‹ Réponse aux cinq lettres du R. M. Verreau [microforme]Chapitre 9 sur 20 · SE UN LU · texte numérisé non relu

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liques? Si nous préconisions les livres et les métho des des Frères, personne, parmi vous, Messieurs, ne protesterait !

Ces assurances rassurèrent médiocrement M. Rousselot, qui reprit: ‘ J'aurais encore une question à vous adresser, M. le Surintendant. A la dernière session, un bill sur l’uniformité de livres dans les écoles de la province du Bas-Canada a été voté par la législature, On nous dit et on nous répète que nous devons être tranquilles sur l'avenir de nos écoles, parce que le Conseil de l’Instruction Publique étant composé de nos Seigneurs les Archevêque et Evêques et de laïques éminents et chrétiens, il ne peut être pris aucune mesure fâcheuse pour la religion. Cette loi a-t-elle été passée avec l'agrément et l'approbation de nos Seigneurs les Archevêque et Evêques ? ”—“ Cette loi, répond M. le Surintendant, n’est pas encore en vigueur, et il est probable qu’elle ne le sera pas de sitôt; je ne sais trop comment elle a été votée. Elle vise surtout mon dépôt de livres, et c’est pour me dorer la pillule qu'on y a joint la partie qui concerne l’uniformité de livres dans l’enseignement.” — “ Je sais, reprend M. le Curé, et de la manière la plus certaine que nul de nos Seigneurs les Archevêque et Evêques n’a été consulté, et que ce Bill x été passé à leur insu. —“* J'ignore cette loi, réplique M. le Surintendant, et je ne l’ai même point lue, si ce n’est dans la partie qui concerne mon dépôt de livres.” Sur cette parole, M. le Curé s’assied, laissant à chacun le soin de tirer les conclusions. De tels faits se passent de commentaires. |

Ces discussions du Congrès ont jeté une vive lumière sur le plan de campagne entrepris contre les congrégations religieuses, et permis de distinguer les principaux personnages qui se sont partagé les rôles. Couronnés de lauriers, ces Messieurs se présentaient à l'admiration de

la province émerveillée de si fécondes méthodes, de si riches travaux et de si nombreux diplômes, Au Congrès, le corps enseignant, par une acclamation unanime, sanctionnait de son autorité morale les faits accomplis et les systèmes préconisés. Fiers de ces lauriers et forts de ce vote, ces Messieurs se présentaient devant le Conseil de l’Instruction publique, et n'avaient plus qu'un mot à dire : “ Messieurs les membres du Conseil de l’Instruction publique, pendant l’été on vous a escamoté une loi. C'est un petit péché, nous l’avouons ; maïs un petit péché qui répond à un besoin gén{ral du pays et aux vœux de tous les instituteurs de la province, qui viennent d'acclamer la mesure. Veuillez, Messieurs, laisser passer la loi, et, au besoin, lui prêter main forte.”

Et le tour était joué, et le catholique Canada aurait eu, par cette petite loi, la prime de quinze jours sur M. Ferry. Grâce au croc-en-jambe de M. le Curé de Notre- Dame, le vote a fait fiasco, et l'enfant mystérieux est, chacun l'espère, mort-né.

Tout en*passant dans mon esprit les divers incidents de FExposition et du Congrès, j'attendais chaque jour la liste des lauréats ; elle m'arrive enfin; je cherche notre nom et j'y trouve accolé le prix vnique, qu'ont publié plusieurs journaux. En présence de cette note, je crus qu’il était temps de rompre le silence et de dire à M. le Surintendant que, si l'honneur de l’Institut me faisait un devoir de repousser l'épithète de fourbes dont la note semblait nous gratifier, ses intérêts ne me permettaient pas d’accepter le rôle de dupes qu’on cherchait à nous imposer.

Les faits que je viens de raconter justifient le ton quelque peu incisif de ma lettre. Je l'avoue, je crus qu'il était temps de parler franchement et je négligeai complètement cette recommandation de Gracian aux hommes de cour. “II faut, dit-il, détremper la vérité avec force

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sucre pour Jui ôter son amertume, et puis la saupoudrer de beaucoup d’ambre, pour en tempérer l’odeur forte et désagréable ; on doit ensuite la donner à boire aux hommes dans une tasse d’or et non pas dans un verre, de peur qu'ils ne la voient au travers. La vérité est une fille qui a autant de pudeur que de beauté, et c’est pour cela q elle va toujours voilée ; mais il faut que les princes la découvrent galamment. Les princes veulent bien être aidés, mais non surpassés. Ceux qui les conseillent doivent parler comme à des gens qui les font souvenir de ce qu’ils oubliaient, et non comme leur enseignant ce qu’ils ne savaient pas.” Cet avis de Gracian, je l’ai complètement négligé; j'ai servi la vérité, non dans une coupe d’or, mais dans une coupe de cristal.

L'Honorable Surintendant en m'accusant réception de ma lettre, me dit qu’il la soumettrait à la Commission Scolaire, qui dévait y répondre. En effet, Le 30 octobre, le Rév. M. Verreau m'écrivit que, à son grand regret, ma lettre avait été soumise à la Commission Scolaire, et que cette Commission avait décidé qu'elle ne pouvait “ prendre connaissance d’un document écrit en pareils termes.” Je crois sans peine que le regret de M. le Principal a dû être très-grand ; il semble même avoir troublé la limpidité de sa pensée; car, comment ce “ document écrit en de pareils termes” a-t-il pu inspirer à la Commission Scolaire uue telle répulsion puisque, à priori, elle déclare ne pouvoir en prendre connaissance ? Comment cette pièce, qui soulève le cœur à ces Messieurs, n’a-t-elle produit qu'une heureuse impression sur les honorables personnes à qui je l'ai communiquée, pour le fonds et la forme, et qui, certes, ne le cèdent point en savoir-vivre à mes honorables contradicteurs ?

C’est en accusant à M. le Principal, réception de sa lettre, que je lui disais : “Je regrette, Monsieur le Principal, que ce soit la plume d'un prêtre qui ait accepté de me faire cette notification. (

Abordons maintenant la critique que le Révérend M Verreau a faite de ma note du 27 novembre. Je n’en toucherai que les principaux points; le tout pourrait se résumer en ces trois pensées :

Tout ce que la Commission scolaire affirme vrai est très-vrai ;

Tout ce qu’elle fait est très-bien fait;

Quiconque juge et agit autrement qu’elle, qu’il soit anathème !

ÎRE. LETTRE,

Elle ne renferme que deux jets de fiel; je me détourne et les laisse passer.

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