SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE
6° — La dernière partie de l’article de M. Carnet esi consacrée à la discussion du caractère distinctif que j’ai proposé comme absolu pour distinguer toutes les tiges (souterraines ou aériennes) de toutes les racines : la présence d'an bourgeon terminal, pour les tiges ; ïabsence de bourgeons, soit axillaires, soit terminaux , pour les racines.
M. Cauvet objecte « qu’étant donné un tronçon végétal dépourvu de bourgeon, on ne saurait dire si ce tronçon appartient à une tige ou à une racine ». — Il est bien évident que quel que soit le caractère distinctif d’un organe ou d’une plante, si l’on n’a sous les yeux qu’un fragment auquel manque la partie caractéristique ou distinctive, on peut se trouver embarrassé ; mais il en est ainsi de tous les objets sans exception ; ces fragments ne se déterminent qu’à l’aide des caractères, quels qu’ils soient, qu’ils ont pu conserver. C’est ainsi qu’on ne déterminera pas le genre auquel appartient une Ombellifère (si on ne le reconnaît empiriquement à l’inspection générale de la plante) sans en avoir le fruit mûr, dans le cas où le genre est fondé sur la forme du fruit : ayez les Ombellifères en fruit ; ayez les racines ou les tiges souterraines entières, ayez au moins leur sommet. — Néanmoins, M. Cauvet appelle le caractère absolu d’absence de bourgeon à l’extrémité des racines, un caractère purement spéculatif. Puis il ajoute : « Si la présence d’appendices sur les bourgeons est nécessaire pour en établir la nature, la distinction admise par M. Germain de Saint-Pierre est absolue. » — Cette distinction est donc, en effet, absolue, car j’ignore complètement ce que serait un bourgeon sans appendices ; sans appendices étant la négation du bourgeon.
Je cherche en vain une objection dans cette phrase de M. Cauvet : «... le bourgeon qui termine la lige et le tissu spécial que l’on trouve à l’extrémité de la racine offrent une grande ressemblance quant à leur but final, qui est le prolongement de l’axe. » — En effet, il ne s’agit pas de savoir si l’axe descendant (racine) a, comme l’axe ascendant (tige), pour but final de s'allonger ; mais il s’agit de constater la structure de la racine et la structure de la tige, l’une et l’autre s’allongent, en effet, mais au moyen d’appareils différents : la racine s'allonge par une simple élongation ou multiplication de son tissu ; la tige s'allonge par l'évolution d'une spirale de feuilles.
7° — « Je crois, dit M. Cauvet en terminant, que si l’on accepte la distinction spéculative admise par M. Germain de Saint-Pierre, il sera bon de la modifier de la manière suivante : la tige est toujours terminée par un bourgeon ; l’extrémité de la racine est toujours enveloppée par une pilorrhize. »
Notre honorable et savant confrère M. Cauvet me permettra de me refuser positivement à admettre que cette modification qu’il propose de faire à ma définition soit bonne. Il suffit complètement, selon moi, de savoir que la tige (aérienne ou souterraine) est toujours terminée par un bourgeon (le fait est quelquefois masqué par un état abortif) ; et que la racine n'est jamais (dans aucun cas), terminée par un bourgeon, pour être à même de distinguer,