‹ Réponse aux cinq lettres du R. M. Verreau [microforme]Chapitre 17 sur 20 · H. A. VERREAU, PTRE · texte numérisé non relu

H. A. VERREAU, PTRE

Membre de la Commission Scolaire.

IT Monsieur le Rédacteur,

J'ai promis d'établir les faits afin que le public puisse juger la position prise par M. le Frère Réticius. Le document suivant le fera en partie, avec d'autant plus de force qu'il

provient d’une autorité indépendante de la Commission scolaire.

C’est le “ Comité Permanent de l'Exposition qui parle :

“ Considérant que, par suite de l'entrée faite et payée par “les Frères des Ecoles Chrétiennes de Québec, pour des

spécimens d'écriture et de dessin, les juges de la classe 9 ont

apprécié des travaux que les juges de l'Exposition scolaire ‘ seuls avaient droit de juger;

“ Considérant que c'est en vertu de cette erreur que les

juges de la classe 9 ont recommandé à ce comité qu’un “ diplôme soit accordé aux Frères des Ecoles Chrétiennes “ pour leur exposition scolaire, il est résolu :

“ 10. Que le Comité permanent de l'Exposition, en vertu

de l’article de ses règlements, et en vertu aussi des pou-

voirs qu'il a conférés à la Commission de l'Exposition sco-

laire, ne peut ratifier la recommandation des juges de I:

classe 9, en accordant aux Frères des Écoles Chrétiennes

un diplôme pour leur exposition scolaire ;

“ 20, Que le Comité renvoie cette affaire à la Commission

de l'exposition scolaire, et lui recommande d'accorder aux ‘ Frères des Écoles Chrétiennes le diplôme auquel ils peu-

vent avoir droit, d’après l'appréciation du jury de l’exposi- “ tion scolaire.

“ Extrait des minutes d’une assemblée du comité, tenue le 22 novembre 1880.

[Vraie copie].

S. C. STEVENSON, Secrétaire.

La Commission de l'Exposition scolaire a reçu, le 25, la communication officielle de ces résolutions, et le 27, elle les a transmises au cher Frère Réticins avec sa propre décision, que voici :

“ Attendu que, par la résolution qui précède, les Frères des Écoles Chrétiennes sont replacés sous la juridiction de le Commission scolaire, il est résolu :

“ Qu'un diplôme de 1re classe est décerné aux Frères des Écoles Chrétiennes pour l’ensemble des travaux des écoles sous leur contrôle.”

Dans ma prochaine lettre, je reprendrai de plus haut.

J'ai l'honneur d'être, Monsieur le Rédacteur, Votre etc., etc.

H. A. VERREAU, Ptre.

Membre de la Commission de l'Exposition scolaire.

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Monsieur le Rédacteur,

C'était le désir du Conseil de l’Instruction publique—Y'honorable Monsieur Ouimet le rappelle dans sa circulaire du 1er frévrier dernier, — que les instituteurs et les maisons d'éducation prissent part à l'exposition scolaire.

Pour diriger cette exposition, le Lieutenant-Gouverneur nommait, le 29 mai une commission, la Commission de l’'exposition scolaire, composée du surintendant, de MM. Archam, bault, À. Hicks, et votre serviteur.

Notre premie r soin fut de dresser des règlements, en vertu des pouvoirs qui nous avaient été accordés par le Gouverneur, Nous avions à sauvegarder les intérêts des exposants les uns à l'égard des autres, et à prendre les moyens pour que le mérite de chacun fût apprécié aussi exactement que possible.

Le jury que nous avions choisi offrait toutes les garanties. Le comité permanent de l’exposition provinciale, e ml acceptant et en le chargeant de juger l'exposition scolaire, renonç ait au droit d'en nommer un autre pour la même fin. Iln’y a jamais songé d’ailleurs, le document que j'ai publié avant-hier le prouve assez. On ne pouvait attendre moins de personnes aussi honorables que les membres de ce comité.

L'exposition scolaire a dépassé ce qu’on pouvait espérer,. surtout si l’on tient compte du peu de temps donné pour la préparer : colléges, couvents, académies, écoles primaires,y ont pris part et en ont remporté une gloire méritée. Les Frères des Écoles Chrétiennes étaient loin d’être les derniers et par le nombre et par la qualité des objets qu’ils exposaient.

En se soumettant à l’examen de notre jury, les Chers Frères se soumettaient à notre contrôle ; en acceptant la place que nous leur avions assignée dans notre galerie, ils s'étaient mnis dans la position de celui qui accepte une hospitalité honorable : cet homme ne peut introduire aucun étranger dans la maison sans en prévenir le maître. Eux, non plus ne peuvaient introduire des exposants ou un jury étranger chez nous, sans nous avertir ; agir autrement, c'était se mettre dans une fausse position en face du comiié parmanent, de la commission scolaire, de notre jury et des autres institutions.

Ceci est élémentaire, et je ne ferai pas au Cher Frère Visiteur l’injure d’insister davantage.

Mais je lui dois ce témoignage, qui n’est d’ailleurs qu'un simple acte de justice, que les meilleurs rapports ont existé pendant toui le temps entre ses religieux, d’un côté, et la Commission, le jury et les exposants, de l’autre.

Le 24 septembre, nous vimes une pancarte appendue dans la section des Frères : elle annonçait qu'un prix leur était décerné pour leur exposition scolaire. Des juges, autres que les nôtres, avaient donc passé parlà ! Qui les avait appelés ? Qui les avait soufferts ? Qui les avait envoyés ? Les Frères ne jugèrent pas à propos de nous rien dire.

Nous primes le mcyen le plus simple et le plus digne de nous renseigner. Nous nous adressämes au Secrétariat, et le document officiel qui suit nous fut comrauniqué :

Exposition agricole, etc. de la Puissance.

Formule d'entrée.

Date, sept. 17, 1880.—Signature, Frère des Ecoles Chrétiennes, Résidence Québec.

Classe 9, groupe 5, section 9.—Spécimen ornamental Penmanship.

Classe 9, groupe 5, section 10.—Spécimen commercial Penmanship.

Classe 9, groupe 5, section 8.—Illuminated design.

Diploma granted for schools exhibits.

Tout paraissait régulièrement fait. Au lieu de récriminer, d’accuser les Frères plutôt que le Comité permanent, un jury plutôt qu'un autre, pour nous justifier auprès de notre jury et desautres exposants, nous en vinmes à la résolution suivante.

Institut des Frères des Écoles Chrétiennes.

—Les Frères des Écoles Chrétiennes avaient répondu à la demande du Surintendant de l’Instruction publique et de la Commission de l'Exposition scolaire, en acceptant la place que la Commission leur avait assignée dans l’espace obtenu pour son propre usage au Palais de l'Exposition. Ils avaient, par là même, accepté l'examen et la décision du jury choisi par cette Commission et ratifié par le Comité permanent de l'Exposition de la Province de Québec. Mais comme la Commission scolaire a acquis, le 24 septembre, la preuve que les Frères, dès le 17 du même mois, s'étaient mis au rang des exposants ordinaires en payant leur entrée au Comité permanent de l'Exposition, elle déclare que par là ils se sont soustraits à sa juridiction, et qu’en léur accordant une récompense, il y aurait double emploi, puisque tous les

diplômes sont donnés par le Comité permanent de l’Exposition.

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Le Cher Frère Réticius, bien à tort, regarde cette résolution comme injurieuse : elle constate seulement les faits, sans les qualifier et sans scruter les intentions ni les accuser. Mais nous discuterons cela demain, si vous me le permettez, Monsieur le Rédacteur.

Votre, etc.

H. A. VERREAU, Ptre. Membre de la Commission Scolaire.

Monsieur le Rédacteur,

La lettre que vous avez publiée samedi dernier peut se résumer en trois points: lo. admissions, 20. assertions, 30. raisonnements. En les examinant, je ne puis m'arrêter qu'à ce qu'il y a de principal.

Première assertion : “ Par une complaisance peut-être irréfléche, “un de nos professeurs de Québec a fait, le 17 septembre, pour * deux de ses élèves, une entrée, etc., etc.”

Si cette demande avait été faite avec l’assentiment du Visiteur, sur lui en retomberait la responsabilité.

Mais, puisqu'elle a été faite à son insu, pourquoi, du moment qu'elle est venue à sa connaissance, ne l'a-t-il pas désavouée, comme il fait aujourd'hui ? Tout aurait fini là.

Seconde assertion :“ aurions-nous fait une rentrée pour érois misérables feuilles d'écriture, alors que nous avions “un si beau choix dans nes trois mille deux cents feuilles de “ dessin exposées ? Si l'on nous suppose assez de finesse pour “ chercher à tromper par une entrée frauduleuse, du moins “ne nous refusera-t-on pas le tact pour choisir des travaux “ dignes d'attirer l'attention du jury.”

Ceci n’est pas flatteur, ni pour les auteurs des morceaux primés, ni pour le jury qui à dû les examiner, ni pour ceux qui les ont laissé faire, Cet acte constitue une injustice qu'on a laissé commettre au détriment des autres Frères professeurs et de leurs élèves plus méritants, et mêmé au détrinrent des élèves des autres écoles qui pourraient exposer eux aussi des travaux dignes d'attirer l'attention d’un jury étranger.

Tout cela était assez grave pour attirer l'attention et l’action du Cher Frère Visiteur.

J'en viens maintenant aux assertions.

Première assertion : “J'avais moi-même sollicité cette ex-

plication ; mais la Commission scolaire, refusant de répondre, etc. etc. etc.

Je me contente, pour le moment, de prier de nouveau le Cher Frère Visiteur de prouver ce fait.

Deuxième assertion: L'entrée a été faite ‘“ par un des professeurs de Québec... pour deux de ses élèves, etc. etc.

Personne ne peut songer à accuser la bonne foi du cher Frère Visiteur ; mais il doit admettre que rien n'apparaissait alors et que rien n'apparait encore pour prouver ce fait. Ce n'est pas sa faute, sans doute, maïs ce n’est pas la nôtre, non plus. En face du document officiel que j'ai publié hier, nous ne pouvions nous lancer dans le champ si vaste des suppositions : il n'y avait qu’une conclusion légitime à tirer.

S'il nous avait été possible d'agir autrement, nous aurions été obligés de qua:ifier sévèrement la conduite de son subordonné. Il ne faut pas oublier, comme je l'ai dit hier, que nous étions chargés de sauvegarder les intérêts de tous les exposants, parmi lesquels les Chers Frères ne sont pas le seul corps très-important et très-respectable que le Canada aime, et admire à cause de son enseignement.

Troisième assertion : “ Néanmoins, les juges du comité des “ Beaux-Arts, après avoir primé les trois articles entrés, ont “ de leur propre mouvement étendu leur examen à tous nos ‘ produits exposés.”

On fait tenir au jury une conduite bien singulière. Il est envoyé pour examen des travaux de À et de B. Pour se dédommager sans doute des trois misérables feuilles, il pousse la curiosité jusqu'à pénétrer dans une autre section, c’est celle des Chers Frères : il jette un coup d'œil, et décerne un prix pour tous les produits exposés. Mais à côté de ces produits étaient les travaux de plusieurs colléges, travaux bien dignes d’attention ; en face, l'exposition si belle et si complète des Sœurs de la Congrégation. Le jury ne daigne pas s'en apercevoir. Pourquoi s 'arrête-t-il en chemin ?

Ce n’est pas ainsi que nous apprécions la conduite du jury. Il procédait d'après l'entrée authentique qu'on avait dû lui fournir, et que j'ai publiée plus haut: voyant qu’elle était au nom des Chers Frères, il a compris qu'il avait juridiction dans leur section, et pas ailleurs. Pouvait-il agir autrement ?

Les Chers Frères méritaient un prix pour leur exposition scolaire, personne ne l’a nié; ce jury le leur a décerné. Nous n'avions plus rien à faire, parce qüe nous pensions que le comité permanent ratifierait ce jugement.

Quatrième assertion : ‘C’est au Département de l’Instruc- “tion Publique qui a examiné nos travaux, qu'il appartient “ de se prononcer sur leur mérite.”

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