ROUL1N ET VALENCIENNES
Le Règne animal de Cuvier sert aujourd’hui de base pour l’élude de la zoologie et de point de départ pour l’étude de l'anatomie comparée. Il fait connaître les différents groupes dans lesquels or a rangé tous les ani-
maux, et il présente le tableau des principales modifications (jui s’observent dans leur structure et dans leurs fonctions. Ce livre, consulté à chaque instant par les maîtres comme par les élèves, est devenu réellement le manuel des zoologistes, et, par son importance scientifique, il est, sans contredit, un des premiers titres de gloire de son illustre auteur. Son usage cependant ne laisse pas que de présenter souvent des difficultés, car le langage le plus précis ne suffit jamais pour donner une idée nette des formes d’un animal ou d’un organe ; en zoologie comme en anatomie, rien ne saurait suppléer à des figures exactes, et les planches qui accompagnent les précédentes éditions du Règne animal sont en trop petit nombre pour aider d’une manière efficace à l’intelligence du texte. iM. Cuvier lui-même l’a très-bien senti, puisqu’il a toujours eu le soin de renvoyer par des notes aux meilleures figures publiées ailleurs et dispersées dans une foule d’ouvrages. Mais ces citations , très-utiles pour les personnes qui ont accès à de riches bibliothèques, ne sont, il faut le dire, d’aucun secours pour la grande majorité des lecteurs. Nous avons donc pensé qu un moyen d’augmenter l’utilité de cet ouvrage serait d’y placer, en regard des descriptions, la figure exacte de l’objet décrit. C’est ce que nous nous proposons de faire dans celte nouvelle édition.
La classification de M. Cuvier repose , comme le titre de son livre l’indique, sur l’organisation. Pour que nos planches pussent servir d’illustration au texte , il fallait donc ne pas nous borner à donner des figures d’animaux , mais bien représenter aussi toutes les grandes modifications organiques, tant intérieures qu’extérieures, de l’économie animale. Nous reproduirons, par conséquent, dans notre atlas, tous les caractères anatomiques d’après lesquels a été établie la division du règne animal en embranchements, classes, ordres ou familles, et, pour faciliter la détermination des genres, nous représenterons une espèce de chacun de ces derniers groupes , ainsi que les détails des parties les plus propres à le faire distinguer.
Quant au choix des animaux à figurer, il est fixé par la nature même de l’ouvrage auquel nos planches sont destinées. Ce ne sont pas des espèces nouvelles ou peu connues que M. Cuvier a voulu enregistrer dans son Règne animal ; les exemples qu’il cite sont toujours pris parmi les espèces les mieux décrites , les plus vulgaires et les plus propres à caractériser les groupes auxquels elles appartiennent. Cette règle sera aussi la
nôtre. L’espèce que nous représenterons sera toujours une de celles indiquées par l’auteur; et, à moins de motifs particuliers, nous nous arrêterons de préférence à l’animal qui a servi plus spécialement de type pour l’établissement du genre, et qui devra, par conséquent, en conserver toujours le nom , quelles que soient les subdivisions que feront ultérieurement les naturalistes. Nos planches seront dessinées, autant que possible, d’après le vivant; et lorsque nous croirons devoir reproduire des figures déjà publiées ailleurs, nous aurons toujours le soin d’indiquer les sources où nous les aurons puisées.
Le texte, comme de raison, sera l’exacte reproduction de celui de la dernière édition, revue par l’auteur lui-même, et, pour la partie entoinologique, par son savant collaborateur, M. Latreille 1 ; la moindre altération nous paraîtrait une espèce de sacrilège scientifique. Nous nous bornerons à ajouter une explication succincte de nos planches et quelques titres courants propres à faciliter les recherches.
Nous n’avons épargné aucun effort pour rendre ces additions iconographiques dignes du livre qu’elles accompagnent , et nous dirons aussi qu’en nous chargeant de ce travail , ce n’est pas seulement l’idée de faire une chose utile à la propagation de la science qui nous a guidés; nous avons pensé que cet hommage, rendu à l’un des principaux ouvrages de l’homme qui fut notre maître, prouvera mieux que tout monument funèbre notre respect pour sa mémoire.
Audoüin, Deshayes, d’Orbicny,' Ducès, Duvernoy, Laurillard, Milne Edwards, Roulin et Valenciennes.
1 On sait que M. Latreille a pris une part active dans la publication du Règne animal, en traitant des Crustacés , des Arachnides et des Insectes, suivant le plan que M. Cuvier lui avait tracé. — Voyez les Avertissements des auteurs.