‹ Réponse Aux Observations De M. Cauvet Relatives a Quelques-Uns Des Travaux Présentés a La SociétéChapitre 5 sur 5 · SÉANCE DU 26 JUILLET · texte numérisé non relu

SÉANCE DU 26 JUILLET

sans hésitation les tiges souterraines des racines (que la racine présente ou

non vers son extrémité une partie épidermique adhérente ou plus ou moins exfoliée).

Je suis heureux que M. Cauvet m’ait fourni l’occasion, à propos de ces différentes questions, de revenir sur certains points que je n’avais peut-être pas suffisamment précisés.

FÉCONDATION DES OPHRYDÉES. OBSERVATION DU TRANSPORT INVOLONTAIRE DE LEURS MASSES POLL1NIQUES D’UNE FLEUR A UNE AUTRE PAR LES INSECTES HYMÉNOPTÈRES,

par M. GfSKKHAIN’ UE SA IVI-1»! IIÎICI

Ayant profité d’une saison favorable pour étudier, pendant un de mes séjours en Provence (à Hvères), quelques intéressants détails sur les mœurs des insectes hyménoptères, à la demande de l’un de nos savants et laborieux confrères (1), le hasard me fit capturer, d’un heureux coup de filet, un insecte hyménoptère dont la tête me parut, au premier coup d’œil, ornée d’une paire d’antennes supplémentaires d’un aspect étrange, et me semblant constituer un fait anormal.

A droite et à gauche de la partie antérieure de la tête de l’insecte, au voisinage de l’insertion des antennes (qui sont annelées, longuement filiformes et de couloir noire), se trouvait une paire d’organes simulant des antennes supplémentaires plus courtes, en forme de massue, et de couleur jaune. Le plus simple examen, au moyen d’une loupe ordinaire, puis d’un grossissement plus puissant, me démontra immédiatement qu’il s’agissait de deux masses polliniques enlevées à des Orchidées en fleur, et emportées involontairement par l’insecte en quête de pollen pulvérulent et de nectar.

En fouillant les fleurs des Ophrys de la section Insectifera (alors épanouies en abondance sur les collines de Silvabelle), l’insecte avait appuyé sa tête sur les rétinacles visqueux des masses polliniques, et, en se retirant, avait naturellement emporté, attachées à son front, dans la disposition symétrique qu’elles occupent chez la fleur, les masses polliniques claviformes dirigées en avant ; de là l’apparence, chez l’insecte, d’une paire d’antennes supplémentaires.

Je surprenais, et j’ai l’honneur de mettre sous les yeux de la Société, l’un des faits les plus charmants des harmonies naturelles, où tout concourt au grand et ineffable concert. L’insecte, en cherchant sa pâture sur les fleurs de nos Ophrys à pollen en masses claviformes (masses dont le contact avec la surface stigmatique n’est qu’incomplétement assuré par la disposition de la

(1) M. J. -T. Moggridge, observateur non moins habile que persévérant en entomologie comme en botanique, qui vient tout récemment de publier un recueil plein d’intérêt sur les mœurs des fourmis moissonneuses et sur les graines qu’elles récoltent de préférence pour leurs magasins, et aussi sur les mœurs de certaines tribus d’araignées à habitation souterraine fermée par une trappe.

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