TES D'APRÈS UN BON SYSTÈMÈ
Nous avons commencé par affirmer dans ce mémoire l'utilité des écoles normales en principe, afin de repousser une accusation fausse qui a été portée contre nous l'autom-
l'Abbé Verreau a dù avoir quelque connaissance, On a répondu le bruit à Montréal et à Québec que nous voulions la suppression des écoles normales, et même que nous étoins à la tête d’un parti formé dans ce but. Nous avons dû protester contre cette rumeur erronnée, et peut-être répandue à dessein pour donner le change à l'opinion publique sur ce que nous pensons avec un grand nombre d'hommes éclairées, sur le système défectueux suivi dans ces écoles depuis leur fondation. Non, nous ne voulons point la suppression des écoles-normales, et nous ne connaissons point de parti formé pour travailler à les faire disparaitre. Voilà ce que nous avons déclaré dans la réunion du Comité catholique où cette question a été posée. Bien loin de là, nous pensons qu'il faudrait en augmenter le nombre pour répondre efficacement aux besoins réels et nombreux qui se font sentir en tant d'endroits, d’avoir des maitres et des maitresses bien qualifiés pour tenir de bonnes écoles. Pour être en faveur des écoles-normales en principe, il suffit de savoir que l'origine en remonte au Vénérable J. B. de Lassalle, l'Illustre Fondateur de l’ordre des Frères des l’écoles chrétiennes. C’est par ce principe de l’art d'enseigner, ou de l’enseignement pédagogique, sagement appliqué à tous les membres de son institut, que ce orand Instituteur a réussi à former des maitres si habiles. et qui ont marché partout depuis à la tête de l’enseignement primaire et secondaire. D'ailleurs quand mème nous n'aurions pas d'aussi grandes autorités,et une expérience aussi longue et aussi complête que celle de nos communautés religieuses eeseignantes, de Frères et de Sœurs, en faveur de l’enseignement normal, le simple bon sens ne suffit-il pas à démontrer à l'évidence qu’un instituteur qui aura été formé avec soin à l’art d'enseigner et de bien tenir une école, réussira mieux que celui qui n'aura point reçu cet avanta-
ge, bien que d'ailleurs il ait les mêmes talents ? Voilà ce que M. l'Abbé aurait dû comprendre en nous voyant aflrmer le principe des écoles normales en tète de ce mémoire, au lieu de nous prêter le raisonnement ridicule qu'il fait à ce propos et dont nous lui laissons tout le mérite ; car c'est sur des faits indéniables que nous appuyons la nécessité d'une école normale aux Trois-Rivières, et contre lesquels les distinctions futiles et les‘assertions et dénégations gratuites qu'il fait, ne pourront rien et resteront sans eflet, puisqu'il n’en demeurera pas moins vrai que les écoles normales de Québec et de Montréal ne sont d'aucune utilité pour le diocèse des Trois-Rivières et qu'elles ne lui donnent pas dix naîtres et maîtresses pour ses 460 écoles, après 25 ans d'existence. à Muis si nous sommes en faveur des écoles-normales conduites d’après un système convenable et réellement efficace, nous n'hésitons pas à dire avec un très grand nombre d'hommes les plus compétents pour en juger, tant parmi le laïques que dans les rangs du clergé, que le système suivi | dans les écoles-normales Jicques-Cartier et Laval est défectueux et d’une bien médiocre efficacité, comme le prouvent les documents officiels. Nous n'avons point à nous occuper ici de l’école-Normale McGill, qui est sous le contrôle du comité protestant du Conseil de l'Instruction publique. Nous avons surtout trois choses à reprocher à ce système, c'est que 19. Ces écoles coûtent trop cher ; 2°. Elles visent à un enseignement trop élevé et quasi-classique : 3°. Elles sont trop centralisées et inaccessibles à la grande majoritédes personnes qui veulent se livrer à l’enseignement, et qui sont trop éloignés, de Québec et de Montréal. C’est ce que nous allons démontrer facilement dans les paragraphes suivants.
COUT DES ECOLES-NORMALES ACTUELLES DEPUIS LEUR FON- DATION, EN 1856 JUSQU'’'A 1880.
Nous devons d’abord déclarer ici que le système défectueux de ces Ecoles-Normales nous a été signalé par des laiques éclairés qui s'occupent activement de ce qui peut ètre utile à nos instutions d'enseignement et en assurer le