‹ Réponse aux cinq lettres du R. M. Verreau [microforme]Chapitre 6 sur 20 · Sur cette liste, il ne devra être inscrit qu'un ou · texte numérisé non relu

Sur cette liste, il ne devra être inscrit qu'un ou

vrage par matière d'enseignement, ou deux dans le cas où l’un serait élémentaire et l’autre et l’autre plus complet pour les classes avancées, et nul autre ouvrage ou livre ne sera en usage dans les écoles.

10. La dite liste des livres approuvés ne sera revue que tous les quatre ans, et tout livre d’école qui serait exclu de la dite liste ne pourra être exclu de l’enseignement avant une année à compter de la date de la révision de la dite liste, et les nouveaux livres approuvés ne devront être mis en vente qu'après une année à compter de la même date. |

ll. Le surintendant retiendra la subvention de toute municipalité qui, après le premier jour de septembre 1882, permettra dans ses écoles l’usage de livres non portés sur la dite liste ainsi revisée.

12. Nonobstant toute loi à ce contraire, tous les livres ou tous les ouvrages portés sur la dite liste deviendront la propriété du Conseil de l’Instruction Publique, moyennant indemnité aux propriétaires, laquelle sera fixée par le Lieutenant-Gouverneur en conseil, et, s’il y a contestation sur le chiffre de cette indemnité, la contestation sera référée à trois arbitres nommés, l’un par le surintendant, l’autre par le propriétaire de l'ouvrage, le troisième par ces deux arbitres, et la décision de ces arbitres sera finale.”

L'auteur a emboîté le pas sur M. Ferry et l’a devancé de quinze jours; c’est seulement le 7 octobre que le ministre de la République prescrit, par une simple cireulaire, la mesure tyrannique qu'un habile a escamotée à la Législature, (1)

Gitons quelques lignes de la pièce ministérielle, “Il y e,dit M, le Ministre, deux manières d'arriver, en ce qui, concerne les livres scolaires, à l’unité de règle: la voie de l'autorité et la voie de la liberté Un seul manuel officiel pour chaque matière, ou un petit nombre’ d'ouvrages choisis approuvés par l'autorité ceatrale et distribués d'office, à l’exelusion de

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Comment et où cette loi a-t-elle été forgée ? Qui l’a présentée ? L'enfant est si laid et si méchant, qu'il ne trouve ni père ni parrain. M. le Surintendant va.tout à l'heure nous déclarer qu’il n’en a point eu connaissance avant la session législative ; n'est-ce pas le cas de renforcer le poste et de doubier les sentinelles ?

En attendant que l’on fournisse l’extrait de naissance de ce terrible enfant, qu'on me permette'de citer quelques notes que m'a laissées sur cette question le cher frère Armin-Victor, qui voyait si clair derrière la toile ; peut-être établiront-elles, au moins en présomption, la parenté qui existe entre le dépôt de livre et la loi votée par la Législature en juillet dernier.

“ Que le dépôt de livres soit une heureuse innovation telle n’est pas la question que je veux me poser. On pourrait examiner comment elle a été appliquée et, sur ce point, il peut être fait—il a été publié —des critiques trop justifiées pour qu’on y réponde jamais d’une façon péremptoire et victorieuse. Mais ce n'est pas assez, le

tous les autres, dans les écoles publiques : voilà le premier système qui semble de beaucoup le plus simple et le plus rapide,

Le second système est plus libéral: c'est au personnel enseignant uimême que l'on confie l'examen et le choix des livres que la libre concurrence des éditeurs met au jour incessamment, le laissant libre de modifier, d'augmenter, de réviser le catalogue, selon les progrès de la libruirie scolaire. C'est à cette seconde solution que, d'accord à mon administration, le Conseil supérieur, a, sans hésiter, donné la préférence, Ainsi, M. Constans enfonce les portes des monastères pour en chasser 1es religieux ; M. Ferry, qui s'entent mieux aux affaires, ne veux pas forcer celle de lécole pour y reproduire un manuel scolaire, Scrupule de ministre ! deux lignes plus bas, Mr, Ferry ajoute : ‘ Les instituteurs et institutrices de chaque canton dressent la liste des livres dont ils désirent se servir, Toutes ces listes cantonales sont contralisées au chef-lieu du département, où une Commission présidée par l'inspecteur d’Académie les examine et les révise.

J'entends par là que, si certains choix lui semblaient malheureux, si des’ omissions graves ou systématiques paraissaient s'être produites, la Commission renverrait la question à l’examen de la conférence cantonale, avec ses observations, avant de donner son visa. ? — Peut-on escamoter plus hypocritement la liberté au nom mème de la liberté ?

Surintendant, pour arriver à l’uniformité veut prescrire les ouvrages destinés à l’enseignement. C’est une idée empruntée aux pays protestants qui appliquent ainsi aux catholiques leurs principes libéraux. Or, il est bon de prévoir les conséquences d’une telle détermination :

lo. Prescrire l'usage exclusif de quelques livres, c’est se condamner à ne pas avancer. Dans un petit pays comme celui-ci, réduit aux proportions de la province de Québec, le commerce de librairie est impossible sans la libre concurrence. Que la concurrence cesse, naît le monopole, qui impose ses conditions. De là des charges énormes que l’on ferait peser sur les familles.

Bien plus, qui osera publier de nouveaux livres ? Qui, par exemple, essaierait aujourd’hui de produire un ouvrage d'agriculture destiné à remplacer le manuel Larue, tant et si persévéramment vanté? Qui osera parler d’un livre de lecture après les efforts faits pour imposer Montpetit, dont l'ouvrage indigeste, sans méthode, est le moins propre à l’enseignement de la lecture de tous ceux qui ont été publiés dans le même but ? Qui fera une méthode rationnelle et graduée pour l’enseignement du dessin après que M. Dunn a reconnu que l'ouvrage dont il est le second père est plus parfait qu'aucun autre livre du genre, publié dans le passé, ou dont la publication serait possible ? On se condamne donc à la médiocrité pour longtemps ?

20. On va à détruire la liberté des institutions religieuses au moins celles qui sont placées sous le contrôle des commissaires. Partout, même en France, où l'esprit de réglementation est porté à l'excès, et où l’on ne saurait accuser l'Etat de partialité envers les congréganistes, les communautés restent en possession de ce droit. On est en voie ici, de suivre d'autres errements. Or sait-on la conséquence de cette détermination ? On s'achemine à l'usage de livres indifférents au point de vue religieux

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en attendant qu'on arrive aux livres positivement dangereux. Voici déjà que, par l'introduction de Montpetit, on supprime partout la Vie de N.-$. J.-C. et le Devoir du Chrétien, ouvrages qui doivent être entre les mains de tous les enfants pour passer dans les familles.

30. Mais quand on devrait accepter dans le présent, ces inconvénients, qui ne reçoivent aucune sorte de compensation, il faut songer à l'avenir. L'heure vient où l'esprit libéral et peut-être libre-penseur pénètrera dans les hautes régions. Comment feront alors Nos Seigneurs les Evêques pour retirer alors à un Surintendant hostile les pouvoirs qu’ils auront laissé exercer par ses prédécesseurs? Ils invoqueront ou les raisons données plus haut, mais dont ils seront accusés d'avoir fait bon marché autrefois, ou la défiance que leur inspireront les hommes d'alors, mais combien les hommes d'alors se récrieront.

Il importe donc que le Conseil Supérieur maintienne absolument son droit d'approuver les livres et, pour les instituteurs et les municipalités, le droit de prendre ceux qui leur conviennent parmi les livres approuvés, Le premier de ces droits serait annulé par les confiscations du second. Du reste, monsieur le Surintendant ne le dissimule pas. %“ Dans le cas où le conseil de l'instruction publique, pour des raisons graves, ne voudrait pas reviser maintenant la liste des livres approuvés, il y aurait peut-être un moyen d'obvier à cet inconvénient : ce serait de laisser libre le commerce de tous les livres approuvés, mais de n’en vendre au Dépot qu'un petit nombre choisi.” Ce moyen serait beaucoup plus lent qu’une révision complète, mais il aurait .toujours sa valeur en ce qu'il manifesterait une préférence de la part des autorités.

Ainsi, on chargerait de trier, parmi les livres adoptés par le Conseil, des hommes qui, sans contrôle, pourraient bien choisir, non les meilleurs pour l'enseignement, mais

ceux qui leur donneraient le plus de profits; monsieur Dunn choisirait les livres de monsieur Dunn et des amis de monsieur Dunn.

Le Dépôt, du reste, devrait n'avoir le droit, comme en Ontario, que de vendre du matériel de classes, à prix réduit, l'Etat faisant, pour cet objet, des sacrifices. Mais le commerce de livres et d'articles de bureau devrait y être proscrit; cela dégénèrera nécessairement, pour les employés en sous ordre, en un tripotage d'argent qui ne profitera qu’à eux et aux préférés qui leur auront fait les meilleures remises, ? (1)

Ces réflexions si judicieuses, si clairvoyantes, permet- | tent, ce semble, de saisir le plan de ces Messieurs. Attirer, par le dépôt de livres, l’attention des Instituteurs sur les ouvrages que l’on voulait faire adopter, les répandre graduellement dans les diverses écoles, les faire recommander par M.M. les Inspecteurs; laisser au temps de familiariser les maîtres avec les classiques préconisés, | et, à l'heure propice, briser le moule et présenter le chefd'œuvre.

On conçoit les légitimes inquiétudes du clergé et des 1 congrégations religieuses à l'apparition d’une telle loi 1 dans un pays aussi chrétien que le Canada ; chacun attendait avec anxiété la discussion qui devait s'ouvrir sur ce sujet à propos de la conférence de M. Cloutier.

C'est M. Pilon, inspecteur primaire, qui engage la discussion avec une remarquable force d’argumentation contre le système préconisé, M. Ahern, professeur à l’Académie du Plateau, cherche à lui répondre ; mais d’un mot M. Pilon lui rétorque sa réponse et le réduit au silence malgré les efforts des nombreux amis du voisinage qui le soutenaient et l’exitaient. M. Pilon venait de fournir la

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(L) De divers points m'arrivent d'édifiants renseignements sur ce tripotage annoncé ici par le cher frère Armin; encore un peu de lumière, et on verra bientot briller dans tout son éclat le pot aux roses,

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