MARTINEAU
Ptre. S. S.
On se demande ce que l’amour-propre le plus chatouilleux a pu trouver de blessant dans les paroles de M. Martineau; et à ceux qui s'en sont montrés atteints, n'est-ce pas le cas de répéter avec l’histoire :
‘ Les lauriers de Miltiade empêchent Thémistocle de dormir ? ”
Les 20, 21 et 22 septembre se tient, sous la présidence de l’'Honorable Monsieur Ouimet, le Congrès pédagogique catholique, qui devait couronner les fêtes scolaires. En tête du programme des discours annoncés figurait la pomme de discorde : De l’uniformité de livres dans l'enseignement. M. Cloutier, professeur à l'Ecole Normale de Québec, était chargé de peler et de faire digérer la pomme ; opération, il faut l’avouer, délicate et difficile. En maître habile, M. Cloutier se tient quelque peu en dehors de son sujet et évite ainsi tout choc et tout heurt. Toutefois, je
ne saurais taire l’étonnement que j'ai éprouvé en enten-
dant M. Cloutier nous proposer, comme moyen d’uniformiser l’enseignement, les Conférences à Mesdames les Institutrices, à l'instar de ce qui se pratiqua en Europe ; puis limitation des grands maîtres: Coménius, l’immortel Pestalozzi, J. J. Rousseau et enfin le dévot Jules Ferry. Que de tels moyens et de tels patrons soient proposés dans une conférence de libres-penseurs, je le conçois; mais, dans un Congrès pédagogique catholique, je l'avoue, cela me paraît un anachronisme !
Apparemment, M. Cloutier n’a point visité l’Europe et ne juge les moyens et les patrons qu’il propose, que par les feuilles qui lui parviennent d'outre-mer ; sa parole a certainement dépassé de beaucoup sa pensée, car on ne saurait admettre que l'honorable professeur nage sciemment en de telles eaux pédagogiques. Le lecteur me permettra bien une digression au sujet des deux propositions de M. Cloutier ; elles renferment quelque chose de si grave, de si séduisant, de si dangereux ! Tandis que l'honorable professeur nous donnait cette partie de sa conférence, M. le Président était sans doute préoccupé par quelque pensée étrangère ; autrement, il n’aurait point manqué de rectifier de telles propositions.
Trois Etats, en Europe, patronnent le système des conférences à Mmes les Institutrices : la Belgique, l’Allemagne et la France. Remarque importante ! dans ces trois Etats, aucun”Evêqne n’a inspiré, secondé l’œuvre des conférences aux Institutrices ; plusieurs les ont publiquement condamnées; tous les ont déplorées comme une œuvre aussi dangereuse pour la société que pour l'Eglise.
C’est d’abord la Belgique, berceau de la Ligue de l’enseignement, œuvre diabolique où la maçonnerie singe l’œuvre divine’de la propagation de la foi ; la Belgique, qui vient de rompre officiéllément avec Romé, dans des
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