ,xanton dressent la liste des livres dont ils désirent se servir, Toutes ces listes cantonales sont centralisées au chef-lieu du département, où une Commission présidée par l'inspecteur d'Académia les examine et les révise.

J'entends par là que, si certains choix lui semblaient malheureux, si des omissions graves ou systématiques paraissaient s'être produites, la Commission renverrait la question à l'examen de la conférence cantonale, avec ses observations, avant de donner son visa. " — Peut-on escamoter plus hypocritement la liberté au nom même de la liberté ?

Surintendant, pour arriver à l'uniformité veut prescrire les ouvrages destinés à l'enseignement. C'est une idée empruntée aux pays protestants qui appliquent ainsi aux catholiques leurs principes libéraux. Or, il est bon de. prévoir les conséquences d'une telle détermination :

lo. Prescrire l'usage exclusif de quelques livres, c'est se condamner à ne pas avancer. Dans un petit pays comme celui-ci, réduit aux proportions de la province de Québec, le commerce de librairie est impossible eans la libre concurrence. Que la concurrence cesse, naît le monopole, qui impose ses conditions. De là des charges énormes que l'on ferait peser sur les familles.

Bien plus, qui osera publier de nouveaux livres ? Qui, par exemple, essaierait aujourd'hui de produire un ouvrage d'agriculture destiné à remplacer le manuel Larue, tant et si persévéramment vanté ? Qui osera parler d'un livre de lecture après les efforts faits pour imposer Montpetit, dont l'ouvrage indigeste, sans méthode, est le moins propre à l'enseignement de la lecture de tous ceux qui ont été publiés dans le même but ? Qui fera une méthode rationnelle et graduée pour l'enseignement du dessin après que M. Dunn a reconnu que l'ouvrage dont il est le second père est plus parfait qu'aucun autre livre du genre, publié dans le passé, ou dont la publication serait possible ? On se condamne donc à la médiocrité pour longtemps ?

2o. On va à détruire la liberté des institutions religieuses au moins celles qui sont placées sous le contrôle des commissaires. Partout, même en France, où l'esprit de réglementation est porté à l'excès, et où l'on ne saurait accuser l'Etat de partialité envers les congréganistes, les communautés restent en possession de ce droit. On est en voie ici, de suivre d'autres errements. Or sait-on la conséquence de cette détermination ? On s'achemine à l'usage de livres indifférents au point de vue religieux

en attendant qu'on arrive aux livres positivement dangereux. Yoici déjà que, par l'introduction de Montpetit, on supprime partout la Vie de N.-S. J.-C. et le Devoir du Chrétien, ouvrages qui doivent être entre les mains de tous les enfants pour passer dans les familles.

3o. Mais quand on devrait accepter dans le présent, ces inconvénients, qui ne reçoivent aucune sorte de compensation, il faut songer à l'avenir. L'heupe vient où l'esprit libéral et peut-être libre-penseur pénétrera dans les hautes régions. Comment feront alors Nos Seigneurs lesEvêques pour retirer alors à un Surintendant hostile les pouvoirs qu'ils auront laissé exercer par ses prédécesseurs? Ils invoqueront ou les raisons données plus haut, mais dont ils seront accusés d'avoir fait bon marché autrefois, ou la défiance que leur inspireront les hommes d'alors, mais combien les hommes d'alors se récrieront.

Il importe donc que le Conseil Supérieur maintienne absolument son droit d'approuver les livres et, pour les instituteurs et les municipalités, le droit de prendre ceux qui leur conviennent parmi les livres approuvés; Le premier de ces droits serait annulé par les confiscations du second. Du reste, monsieur le Surintendant ne le dissimule pas. " Dans le cas où le conseil de l'instruction publique, pour des raisons graves, ne voudrait pas reviser maintenant la liste des livres approuvés, il y aurait peut-être un moyen d'obvier à cet inconvénient : ce serait de laisser libre le commerce de tous les livres approuvés, mais de rien vendre au Dépôt quart petit nombre choisie Ce moyen serait beaucoup plus lent qu'une révision complète, mais il aurait toujours sa valeur en ce qu'il manifesterait une préférence de la part des autorités.

Ainsi, on chargerait de trier, parmi les livres adoptés par le Conseil, des hommes qui, sans contrôle, pourraient bien choisir, non les meilleurs pour l'enseignement, mais

ceux qui leur donneraient le plus de profits ; monsieur Dunn choisirait les livres de monsieur Dunn et des amis de monsieur Dunn.

Le Dépôt, du reste, devrait n'avoir le droit, comme en Ontario, que de vendre du matériel de classes , à prix réduit, l'Etat faisant, pour cet objet, des sacrifices. Mais le commerce de livres et d'articles de bureau devrait y être proscrit ; cela dégénérera nécessairement, pour lea employés en sous ordre, en un tripotage d'argent qui ne profitera qu'à eux et aux préférés qui leur auront fait les meilleures remises. " (1)

Ces réflexions si judicieuses, si clairvoyantes, permettent, ce semble, de saisir le plan de ces Messieurs. Attirer, par le dépôt de livres, l'attention des Instituteurs sur les ouvrages que l'on voulait faire adopter, les répandre graduellement clans les diverses écoles, les faire recommander par M.M. les Inspecteurs; laisser au temps de familiariser les maîtres avec les classiques préconisés, et, à l'heure propice, briser le moule et présenter le chefd'œuvre.

On conçoit les légitimes inquiétudes du clergé et des congrégations religieuses à l'apparition d'une telle loi dans un pays aussi chrétien que le Canada ; chacun attendait avec anxiété la discussion qui devait s'ouvrir sur ce sujet à propos de la conférence de M. Cloutier.

C'est M. Pilon, inspecteur primaire, qui engage la discussion avec une remarquable force d'argumentation contre le système préconisé. M. Ahern, professeur à l'Académie du Plateau, cherche à lui répondre ; mais d'un mot M. Pilon lui rétorque sa réponse et le réduit au silence malgré les efforts des nombreux amis du voisinage qui le soutenaient et l'exitaient. M. Pilon venait de fournir la

(l) De divers joints n'arrivent d'édifiants renseignements sur ce tripotage annoncé ici par le cher frère Armin ; encore un peu de lumière, et on verra bientôt briller dans tout son éclat le pot aux roses.

réplique, ; son rôle était fini. M. le Président 'accorde la parole à M. Tassé. Après un vigoureux coups de fouet appliqué aux paradoxes de M. Toussaint, M. le curé de Ste. Scholastique attaque l'uniformité de livres dans l'enseignement et dénonce le danger de ce système en citant, à l'appui de son assertion, les ravages que, par des procédés analogues, la révolution exerce dans la vieille Europe ; il termine son discours par la citation de quelques propositions du Syllabus où l'immortel Pie IX revendique pour l'Eglise, le droit de s'occuper de l'éducation et du gouvernement des peuples. Six heures sonnent ; M. le Surintendant annonce que la suite de la discussion est remise au lendemain, et lève la sance.

Le lendemain, la discussion est reprise après les conférences indiquées au programme. La veille, M. Pilon avait fait l'éloge de nos classiques ; M. Stenson, inspecteur du comté de Sherbrooke, qui lui répond, exalte la série de M. Montpetit, qu'il proclame la plus parfaite de toutes et dont il recommande l'adoption pour toutes les écoles de la Province. Le discours de M. Stenson fut laborieux, ses conclusions ne conquirent pas les sympathies universelles. Bon nombre d'orateurs se disposaient à demander la parole, lorsque, tout-à coup, M. Rousselot, curé de Notre-Dame, se lève et, s' adressant à M. le Président : — *A Monsieur le Surintendant, lui dit-il, je vous prie de me permettre de vous adresser une question ; une réponse favorable dissipera le malaise que je vois régner dans un grand nombre d'esprits. On demande l'uniformité de livres dans toutes les écoles de la Province. Nous voudrions savoir, d'une manière précise, ce que l'on entend dans cette demande. Ne s'agit-il d'établir cette uniformité que dans les écoles laïques, ou bien se propose-t-on d'ôter à nos communautés enseignantes, c'est-à-dire aux Frères des Ecoles Chrétiennes, aux Sœurs de la Congrégation, les livres dont ils se servent

depuis'si longtemps et avec tant de succès?" — "Je ne suis pas prêt pour répondre à cette question, Monsieur le Curé ;v}elle n'a pas été proposée au Conseil, et je ne puis savoir ce que le Conseil déciderait." — " Pardonnez, Monsieur le Surintendant, nous avons besoin de savoir ce qu'on se propose, ce qu'on demande aujourd'hui dans ce Congrès. On réclame l'uniformité de livres dans l'enseignement ; encore une fois, demande-t-on aux Frères le sacrifice de leurs livres et de leurs méthodes, livres et méthodes dont le mérite a été reconnu dans toute l'Europe, que les différents gouvernements ont approuvé, et qui n'ont eu que trop de succès à Paris même ? Car si les Frères y sont victimes de la persécution, c'est surtout à cause de leurs succès Nous avons besoin d'être rassurés sur ce , point ; car si c'est vraiment ce que l'on se propose, nous agirons en conséquence et nous saurons prendre nos mesures."

Ce petit mot cominatoire produit une impression sensible sur M. le Surintendant, qui objecte néanmoins que l'uniformité des livres est complète dans tout le Département de la Seine : " Pardon, M. le Surintendant, si j'ose soutenir le contraire ; je suis certain que les chers Frères suivent encore leurs livres e'i leurs méthodes dans leurs écoles de la capitale. Et je ne comprendrais pas que lorsque le gouvernement actuel de la France n'a pas encore enlevé aux Frères des Ecoles Chrétiennes leurs livres et leurs méthodes, on songeât à le faire au Canada, en Amérique, dans le pays de toutes les libertés. "

A ce mot de liberté, M. le Surintendant déclare en termes chaleureux et qui sont couverts d'applaudissements, que, lui aussi, veut la liberté dans l'enseignement: " Comment, s'écrie-t-il, craindre pour l'avenir du Canada avec nos instituteurs qui sont aussi religieux que n'importe quel religieux ? Comment s'alarmer sur l'éducation religieuse du pays avec un Conseil supérieur composé de tous les Evêques de la province et d'excellents catho

liques? Si nous préconisions les livres et les métho des des Frères, personne, parmi vous, Messieurs, ne protesterait !

Ces assurances rassurèrent médiocrement M. Rousselot, qui reprit : " J'aurais encore une question à vous adresser, M. le Surintendant. A la dernière session, un bill sur l'uniformité de livres dans les écoles de la province du Bas-Canada a été voté par la législature. On nous dit et on nous répète que nous devons être tranquilles sur l'avenir de nos écoles, parce que le Conseil de l'Instruction Publique étant composé de nos Seigneurs les Archevêque et Evêques et de laïques éminents et chrétiens, il ne peut être pris aucune mesure fâcheuse pour la religion. Cette loi a-t-elle été passée avec l'agrément et l'approbation de nos Seigneurs les Archevêque et Evêques ? " — " Cette loi, répond M. le Surintendant, n'est pas encore en vigueur, et il est probable qu'elle ne le sera pas de sitôt; je ne sais trop comment elle a été votée. Elle vise surtout mon dépôt de livres, et c'est pour me dorer la pillule qu'on y a joint la partie qui concerne l'uniformité de livres dans l'enseignement." — " Je sais, reprend M. le Curé, et de la manière la plus certaine que nul de nos Seigneurs les Archevêque et Evêques n'a été consulté, et que ce Bill a été passé à leur insu." — " J'ignore cette loi, réplique M. le Surintendant, et je ne l'ai même point lue, si ce n'est dans la partie qui concerne mon dépôt de livres." Sur cette parole, M. le Curé s'assied, laissant à chacun le soin de tirer les conclusions. De tels faits se passent de commentaires.

Ces discussions du Congrès oot jeté une vive lumière sur le plan de campagne entrepris contre les congrégations religieuses, et permis de distinguer les principaux personnages qui se sont partagé les rôles. Couronnés de lauriers, ces Messieurs se présentaient à l'admiration de

la province émerveillée de si fécondes méthodes, de si liches travaux et de si nombreux diplômes. Au Congrès, le corps enseignant, par une -acclamation unanime, sanctionnait de son autorité morale les faits accomplis et les systèmes préconisés. Fiers de ces lauriers et forts de ce vote, ces Messieurs se présentaient devant le Conseil de l'Instruction publique, et n'avaient plus qu'un mot à dire : a Messieurs les membres du Conseil de l'Instruction publique, pendant l'été on vous a escamoté une loi. €'est un petit péché, nous l'avouons ; mais un petit péché qui répond à un besoin gênerai du pays et aux vœux de tous les instituteurs de la province, qui viennent d'acclamer la mesure. Veuillez, Messieurs, laisser passer la loi, et, au besoin, lui prêter main forte."

Et le tour était joué, et le catholique Canada aurait eu, par cette petite loi, la prime de quinze jours sur M. Ferry. Grâce au croc-en-jambe de M. le Curé de Notre- Dame, le vote a fait fiasco, et l'enfant mystérieux est, chacun l'espère, mort-né.

Tout en passant dans mon esprit les divers incidents de l'Exposition et du Congrès, j'attendais chaque jour la liste des lauréats; elle m'arrive enfin; je cherche notre nom et j'y trouve accolé le prix v nique, qu'ont publié plusieurs journaux. En présence de cette note, je crus qu'il était temps de rompre le silence et de dire à M. le Surintendant que, si l'honneur de l'Institut me faisait un devoir cle repousser Tépithète de fourbes dont la note semblait nous gratifier, ses intérêts ne me permettaient pas d'accepter le rôle de dupes qu'on cherchait à nous imposer.

Les faits que je viens de raconter justifient le ton quelque peu incisif de ma lettre. Je l'avoué, je crus qu'il était temps de parler franchement et je négligeai complètement cette recommandation de Gracian aux hommes de cour. u Il faut, dit-il, détremper la vérité avec force

sucre pour lui ôter son amertume, et puis la saupoudrer de beaucoup d'ambre, pour en tempérer l'odeur forte et désagréable ; on doit ensuite la donner à boire aux hommes dans une tasse d'or et non pas dans un verre, de peur qu'ils ne la voient au travers. La vérité est une fille qui a autant de pudeur que de beauté, et c'est pour cela q i elle va toujours voilée ; m lis il faut que les princes la découvrent galamment. Les princes veulent bien être aidés, mais non surpassés. Ceux qui les conseillent doivent parler comme à des gens qui les font souvenir de ce qu'ils oubliaient, et non comme leur enseignant ce qu'ils ne savaient pas." Cet avis de Gracian, je l'ai complètement négligé; j'ai servi la vérité, non dans une coupe d'or, mais dans une coupe de cristal.

L'Honorable Surintendant en m' accusant réception de ma lettre, me dit qu'il la soumettrait à la Commission Scolaire, qui devait y répondre. En effet, le 30 octobre, le Rév. M. Verreau m'écrivit que, à son grand regret, ma lettre avait été soumise à la Commission Scolaire, et que cette Commission avait décidé qu'elle ne pouvait " prendre connaissance d'un document écrit en pareils termes." Je crois sans peine que le regret de M. le Principal a dû être très-grand ; il semble même avoir troublé la limpidité de sa pensée ; car, comment ce " document écrit en de pareils termes " a-t-il pu inspirer à la Commission Scolaire une telle répulsion puisque, à priori, elle déclare ne pouvoir en prendre connaissance ? Comment cette pièce, qui soulève le cœur à ces Messieurs, n'a-t-elle produit qu'une heureuse impression sur les honorables personnes à qui je l'ai communiquée, pour le fonds et la forme, et qui, certes, ne le cèdent point en savoir-vivre à mes lion arables contradicteurs ?

C'est en accusant à M. le Principal, réception de sa lettre, que je lui disais : " Je regrette, Monsieur le Principal, que ce soit la plume d'un prêtre qui ait accepté de me faire cette notification. c

Abordons maintenant la critique que le Eévérend M Verreau a faite de ma note du 27 novembre. 'Je n'en toucherai que les principaux points ; le tout pourrait se résumer en ces trois pensées :

Tout ce que la Commission scolaire affirme vrai est très- vrai ;

Tout ce qu'elle fait est très-bien fait;

Quiconque juge et agit autrement qu'elle, qu'il soit anathème !

Ire. lettre.

Elle ne renferme que deux jets de fiel ; je me détourne et les laisse passer.

2me lettre.

A rectifier un mot du comité permanent : " Considérant que par suite de l'entrée faite et payée par les Frères des Ecoles Chrétiennes de Québec pour des spécimens d'écriture et de dessin." D'écriture, oui ; de dessin. non ; cette expression est en contradiction :

lo. Avec un document émanant de ce même Comité, à la date du 9 novembre, et où il est déclaré que " les Frères des Ecoles Chrétiennes n'ont fait qu'une entrée pour les trois feuilles mentionnées dans mon mémoire." Or, mon mémoire mentionne trois feuilles de calligraphie et non des spécimens de dessin.

2o. Avec les trois pancartes délivrées par ce Comité, et qui, comme on le verra plus loin, n'indiquent que des feuilles d'écriture.

3o. Par la feuille d'entrée. L'article indiqué sous le titre llluminated design est une feuille d'écriture ornementée de traits de plume et dédiée à son Excellence le Gouverneur Général ; elle est désignée dans les pancartes sous le nom d' Ornemental pen.manship.

Si M. le Principal a quelque doute à ce sujet, je m'offre à faire venir les feuilles de Québec.

3me. lettre.

Pour diriger cette Exposition, le Lieutenant-Gouverneur nommait, le 29 mai, une commission, la Commission scolaire, composée du Surintendant, de MM. Archambault, A. Hicks et votre serviteur." Qui a présenté ces membres à la nomination de son Excellence ? Nul doute que ces MM. ne soient d'une honorabilité au-dessus de tout soupçon ; mais enfin, l'homme est toujours homme, même alors qu'il est revêtu du pouvoir de diriger une exposition scolaire; et, m'est avis que, juges et parties, ces M. M. n'eussent point dérogé à leur dignité ni porté atteinte à leur liberté, en faisant entrer dans la Commission scolaire un prêtre choisi par Mgr. comme représentant des Congrégations religieuse, qui ont, dans ce pays, une si large part à l'enseignement. C'est oubli, probablement ; cependant, l'exposition de Paris, en 1878, a dû donner sur ce à M. Archambault quelque expérience.

" Le jury que nous avions choisi offrait toutes les garantie." Au point de vue de l'honorabilité et des capacités techniques, c'est incontestable ; mais non au point de vue des intérêts que les jurés devaient représenter. Il se composait de quinze membres et il avait à juger les travaux d'environ trois cents écoles, dont au moins cent cinquante écoles dirigées par des Congrégations religieuses, une trentaine par des protestants et à peu près cent vingt par des laïques catholiques. Or, le jury se claissait ainsi : pour les Congrégations religieuses, cinq membres, trois prêtres, dont deux n'ont point paru, et deux religieux ; au fait, trois membres ; pour les protestants, six membres, et le reste pour les laïques. Et que M. le Principal n'allègue pas que cette distribution des membres d'un jury est arbitraire: le titre de jury ne confère pas plus l'infaillibilité que celui de commissaire^

" Les Frères des Ecoles Chrétiennes étaient loin d'être les derniers et par le nombre et par la qualité des objets

qu'ils exposaient." Charmant ! Monsieur le Principal. Mais, au moins, quelle place approximative occupionsnous? D'après le langage de Y École, distinguons aussi. Si on nous classe par ordre de production — et c'est ainsi que l'entend le R. M. Verreau nous trouvons dans notre département plus de six mille articles, c'est-à-dire plus du double de ce qu'exposaient ensemble les deux Ecoles normales catholiques de Montréal et de Québec et toutes les écoles, garçons et filles, de Montréal sous le contrôle de Messieurs les Commissaires; si on nous classe par ordre de succès, au point de vue de la foi, nous occupons grâces à Dieu — le premier rang ; le divin Maître l'a dit : " Ils vous persécuteront, et, ce faisant, ils croiront rendre gloire à Dieu- "

" Nous n'étions pas les derniers ! " Ceci prouve qu'il y a chez nous progrès sur 1877. En effet, je lis dans le Journal de l'Instruction Publique, année 1877, Nos. 9 et 10 : u Les juges n'ont que des éloges à faire de la partie de cette Exposition — celle de Québec — occupée par l'Ecole Commerciale Catholique et l'Ecole Polytechnique de Montréal ; . . . mêmes éloges de la partie occupée par les écoles normales Jacques-Cartier, Laval et McGill, et par les Frères de la Doctrine Chrétienne" Cette année, nous ne sommes plus l'appareil caudal ; encourageant !

u En acceptant la place que nous leur avions assignée dans notre galerie, ils s'étaient mis dans la position de celui qui accepte une hospitalité honorable ; cet homme ne peut introduire aucun étranger sans prévenir le maître. Eux, non plus ne pouvaient introduire des exposants ou un jury étranger chez nous, sans nous avertir." — Nous avions " accepté une hospitalité honorable ; " oui, très-honorable, et je suis heureux de témoigner ici ma reconnaissance à la Commission scolaire pour l'emplacement qu'elle nous avait affecté, et à l'honorable Surintendant pour "«toutes ses attentions envers mes Frères et envers moi.

" Cet homme ne peut introduire aucun étranger sans prévenir le maître j" c'est élémentaire, et j'avoue qu'il eût été convenable que notre professeur de Québec prévînt la commission avant de faire l'entrée du 17. Mais, en somme, cet oubli que le hic de la question, est-ce chose si grave ? Et si pareille entrée se fût produite de la part d'un professeur de l'Ecole Jacques-Cartier, ou de l'Académie du Plateau, ou de l'École McGill, MM. les Commissaires l'auraient-ils pesée au même poids et dans la même balance? — Les faits que j'ai à signaler nous répondront.

Du reste, il y avait un moyen bien simple ; la Commission, gardienne vigilante de la discipline et du règlement, n'avait qu'à congédier poliment de chez elle les deux étrangers ; mais, dit-elle, elle les a aperçus trop tard, seulement le 24.

Encore une réflexion sur ce sujet. Deux de nos élèves font, par leur professeur, l'entrée de leurs trois feuilles de calligraphie ; M. Languedoc, ancien élève du Elateau, en fait une pour une locomotive. Au fond, quelle différence entre ces deux entrées? Question d'inscription, voilà tout. M. Languedoc, qui est enfant de famille et qui connaît tous les passages, a sonné pour entrer ; nos deux élèves, qui les ignoraient et qui ont trouvé la porte ouverte par M. Languedoc sont entrés sans sonner. Monsieur Archambault a pris la précaution de faire faire l'entrée de la locomotive par son élève ; notre professeur l'a faite pour les siens ; et M. Archambault revendique l'honneur du travail placé dans la galerie de l'Instruction publique, comme ils nous impute l'entrée des trois feuilles primées dans le nôtre.

11 Des juges autres que les nôtres avaient passé par là ? Que les avait appelés ? Que les avait envoyés ?" Les trois pancartes fixées aux feuilles de M. M. Arcand et St. Pierre et portant leurs noms. " Qui les avait soufferts ?" Per-

sonne, car je n'ai jamais rencontré ces Messieurs, je ne leur ai jamais adressé la parole, et je ne sache pas qu'aucun de nos frères les ait ni appelés ni soufferts pour l'examen de notre collectivité ; leur rôle s'étendait aux trois feuilles entrées, mais il se bornait là ; s'ils ont dépassé la mesure, c'est de leur plein et libre mouvement et sans prévenir personne d'entre nous.

" Nous prîmes le moyen le plus simple et le plus digne de nous renseigner." A l'avis de M. le Principal, peut-être ; A l'avis de quiconque a peur de voir trop clair, peut-être encore ; à l'avis de tout homme franc et loyal, le moyen le plus digne était de me signaler, à moi, nouvellement arrivé au Canada, et encore peu au courant du règlement de l'exposition ; à moi, responsable de la conduite de mes frères ; à moi, que ces Messieurs ont vu au Palais de cristal le 24 septembre, c'est-à-dire le jour même où ils sont allés au bureau de M. Stevenson ; le moyen le plus simple et le plus digne, dis-je, était de me signaler l'irrégularité de l'acte commis par mon subordonné : les feuilles entrées eussent été retranchées de notre département, et tout eût été réglé, et ces Messieurs ne se seraient point exposés dans leur précipitation à prendre un document pour un autre.

" Nous nous adressâmes au Secrétariat et le document officiel qui suit nous fut communiqué.

Exposition agricole etc., de la Puissance.

Formule d'entrée.

Date, Sept. 17, 1880. — Signature, Frère des Ecoles Chrétiennes. Résidence Québec.

Classe 9, Groupe 5, Section 9, Spécimen ornemental penmanship.

Classe 9, Groupe 5, Section 10, Spécimen commercial penmanship.

Classa 9, Groupe 5, Section 8, Illuininated design. Diploma granted for schools exhibits.

Toute l'accusation de la Commission scolaire contre nous repose sur deux bases : un document et deux dates ; un document falsifié et deux dates transposées. En rectifiant le document et en replaçant les dates,' tout l'échafaudage s'écroule et la sincérité de chacun brille dans tout son jour.

Etudions d'abord le document. Le 17 septembre, un de nos frères " Frère " dit le document de M. le Principal, fait, par complaisance pour ses élèves, une entrée pour trois feuilles de calligraphie, dont ils sont les auteurs ; il eût été convenable qu'il prévînt la commission ; mais, je l'ai dit, la complaisance du maître l'emporta sur la prudence de l'exposant. Le Comité des Beaux Arls prime les feuilles entrées, seuls articles sur lesquels il pouvait rigoureusement porter son jugement; néanmoins, de son propre mouvement, sans nous prévenir, il étend son examen à toute notre collectivité et nous décerne le Diplôme section extra, dont la pancarte du 24 nous apprend le premier mot. C'est en vain que notre professeur déclare, le 24, à M. le Surintendant, qu'il n'y a eu de sa part d'autre entrée que celle des trois feuilles d'écriture ; c'est en vain que, le 25, je lui proteste que c'est à notre insu que ce Diplôme nous à été octroyé. M. le Surintendant ferme l'oreille à toute observation. A voir la conduite de la Commission en cette circonstance, on dirait que, ivre de joie, elle n'a plus qu'un souci: préparera l'aide du document qu'elle a trouvé, la fameuse note officielle qui doit dénoncer notre déloyauté à toute la Province.

On vient de voir le document délivré à la Commission Scolaire par le Secrétariat le 24 septembre ; voici celui que m'a délivré le même Secrétariat vers la mi-octobre :

Exposition agricole, etc., de la Province.

Formule d'entrée.

Date, Sept. 17, 1880.— Signature, Frère des Ecoles Chrétiennes. Résidence, Québec.

Classe 9, Groupe 5, section 9, Spécimen ornemental penmanship.

Classe 9, Groupe 5, section 10, Spécimen commercial penmanship.

Classe 9, Groupe 5, section 8, Illuminated design.

( Certifie d true copy,)

S. C. Stevenson, Sec.

En comparant ces deux documents, on voit, au premier coup d'oeil, qu'ils sont en tout semblables en deux choses : 1° L'entrée n'a été faite que par un seul frère : 2° Les articles entrés sont les mêmes : trois feuilles d'écriture ; — mais on remarque également qu'ils diffèrent en deux choses essentielles : 1° Le document de M. le Principal n'a nul caractère d'authenticité, et je le récuse ; le mien est certifié vraie copie, et doit avoir force témoignage ; 2° Mon document, qui est le vrai, n'offre nulle trace de diplôme ; comment celui de M. le Principal peut-il porter ces mots :

" Diploma granted for schools exliibits"

Et d'abord, quel est le mauvais manitou qui, dans une vision nocturne sans doute, a fourni si exactement le titre d'un Diplôme qui n'a paru que comme une étoile filante, titre que ni nos frères ni moi n'avons eu le temps de prendre ? Comment ce Diplôme se trouve-t-il accouplé à la feuille d'entrée ? Qui ne voit ce que ce rapprochement a de probant pour la thèse du R. M. Verreau ? Mais qui ne voit aussi ce que ce rapprochement, cette falsification, a d'odieux ? De la part d'un simple laïque, une

telle manœuvre est indigne ; de la part de M. le Principal, elle est inqualifiable.

L'entrée du 17 fut faite pour nos élèves, et non pour nous ; l'accouplement du Diplôme et de la feuille d'entrée, fait par le R. M. Verreau, n'est, chacun le comprend, qu'un mauvais procédé au service d'une mauvaise cause. A ce témoignage, qui suffirait à prouver que la Commission agit " par respect pour elle-même et par esprit de justice," viennent s'en joindre plusieurs autres qu'il sera bon de citer.

1° Les pancartes. — Toutes trois ont été délivrées, non en notre nom, ce qui aurait dû avoir lieu si l'entrée avait été faite pour nous, mais au nom des deux élèves Arcand et St. Pierre ; les voici textuellement :

Dominion Exhibition, Montréal.

First Prize.

Classe 9, Gr. 5, section No. , Commercial Penmanship.

Arthur Arcand.

Dominion Exhibition, Montréal.

Second Prize.

Classe 9, Gr. 5, section 9, No. 4, Ornemental Penmanship. Arthur Arcand.

Dominion Exhibition.

/Second Prize.

Classe 9, Gr. 5, sect. 10, No. 3, Commercial Penmanship.

E. St-Pierre, Québec.

2° Les prix. — Les chèques ont été envoyés, non aux Frères, mais aux deux élèves, les entrants réels, et, partant, les seuls bénéficiaires ; le document suivant en fait foi.

Classe 9? Gr. 5, section 9, Lithography, Eograving, etc.

No. Exhibitor. Résidence. Prize. Account.

Section 9.

748, Frères des Ecoles Chrétiennes, Québec.

Arthur Arcand 2. 2.00

Section 10.

748, Frères des Ecoles Chrétiennes, Québec.

A. Arcand 1. 5.00

E. St-Pierre 2. 2.00

(True copy,)

S. C. Stevenson, Sec.

3° Les journaux. — Plusieurs journaux ont publié les prix octroyés aux deux élèves Arcand et St-Pierre ; aucun, que je sache, n'a publié les prix obtenus par les Frères des Ecoles Chrétiennes.

4° La décision du Comité permanent, en date du 22 novembre, décision par laquelle ce Comité reconnaît l'erreur des juges qui ont outrepassé leurs droits en étendant leur examen, des trois feuilles entrées, à notre collectivité pour laquelle on ne trouve nulle trace d'entrée.

5° La Commission Scolaire, dans sa séance du 27 novembre, vient elle-même d'ouvrir ses bras maternels à l'enfant prodigue et de nous octroyer le diplôme de lre classe auquel nous donnent droit nos produits exposés. " Attendu, dit-elle, que par la résolution qui précède " — celle du Comité permanent, — " les Frères des Ecoles Chrétiennes sont replacés sous la juridiction de la Commission Scolaire, il est résolu :

" Qu'un Diplôme de 1ère classe est décerné aux Frères des Ecoles Chrétiennes pour l'ensemble des travaux des écoles sous leur contrôle."

Par ordre de la Commission de l'Exposition scolaire.

J. O. Cassegrain,

Secrétaire.

En face de ce document, je pose ce dilemme. Ou la Commission scolaire n'a vu dans l'entrée des trois feuilles qu'un acte irréfléchi d'un professeur, et, dans ce cas, comment expliquer sa conduite à l'égard de notre Congrégation ? — ou elle avait la conviction que nous avions fait une entrée frauduleuse afin de faire double emploi de nos travaux ; alors comment expliquer sa résolution du 27 novembre \ Non-seulement nous n'avons donné aucun signe de repentir, fait aucune réparation pour la fourberie qu'on nous impute ; mais, au contraire, nous avons sollicité, demandé, même un peu vivement, aux honorables membres de la Commission scolaire une réparation et une réparation publique. Admis la seconde hypothèse, tout, dans notre conduite et notre attitude, faisait un devoir à la Commission de nous repousser de son sein et de nous refuser le diplôme auquel, par le fait de notre déloyauté, nous avions perdu tout droit ; mais non, bonne mère, elle veut nous traiter avec indulgence ; elle commence par la réparation, l'aveu de la peccadille viendra ensuite.

60. Et, franchement, qu'aurions-nous pu espérer, par une entrée subreptice au département des Beaux- Arts ? Un diplôme spécial à l'insu de la Commission scolaire ? Une telle industrie ne ferait pas honneur au tact de la Commission scolaire qui m'avait choisi, et ne répondrait guère au " caractère élevé que suppose la position que j'occupais " dans le jury.

" Le cher Frère Réticius, bien a tort, regarde cette résolution comme injurieuse ; elle constate seulement les faits, sans les qualifier et sans scruter les intentions ni les accuser. " Comme brille ici la mansuétude de la Commission scolaire ! Une note officielle qui émeut le sentiment public à ce point que plusieurs prêtres nous ont demandé : " Mais qu'avez-vous donc fait à l'exposition pour mériter une pareille diffamation ? — une note

qui fait tenir de nous ce langage dans cette Cité : " Les Frères peuvent avoir des talents, mais ils n'ont point d'honneur ; ils ont trompé à l'exposition ! " — une note qui a blessé profondément, dans leur amour filial^ tous mes bien-aimés confrères, qui m'ont vivement pressé, par leurs Directeurs, d'en réclamer la rectification ; — une note que plusieurs journaux ont trouvée si grave, qu'ils ont refusé de la publier ; cette note, me dit le R. M. Verreau, j'ai bien tort de la regarder comme injurieuse! Peut-être qu'en pressant davantage sa morale, M. le Principal y découvrirait une œuvre de miséricorde spirituelle : la correction des délinquants !

Eh bien ! manger moutons, canaille, sotte espèce, Est-ce un péché ? non, non ; Vous leur fîtes, Seigneur,

En les croquant, beaucoup d'honneur !

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