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Les cinq propositions de M. l'abbé Chandonnet et le document où chacun les a lues.
M. l’abbé Chandonnet vient de nous annoncer qu’il a formulé cinq propositions qui lui paraissent embrasser tout le gaumisme présent et futur. Ces cinq propositions ne sont autres que les cinq questions que Mgr. de Tloa, dans sa circulaire au clergé de son diocèse, dit avoir posées à la S. Congrégation de l’Inquisition. Comme il appert par les pièces qui suivent, Mgr. de Tloa n’a fait de démarche à Rome qu’à Pinstigation de M. l’abbé B. Pâquet, qui se faisait à Québec le représentant et lagent de M. l’abbé Chandonnet. Il est très-probable, il faut même dire certain, que Sa Grandeur ignorait tout ce que ces deux Messieurs tramaient dans ombre.
Afin que tous puissent voir de leurs yeux que la chose est bien telle que nous la disons, c’est-à-dire que les cinq questions posées à Rome et les cinq propositions de M. Pabbé Chandonnet sont identiques pour le fond, nous les mettrons en regard ies unes des
autres. On pourra de plus constater qu’elles se suivent dans le 3°
méme ordre en l’un et l’autre document,
Les chiffres romains,
qui indiquent l’ordre des propositions de M. l’abbé, sont de lui. Voici les cinq propositions que j’ai formulées, dit M. Pabbé :
I Usum classicorum ethnicorum, prope exclusivum, qualis obtinet in Almæ Urbis Institutionibus pluribusque orbis catholici Seminariis et Collegiis, Ecclesia quasi spiritui suo op-
ositum, nonnisi tolerat, seu patitur invitè ob impossibilitatem aut difiicultatem tollendi,
II. In conciliis Lateranensi vel Tridentino, Incyclica Pii IX Znter multiplices aut in aliis authenticis documentis, auctoritas ecclesiastica postulavit ut, ad exclusionem ethnicorum classicorum, sanctorum Ecclesiæ Patrum scripta, majorem in studiis classicis accipiant partem.
III. Septimæ nominatim Sacræ Indicis regulæ pars secunda, tota restringitur sequentibus verbis: ‘ Antiqui vero libri, ab ethnicis conscripti, propter sermonis elegantiam et propriatatem, permittuntur, nulla tamen ratione pueris præ legendi sunt;”’ ita ut dum permittit hos libros gene:
ratim propter elegantiam sermonis, prohibit tamen simpliciter ne antiqui libri ab ethnicis conscripti pueris prælegantur.
IV. Usus ethnicorum classicorum, qualem jam supra dicimus, inculcat paganismum, ponitindiscrimen fidem juventutis et mores, pueros, adolescentes scepticos facit, incredulos, indociles; et prudentia professorum, non obstantibus religione et pietate, frustra, eosdem dum pueris prælegant, facere conanter semipaganas.
V. Idem usus ethnicorum classicorum, est una ex principalibus vel saltem ex veris causis malorum ingruentium; et proinde ejusdem sublatis, saltem ab inferioribus seminarii vel collegii scholis est sin minus unica, una tamen ex requisitis salutis via, pro societate christiana.
generationes non
J'ai demandé (au St. Office), dit Mgr. de l'loa, si l'usage presqu'exclusif des auteurs païens, tel qu'ilse pratique dans les Institutions de Rome, dans la plupart des Séminaires et des Colléges du monde catholique, et en particulier dans notre Séminaire diocésain, dont j'envoyais en même temps le programme d'études, si cet usage, dis-je, n'est que toléré par l'Eglise, et si elle ne le souffre qu'à cause de la grande difficulté de le faire disparaitre ;
Si dans les Conciles de Latran et de Trente, dans l'Encyclique Jnter multiplices et autres documents authentiques, l'Eglise a voulu que les Saints Pères eussent la plus large part dans les études classiques ;
et si, en particulier, l'on doit entendre la seconde partie de la septième règle de l’Index, en ce sens qu’elle défende aux enfants la lecture des auteurs païens, quels qu'ils soient ;
Si l'étude des classiques paiens, telle qu'elle est pratiquée dans nos colléges, est de nature à inculquer le paganisme dans j'esnrit des jeunes gens, à mettr en danger leur foi et leurs mœurs, et à #n faire des sceptiques et des increCules ;
et si enfin cette étude est bien réellement une des causes de tous les maux qui menacent aujourd'hui la société, comme on à voulu le prétendre, de sorte qu'un des moyens de salut pour la société chrétienne serait de cesser d'enseigner les auteurs païens, au moins dans les basses classes.
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Il n’est pas un lecteur, nous en sommes sûr, qui ne commencent à ouvrir de grands yeux en présence de pareils documents, car ils revèlent tous un monde de supercheries. Qu'on remarque en effet ici lartifice dont use M, l’abbé Chandonnet. Il n’ose guère faire examiner les brochures elles-mêmes, de crainte que ceux qui seraient chargés de ce soin, ayant sous les yeux la véritable doctrine qu'elles renferment, ainsi que tout l’ensemble de cette doctrine, ne les trouvent nullement dignes de censure. Pour se tirer d’embarras, il imagine donc, en habile et loyal adversaire qu’il est, d’extraire de ces brochures certaines propositions, Il tronque les unes, amplifie les autres, de façon qu’elles ne sont plus celles que les auteurs de ces brochures ont formulées. Fallait-il donc jadis crier si haut à la falsification. On constatera facilement, en effet, que dans ces propositions M. l’abbé a insidieusement fait disparaitre les qualificatifs expurgés et non-expurgés, qui nécessairement devaient être exprimés, puisque c’était surtout à cause de la non expurgation des auteurs païens, mis entre les mains des élèves, que le débat avait été soulevé. Il nous fait ensuite dire que nous voulons lPexclusion complète des auteurs païens, ce qui est de son invention pure.
Cette besogne terminée, M. Pabbé se met en frais de faire condarmner ces propositions dans lespérance que, ce résultat une fois obtenu, il lui suffira ensuite d’un simple tour de logique pour conclure que les partisans de la méthode chrétienne d’enseignement ont gravement erré dans les opinions qu’ils ont soutenues et défendues. A son grand désappointement, le triomphe dont il se faisait fête n’a pas eu lieu ; il n’a pas même réussi à faire censurer les propositions de sa fabrique. La réponse du Cardinal Patrizzi, comme on se le rappelle, ne fut que Papprobation en un résumé succinct, mais substantiel, de toutes les idées que nous tâchions de faire prévaloir. On eût dit que Son Eminence avait compris l’embarras de gens qui voulaient parler du système chrétien et qui ne le connaissaient guère ; ce voyant, elle leur en fit un maguifique résumé, puis leur dit: “Tenez, c’est cela ; “ voilà le système chrétien, maintenant mettez-le en pratique.”
Que fit-on alors! On ne voulut pas comprendre : on ferma les yeux pour ne point voir. On n’en resta pas là: on soumit la lettre du Cardinai à la même opération que celle qui avait été
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faite sur les brochures. On fit des extraits de propositions, on tronqua, on amplifia encore, et, par un dernier et suprême eflort, on tenta de faire dire à Rome qu’elle condamnait ce que loin de condamner, elle approuvait fortement. Tout cela est fort édifiant sans doute ! Eh bien! c’est l’œuvre de M. l'abbé Chandonnet qui, après avoir essayé et par d’injustes moyens, de faire passer ses adversaires pour des fourbes, jouait à Rome, un an après environ, et sur une haute échelle, le rôle fort peu honorable de trompeur et de falsificateur. Pour comble d’édification, M. l’abbé B. Pâquet Paidait et le secondait de son mieux.
M. l'abbé Chandonnet confirme que tout a été fait par machinations ot demande le secret le plus profond.
Continuons de citer la même lettre de M. l’abbé Chandonnet. Après avoir énoncé les cinq fameuses propositions, derniers et dignes fruits de ce bachelier qui allait bientôt ravir la licence en théologie, il poursuit en ces termes :
Il me semble que tout est là, moins l’insidieuse expression “ de système paien, à laquelle tiennent d’autant plus les gaumisles “ qu’elle exprime plus injustement la chose qu’ils combattent. ‘6 Si cet exposé vous plait, dis-moi-le tout de suite. Et s’il faut “ une lettre de PEvêque (ce que je saurai dans deux ou trois jours) ‘“ je me hâterai de t’écrire afin que tu lui passes ces propositions ‘ et qu’il écrive suivant son bon plaisir. Mais, encore une fois, ‘ je te prie d’attendre ma prochaine, car jusqu’à présent on ne “le regarde pas comme nécessaire et on veut les examiner ‘ quelque peu avant de solliciter une supplique dont le succès ‘ parait encore douteux.”
Ces paroles confirment on ne peut mieux ce qui ressort bien clairement d’ailleurs de la mise en regard des propositions de M. l'abbé et des questions posées à Rome par Mgr. de Tloa; ces questions ne sont que les propositions de M. Pabbé. C’est lui, à Rome, et M. l'abbé B. Pâquet, à Québec, qui menaient toute l'affaire, et qui la menaient, comme on le verra plus tard, per fus
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el nefus. Quoiqu’assez peu gènés dans leurs évolutions, ils ne peuvent cependant dissimuler leurs appréhensions : le succès de l’entreprise est douteux, dit M. l’abbé Chandonnet à son séraphique ami.
Le dernier paragraphe qui, dans la lettre que nous examinons, a trait à l’affaire des classiques est celui-ci :
“ Ce soir Je vais au collége romain pour la fameuse affaire, ‘ mais je pense qu’il sera trop tard pour la malle de cette semaine. ‘ Donc, à la semaine prochaine. Il faut que tu me dises immé- ‘ diatement ce que tu penses de tout cela. Je voudrais même ‘ que tu en fisses part à M. le supérieur, afin que je n’aie pas à ‘ me faire le reproche d’avoir agi contre ses désirs. Remarque ‘ bien que ce n'est pas positivement une approbation que je ‘ demande ; car je ne veux me cacher derrière personne ; mais “ tout ce que je veux savoir c’est ceci: a-t-il objecticn que l’on ‘ fasse ce qui est possible sans y mettre ni directement ni indi- “ rectement le Séminaire ? Il s’agit seulement de la chose. Si la ‘ chose peut faire bien, alors nous poursuivrons tant qu’il restera ‘ une lueur d'espérance. Je voudrais avant tout que tu présentasses mes hommages à M. le Supérieur présent, auquel je ‘“ demanderais la permission d’écrire. Je n’ai pas besoin de ‘“ dire que le secret le plus profond doit couvrir toutes ces démarches. Dans ce cas, si on ne réussil pas, rien ne sera perdu ; et si l’on réussit, toul sera gagné.”
Nous ne dirons pas ici : quel dévouement ! car il n’y en a pas l'ombre, mais quelle servilité ! Pauvre M. l'abbé Chandonnet ! Il voudrait qu'on lui fit grâce ; il voudrait se faire aimable à tel point qu’on fut presque forcé de lui dire : “ Revenez au Sémi- “ naire‘ occupez encore le poste d’où vous êtes déchu.” Maïs toutes ses politesses et ses mielleuses paroles, ajoutons même les tourments qu’il se donne pour anéantir le gaumisme, ne lui ont servi de rien. Ilest encore ce qu’il était et ce qu’il sera. Qu'il s’arme donc de patience !
Ce qu’il y a de plus admirable en tout c2la, c’est le profond silence que M. l'abbé veut qu’on garde sur toutes ses démarches. Il sent donc qu’elles ne sont commandées que par la passion et qu’elles ne lui font pas honneur ; sa conscience lui adresse donc de graves reproches. Ah quand on agit avec droiture, avec
pureté d'intention, par le seul amour du bien et de ia vérité, on ne s’abandonne pas à de pareilles craintes.
M. l’abbé dit encore qu’il faut que ses démarches demeurent parfaitement ignorées : la raison qu’il en donne, c’est que, s’il ne réussit pas, rien ne sera perdu, et que s’il réussit, tout sera gagné. Que signifient ces paroles? M. l’abbé prétend donc que s’il ne fait pas triompher ses opinions, et qu’en même temps ses démarches soient connues, il y aura quelque cüose de perdu? Et ce quelque chose, qu'est-ce que c’est! L’honneur, et c’est triste à dire. Si M. l’abbé eût cherché la vérité seule et pour elle-même, -comme il convient à sa dignité de prêtre ; si ses démarches eussent toutes été inspirées par l’amour du bien et de la justice, aurait-il jamais pu compromettre son honneur quoi qu’il arrivât ? Et puis, quand même il n’aurait pas réussi à faire triompher ses opinions et que ses démarches eussent été connues, aurait-il subi un échec? Assurément, non: il n’y a véritablement échec que quand, d’une façon ou d’une autre, on se laisse dominer par le mal. M. l’abhé Chandonnet n'aurait dû ambitionner que la seule possession de la vérité ; il aurait dû ne pas vouloir absolument le triomphe de ses opinions et être parfaitement décidé à en faire l’entier sacrifice du moment qu’il les reconnaitrait erronées. S’estimer heureux d’être vaincu par la vérité, n’est-ce pas là la seule disposition digne d’un chrétien, d’un philosophe, d’un homme raisonnable ? Vaincre, quand on a pas la vérité pour soi, n'est-ce pas subir la plus funeste de toutes les défaites ? Est-il une honte plus grande pour l'intelligence que celle de se confirmer dans l'erreur? Quoi de plus glorieux, au contraire, pour elle que de s’affranchir de l'erreur et de reconquérir la vérité ? Une défaite qui aurait ce résultat ne serait-elle pas le plus beau de tous les triomphes ?
Nous soumettons ces réflexions aux méditations de M. l’abbé ; nous lui croyons trop d’esprit pour ne pas admettre que nous lui parlons le langage de la raison et même de la raison éclairée par la foi.
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Seconde lettre de M. l'abbé Chandonnet - jugement qu'il porte sur l'Index.
Nous en avons enfin fini avec la première lettre de M. l’abbé Chandonnet. Passons, maintenant à une autre qui, hélas! est de nature à le compromettre bien gravement encore et qui explique ce que jusqu’ici les plus perspicaces n’avaient pu comprendre.
Cette lettre porte la date du 22 Octobre, 1866, et elle s’ouvre ainsi :
‘ Voilà ma seconde lettre qui suit de près la première, simême “ elle ne l’accompagne. La première nouvelle est encore le gau- “ misme. Voici. On a trouvé les propositions au collége romain ‘ très-condamnables. Si vous croyez de même, si surtout vous “ trouvez qu’elles atteignent suffisamment la racine du gaumisme, je poursuivrai. Voici du reste ce que l’on me conseille, “ 1o. Ne rien dire à l’Index, et voici pourquoi. C’est que l’Index “en est venu au point de ne noter que ce qui n’est plus que ‘ formellement héretique, et que les influences s’y font sentir trop
‘ puissamment, non pas sans doute pour dénaturer la vérité,
‘ mais pour ménager et laisser passer l’erreur.?? Ainsi donc, au dire de M. labbé Chandonnet, les cinq propositions qu’il a péniblement élaborées et qui, à son avis résument tout le gaumisme, comme il affecte toujours de dire quand il s’agit de la méthode chrétienne, ont été jugées très condamnables au collége romain. Voilà toujours une fiche de consolation. Par malheur, cette institution n’a pas mission de porter un jugement qui fasse autorité. M. l’abbé sera donc obligé de s’adresser ailleurs ; mais ce ne sera pas à la S. Congrégation de l’Index et la raison qu’il en donne, c’est que ce tribunal est devenu si coulant, si coulant qu’il ménage et laisse passer l’erreur, sans toutefois, remarque M. l’abbé, ne rien faire qui puisse dénaturer la vérité.
Il n’y a certes pas moyen de le dissimuler ici; semblables paroles sont plus que suspectes: elles s’attaquent à la raison, au plus cominun bon sens. (C’est incroyable! On peut ménager,
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laisser passer l'erreur et cependant ne pas dénaturer la vérité! C’est donc dire clair comme deux et deux font quatre qu’il y a moyen de concilier ensemble l’erreur et la vérité? Mais comment la vérité peut elle se concilier avec l’erreur? Comment l'erreur peut-elle circuler librement, être ménagée, et la vérité ne pas en souffrir? Qui dit erreur ne dit-il pas le faux, l’opposé de vérité ? Erreur et vérité ne sont-ils pas deux termes qui s’excluent de la même manière que les termes lénébres et lumière? Conséquemment, par là même qu’on ménage et laisse passer l’erreur, on blesse nécessairement les droits de la vérité, on la dénature, on la détruit, on l’anéantit même.
M. l’abbé Chandonnet veut-il apprendre d’une voix plus autorisée qe la nôtre combien est déraisonnable et scandaleux le langage qu’il vient de tenir? Qu'il prête oreille à ce que disait, il n’y a pas encore six mois, le savant évêque de Nimes, Mgr. Plantier. “ L'Eglise redoute, déteste, maudit, combat et condamne L’ERREUR
‘ sous toutes ses formes et dans chacun des faux systèmes qu’elle ‘“enfante. L’Eglise, qu’on le sache bien, n’est pas alarmée pour “ elle-même ; l’erreur ne peut pas plus l’ébranler que les nuages et les tempêtes ne peuvent éteindre le soleil. Mais’elle a peur et horreur des fausses doctrines, parce que L’ERREUR OUTRAGE LA VÉRITÉ, qui est sainte comme Dieu même ; parce qu’elle perd et corrompt les âmes, aveugle et renverse les gouvernements, pervertit, agite, divise, anéantit les peuples et produit “ toute seule les scandales qui épouvantent le monde et les catas- “ trophes qui le couvrent de ruines.”
Et rappelons-nous-le, M. l'abbé Chandonnet se danne comme théologien ; il écrit de plus à un théologien les énormités que nous venons de signaler, et ce confrère et co-docteur applaudit à tout! C’est un théologien qui déclare que lerreur peut subsister sans altérer la vérité! Mais, grand Dieu! quelle théologie est la sienne !!! Peut-il prétendre parler théologie quand il est en guerre ouverte avec le plus simple bon sens ?
Remarquons encore que si jamais homme a tenu un langage indécent à propos de Rome, c’est bien M. l’abbé, Tantôt il accusait ses adversaires de n’être pas assez respectueux à Pégard de ce centre où Pierre vint asseoir le roc solide de la vérité ; il les qualifiait d’incptes et de blasphémateurs, et le voilà maintenant
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vérité !
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ERREUR s qu’elle ée pour nuages e a peur UTRAGE e qu’elle gouverproduit >s Catas-
comme ités que laudit à ubsister ie est la
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langage antôt il l'égard ; illes ntenant
qui proclame qu’un tribunal institué par l’Eglise, tout exprès pour défendre et maintenir intacts les droits de la vérité, ménage et laisse passer l'erreur! Peut-on imaginer quelque chose de plus outrageant à l’adresse de Rome, à l’adresse de l’Eglise qui vit de la pure vérité! Ce langage n’est-il pas scandaleux et même véritablement blasphématoire ?
Encore une remarque. A propos du même objet, considéré sous le même rapport et dans les mêmes circonstances, M. l’abbé Chandonnet dit le oui et le non sans froncer les sourcils, aussitôt que les intérêts de la passion le demandent. Ainsi, s'agit-il d’un livre qui, comme la Méthode Chrétienne, lui déplaît et qui cependant ne peut être censuré par l’Index, pour la bonne raison qu’il est irréprochable ; on l’entendra affirmer, comme cela vient d’avoir lieu, que l’Index ménage et laisse passer l'erreur. S'agit-il, au contraire, d’un livre dangereux, dont la lecture est défendue par l’Index, et que cependant il affectionne et qu’il veut faire lire, en dépit de la défense; il dira, comme il Pa fait à propos de Descartes, dans une de ses conférences de l’hiver dernier: “ Vous ‘ verrez que si l’Index proscrit des livres comme étant ex professo ‘ contre la foi et les mœurs, qui contredisent directement ou ‘ indirectement quelques-unes des vérités dogmatiques ou morales dont l'Eglise a la garde, il est de fait aussi que l’on y met des “ livres simplement par mesure de prudente économie.” Plus loin il ajoute : “ Il est évident que ce raisonnement: Tel livre est à l’Index ; donc il contient des erreurs de doctrine, dogmatiques ‘ou Sordléés est une conclusion fausse et absurde.”
Ici done, la doctrine très-clairement professée par M. labbé Chandonnet, c’est qu’un livre peut être mis à l’Index, lors même qu’il ne renferme aucune erreur. Il soutient par conséquent tout
juste le contraire de ce qu’il soutenait tout-à-l’heure. © miseriæ humanæ ! Que le savant abbé, s’il ne se reconcilie pas avec le
simple bon sens, qu’il a si violemment outragé dans cette partie de la lettre que nous commentons, se mette au moins d’accord avec lui-même. C’est bien le moins qu’on puisse exiger d’un homme qui veut être personnage et se faire regarder comme un savant entre les savants,
Autres espiègleries de M. l'abbé Chandonnet.
Nous venons de le voir, c’est une affaire réglée ; un ne s’adressera pas à l’Index, car ce tribunal est trop indulgent et de plus, les influences s’y font trop puissamment sentir. M. l’abbé, qui est l’intégrité et l’orthodoxie incarnées, veut quelque chose de mieux. {l n’est pas encore licencié en théologie, mais dans vingt jours il éclora ; tout embryon qu’il est, il ne craint pas de se mesurer contre une Congrégation romaine et d’affirmer que lui condamnerait ce qu’elle ne condamnera pas. Cependant, comme il n’a du Saint-Siège aucun pouvoir ad hoc, il lui faudra bien s’adresser à quelques unes de ces Congrégations romaines, qui seules sont autorisées à examiicr les livres et à donner aux propositions qu’ils contiennent les notes convenables. Que fera done M. l'abbé? lui-même va nous ! »pre:.l'e : Donc, dit-il, à M. B. Pâquet, s'adresser directement au St. Office.”
Inutile de dire ici que M. lPabbé Chandonnet regarde le St. Office comme bien plus sévère que l’Index, cela se comprend de suite. [l nous faut même conclure qu’à ses yeux le St. Office est celui de tous les tribunaux romains, chargés de veiller à la pureté de la doctrine, le seul qui soit le moins enclin à ménager et à laisser passer l'erreur, car s’il en connaissait un autre plus sévère il ne manquerait pas de le signaler à M. abbé B. Pâquet et de lui dire que c'est à celui-là qu’il faut dénoncer la méthode chrétienne, tant il brûle de lui faire subir l'humiliation d’une censure. Tous les efforts de M. Pabhé Chandonnet ayant raté on ne peut plus parfaitement, et la doctrine de la Méthode Chrétienne, loin d’avoir été condarnnée, ayant été en tous points confirmée par la lettre du Cardinal Patrizzi, il faut bien bon gré mal gré que M. l’abbé reconnaisse qu’il ne sera jamais possible d’avoir plus raison que nous l’avons.
JL a une autre recommendation à faire à M. Pabbé B. Pâquet : ‘“ envoyer au St. Office, dit-il, ces propositions (telles que tu les ‘€ as reçues, ou autres condamnables) avec l’indication et la réfé- ‘“ rence aux brochures.”
s’adresle plus, bbé, qui hose de ns vingt as de se que lui comme ra bien nes, qui AUX prora donc à M.B.
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rend de . Office ler à la nénager tre plus Pâquet mélhode 1 d’une raté on élienne, nfirmée gré que ir plus
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e tu les a réfé-
Cela signitie : “ Si tu ne tronves pas, cher et dévoué M. Pâquet, que j'aie assez bien réussi à dénaturer le sens d’un assez grand nombre de propositions, émises par nos adversaires, viens à mon secours ; mets à mon service ton contingent d’habilité et défigure, dans leurs écrits, les autres passages qui peuvent se prêter assez facilement à la falsification et que par malheur je n'aurais pas remarqués.” Quant à la référence aux brochures, on verra quelle garantie elle peut offrir, quand on entendra plus tard M. Pabbé Chandonnet dire à M. l’abbé B. Pâquet qu’il ne faut pas les mentionner toutes ni montrer celles où il est question de Messeigneurs Filippi et Gaume. O honnôteté ! O bonne foi ! O Saint amour de la vérité et de la justice ! Combien de fois vous êtes-vous voilé la face pendant que tout ceci se tramait dans l’ombre ?
NIL M. l'abbé Chandonnet fait accuser le clergé canadian.
Tout ce que nous avons vu jusqu’à présent pâlit devant ce qui va suivre. Jamais nous n’aurions pu supposer que la passion, l'esprit de partie fut capable de jeter dans les excès que la vérité et la justice nous forcent de dévoiler. Voici donc le dernier conseil que M. l’abbé Chandonnet donne à M. l’abbé B. Pâquet :
Enfin, pour mieux assurer le succès de la demande, il fau- “ drait que Mgr. l’Administrateur, lui-même, présentàt ces propositions EN SE PLAIGNANT DU MAL QUE CES IDÉES FONT DANS LA PROVINCE ECCLÉSIASTIQUE OU DANS SON DIOCÈSE. Voilà.”
Ces quelques lignes nous revèlent tout un mystère de criante iniquité. MM. les abbés Chandonnet et Pâquet savaient parfaitement bien que les idées chrétiennes, ou mieux, que lopinion du clergé canadien en faveur de la réforme demandée ne produisait aucun mal; ils savaient bien que les petits scandales, qui avaient surgi à l’occasion de la question des classiques, n’étaient que des faits isolés, imputables pour la plupart à M. Chandonnet seul ; mais comme il fallait tout mettre au pire pour avoir une réponse de Rome et surtout une réponse qui leur donnût raison et con-
damnât les partisans du système chrétien, ils n’hésitèrent pas à mettre tout en œuvre pour que le clergé canadien fut représenté à Rome sous les traits qui ne convenaient guère qu’à eux seuls.
Ainsi donc, si le clergé canadien, l’un des plus respectables à tous égards, s’est vu soudainement livré à la vindicte publique ; s’il s’est vu représenté, sur tous les points du Canada à la fois et presqu’à la même heure, comme rebelle à Pautorité de ses supérieurs légitimes ; si les journaux d'Europe mêmes ont fait sonner bien haut le scandale que ce clergé donnait aux fidèles par de prétendues graves dissentions ; si la cour de Rome enfin s’est émue à ce sujet et si elle a flétri la conduite d’hommes tout-àfait irréprochables, c’est gràce aux conseils, aux insinuations perfides de MM. les abbés Chandonnet et Pâquet.
Dominés par la pensée qu’ils ne pourraient jamais faire prévaloir légitimement leurs opinions, ils ont sacrifié à leur sotte vanité, à leur orgueil, à leur esprit de vengeance la réputation d’un très grand nombre de prêtres, la gloire et l’ornement du sanctuaire. C’est de gaîté de cœur qu’ils se sont décidés à ourdir une infâme calomaie et qu’ils s’en sont rendus coupables ! Quelle conduite atroce ! Ce n’était pas assez d’user d’artifices, de substituer des propositions de leur propre fabrique aux écrits qu’il eût fallu soumettre franchement à la Congrégation du St. Office ; ce n’était pas assez de dire que telles étaient les propositions émises et défendues par les partisans de la méthode chrétienne ; ce n’était pas assez de tromper leur évêque et de le pousser à agir conformément à leur bon plaisir, il fallait encore que, par la plus criante des injustices, ils fissent peser sur tout ce clergé, qu’ont toujours recommandé les plus hautes vertus, des accusations d’une nature fort grave.
Oh ! que la honte et l’ignominie reste attachées aux pas de ceux qui ont commis cette iniquité! S'ils peuvent encore apprendre quelque chose ; s’ils sont susceptibles de réforme ; s’ils peuvent être influencés par le bon exemple, qw’ils apprennent l’humilité, la parfaite soumission de ceux qu’ils ont cruellement dénigrés. Le clergé canadien, on nous l’assure et on nous en donne les plus fortes garanties, n’a pas dit un mot, n’a pas proféré le plus léger murmure en ces tristes moments où il était sous le coup d’une accusation qui devait lui être infiniment sensible,
nt pas résenté
fois et s supésonner par de in s’est tout-àuations
> prévavanité, ’un très ctuaire.
infâme onduite uer des allu soue n’était nises et e n’était : confors criante loujours > nature
pas de encore le; s'ils nt l’hulement ous en as proait sous ensible,
lui qui a toujours si profondément respecté et vénéré ses évêques, son archevêque actuel surtout, 11 a fait mieux encore ; ce clergé, accusé à Rome, à l’instigation de jeunes orguciileux, de ne pas respecter la voix de ses supérieurs, n’a pas plutôt su que son premier pasteur gémissait à cause de certains embarras financiers, qu’il a pris spontanément la généreuse détermination de lui venir efficacement en aide et qu’il s’est immédiatement chargé de payer pour lui une dette considérable. Quel vigoureux et solennel démenti donné aux perfides accusations de MM. les abb£s Chandonnet et Pâquet ! Si la honte ne pénètre pas jusqu’à la moëlle de leurs os ; s’ils n’implorent pas le pardon de ceux qu’ils ont si gratuitement et gravement offensés, ils ne sont plus dignes de figurer dans une société qui obéit aux lois de lhonneur et de la décence.
Est-il besoin d’ajouter que les deux Messieurs, qui font ainsi
métier d’escroquer des condamnations de Rome et d’en affubler
les honnêtes gens, sont tous deux chargés de diriger la jeunesse et de la former ; l’un est à li tête d’une Ecole-normale ; l’autre professe la théologie et contribue pour une large part à former les élèves du sanctuaire. De tels maitres sont-ils bien propres à
inspirer la confiance? Sont-ils tels que les veut l'Eglise? La réponse ne saurait être douteuse.
XHIT.
Nouveaux détails.—M. l'abbé Chandonnet insiste pour que le secret soit inviolablement gardé.
Si nous continuons l’examen de la seconde lettre de M. Pabbé Chandonnet, nous acquerrons la certitude pleine et entière qu’il a agi avec une extrême malhonnèteté, malhonnèteté d'autant plus déplorable qu’elle procède avec un imperturbable sang-froid. Jugeons-en par ce qui vient à la suite ‘de la partie que nous venons de commenter.
“ Dans la pensée, continue M. l’abbé, qu’on veuille donner “ suite à ces premiers pas, je t’expédie de nouveau les propo- ‘ sitions avec les références aux brochures, ef méme un modèle de
“6 pélilion où Monseigneur n'aurait qu’à fuire la partie qui regarde # le mal produit. Les brochures, je les ai toutes ; il ne sera donc ‘ pas nécessaire de les envoyer. 11 suflira de dire au Secrétaire ‘ que je suis chargé de les lui remettre. Ce qui d’ailleurs me ‘ fournira l’occasion de faire remarquer plus aisément l’accord ‘ entre les propositions présentées et les idées et même les mots “ des brochures. Si Mgr. de Québec ne juge pas à propos de ‘ faire cette demande au St. Oflice, et si cependant tu me réponds “ qu’il est bon de poursuivre, je poursuivrai; mais Je succès de- ‘ vient beaucoup plus douteux. Donc une réponse, vite. On n’a pas une seconde à perdre. Un secret des plus profonds; ‘ que jamais en dehors d’un cercle infiniment restreint, AME qui YIVE N’APPRENNE UN MOT DE CELA.”
M. l’abbé Chandonnet l’avoue sans détour : c’est lui qui a fait la pétition envoyée à Rome pour provoquer la condamnation de la Méthode Chrétienne. Cet aveu ne laisse plus la possibilité d'émettre l’ombre d’un doute sur ce que nous disions précédemment, que c'était M. l'abbé qui, de concert avec M. l’abbé B, Pâquet, avait à peu près tout manipulé dans cet épisode de la question des classiques. Une chose d’ailleurs le laissait assez clairement voir: la parfaite conformité des propositions latines adressées à M. l'abbé Pâquet avec les questions que Mgr. de Tloa dit avoir posées à la Congrégation du St. Office.
: Quant au mal produit dans le clergé canadien, M. l'abbé parait n'avoir rien rédigé là-dessus ; mais il n’a pas moins tout le mérite de la chose, puisque c’est lui qui a soufflé qu’il fallait exploiter et le faire valoir, réel ou non, parce que c’était à peu près l’unique moyen d'obtenir de Rome une réponse telle qu’il la désirait,
Et puis, quelle est édifiante la recommandation, que fait M. l'abbé Chandonnet à son digne ami, de garder sur toutes ses démarches le plus profond secret! Il insiste là-dessus ; c’est la seconde fois qu’il en parle. N'est-ce pas là avouer aussi claire. ment que possible qu’il joue gros jeu et que les pions lui salissent
es doigts. Ah! ce n’est pas de cette façon qu’on mène une affaire, quand on a la vérité et le droit de son côté. Non, jamais la vérité, jamais les procédés honnêtes n’ont craint la lumière du grand jour: les oiseaux de nuit seuls aiment les ténèbres. Lorsqu'on exige un silence aussi absolu, lorsqu'on veut que les
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moyens employés pour arriver à un but soient éternellement ensevelis dans le plus profond oubli, c’est le signe certain qu’on a exécuté de honteuses tricheries et qu’on prend ses précautions afir d’être en mesure d’y recourir encore en d’autres circonstances.
Ce dernier mot de M. l’abbé Chandonnet nous permet de tâter une fois de plus, et à loisir, son honneur, sa probité, sa bonne foi, son esprit sacerdotal. Ilest triste de le dire, mais enfin, c’est Pexacte vérité : la couche en est fort mince. De toutes ces belles qualités, on ne trouve en lui que le vernis extérieur. M. l’abbé B. Pàquet n’est pas en de meilleures conditions. Tous deux savent être luisants lorsqu’ils sentent les regards d’un quelqu’un peser sur leur personne, mais sitôt qu’ils sont débarrassés de ce poids, ils exhibent des laideurs tellement prononcées que ceux qui les aperçoivent rougissent instinctivement pour eux.
Autre supercherie de M. l'abbé Chandonnet.
M. l’abbé Chandonnet n’est pas à bout de conseils et de remarques. En voici une qui met à nu sa probité :
‘ Encore une remarque, continue-t-il. Tu t’apercevras que le ‘ nom de Mgr. Gaume n’y est point et que je n’ai rien tiré de lui “ afin de n’étre pas obligé de renvoyer à ses ouvrages ; c’est afin ‘ que rien, qu'aucun nom ne paraisse directement intéressé dans ‘ l’examen et la réponse. On m’a bien recommandé d’en agir “ainsi. Enfin voilà; jugez et faites vite ; ou bien réponds-moi ‘ qu’il faut me tenir tranquille. Quel triomphe pour le Séminaire “ si les grands principes du gaumisme étaient condamnés !”
Encore du vilain sous une autre forme. Comme M. labbé Chandonnet le dit expressément, il s’agit de faire condamner les grands principes du gaumisme, c’est-à-dire, les propositions qui résument ou qui sont regardées comme résumant la thèse qu’a soutenue et défendue Mgr. Gaume. Or, il semble que jusqu'ici la loyauté et la stricte justice ont toujours demandé que, quand on veut faire condamner les propositions émises par un auteur, on prenne ces propositions dans les œuvres mêmes de cet auteur,
qu’on examine bien le contexte, ce qui suit, ce qui précède, afin d’avoir très-exactement la pensée de cet auteur et non celle d’un autre qui lui serait substituée.
"Que dirait M. l’abbé Chandonnet, si quelqu'un, voulant faire passer condamnation, par exemple, sur les Conférences qu’il a données depuis son retour d'Europe, en extrayait certaines propositions qu’il arrangerait à sa façon, puis, cela fait, sollicitait la condamnation du Chandonnetisme ? M. l’abbé ne crierait-il pas à l'injustice, à la plus criante des malhonnêtés, si on lui appliquait les recettes dont iluse envers son prochain? Est-ce ainsi qu’il entend qu’on l'interprète? Pourquoi donc deux poids et deux mesures ? Pourquoi M. l’abbé veut-il faire condamner le gaumisme sur des pièces, par lui fabriquées, et prend-il toutes les peines du monde pour que les seuls documents qui devraient être produits et mis en cause, puisqu'on doit se prononcer sur la doctrine qu’ils renferment, soient soigneusement mis à l'écart! Ochandonnetisme ! chandonnetisme ! que ton odeur est nauséabonde !
M. l’abbé Chandonnet, si exigeant quand il doit payer de sa propre personne, prétendra-t-il que les autres hommes, même ceux dont la réputation est européenne, sont d’une espèce inférieure à la sienne, et qu’ils doivent être traités avec moins d’égards et de justice que les derniers des valets de chambre. M. labbé B,. Pâquet son illustre adjoint, a-t-il en sa besace de docteur certains principes nouveaux de morale qui légitiment de semblables façons d'agir? nous serions vraiment curieux de le savoir !
Que M. les abbés Chandonnet et Pâquet aient donc le courage de l’avouer; pour prendre la détermination de faire usage de moyens de cette espèce, il faut avoir une bien mauvaise cause à défendre, bien peu de noblesse de sentiments et une pente secrète à mal faire. O vérité! dépôt sacré, dépôt trois fois saint que Jésus-Christ a confié à ses prêtres, c’est donc ainsi que des lèvres sacerdotales te trahissent. Tu ne seras donc respectée que si leurs intérêts le demandent ! autrement, ils te fouleront aux pieds et ’accableront de mépris. Pour eux, l’affaire capital, c’est de mettre en relief, et à tes dépens, leur chétive personnalité. Que Dieu prenne en compassion de tels hommes, qu’il leur pardonne et qu’il opère en eux un changement profond et radical. C’est le seul mal que nous leur souhaitons.
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Dernières recommandations de M. l'abbé Chandonnet.
M. Pabbé Chandonnet termine enfin par ce qui suit :
‘ Pour moins retarder les choses, on me dit ce matin qu’il faut écrire tout de suite, afin que l’évêque écrive immédiatement “au aiaire du St. Office, dans le sens que j’indiquais plus “haut. Puis, qu’il ajoute que je suis chargé de passer au Secré- “ taire les brochures et les références désirables, Il faudra en ‘ même temps que tu m’envoies, marqué du sceau de l’évêque, le ‘“ programme d’études du Séminaire de Québec, afin que, en le ‘ comparant à ceux de Rome, on puisse bien s’assurer qu’il est ‘ aussi chrétien, Si Monseigneur, au lieu de s’adresser directe- ‘“ ment au Secrétaire du St. Office, veut bien adresser à moi, je “ lui transmettrai le tout ensemble. Comme j'ai fait quelques “ légères modifications dans les propositions, je te les renvoie. “ Notes.—Ne mentionne pas le nombre des brochures, car je ‘“täâct ‘ai de me passer de celles où paraissent trop clairement ‘ Je: 18 de Messeigneurs Filippi et Gaume.”?
Il n’y a donc pas de doute possible : tout, dans le dernier épisode de la question des classiques, a été fait par M. l’abbé Chandonnet ou d’après ses inspirations. Les pièces que Mgr. de Tloa a adressées au St. Office, ont été rédigées dans le sens indiqué par ce digne abbé ; c’est lui qui dirigeait toutes les opérations à Rome et à Québec. Un prince de l'Eglise a été gravement trompé ; on a indignement abusé de sa bonne foi. M. l’abbé Pâquet est, en cette affaire, aussi gravement coupable que M. l'abbé Chandonnet, car ils agissaient tous deux per modum unius. Ces deux Messieurs n’ont raisonnablement parlant, rien à répondre qui puisse les justifier; ils se sont même jetés dans une ornière telle qu’il leur devient impossible de pallier leur conduite. Ils ont sciemment usé de fourberies ; ils les ont méditées à loisir et combinées avec le plus grand soin; ils savaient qu’en cela ils agissaient très-mal, que leur rôle était inique et honteux ; mais ils n’y regardèrent pas de si près, comptant que jamais dme qui vive ne saurait mot de toutes leurs machinations. Dieu a permis 4*
cependant qu’elles fussent dévoilées, car ïl aime infiniment la justice et la vérité.
Nous l’espérons donc, le chandonnetisme n’aura pas de vogue ; il est né caduc, comme tout ce qui croît en lieu malsain. Le dernier mot que nous venons de lui entendre proférer suffit pour inspirer le dégoût. Qu'on veuille bien le remarquer, en effet ; tout à l’heure M. l’abbé ne voulait pas pour tout au monde qu’on référât aux œuvres de Mgr. Gauime. Il enchérit maintenant ; il pousse la malhonnèêteté jusque là même qu’il recommande de ne pas mentionner toutes les brochures, parce que, s’il fallait les faire examiner toutes, on verrait percer trop clairement les noms et les opinions de Messeigneurs Filippi et Gaume. Et ce sont justement ces brochures qui sont spécialement en cause! M. l’abbé demande à grands cris qu’on les condamne, qu’on les anathématise, et cependant il ne veut pas qu’on les laisse voir, il les soustrait aux regards des examinateurs! Aurait-on jamais pu soupçonner que le manque de franchise existât à ce point chez lui? Aurait-on jamais pu croire que l’égoïsme, que l'esprit d’orgueil et de vengeance pût aveugler à ce point un homme qui se donnait comme dévoré du besoin d’embrasser une vie plus parfaite, que la dévotion poussait à se faire passioniste! Non, assurément ; il faut qu’il fasse lui-même sa confession, pour que nous ayons une idée exacte de ce qu’il est capable de faire et d’oser. Et M. l’abbé B. Pâquet approuvait et encourageait toutes ces manœuvres: la fin justifiait les moyens. Est-ce donc là ce qu’enseigne la morale ?
Résumé et Conclusion.
Nous voici donc au terme de notre brochure. Ici notre manière de dire n’est pas tout-à-fait exacte : cette brochure n’est pas précisément la nôtre ; c’est M. l'abbé Chandonnet qui réellement l’a faite, c’est lui qui en est le véritable auteur. Et en effet, que renferme-t-elle ? Pas autre chose que ce qu’il a publié sur l’Evénement et écrit à M. l’abbé B. Pâquet. Notre travail n’a consisté
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Û qu’à citer ces pièces et à faire ressortir ce qu’elles renferment. Nous avons cru devoir les citer en entier, surtout les lettres de M. Pabbé dans les parties qui ont trait à l’affaire des classiques, car si, dans ces parties, nous eussions omis un seul mot, on aurait peut-être pu nous soupçonner d’avoir voulu, par là, porter préjudice à l’auteur et augmenter l’odieux qui pèse sur lui ainsi que sur M. l’abbé Pâquet. Or, nous ne voulons pas que M. l’abbé Chandonnet puisse nous reprocher d’avoir suivi sa tactique, c’està-dire, d’avoir caché en tout ou en partie les pièces qu’il fallait nécessairement produire pour rendre hommage à la justice et à la vérité. Non-seulement nous avons tout cité, mais nous avons même conservé très-scrupuleusement l’ordre qu’il a suivi dans le développement de ses idées, de ses plans, dans l’exposé de ses manœuvres ; nous avons, en un mot, laissé chaque partie à la place qu’elle occupait relativement aux autres.
M. l'abbé Chandonnet ne pourra done pas nous accuser de Pavoir représenté sous des traits qui lui sont étrangers : nous avons donné son portrait d’après nature et d’après nature prise sur le fait. Qu’il ne soit pas beau, c’est incontestable, et voilà ce qui nous fait peine. Nous le disons sincèrement, car il était au pouvoir de M. lPabbé de n’avoir pas aussi triste figure. Il pouvait, il devait même être beau de cette beauté que donnent la noblesse de sentiments, l’amour de la justice et de la vérité, le vrai zèle pour le bien, l’humilité chrétienne. Il ne l’a pas voulu, non plus que M. l’abbé B. Pâquet ; il est par là même entré dans une triste voie, ét, que tôt ou tard il en gémisse, on pourra toujours lui dire : c’est là votre ouvrage !
Oui, c’est là son ouvrage! De tant d’idées qui circulent de par le monde, M. l’abbé Chandonnet en a pris une en aversion ; il lui a voué une haine éternelle et lui a déclaré une guerre implacable. Mais cette idée, qu’est-elle donc ? Porte-t-elle Pirréligion ou limpiété dans ses flancs? Eh! mon Dieu, non ! Tous les hommes les plus éminents que l’Eglise et l’Etat comptent dans leur sein la proclament excellente et sainte ; il y a plus: le grand et vénéré Pie IX lui-même encourage fortement tous ceux nui travaillent à la faire triompher. Et pourrait-il en être autrement, quand cette idée n’est que l’idée chrétienne, en tant qu’elle veut pénétrer et vivifier toutes les parties de l’enseignement donné à la jeunesse ?
Mais M. l’abbé, nous ne savons pour quel motif, ne veut pas voir ce que tout le monde voit. Il met à combattre cette idée un incroyable acharnement : il accable de sarcasmes ceux qui s’en déclarent les propagateurs ou les défenseurs : il leur prodigue les dédains et les mépris ; à ses yeux, ils ne sont que des ineptes et des blasphémateurs. Pie IX a tout particulièrement l’honneur de recevoir de si gracieux compliments de la part de M. l'abbé, puisque Sa Sainteté a toujours soutenu et encouragé Mgr. Gaume dans sa lutte contre le paganisme dans l’enseignement, et que Pan dernier encore elle lui faisait écrire de ne pas se décourager, que la cause qu’il défendait est la cause de Dieu.
Que d’autres se préoccupent à l’occasion de tant d’erreurs, dénoncées comme funestes et monstrueuses dans les encycliques des derniers papes, erreurs qui se glissent partout, qui prennent toutes les formes, qui menacent de faire crouler l’édifice social et de détruire la civilisation chrétienne, M. Pabbé verra leurs angoisses d’un œil passablement indifférent ; pour lui, il n’est pas homine à se déranger pour si peu. Pourvu qu’il parvienne à extirper le gaumisme de dessus la face de la terre, il pense que tout est sauvé et qu’il a bien mérité de la patrie.
Et pour extirper ce gaumisme que fera-t-il? Tout ce qu’on voudra, pourvu qu’il atteigne ses fins sans trop endommager sa réputation. Publiquement, il parlera le langage de la duplicité ; il maniera les armes qu’on ne trouve d’ordinaire qu’aux mains de l'esprit d’erreur ; il usera d’expressions vagues, creuses, indéterminées, de couleur indécise ; il les détournera de leur sens propre. Il exposera par là bon nombre de ceux qui l’écoutent ou qui le lisent à donner dans de très-graves erreurs, mais pourquoi s’embarrasserait-il d’un tel souci : pourvu qu’il tue le gaumisme, ce qui est le point capital, ne méritera-t-il pas absolution pour tous les accessoires ?
Il fera plus encore : il représentera dans ses lettres les Congré gations romaines, qu’il présume ne devoir pas lui donner gain de cause, comme ménageant et laissant passer l’erreur ; il soustraira aux yeux des examinateurs de la doctrine de Mgr. Gaume, nonseulement les œuvres de cet illustre écrivain, mais encore les brochures qu’il veut faire condamner ; il leur substituera des propositions qui ne sont nullement le résumé des doctrines qu’elles
PO de bedo ut es bain = SO eh em
s voir ée un i s’en ue les tes et nneur ’abbé, saume et que irager,
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Jongré ain de straira e, nonore les ra des u’elles
contiennent ; il surprendra la bonne foi de son évêque, et lui fera parvenir sous prétexte de lui rendre service, un modèle de pétition que Sa Grandeur n’aura qu’à signer ; il lui suggèrera même d’accuser son clergé, et ce sera M. l’abbé B. Pâquet, qui se chargera de faire voir qu’en bonne morale la chose doit être ainsi faite ; enfin il demandera en grâce qu’on le charge de mener l'affaire à Rome, d’expliquer certaines choses, car il ne lui suffit pas de tromper un évêque : puisque les circonstances le favorisent, il serait bien aise d’induire en erreur une Congrégation romaine ; il se flatte de lui présenter les faits sous un jour tel que jugement sera rendu en sa faveur.
En at-il été ainsi cependant? On sait que non; Dieu a fait servir toutes les manœuvres et les fourberies de M. l’abbé au triomphe de la vérité et de la justice. La réponse, qu'on voulait avoir de Rome et qu’on a arrachée par de très-odieux moyens, est enfin venue et elle n’a fait que confirmer de point en point la doctrine soutenue par les partisans de la méthode chrétienne. Elle a même fait plus que la confirmer, elle a proclamé son triomphe. Il faut donc, et c’est là la conclusion que nous avons à tirer de ce qui précède, que le système chrétien soit bien celui que veut le Saint Siège, que veut et qu’à toujours voulu l'Eglise, puisque, malgré tant de ténébreuses machinations, si habilement conduites, malgré tant de ruses et d'efforts, il a recu une dernière et si haute approbation. Comme tout ce qui est bon, saint et destiné à produire une immense somme de bien ne jette de profondes racines dans le sol et ne s’y affermit qu’au sein des tempêtes, il a fallu que le système chrétien d’enseignement soulevât contre lui toutes les colères et les rages. Dieu a même permis que de bons et sincères catholiques se soient posés devant lui comme adversaires ; il le fallait pour mieux faire briller la vérité dans tout son éciat. Aujourd’hui, nous l’espérons, la lumière est faite, et ceux qui, sans avoir pris suffisamment connaissance de la thèse de Mgr. Gaume, l’ont d’abord condamnée, répareront le tort qu’ils ont eu, en travaillant avec zèle à opérer une réforme qu’appellent de tous leurs vœux tant de saints prêtres et de respectables pères de famille. Réjouissons-nous donc et mettons la main à l’œuvre avec plus de courage que jamais, sûrs que nous sommes de
travailler pour la plus grande gloire de Dieu, selon que l’a déclaré Pie IX. :
Quand à MM. les abbés Chandonnet et Pâquet leur position est des plus tristes ; ils se sont gravement compromis. Ils ont accompli une œuvre inique et ils savaient ce qu’ils faisaient ; même, à l’heure qu’il est, ils s’applaudissent encore de tout ce qu’ils ont tramé ; ils ne regrettent qu’une chose, c’est de n’avoir pas pu amener Rome à condamner la justice et la vérité. Dieu a donc permis que tels hommes fussent démasqués, en dépit des précautions qu’ils ont prises pour que personne ne connût jamais les voies tortueuses qu’ils aiment à fréquenter quand il fait nuit, au profit de l'erreur et au détriment de la vérité.
Les lettres de M. l’abbé Chandonnet, que nous avons en notre possession, n’ont pas été frauduleusement extorquées ; c’est, nous Pavons déjà dit, la Providence qui les a mises entre les mains de ceux qui nous les ont fait parvenir. Qu’on ne nous reproche pas de les avoir rendues publiques : il n’y avait pas de secret naturel à garder en pareil cas, car c’est pour tout homme un devoir de dévoiler les complots formés en haine de la justice et de la vérité. Il fallait en outre faire connaître les accusateurs du clergé canadien, les motifs qui les faisaient agir et par là mettre un terme à de nouvelles perfidies. Si MM. les abbés Chandonnet et Pâquet trouvent commode de dresser leurs batteries dans l’ombre et de frapper à droite et à gauche, tout autour d’eux, pour se donner le plaisir de mal faire, ils apprendront qu’il y a des lois divines et humaines qui permettent de les gêner dans leurs ébats.
Nous ne devons pas dire adieu à M. l’abbé Chandonnet, car peut-être avant longtemps nous aurons occasion de lui prouver que non-seulement nous avons pu voir Rome, mais même que nous lavons assez bien connue et surtout assez bien comprise.
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