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“ et de femmes dévouées à l’enseignement dans notre Ca- “ nada, pourront continuer librement une œuvre qu’elles “ ont rendue si prospère jusqu’à ce jour,comme le prouve ‘ si éloquemment l’exposition scolaire que nous contem- “ plons de nos yeux. Et pour revenir aux travaux expo- “ sés, section des écoles des chers Frères, examinez et ju- “ gez les immenses et incomparables résultats de leur en- “ seignement, de leur méthode, de leurs livres.”
Le Surintendant a octroyé aux Frères des Ecoles Chrétiennes, dans la partie du palais de cristal destinée à l'Exposition scolaire, un espace relativement considérable, il n’est pas trop grand. Sur les murs, on voit des exercices de lavis, des motifs d'ornementation, qui accusent une grande hardiesse de la main et beaucoup de sûreté dans le coup d'œil. Nous avons admiré des épures de projections, des études de perspectives accompagnées de toutes les lignes d'opérations, “ ce qui manque, disons-le en passant, au fameux dessin de locomotive exposé autre part.”
Nous avons beaucoup remarqué des spécimens de calligraphie, qui ont reçu les premiers prix au concours.
La méthode de dessin des Chers Frères a mérité des médailles d’or aux différentes expositions universelles. Elle se divise en deux parties: dessin linéaire et dessin d'ornement. Le cours dure 5 ans, pour le dessin linéaire, 4 ans pour le dessin d'ornement. Nous pourrons faire connaître plus tard le détail des travaux de ces années d'étude du dessin.
Nous nous contenterons de dire aujourd’hui, d’après renseignements, que certaine autre méthode demande 8 ans, et qu’elle ne fait paraître qu’à la cinquième année l'application des ombres, que l’on voit, au programme des Frères, dès la seconde année.
Enumérons à la hâte les autres travaux scolaires que nous avons distingués dans l'Exposition des Frères: cahiers de devoirs journaliers admirables, calligraphie,
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depuis les bétons des débutants, jusqu'aux lettres de change de l’aspirant teneur de livres. La méthode est excellente : arithmétique très-appropriée au commerce, tenue des livres, affaires de banque, compositions littéraires, cartographie, géométrie, algèbre, trigonométrie, physique, chimie, mensuration.
‘ Nous avons trouvé là devrais résumés des leçons, qui ‘ ne sont pas du copiage pur et simple, comme nous avons “ pu en constater ailleurs, en inspectant et confrontant “ des cahiers semblables en tout point.”
Les matières de l’enseignement pour lesquelles les Frères ont, sur les autres instituteurs, un mérite incontestable, une supériorité bien marquée sont : les mathématiques, la langue anglaise, la tenue des livres, la calligraphie et le dessin. Ils luttent aisément avec les écoles laïques pour l’enseignement du français.
Que l’on ne soit pas surpris de ne pas voir les chers Frères couronnés au détail; dans leur magnifique exposition, ils ont voulu faire une collectivité, pour montrer la gradation de leurs méthodes et l’unité de leur enseignement. Enseignement un, enseignement essentiellement chrétien, enseignement perpétuellement sûr, puisqu’il sera toujours aux mains d’une congrégation qui a si noblement fait ses preuves sur le terrain du dévouement, de la science et de la vertu.
N’allons donc pas chercher ailleurs des maîtres plus ‘ capables pour nos enfants, et gardons-nous de demander “ le changement de méthode et de livres qui produisent “ de si brillants résultats.”
En contemplant tout ce que nous venons d'indiquer bien sommairement, un ingénieur civil protestant a dit, à côté de nous, ces paroles: “ Imbu des principes qu’on m'avait inculqués dans ma jeunesse, j’ai souvent parlé contre l’enseignement donné par les Frères ; mais aujourd’hui, en voyant ces travaux scolaires, je prends la réso-
Intion de toujours prendre leur défense. Quant à ces dessins, je déclare qu’ils sont les plus beaux de l’Exposition scolaire.”
Finissons avec ce témoignage, solennel compétent et non suspect.
Le dimanche suivant, M. Martineau se permit, paraîtil, de faire en chaire des allusions transparentes au dé: tail que je viens de raconter ; de plus, il osa dire du bien de notre enseignement et de nos méthodes.
Je sais de bonne source que l’émoi du 24 fut renouvelé, agrandi, un Monsieur, qui n’avait point été insensible à notre apologie, semblait me dire bien paternellement, il y a quelques jours, que la parole du prédicateur de Notre-Dame avait eu un profond retentissement. Désireux de connaître les paroles qui, dans le discours de M. Martineau, excitaient une telle émotion, je le priai de me les communiquer.
En me les envoyant, il me dit :
Mon cher Frère,
Voici le passage du fâmeux sermon mal cité par un
curieux :
‘ Dans l’exposition qui vient de finir, le jury de l'opinion publique à solennellement déclaré que les plus beaux travaux scolaires étaient incontestablement ceux des Frères des Ecoles Chrétiennes et des Sœurs de la “ Congrégation. Après un pareil succès, si nous avions ici les Ferry et les Brisson de France, il faudrait immédiatement forcer ces maîtres et ces maîtresses à changer leurs méthodes et leurs livres, coupables d'aussi
“ remarquables résultats, en attendant que l’on pût chan- “ ger les maîtres eux-mêmes. Mais heureusement, nous ce
n’en sommes pas rendus à ce point au Canada. Et du ‘ reste, supposé que l’on en vint à cette persécution de ‘ changement forcé de livres et de méthodes, on n'empêcherait pas pour cela les congrégations religieuses de ‘ marcher en tête du succès. La raison bien simple de ‘ ce succès la voici: Dieu, dit l’Esprit-Saint, est le maître
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“ des sciences; donc tout maitre qui se tiendra plus près “ dé Dieu, recevra immédiatement plus de rayons de ce “ foyer divin ; or, toutes choses égales d’ailleurs, il est “ clair que les congrégations religieuses sont plus près “ de Dieu que les maîtres laïques ; donc leur succès fera ‘ toujours le désespoir de leurs persécuteurs” Il n’y a
rien eu de plus sur ce point, dans tout le sermon. On n’a pas dit un mot de critique à l’adresse de l’enseignement laïque ; seulement on a affirmé et béni le succès de l'enseignement des congrégations religieuses. 11 nous semble que ce sujet n’est pas indigne de la chaire chrétienne, surtout dans le temps où 1l nous est donné de vivre.
Recevez, mon cher Frère, mes bien sincères salu-
tations.