‹ Réponse aux principales objections dirigées contre les procédés suivis dans les analyses du sang (volume 2)Chapitre 6 sur 9 · V^. DE LA FIBRINE · texte numérisé non relu

V^. DE LA FIBRINE

Pour obtenir la fibrine qui existe dans le sang, nous avons employé le procédé suivant. Immédiatement après sa sortie de la veine, le sang encore liquide est versé dans ime cuvette

(1\ Archives gênêiaUs de médecine (tomes IX et X), 3* série.

et fortement agité avec un balai composé de brins raides et déliés. La fibrine né tarde pas à éprouver le phénomène de la coagulation spontanée. Elle appariât alors sous forme de fibrilles qui s'attachent aux brins du bialai et de flocons écumeux qui nagent dansle Uquide sanguin . Cela fait, on détache avec soin les filamens fibrineux adhérens au balai, et on projette le tout sur un linge fin à mailles sensées. Le sérum, emportant avec lui presque tous les globules, passe à travers le filtre, et il ne reste au-dessus que les filamens et flocons fibrineux colorés par de Thématosbe. La matière, qui est restée sur le linge, lavée sous un filet d'eau jusqu'à ce que lé Uquide passe complètement incolore, devient d'une parfaite blancheur et représente exactement la totalité de V élément spontané^ ment, coagulahle^ c'est-à-dirê de la fibrine du sang en expérience.

Ce procédé fort simple et fort expéditif a paru insuffisant à M. Mandl qui lui adresse des reproches dont il se serait certainement dispensé s'il eût bien voulu prendre la peine de le mettre lui-même quelquefois en pratique.

« Voilà , dit-il [Archisf. gén. de Méd.y t. ix, 3- série, •4 p. 182), bien des précautions à prendre , pour arriver à « im résultat peu précis, puisque la science jie peut me ré- " pondre que toute la fibrine est coagulée, qu'une grande «« partie n'«st pas restée dissoute. »»

Nous en demandons bien pardon à M. Mandl, mais rien n'est plus facile que de constater, en pareil cas, le fait de la coagulation de la fibrine tout entière.

Supposons en effet un instant que, pendant le battage du sang, la totalité de la fibrine ne se soit pas coagulée. Celle qui aura conservé l'état Uquide devra nécessairement passer

l'autre, il n'y a pas de corps spontanément coagulable ; le médecin ne peut reconnaître la présence de la fibrine ; que, si la fibrine joue dans Técononûe un autre rôle que Talbumine , ce n'est pas en vertu d'une différence dans la composition de ces deux élémens , mais seulement parce que chacun d'eux affecte une manière d'être qui le caractérise et le sépare de l'autre. -

Lors donc qu'en battant le sang sorti de la veine, on constate une diminution du chijflTre de la fibrine , cette diminution n'est ipas apparente, mais réelle et incontestable.

M. Maiidl semble croire que la macération dans l'eau , que l'on est obligé de faire subira la fibrine pour la décolorer, doit lui faire perdre une partie de son poids.

« Puisque , dit-il (loc. cit, , tome ix, pag. 189), elle se « transforme en gélatine par la putréfaction , et cette gela- •« tine est solubte dans l'eau. »

Eh quoi I M. Mandl en est-il encore à apprendre que le temps nécessaire pour décolorer la fibrine est fort court , et que , dans aucun cas , la conversion de la fibrine en matière soluble dans l'eau, ne peut s'opérer «i quelques instans? M. Mandl n'a donc jamais essayé de décolorer lui-même de la fibrine. Encore ici im peu de pratique l'aurait mis à l'abri de cette erreur.

M. Mandl adresse au procédé de l'agitation rapide du sang, une autre objection tirée d'expériences qui lui sont propres. D'après lui , si l'on bat à part deux quantités égales du même sang , l'une à l'état de pureté , l'autre mêlée à du pus , la première portion de sang fournit plus de fibrine que la seconde. A la vue d'un semblable résultat , un observateur logique aurait dit : La première portion de sang fournit plus de

à travers les mailles du linge, et éprouver plus tard le phénomène de la solidification au milieu de la masse sanguine qui s'est écoulée pendant le filtrage. Or, l'expérience, cent et cent fois répétée, prouve qae jamais un semblable phénomène ne se présente. Il n'y a donc plus de fibrine dans le liquide qui est passé à travers le filtre, elle s'est donc toute coagulée pendant le battage, elle est donc restée tout entière sur le linge, le procédé n'est donc pas inexact.

Que penser maintenant des efforts que fait M. Mandl (loc. cit. , tome ix, pag. 295 et suiv.), pour démontrer que, dans tous les cas où les observateurs ont constaté une diminution notable dans le chiffre de la fibrine , cela tenait à ce qu'une partie de cet élément du sang avait échappé à leur analyse. Il est bien évident que ce n'est pas à un retard apporté, dans le phénomène de coagulation de la fibrine que cette diminution est due , puisque nous venons de démoiitrer que , dans la masse ^nguine défibrinée par le procédé du battage, il ne restait, pas la moindre trace de corps ^ntanément coagulable. M. Mandl , il est vrai , ajoute ( loc. cit., tome x , page 198) : .

«« Nous avons entendu parler d'une absence apparente de ** la fibrine , quand eUe est rendue incoagulable par la pré- « s^ce des sels. »

D'abord nous répondrons à M. Maiidl qu'il iu|inullement démontré que , dans les cas où nous avons constaté une diminution (Je fibrine, les sels du sang étaient en plus forte proportion. Et puis cet habile micrographe a-t-il donc oublié qu'il a donné lui-même la propriété de se coaguler spontanément comme le seul caractère à l'aide duquel la fibrine peut être distinguée de l'albumine ; que là où , pour une raison ou pour

l'autre, il n'y a pas de corps spontanément coagulable , le médecin ne peut reconnaître la présence de la fibrine ; que, si ]a fibrine joue dans Téconomie un autre rôle que l'albumine , ce n'est pas«n vertu d'une différence dans la composition de ces deux élémens , mais seulement parce que chacun d'eux affecte une manière d'être qui le caractérise et le sépare de l'autre. -

Lors donc qu'en battant le sang sorti de la veine, on constate ime diminution du chijflTre de la fibrine , cette diminution n'est pas appareniCy mais réelle et incontestable.

M. Maiidl semble croire que la macération dans l'eau , que Ton est obligé de faire subira lafibrine pour la décolorer, doit lui faire perdre une partie de son poids.

« Puisque , dit-il [loc, cit. , tome ix, pag. 189), elle se « transforme en gélatine par la putréfaction , et cette gela- M tine est soluble dans l'eau. ^

Eh qu(H I M. Mandl en est-il encore à apprendre que le temps nécessaire pour décolorer la fibrine est fort coml , et que , dans aucun cas , la conversion de la fibrine en matière soluble dans l'eau, ne peut s'opérer en quelques instans? M. Mandl n'a donc jamais essayé de décolorer lui-même de la fibrine. Encore ici un peu de pratique l'aurait mis à l'abri de cette erreur.

M. Mandl adresse au procédé de l'agitation rapide du sang, une autre objection tirée d'expériences qui lui sont propres. D'après lui , si l'on bat à part deux quantités égales du même sang, l'une à l'état de pureté, l'autre mêlée à du pus , la première portion de sang fournit plus de fibrine que la seconde. A la vue d'un semblable résultat , un observateur logique aurait dit : La première portion de sang fournit plus de

fibrine que la deuxième; doncr, le pus ala propriété de détruire la fibrine. Et certes, il n'y aurait réellement* pas à s* étonner beaucoup , si le pus jouissait d'une pareille réaction sur la fibrine. Ce raisonnement tout simple n'a pas été îiit par M. Mandl ; aussi aime-t-il mieux dire que les deux portions de sang contiennent autant de fibrine Tiine que l'autre , mais que le procédé du battage est insuffisant pour extraire la fibrine du sang mêlé à du pus ( loc. cit, , tome ix, p. 181 ).

Mais, pour que le battage ne puisse plus constater la présence de la fibrine , il faut qu'elle ait perdu la propriété de se coaguler, il faut enfin qu elle ait cessé d'être de la fibrine. C'est donc toujours la même discussion de mots que M. Mandl soulève à chaque instant , c'est toujours de la fibrine -qui n'est plus de la fibrine qu'il veut forcer les observateurs à séparer du sang. Nous finirons, en vérité, par rester convaincus qu'il ne se fait pas une idée bien nette de ce que c'est que la fibrine.

Sans doute le pus ajouté à du sang ne fait pas disparaître les élémens de la fibrine. Mais du moment où il n'y a plus de coagulation spontanée , ces élémens qui sont restés dans ie liquide ont affecté entre eux de nouveaux rapports pour constituer un corps qui n'a plus les propriétés caractéristiques de la fibrine, qui en un mot n*est plus de la fibrine. Mais prenons un exemple et transportons -nous un* instant sur un terrain bien connu de M. Mandl. On place une tache de sang au foyer du microscope, et on constate la présence d'une énorme quantité de globules. Sur cette tache on fait arriver un peu d'ammoniaque et immédiatement les globules ne sont plus aperçus. M. Mandl dira-t-il que les globules sont encore là , mais que le microscope est impuissant par en révéler la présence ? non , il se garderait bien d'émettre une semblable opi-

nion. Et œpendant les iéiémens de ces globules n'ont pas disparu , ils sont encore là en totalité dans ce liquide placé au foyer du microscope ; mais ils ont perdu leur arrangement moléculaire^ ils constituent de nouveaux corps ; il n'y a plus de globules enfin. Il en est de même de cette fibrine qui, d'après M. Mandl, aurait , sous l'influence du pus, perdu la propriété de se coaguler, elle existe encore en tant que ses élémens constitutifs sont demeurés dans la masse sanguine , mais elle n'existe plus en tant que corps spontanément coagulable, distinct dé l'albumine, en tant que fibrine enfin.

La fibrine , une. fois recueillie en totalité et complètement dépouillée de matière colorante , il faut la dessécher poup la débarrasser de l'eau qui l'imbibe, et arriver à une évaluation exacte de son poids. Personne jusqu'ici n'avait certainement songé à chercher, dans cette opération de dessiccation de la fibrine, des objections sérieuses contre l'exactitude des analyses du sang. C'est ce qu'a voulu faire M. Memdl.

" Relativement au dessèchement de la fibrine , dit -il [loco " cit, t. IX, p. 190), nous croyons pouvoir y signaler une - nouvelle source d'erreurs, intarissable même pour le même " observateur. En effet , qui dira que la fibrine est parfaite- " ment desséchée? ne se peut-il que l'on s'arrête en croyant la " fibrine déjà parfaitement sèche, tandis qu'elle contient en- " core ime quantité notable d'eauî »

Si M. Mandl ne l'avait pas dit lui-même , nous n'aurions

'jamais osé l'accuser d'ignorer qu'il suffit de peser plusieurs

fois successivement une substance soumise à la dessiccation

pour s'assurer qu'elle ne perd plus rien, et que dès-lors elle

doit être parfaitement sèche. Est-il donc réellement à ce point

nous paraisse moins commode que le battage du sang , et que nous Tayons employé beaucoup moins souvent , nous devons dire cependant que nous le considérons comme propre à donner des résultats très précis et à Tabri de toute objection sérieuse.

M. Mandl regarde ce procédé comme fort infidèle, et semble convaincu que, dans cette opération, les expérimentateurs s'exposent à perdre ime grande quantité de fibrine qui, d'après lui, s échapperait à travers le filtre. Il pense , en outre, que cette cause d'erreur est d* autant plus à redouter que le caillot de la saignée est plus mou et plus friable. Nous ne saurions partager les convictions de l'habile micrographe ; car il ne paraît pas avoir réfléchi à une chose : c'est que, s'il est vrai que le caillot mou se réduit plus facilement en fragmens , il est aussi vrai qu'il abandonne plus facilement ses globules et qu'il faut moins le presser pour le dépouiller de toute sa matière colorante. Les objections que M. Mandl adresse à ce procédé s'appuient surtout sur le passage suivant , de M. Denis [loco cit. , t. ix, p. 179).

•« Le caillot du sang étant pressé dans un linge disposé en •• nouet , fournit un liquide qui ne consiste qu'en sérum, » chargé de globules rouges, mais mêlé de lambeaux de ma- « tière colorante.

•* Oui, ajoute M. Mandl, des lambeaux rouges passent à " travers le filtre, des lambeaux, non pas de matière colorante, •« mais de lambeaux de caillot, mêlés de globules et de fibrine. '» Et combien de fibrine y a-t-il de soustrait de cette manière - à l'analyse? Hélas ! je n'en sais rien »

Nous sommes entièrement de l'avis de M. Mandl relativement à l'interprétation du passage de M. Denis. Mais

étranger aux re^ources d'une science dont il entreprend de critiquer les procédés t

Mais savez-vous comment M. Mandl a été déterminé à nous adresser une pareille objection ? c'est parce que les auteurs ne 9oat pas d'accord sur la quantité d'eau que la fibrine perd en se desséchant. Cela prouve tout bonnement que ces chimistes ont opéré sur des portions de fibrine inégalement chargées d'eau ; mais cela ne dépend ipaà du tout de la difficulté qu'ils auraient rencontrée pour amener cette substance à un état de dessiccati(»i complète. C'est donc à tort que M. Mandl croit signaler une source d'erreurs intarissable dans une opération fort simple et qui doit conduire à des résultats de la plus grande exactitude.

Pour extra.ire la fibrine du sang, nous avons eu recours en général à l'agitation de ce liquide avec uii balai. Il arrive cependant quelquefois que, soit parce que la saignée coule trop lentement , soit pour toute autre cause , on est obligé de renoncer à ce procédé. Voici comment on opère en cas pai'eil : on abandonne le sang à lui-même jusqu'à ce qu'il ait éprouvé le phénomène de la coagulation spontanée; on place le caillot dans un nouet de linge fin à mailles serrées ; on le malaxe dans l'eau avec précaution pour chasser le sérum et une grande partie de la matière colorante ; puis on lave à l'ordinaire , sous un filet d'eau , la totalité de la fibrine qui est restée sur le linge. On peut dans cette opération remplacer le linge par un tamis de soie (I). Quoique ce procédé

(1) Dans ces dermers temps, l'emploi du tamis pour extraire la fibriae du sang, a été présenté comme un procédé nouveau. Mais à une époque déjà assez éloignée de nous, Fourcroy s'en servait précisément dans la même opération.

nous paraisse moins commode que le battage du sang , et que nous Tayons employé beaucoup moins souvent , nous devons dire cependant que nous le considérons comme propre à donner des résultats très précis et à Tabri de toute objection sérieuse.

M. Mandl regarde ce procédé eomme fort infidèle, et semble convaincu que, dans cette opération, les expérimentateurs s'exposent à perdre ime grande quantité de fibrine qui, d'après lui, s échapperait à travers le filtre. D pense , en outre, que cette cause d'erreur est d'autant plus à redouter que le caillot de la saignée est plus mou et plus friable. Nous ne saurions partager les convictions de l'habile micrographe ; car il ne paraît pas avoir réfléchi à une chose : c'est que, s'il est vrai que le caillot mou se réduit plus facilement en fragmens, il est aussi vrai qu'il abandonne plus facilement ses globules et qu'il faut moins le presser pour le dépouiller de toute sa matière colorante. Les objections que M. Mandl adresse à ce procédé s'appuient surtout sur le passage suivant , de M. Denis [loco cit., t. ix, p. 179).

» Le caillot du sang étant pressé dains un linge disposé en ♦« nouet , fournit un liquide qui ne consiste qu'en sérum, M chargé de globules rouges, mais mêlé de lambeaux de ma- «• tière colorante.

** Oui, ajoute M. Mandl, des lambeaux rouges passent à « travers le filtre, des lambeaux, non pas de matière colorante, *• mais de lambeaux de caillot, mêlés de globules et de fibrine. " Et combien de fibrine y a-t-il de soustrait de cette manière •* à l'analyse! Hélas ! je n'en sais rien »

Nous sommes entièrement de l'avis de M. Mandl relativement à l'interprétation du passage de M. Denis. Mais

parce que M. Denis a mal choisi ses filtres, s'ensuit-il que le procédé soit ihfidèle en lui-même t Parce qu'il y a par le monde des hommes qui commettent des erreurs en se servant de mauvais microscopes, s'ensuit-il qu'il faille à tout jamais renoncer à l'emploi de cet instrument! Que M. Mandl se rassure donc, du moment où un observateur voudra prendre toutes les précautions convenables, il ne verra plus de lambeaux s'échapper à travers les mailles du filtre, et il n'y aura pas un atome de fibrine soustrait à l'analyse. Ajoutons ici qu'avec le tamis de soie une pareille perte est complètement impossible. Nous devons dire encore que plusieurs fois, dans le but de vérifier l'exactitude des deux procédés destinés à fournir la quantité de fibrine, nous les avons simultanément appliqués à deux portions d'im même sang, et que toujours, en pareille circonstance, nous sommes arrivés à des résultats identiques. Nous aimons à croire que cette concordance, qui ne peut être,dans aucun cas, la suite d'une erreur, suffira pour prouver àM. Mandl combien ses objections sont peu fondées. Avant d'en finir avec les procédés destinés à faire apprécier la quantité de fibrine, encore un mot sur une opinion personnelle de M. Mandl qui lui a fourni une nouvelle objection. Tout le monde sait qu'il y a dans le sang des globules blancs plus gros que les globules rouges et ponctués à leur surface. Jusqu'ici les opinions des auteurs sont loin d'être fixées sur la nature de ces globules, d'ailleurs fort peu nombreux. Mais M. Mandl, lui, est convaincu que ces globules blancs sont fibrineux. Les preuves qu'il en a fournies sont loin d'être déterminantes, mais enfin telle est sa conviction personnelle. Partant de cette idée préconçue sur leur nature il dit (loco cit., tom. IX, p. 187).

^ Une foule de ces globules ^brinetix nage dans le sérum, M et, passant à travers le filtre, une partie de la fibrine doit " être naturellement perdue pour t'analyse. «

Quand M. Mandl croit avoir mis le doigt sui» une objection, il va vite en besogne, les affirmations ne lui font pas défaiit pour appuyer sa manière d'interpréter les faits- Une foule de globules ^érZ/iciu:/ Mais vous avez donc oublié que personne n'a le droit d'exiger d'être cru sur parole; que la nature fibrineuse de ces globules blancs est précisément le point en litige 1 Donnez vos preuves, et jusqu'à ce que vous les ayez fournies, permettez-nous de ne pas ranger à côté de la fibrine des corpuscules dont on ignore complètement et le rôle et la nature. Si nous suivions ici votre conseil, monsieur Mandl, et si, sans preuves suffisantes, nous allions grossir le chiffire de la fibrine du poids de ces globules blancs encore si peu étudiés et si peu connus, ce serait le cas de s'écrier avec vous (loc. cit. tom. ix, pag. 298) :

« Malheureuse science qui s'appuie sur l'arbitraire ! »»

M. Mandl enfin, pour prouver que les procédés employés pour recueillir la fibrine sont tous mauvais, s'efforce de mettre en contradiction les uns avec les autres, les auteurs qui se sont occupés de la détermination de la quantité de l'élément spontanément coagulable qui entre normalement dans la composition du sang de l'homme.

« Comment se fait-il, dit-il (hc. cit. tomeix, page 194), « que M. Denis n'ait jamais trouvé le chiffre 3, qui appar- « tient à la fibrine normale d'après MM. Andral et Gavar- « retî «

D'abord , quand nous avons donné le chiffre 3 comme représentant la quantité normale de la fibrine de l'homme,

RÉPONSE

LEiS PROCÉDÉS SUIVIS DANS

ET CONTRE

L'EXACTITUDE DE LEURS RESULTATS

Personne ne saurait contester aujourd'hui la réalité des altérations du sang dans les maladies, et Timportance de leur étude. La dissidence ne semble plus possible que relativement au choix de la méthode la plus convenable à suivre pour pouvoir déterminer, avec quelque rigueur, la nature de ces altérations. Nous avons cherché ailleurs (1) à prouver que la seule considération des propriétés physiques du sang et de ses changemens d'aspect, ne pouvait conduire le plus souvent qu'à des notions insuffisantes ou fausses. Pour pénétrer un peu profondément et d'une manière véritablement utile dans la connaissance des altérations du sang, il faut l'analyser ; il faut séparer et étudier un à un lesdifférens principes qui le composent, afin d'arriver ainsi à constater jus-

(1) Cours professé à la Faculté de médecine en 1840-41, — et Réponse à une lettre de M. le professeur Forget de Strasbourg [Gazette médic. . 1841).

•i TroU heure;t avant ropération , et pour tromper son u appétit , elle prend une tasse de gruau coupée açec du lait.

•« Son dang donne à V analyse, en élémens blancs, près « de 10 millièmes; savoir : fibrine, 5,868; hémaleudné M (couenne), 4,773; total, 9,841.

« Si nous nous reportons au tableau précédent , nous •* trouvons donc ici 5,060 ( de fibrine ) au - dessus de la - moyenne. «

Cette observation , véritable type de la manière de procéder de M. Hatin, mérite de nous arrêter un instant.

Une femme sujette à une méningo^éphalite ! Ne diraitron pas, en lisant cette phrase, que la méningo-céphalite est une de ces aflTeçtions légères et insignifiante» qui ont le privilège de troubler de temps à autre le repos de certaines personnes , sans mettre le moins du monde leur vie en danger! S'il en était ain», il faudrait introduire de bien radicales modifications dans le pronostic de la méningo^-céphalite. Ajoutons que les symptômes indiqués par M. Hatin, et qui lui ont servi à diagnostiquer une pareille maladie paraîtront à tout médecin praticien, nous ne craignons pas de le dire, tout-à-fait insuffisans pour dém(Hitrer Texistenee d'une inflammation du cerveau et de ses membranes. M. Hatin a donc manqué de sévérité dans, son diagnostic ; voyons s'il en a eu davantage dans ses procédés ^aly tiques.

Il nous le dit lui-même : quand il a voulu évaluer la quantité de fibrine qui se trouve dans une saignée couenneuse , voici comment il a procédé : il a extrait la quantité de fibrine renfermée dans le caillot sùbjacent à la couenne , et au poids de cette fibrine humide il a ajouté... quoi! le poids de la couenne elle-même. Et tous les matériaux qu'il a ainsi jetés

pêle-mêle sur le plateau de sa balance » il les a considérés comme de la fibrine. 11 ne sait donc pas que la couenne est constituée par un canevas de fibrine retenant dans ses mailles une énorme quantité de sérum, c'est-à-dire d'eau, d'albumine, de matières grasses et colorantes, de sels organiques et inorganiques , et que les matériaux du sérum qui se trouvent dans l'épaisseur delà couenne surpassent en poids, et toujoui*s de beaucoup, le canevas fibrineuxqui en forme la trame. Loin de nous étonner, maintenant que M. Hatin constate un excès de fibrine dans le sang des individus soumis à son observation , nous devons trouver la chose toute simple. Nous aurions été bien surpris qu'avec une semblable manière de procéder il fut arrivé à des résultats contraires.

Quoi qu'il en soit , M. Hatin constata que le sang de cette dame L...., sujette à une méningo-céphalite , fournissait 5 millièmes de fibrine en excès , après l'ingestion dans son estomac d'une tcuse de grucui coupé at^ec du lait. Â cet égard, nous aurons à faire les réflexions suivantes :

Les physiologistes évaluent à 30 Uvres ou 15 kilogrammes environ la quantité de sang qui circule dans les vaisseaux d'une personne ordinaire : pour ne pas exagérer, rédùiscms cette évaluation à 20 livres, 10 kilogrammes de sang. Madame L.... se troiuvait donc posséder dans son système circulatoire 5^ grammes fie fibrine en excès* Et comme , d'après M. Hatin, cet excès de fibrine provenait du chyle formé dans son appareil digestif aux dépens de la tasse de gruau coupé avec du lait qui lui avait servi à tromper son appétit, il s'ensuit, en rapprochant ce fait dçs analyses connues du chyle; il s'ensuit, disons-nous, que la digestion d'une simple tasse de gruau coupé avec du laU aurait suffi pour ver--

sér dans la veine sous-clavière gauche la quantité énorme de 20 libres ou 10 ki/ogrammes de chjrte.Q}x est-il besoin de faire remarquer tout ce qu'il y aurait d'incroyable dans un pareil résultat!

. Nous ne nous arrêterons pas aux trois autres daines qui se trouvent placées à la suite de madame L. . . . ; ce seraient les mêmes réflexions à reproduire , et nous passerons aux expéri^ices sur les chienB.

Nous trouvons ici sept expériences, d'où il résulte , dit M. Hatin(/oc. e?i7,, p. 15) »

«• Que la digestion est suivie de la production d'un excès " de fibrine. « ' '

Il faut sans doute que la non-dessiccation de la fibrine , et peut-être aussi quelque autre cause que nous ne connaissons pas bien , ait contribué à fausser les résultats des expériences tentées par M. Hatin ; car nous devons déclarer ici qu'ayant essayé de répéter ces sortes de recherches, nous n'avons pas été assez heureux pour constater cette prétendue augmehtation de fibrine; Constamment , au contraire , nous avons trouvé avant le repas autant de fibrine qu'après , et cela sur six chiens que nous avons saignés les uns 3 heures et les autres 4, 5 et même 6 heures après l'ingestion d'une grande jatte de soupe gcasse. Ces fésultats se sont montrés avec la même constance dans tout le cours de nos recherches sur les boetifs , les moutons et les chevaux. Nous devons dire seulement que nous avions eu soin de dessécher complètement la fibrine avant de la peser , c'est-à-dire de nous mettre à l'abri de toute cause d'erreur. Nous engageons beaucoup M. Hatin à prendre lui- même à l'avenir ces sortes de précautions.

En terminant ce chàjpitre, M. Hatin croit deyoir annoncer à

r Institut que, dans certaines périedes de la grossesse, il a constaté une augmentation du chiffre de la fibrine. Qu'on nous permette de lui rappeler que. ces résultats avaient, par nous été obtenus en octobre 1840, professés à laFacidté de médecine en décembre 1840, publiés par M. Monneret dans la Gazette médicale de Paris^ et que son Mémoire n*a été lu à rinstitut que dans la séance du 6 septembre 1841 .

3* Proposition (hco cit, , page 16) : « Les phlegmasies •* aiguës n'engendrent pa9 toutes un excès de fibrine dans le •« sang. La proportion de cet élément ne suffit pas pour les « distinguer des pyrexies.

•* Certaines phlegma^es aiguës, dit M. Hatin, et princi- •« paiement celles qui ne portent que sur les muqueuses, •• n* élèvent pas en général les proportions de la fibrine du « sang. •»

Si M. Hatin a lu le mémoire dont il a entrepris la réfutation, il a dû y rencontrer une cystite aiguë et six observations de bronchite aiguë, qui toutes ont fourni une augmentation notable dans le chiffre de la fibrine. Nous devons ajouter que, postérieurement àla publication de notre mémoire, les inflammations aiguës des muqueuses nous ont fourni invariablement les mêmes résultats. Comment détruira-t-il ces faits? Cpm^ ment expliquera-t-il que les inflammations aiguës des muqueuses «e soient toujours présentées à nou» avec cette augmentation de fibrine qu'il nie! Mais voyons sur quelles preuves il appuie son assertion.

Il cite deux cas d'ophthalmie aiguë dans lesquels la fibrine ne se serait pas élevée au-dessus de ce qu'il appelle une moyenne physiologique de fibfine. A ce sujet , nous lui adresserons la réflexion «li vante.

Nous avons surabondamment démontré dans notre Mémoire que la quantité de fibrine en excès était toujours en rapport avec l'étendue du travail phlegmasique local. L'inflammation de la conjonctive constituant une phlegmasie fort limitée, il en résulte que l'excès de fibrine qui l'accompagne doit être lui-même peu considérable. Dès-lors, pour constater cette fEuble augmentation de fibrine , il déviait nécessaire d employer une méthode d'analyse exacte et rigoureuse. Est-ce en pesant de la fibrine humide , de la fibrine qui contient une quantité d'eau extrêmem^it variable, que Ton peut obtenir des résultats à l'abri de toute objection! Avant de poser des principes, choisissez donc des moyens d'investigation dont l'exactitude soit en rapport avec la délicatesse des phénomènes que vous recherchez.

Dans la fièvre typhoïde simple, malgré l'existence constante de lésions intestinales quelquefois très étendues, et malgré l'identité des caractères ânatomiques de ces lésions et des désordres qu'un travail phlegmasique détermine dans les tissus , nousn avons jamais rencontré une élévation du chiffre de la fibrine ; au contraire , nous avons toujours vu que la fibrine diminuait en proportion à mesure que la maladie mar-^ chajt vers des périodes de plus en plus graves. En outre , toutes les fois qu'un travail phlegmasique indépendant de la fièvre t3rphQÏde venait à compliquer cette afiectiw) , nous avons vu toujours le chiffre de la fibrine monter, et traduire par son élévation l'existence d'une phlegmasie intercurrente. C'est ainsi que la pneumonie, l'érysipèle, etc.. ontraiuent che^» les malades atteints de fièvres typhoïdes, comme chez les autres sujets, une augmentaticm dans les proportions de l'élément spontanément coagulable du sang.

Les mêmes faits, avec la même, constance, se sont présentés à nous dans toutes ces maladies que Ton désigne sous le nom commun de pyréxies. Frappés de ce double résultat , et sans nous arrêter à l'apparence phlegmasique des désordres locaux par lesquels ces maladies se traduisent constamment, désordres locaux qui ne sont, à tout prendre, qu'un des nombreux élémens dont se composent ces affections générales , nous avons , du point de vue des altérations du sang , cru être autorisés à établir une ligne de démarcation infranchissable entre les véritables phlegmasies et les pyréxies. C'est à cette distinction que M. Hatin s attaque maintenant, et pour la réduire, dit-il» à sa juste valeur [loc, cit., pagelS), il se propose d'établir le fait suivant :

*« Les inflammations des muqueuses intestinales n'aug- ^ mentent point la quantité de fibrine , alors mêpie qu'elles H sont simples et franches. »

A l'appui de cette assertion, M. Hatin rapporte un seul cas de ce qu'il appelle une inflammation de la muqueuse intestinale. Puisque ce cas est unique, on doit naturellement s'attendre à ce qu'il soit très concluant. Nous allons voir s'il en est ainsi, et pour cela nous le rapporterons textuellement :

•• M. Manuel L , âgé de 17 ans , est pris de douleurs

" abdominales, bientôt suivies de selles muqueuses, peu ' abondantes, mais répétées, et enfin d'un véritable ténesme. " Le pouls est fort et accéléré : la peau moite et chaude. Il " y a de la céphalalgie , de la courbature , tout indique chez •' ce jeune homme une inflammation de la muqueuse intesti- ** nale , avec réaction fébrile . Je lui fais une saignée de 462 " grammes, et je trouve en fibrine, 6,060 pour mille par- " ties de sang.

•• Le lendemainy le maltule était cmisidérablemepU soulagé j >* le troisième jour y il était oviui. •*

(Observ. x, ioc. cit.,/pagel8,)

Cette observation manque certainement de détails suffisans pour nous montrer quels étaient le degré et Tétendue de la phlegmasie intestinale : à peine l'existence même de cette maladie y est-elle démontrée. Pourquoi n'y est-il rien dit de Tctat de la langue, de la soif, de l'appétit, de l'existence ou de l'absence d'une douleur à la pression, etc., etc. Cette phlegmasie aiurait été en tous cas bien légère, puisque, dès le second jour, im soulagement considérable était obtenu, et que le troisième la.guérison était complète. Nous devons donc répéter ici ce que nous avons déjà dit à propos de l'ophthalmie : quand l'inflammation est aussilimitée et aussi légère; l'augmentation de fibrine est trop faible pour qu on puisse l'apprécier en se contentant, comme le fait M. Hatin, de peser la fibrine humide. Quant à la réaction fébrile qui existait ici, elle ne prouve rien dans ce cas particulier. Qui ne sait en effet avec quelle facilité, et sous l'influence de la moiiidre cause, la fièvre prend naissance chez certains individus!

Avec ce seul fait , M. Hatin n'était donc ni en mesure ni en droit d'établir des lois et de détniire celles que nous avons appuyées sur des centaines d'observations.

Nous avons , nous aussi , trouvé l'occasion de saigner des sujets atteints de phlegmasies intestinales franches , de phlegmasies dont nous avons pu constater l'e^Cistence, le scalpel à la main, sur le cadavre, et, dans ces cas-là, comme dans toutes les phlegmasies possibles, la loi de l'augmentation de la fibrine s'ost vérifif^o.

Nous ne parleronsLpas des autres observations que M. Hat in rapporte dans ce. paragraphe, elles ne nous apprendraient rieri de nouveau. Ce sont des fièvres t3r'phoides qui , les unes simples ne s'accompagnent d'aucune augmentation de fibrine, les autres compliquées de pneumoniç fournissent en excès de cet élément du sang. Nous javions étaUi/ces vérités im an avant Tapparition du mémoire de M. Hatin, comment se fait-il qu'il veuille y trouver une arme contre nous {Comment se fait-il surtout qu'après cela il se croie fondée dire (/oc. cit. , page 21) :

M Vouloir faire de l'excès de fibrine le signe pathognomoni- »' que , le caractère distinctif essentiel des phl^masies, serait u d'ailleurs jeter une perturbaticm aussi générale que peu •• fondée dans nos classifications nosologiques. La bronchite, - l'ophthalmie, l'angine, l'entérite à l'état simple, ne seraient " plus des inflammations; en revanche, les scrofules, les tu- " hercules , la goutte en seraient de très violentes , et l'assi- ' milation physiologique desproduits de la digestion devien- •' drait elle-même un état inflammatoire des plus graves , car " elle engendre , comme elles , un excès de fibrine. »

Pour ce qui regarde la bronchite, rophthalmie, l'angine, l'entérite à l'état simple, nous venons de voir comment, loin de se séparer des autres inflammations, sous le rapport de l'augmentation du chifBre de la fibrine, elles se sont au contraire présentées à notre observation accompagnées de cette altération du sang. Si M. Hatin est arrivé ou a cru être arrivé à des résultats différens , nous avons surabondamment démontré que c'est d'une part à son diagnostic, et d'autre part à son procédé analytique, essentiellement défectueux l'un et l'autre, qu'il doit s'en prendre. Encore sommes-

nous étonnés quil parle, dans ses conclusions, de la bronchite et de Tangine, il n'y a nulle part dans son Mémoire aucune observation, nous ne dirons pas qui mérite, mais qui mêqie

porte ce titre.

Quant aux scrofules, aux tubercules et à la goutte, ceci réclame un mot d'explication. Chacun sait que, chez un individu scrofiileux , il arrive un moment où les ganglions engorgés s abcëdent et suppurent ; qu'à une certaine période de l'exis* tenoe des tubercules, il s'établit dans le tissu pulmonaire envi> ronnant un travail d'élimination en vertu duquel ces corps étrangers se ramollissent et qu'alors se produisent des cavernes dont les parois sécrètent du pus; que, chez les goutteux, lorsque des concrétions tophacées se sont déposées dans les articulations, les synoviales, incessamment irritées par la présence de ces corps étrangers, deviennent aussi le siège d'un travail éliminatoire. Tout le monde, jusqu'ici, a été d'accord pour reconnaître que ces phénomènes étaient dus à l'intervention d'une phlegmasie qui venait frapper ici les glandes lymphatiques, là le tissu pulmonaire, ailleurs les séreuses articulaires . Eh bien ! il faut en convenir (et c'est une confirmation de la loi que nous avons posée), dans ces circonstances, si on vient à saigner un scroftdeux^ un phthisique, un goutteux, on trouve dans le sang un excès de fibrine. Est-ce donc dire que les scrofiiles, les tubercules et la goutte sont des inflammations, que de reconnaître, soit avec le scalpel, soit par l'analyse du sang, l'existence d'un travail jAlegmasique local dans ces organes et ces tissus irrités par la présence d'une véritable épine! Vous savez bien ^ ou du mrans vous devriez savoir, monsieur Hatin , que nous avons dit dans notre Mémoire que le tubercule cru ne s' accompagnait* jamais d'un excès de fibrine,

et que par suite nous n'avons jamais pu avoir la pensée de ranger les tubercules parmi les phtegmasies.

Reste donc r assimilation des produits de la digestion. Nous croyons avoir assez longuement insisté sur l'histoire de madame L. sujette à une méningo-céphalite, et de cette tasse de gruau coupe avec du lait qui, prise dans le but de tromper l'appétit, entraîna une si profonde modification dans le sang de cette dame, pour ne pas avoir besoin de revenir encore une fois sur ce sujet.

» IV* Proposition [loc. cit , p. 22): L'excès de fibrine, " considéré isolément, n'indique ni le degré de la maladie, ^ ni la nécessité de multiplier les émissions sanguines. ••

Nous devons déclarer que nous ne répondrons pas à la seconde partie de cette proposition , qui s'occupe de l'excès de fibrine considéré comme indication thérapeutique. Nous n'avons jamais rien pubhé à oe sujet ; nous ne nous occuperons donc pas des raisonnemens de M. Hatin , qui s'adressent à des opinions qu'il n'est pas autorisé à regarder comme nôtres. Mais nous sommes prêts à soutenir la controverse sur tout ce qui est relatif aux rapports que nous avons prouvé exister entre l'excès de fibrine etlVte/wfocet \ intensité AuiVKVîiA local .

A l'appui du premier membre de sa proposition, M. Hatin rapporte {loc, cit, y p. 24) un tableau composé de dix cas d'inflammation , dans lesquels , bien que la maladie eut déjà diminué à! intensité (il ne parle jamais détendue), le chiffre de la fibrine aurait , d'après lui , continué à monter. Puis il ajoute :

•« Je crois ces chiffires assez éloquens pour me dispenser " de tout commentaire , et chacun y trouvera sans peine la " justification complète de ma dernière proposition. ^

h^9M90^., ^> M? f«fv>.^4>5fct paie < la^ «rar ^xHaciae par

/f^^l «^f^f//-^, ^ ^;f/^^f;^i(U^ b^^vi^ d'mtierTalîe entre cha- / ffM' H /ifM' M» ^/Ai^T^»^ ^ ffiTirrtrife dar« tonte». L'ofegeiratiofi tU*HtéfiAff n$êM Im é'j^^sfrwm <]#« yreuÀf^n» mâgoées sont den- <i^<#, lé'.fmmt ^Miiéftêé^^ taridU ^{oe 1^ eonennes des demiefi4i i^ii(h^*4m mmi t9ê4f\Ui$t, ^^painMes, peu résistantes. S noos / liKff^ff/^fM /il wnm rémdfii amipie de cette difTérenoe, naos en Imii^éfi'ftim fh4'4lmt4f9ti lu raison dans le Cait suivant. LesderuUmm mtiuué'tm (tmmmumi unis fibrine beanconp moins élasni|M4« f<i rMmiiWfim U*n premières; et comme la couenne fM<Al (|irufi mtu^MUé filirinoux imbibé.de aéruoL, il en résulte iHS'(<i«4nirf<MMftit (jun l('M(U)umines molles, c'est-à-direcellesdes (liU'iiXM'nM MHi^tu^nM, Mont beaucoup moins revenues sur elles- MiOinnN (|iiM Um roupiinPM pluH dotmos et plus fermes des pre* iMlOrrH nin^iiOopt II v ii dono daim loi» couennes molles beau-

coup plus de sérum que dans les couennes denses ; mais le sérum se compose d'eau , de matières grasses et colorantes, d* albumine, de sels organiques et inorganiques, toutes choses qui ont un poids très considérable. Or, comme il nous Va appris lui-même , dans Tévaluation de la quantité de fibrine qui «itre dans une saignée , M. Hatin prend la couenne tout entière pour de la fibrine. En procédant ainsi, il commet donc une erreur en plus, beaucoup plus considérable dans les dernières saignées que dans les premières, puisque les dernières couennes contiennent beaucoup plus de sérum que les autres. Ceci nous explique parfaitement comment il se fait que, bien que la quantité de fibrine ait notablement diminué avec la maladie, il doit trouver cependant qu'elle a augmenté. C'est là une conséquence inévitable de sa manière d'ancdyser le sang, n a volontairement choisi un mauvais procédé ; nous ne devons pas être étonnés de le voir arriver sans cesse à des résultats trompeurs et par suite à de fausses conclusions. . Nous devons en outre faire remarquer que quand nous avons parlé des rapports de l'excès de fibrine avec le travail phlegmasique local , nous avons toujours tenu compte et de Yéten^ due, et de \ intensité de ce travail local. Or, M. Hatin ne parle jamais que de X intensité, et c'est là encore un vice radical dans son raisonnement. Car tout le monde sait qu'une inflammation peut s'aggraver , en gagnât du terrain , ou en se limitant à un point très circonscrit; et que, d'autre part , elle peut envahir successivement des portions de plus en plus étendues du même organe, et même s'étendre aux organes voisins , sans que pour cela le travail local passe à un degré plus avancé. Ce sont là des phénomènes qui^loivent être pris en sérieuse considération , quand on veut se rendre compte

des rapports qui existent entre l'altération du sang et la lésion phlegmasique d*iin organe. M. Hatin, en ne s' occupant donc jamais que de Y intensité du travail local et en négligeant complètement X étendue de la lésion , a volontairement déplacé la question , et n'a nullement répondu à ce que nous avons dit de la manière dont l'altération du sang était en rapport avec l'inflammation.

Que deviennent maintenant ces chiffres qu'il croyait' si éloquens! ils ont parlé, mais ils ont parlé contre lui. Nous ne pouvons que lui répéter ce que nous lui avons dit en commençant l'analyse de son mémoire :

Par cela seul que' se soustrayant à la nécessité hautement proclamée et reconnue par tout le monde de dessécher la fibrine, il s'est contenté de la peser humide, M. Hatin "a frafipé de nullité absolue toutes les recherches qu'il a entreprises pour évaluer les variations des proportions de cet élément du sang.

oovoBimoirs otestaLAum.

On peut toujours- déterminer exactement la quantité de fibrine du sang. La diminution de proportion de cet élément, que nous avons signalée dans certains états morbides , est réelle et non l'effet d'un retard survenu dans sa coagulation spontanée.

Les moyens employés pour calculer la proportion des globules rouges du sang sont à Fabri de toute objection.

Le procédé d'analyse que nous avons suivi dans nos recherches doit fournir, sans erreur sensible y les proportions de fibrine , de globules , de matériaux solides du sérum et d'eau qui entrent dans la composition du sang. (1)

(1) Un savant, dont le nom sera toujours considéré comme une (grande autorité en chimie organique, Ber^élius, après avoir déclaré que ce procédé présente le degré d'exactitude, désirable dans des recherches de ce genre, ajoute :

« En comparant ces analyses entre elles on peut se faire une idée des « variations des quantités relatives des élémens qui accompagnent les « différentes maladies, et, sous ce point de vue, o» a fak un gnmd pat « r^atiyement k Papplieation de la chimie animale à la médeeme, ». (Kapport annuel sur les progrès de la chimie, 1841, page 263 (2« année). Chez Fortin, Masaon et comp., libraires.)

Les diverses décolorations de la surface libre du caillot des saignées n'ont pas toutes là même ittipottànCe et doivent être séparées en trois catégories bien distinctes; 1° irisations et plaques verdâtres; 2** couenne imparfaite ; 3* couenne parfaite, (l)

Les irisations et plaques verdâtres sont des phénomènes de Tordre physiologique dont l'apparition doit être rapportée à une extrême vitesse d'écoulement du sang. ,

vt.

La couenne imparfaite se forme dans les circonstances les plus diverses. Elle est due à une faible prédominance de la fibrine sur les globules, qui peut exister avec le maintien» de la santé et être l'effet de toutes les Htaladies possibles.

La couenne parfaite ne se montre que dans les anémies confirmées et les phlegmasies aiguës. Elle est toujours due à une prédominance notable de Vêlement fihrineux sur^ Vêlement globulaire. (2)

(1) Dans tout ce que nous disons des propriétés physiques du caillot r nous supposons toujours que le sang « bien coulé, et qu'on a pris le soin de TabaiidonKer à lu»-mênie dans un repos complet.

(9) L'anémie et la phlegmasie aiguë sont deux états morbides liés à deux altérations du sang bien distinctes. Le premier est caractérisé. par une diminution considérable du ehiffre des globules; le second, par

Il n'existe pas dans la science de fait bien observé qui prouve que le travail de la digestion^ufïit à lui seul pour produire la couenne parfaite . (1)

U'n'existe pas dans la science de fait bien observé qui prouve que l'exercice gymnastique suffit à lui seul pour produire la couenne parfaite.

une augmentation notable de la proportion de fibrine. Nous avons expliqué (pag. 60 — 64) comment, dans ces deux cas, le caillot de la saignée contenait proportionnellement beaucoup plus de fibrine que de globules, et comment la surface libre présentait la môme altération de ses propriétés physiques. Il serait inutile de revenir ici sur ce sujet.

(1) Depuis long-temps l'expérience nous a'démontré qu'il suffit de retarder la coagulation spontanée du sang pour déterminer l'apparition de la couenne dans des cas où, sans cela, elle ne se serait pas formée. C'est ainsi qu'en mêlant à du sang encore liquide une dissolution de sulfate de soude, de sel marin et môme de sucre, nous avons souvent produit des couennes d'une manière tout artificielle, et cela, bien en. tendu, sans altérer en aucune façon la proportion de fibrine. Nous concevrions donc sans peine que l'arrivée du chyle dans le sang pût agir en retardant sa coagulation et favoriser la production de la coiitf/>/ttf. L'observation pouvait seule nous éclairer à ce sujet ; nous l'avons interrogée, elle nous a répondu négativement. Mais ce n'es^ pas ainsi que M. Hatin acompris cette prétendue influence du travail digestif. Il a dit et soutenu qu'en pareille circonstance, les élémens de la production pseudo-membraneuse étaient directement fournis par le chyle luimême. Nous avons fait voir combien une pareille manière d'interpréter le phénomène serait défectueuse et vicieuse. Ainsi donc:

La couenne ne se montre pas dans le sang tiré pendant le travail de la digestion :

Et quand bien même elle se montrerait, l'explication fournie par M. Hatin est en contradiction flagrante avec tout ce que nous apprend l'expérience.

Au début des phlegmasies aiguës , quand l'augmentation du chiffre de la fibrine e^t encore faible , et que , par suite de la constitution des malades, le sang est trop riche en globules, la première saignée peut ne pas se recouvrir d'une couenne parfcdte. Dans ce cas, la prédominance de la fibrine par rapport aux globules n'existe pas encore ; l'absence de couenne n'est donc pas alors une exception à la proposition vu. '

\jà. production de la couenne parfaite çX \ augmentation de la proportion de fibrine sont deux choses bien distinctes, puisque d'une part , dans les anémies confirmées la couenne parfaite ^'Q montre sans que le chiffre de la fibrine ait dépassé ses limites physiologiques , et que d'autre part la couenne parfaite peut ne pas se former sur la première saignée pratiquée au début d'une phlegmasie aiguë, chez un individu pléthorique , bien que déjà la proportion de fibrine sojt augmentée.

Le travail de ladigestion n'exçrce aucune espèce d'influence sur la proportion de la fibrine du sang.

l^^^hlegmasies aiguës, qu'elles existent à titre de maladies primitives ou de simples compUcations (1), s'accompa-

(1) Il est bien entendu que nous ne parlons pas ici de ces lésions de solides, élémens essentiels des pjrezies dont elles forment la manifes-

gnent toujours d une augmentation de la proportion de fibrine. Ce sont les seules affections dans lesquelles le sang présente ce genre d'altération. (1)

L'augmentation de la proportion de la fibrine du sang est toujours en rapport direct avec l'intensité et l'étendue du travail phlegmasique.

tation locale constante. Nous avons surabondamment prouvé que ces lésions, résultat des mêmes causes qui ont produit les maladies générales dont elles sont inséparables, peuvent bien revêtir tous les caractères anatomiques d'un véritable travail phlegmasique, mais sont toujours insuffisantes à elles seules pour entraîner une élévation du chiffre de la fibrine.

(1) Pour que le sang fournisse un excès de fibrine, il ne suffit pas qu'un solide soit le sioge d'un travail phlegmasique, il faut encore que l'altération locale présente un certain degré d'acuité. Nous avons démontré, dans notre mémoire, que les inflammations réeUement chroniques, sans réaction fébrile , n'élevaient jamais le chiffre de la fibrine au-dessus de ses limites physiologiques. A l'appui de cette proposition, nous avons rapporté des observations de bronchite , d'angine , de pieurésie, etc. chroniques, et nous avons eu depuis de fréquentes occasions d'en vérifier l'exactitude.

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