‹ Réponse aux cinq lettres du R. M. Verreau [microforme]Chapitre 8 sur 20 · BR NE EE OT EEE ON · texte numérisé non relu

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réplique, ; son rôle était fini. M. le Président accorde la parole à M. Tassé. Après un vigoureux coups de fouet

appliqué aux paradoxes de M. Toussaïnt, M. le curé de

Ste. Scholastiqu- ittaaue l'uniformité de livres dans

l'enseignement et dénonce le danger de ce système en

citant, à l’appui de son assertion, les ravages que, par

des procédés analogues, la révolution exerce dans la

vieille Europe ; il termine son discours par la citation

de quelques propositions du Syllabus où l’immortel Pie IX

rêvendique pour l'Eglise, le droit de s'occuper de l’éducation et du gouvernement des peuples. Six heures sonnent ; M. le Surintendant annonce que la suite de la discussion est remise au lendemain, et lève la sance.

Le lendemain, la discussion est reprise après les conférences indiquées au programme. La veille, M. Pilon avait fait l'éloge de nos classiques ; M. Stenson, inspecteur du comté de Sherbrooke, qui lui répond, exalte la série de M. Montpetit, qu’il proclame la plus parfaite de toutes et dont il recommande l'adoption pour toutes les écoles de la Province. Le discours de M. Stenson fut laborieux, ses conclusions ne conquirent pas les sympathies universelles. Bon nombre d’orateurs se disposaient à demander la parole, lorsque, tout-à-coup, M. Rousselot, curé de Notre-Dame, se lève et, s'adressant à M. le Président :— Monsieur le Surintendant, lui dit-il, je vous prie de me permettre de vous adresser une question; une réponse favorable dissipera le malaise que je vois régner dans un grand nombre d’esprits. On demande l’unifor-

mité de livres dans toutes les écoles de la Province, Nous voudrions savoir, d'une manière précise, ce que l’on entend dans cette demande. Ne s’agitil d'établir cette uniformité que dans les écoles laïques, ou bien se propose-t-on d'ôter à nos communautés enseignantes, c'est-à-dire aux Frères des Ecoles Chrétiennes, aux Sœurs de la Congrégation, les livres dont ils se servent

depuis si longtemps et avec tant de succès ?’—“Je ne suis pas prêt pour répondre à cette question, Monsieur le Curé ;Jelle n'a pas été proposée au Conseil, et je ne puis savoir ce que le Conseil déciderait.”—" Pardonnez, Monsieur le Surintendant, nous avons besoin de savoir ce qu’on se propose, ce qu'on demande aujourd’hui dans ce Congrès. On réclame l’uniformité de livres dans l’enseignement; encore une fois, demande-t-on aux Frères le sacrifice de leurs livres et de leurs méthodes, livres et méthodes dont le mérite a été reconnu dans toute l'Europe, que les différents gouvernements ont approuvé, et qui n'ont eu que trop de succès à Paris même ? Car si les Frères y sont victimes de la persécution, c’est surtout à cause de leurs succès... Nous avons besoin d’être rassurés sur ce point; car sic'est vraiment ce que l’on se propose, nous agirons en conséquence et nous saurons prendre nos mesures.”

Ce petit mot cominatoire produit une impression sensible sur M. le Surintendant, qui objecte néanmoins que l’uniformité des livres est complète dans tout le Département de la Seine : “ Pardon, M. le Surintendant, si j'ose soutenir le contraire ; je suis certain que leschers Frères suivent encore leurs livres ei leurs méthodes dans leurs écoles de la capitale. Et je ne comprendrais pas que lorsque le gouvernement actuel de la France n’a pas encore enlevé aux Frères des Ecoles Chrétiennes leurs livres et leurs méthodes, on songet à le faire au Canada, en Amérique, dans le pays de toutes les libertés, ”

À ce mot de liberté, M. le Surintendant déclare en termes chaleureux et qui sont couverts d'applaudissements, que, lui aussi, veut la liberté dans l’enseignement :

“ Comment, s'écrie-t-il, craindre pour l'avenir du Canada avec nos instituteurs qui sont aussi religieux que n’importe quel religieux ? Comment s’alarmer sur l'éducation religieuse du pays avec un Conseil supérieur composé de tous les Evêques de la province et d'excellents catho-

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