‹ Réponse aux remarques de M. l'abbé Verreau sur le "Mémoire appuyant la demande d'une école normale dans la ville des Trois-Rivières [microforme]Chapitre 3 sur 23 · ETES · texte numérisé non relu

ETES

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succès, et non point par des membres du Clergé. Ce sont des hommes haut placés dans les régions politiques qui nous ont les premiers signalé les dépenses excessives qui se: font dans les écoles, et le médiocre résultat auquel elles sont arrivées après une période de 25 années. Les statistiques qu'ils nous ont communiquées pour justifier leur opinion. nous ont réellement surpris, et n'ont faït que nous eonfirmer dans ce que nous soupçonnions déjà sur ce sujet. Sans être officielles, ces notes et ces statistiques nous ont paru jouir d’une assez grande autorité pour les soumettre aux Evêques de la Province, et en saisir le Comité Catholique, s’il y avait lieu, afin de le mettre en mesure de s'assurer si ces écoles fonctionnent bien, et si elles atteignent réellement le but que le gouvernement a eu en vue en les fondant ; c’est à dire, si elles forment, en nombre suffisant, des maitres et des maîtresses bien qualifiés pour tenir sur uu bon pied les écoles primaires et secondaires de la province. La disproportion que ces statisques accusent entre les grandes dépenses faites par le gouvernement, pour la fondation et le bon fonctionnement de ces écoles d'un côté, et de l'autre, le mince résultat auquel elles sont arrivées après 25 ans, prouvent à l'évidence qu'il y a quelque chose de défectueux dans le système suivi.

Mais M.]'Abbé Verreau qui prétend que le système des écoles à bon marché est une utopie, ne s’est pas laissé embarrasser par un aussi faible argument. Ayant eu communication de ces statistiques, il en a contesté l'exactitude, et il en a fait une réfutation que nous n'avons pu nous procurer malgré les démarches faites pour cela. Nous avons dû alors prier M: le Surintendant de faire préparer pour l’information du comité Catholique un état complet des statistiques sur ces écoles, depuis leur fondation jusqu’à ce jour, qui pût permettre de juger avec exactitude et sûrement de leurs dépenses, de leur fonctionnement et de leurs résultats. Car le gouvernement qui subventionne si généreusement ces écoles et qui en a confié la surveillance à ce Comité, doit être informé avec soin de leurs résultats, pour qu'il puisse juger si réellement elles atteignent bien le but qu'il s’est proposé en les fondant.

Ces statistiques ont été préparées par MM. les Principaux des écoles normales, et elles se trouvent au N°.3, des pièces justificatives. Nous avons été désappointé en les trouvant aussi incomplètes et même inathevées, comme on

peut s’en convaincre en les examinant. Les lacunes qui s'y trouvent les rendent tout à fait impropres au but que nous avions en vue, de connaître exactement le coût de ces Ecoles-Normales, leur fonctionnement et les résultat auxquels elles sont arrivées après 25 ans d'existence. C'était le moyen régulier de nous assurer si les accusations portées contre elles au sujet de leurs grandes dépenses et de leurs minces résultats étaient fondées ou non. Messieurs les Principaux de ces Ecoles avaient donc un intérêt tout particulier à donner au Comité-Catholique les renseignements démandés, avec toute l'exactitude possible, et de la manière la plus complète, afin de refuter les graves accusations portées contre ces établissements qu'ils dirigent, et de prouver que ces Ecoles ont véritablement répondu au but que le gouvernement avait en vue en les fondant, de procurer à la Province des instituteurs et des institutrices bien qualifiés pour donner l'instruction primaire et secondaire dans les écoles publiques.

Nous le disons avec regret, ces Messieurs ne l'ont point fait. Dans leurs statistiques imcomplètes que M. le Surintendant a communiquées aux membres du Comité-Catholique, il n'y a guêre que le chitlre des revenus propres de ces Écoles, venant des pensions des élêves-maitres, des contributions des écoles-modèles annexes etc., qui nous a été de quelqu'utilité. Cependant, ce chiffre même est incomplet pour l'Ecole Laval, puisqu'il y manque 15 années qui auraient dû donner au moins 50 mille piastres, puisque les dix années comptées ont produit $47,870.72-

Nous avons été forcé de nous adresser ailleurs pour savoir au juste ce qu'ont coûté ces Evcoles-Normales, et le nombre d'instituteurs et d’institutrices qu'elles ont donné à l’enseignement primaire et secondaire depuis 25 ans. Cette fois nous avons été plus heureux, surtout pour la partie financière.

TTn Honorable membre du gouvernement à eu l'obligeance de nos procurer deux documents officiels de la plus haute importance pour établir le montant des dépenses faites pour ces Ecoles, et Nous le prions d'en agréer ici nos meilleurs remerciments.

Le premier est une liste complète des sommes payées depuis 1856 à 1880 inclusivement, pour le soutien et le fonctionnement des Ecoles-Normales, en vertu des subventions allouées chaque année par la législature. Elles s'élêvent à

$870.594,23. Cette liste est certifiée par M. l’Auditeur des comptes de la Province de Québec. .

Le second est un tableau complet des somimes payées par le département de l'Agriculture et des travaux publics pour les terrains, bâtisses et ameublement formant le fonds de construction des Ecoles Normales, et pour l'entretien de ces propriétés. Ces dépenses s'élèvent à $200,896.21. Ce document est signé par M. le Secrétaire du département de l'Agriculture et des Travaux publics.

Enfin les statistiques dressées par MM. les Principaux des Ecoles-Normales, et remises aux membres du Comité Catholique par M. le Surintendant, en Février dernier, tout incomplètes qu'elles sont, nous ont cependant donné un chiffre bien important, qu'il nous était impossible de trouver ailleurs, pas même dans les rapports annuels de M. le Surintendant de l'instruction publique où l’on en trouve à peine quelques traces : c’est celui des revenus propres des Ecoles-Normales par les pensions des élèves-maitres, les contributions des Ecoles-modèles annexes, et par quelques autres petits revenus non spécifiés : ils s'élèvent à $158,316.82.

Nous devons cependant faire remarquer que ce montant est incomplet. L'Ecole Laval n’y est porté que pour dix ans pendant lesquels elle a reçu de cette source $47,870.72 et il manque les 15 premières années qui ont dù produire au moins $50.000.00. Mais nous n’en avons pas tenu compte, afin de n’établir nos calculs que sur des chiffres positifs et officiels.

En faisant la somme de ces trois sources de revenu, il appert que la recette totale des trois Kcoles Normales, depris leur fondation en 1856 jusqu'à 1880 inclusivement, a été de $1,319,807.26, dont il faut retrancher $49,820.36 pour remises faites au gouvernement sur les revenus propres des Ecoles. Ce qui laisse une balance réellement dépensée pour les trois Ecoles-Normales de $1,269,986 90.

Ainsi les trois documents officiels ci-dessus mentionnés et reproduits aux pièces justificatives, Nos. 1, 2, 3, constatent que les Ecoles-Normales actuelles ont coûté plus de un million deux cent soixante-neuf mille piastres ($1.269,000) dans les 25 années de leur existence,

Nur ce montant le gouvernement a payé $1,111,670.08,

et les revenus propres des écoles-Normales ont fourni la balance qui est de $158,316.82.

Ces dépenses se classent comme suit :

1°. Les dépenses du fonds de construction comprenantl’'achat des terrains, la construction des édifices, leur ameublement. Elles s’élévent à $269,535.80, et forment un capital dont l'intérêt à 54, s'élève à $13,476.17, que le gouvernement paie annuellement. Nous n'avons pas tenu compte de cet intérêt dans l’aperçu du coût général des écoles pendant les 25 années écoulées ; mais nous l'avons fait entrer en ligne de compte dans l'aperçu du coût de ces Ecoles pendant les trois années 1878,1879 et 1880.

20. Les dépenses pour le soutien et le fonctionnement des Ecoles-Normales. Elles s'élèvent à $1,000,451.10, pour les 25 années. Ce qui donne une moyenne annuelle de $40, 018.04.

Or la moyenne annuelle des élèves qui ont fréquenté ces écoles pendant ce temps étant de 231, il s'ensuit que chaque élève a coûté $173.24 par année. C’est plus de deux AA pension que paient les élèves dans les Colléges- Classiques qui est en général d'environ $80 ; avec la différence importante cependant, que ces $80, sont payées par les parents ou les protecteurs de l'élève des Colléges- Classiques, tandis que les $173.24 de l'élève des EÉcoles-Normales sont payées par le gouvernement.

Mais dira-t-on, les Collèges-Classiques ont aussi eux recu des subventions annuelles du gouvernement ! C’est vrai, mais ces subventions ont surtout été employées à fonder peu à peu ces Collèges. Voici d'ailleurs dans quelles proportions ces allocations ont été faites depuis 25 ans à ces établissements. Le gouvernement a donné pour la fondation et le soutien des Eroles-Normales:$1,111,670.08,ce qui fait $192.19 par élève, puisque ces Ecoles ont été fréquent“es par 5,784 élèves pendant ces 25 années. Pendant le même temps, il a donné aux Colléges-Classiques $344,652.00. Ce qui fait $6,83 par élève, puisque ces Colléges ont été fréquentés pendant ce temps par 50,460 élèves. C'est-à-dire qu'il a donné 28 fois plus aux Ecoles-Normales qu'aux Colléges- Classiques, eu égard au nombre des élèves qui les ont fréquentés. Voilà certes des chiffres qui ont leur éloquence et leur logique pour prouver que les Ecoles-Normales coutent cher ! (Voir le No 4 des pièces J'ustificatives.)

Mais on aimera peut-être à savoir quelle a été la part de chaque Ecole-Normale dans ces recettes et ces dépenses. Nous renvoyons ceux qui aimeraient à avoir des détails, au No 4 des pièces justificatives, où nous avons récapitulé ces chiffres. Nous nous contentons de dire ici que la moyenne .nnuelle des dépenses de chacune de ces écoles seulement pour leur soutien et leur fonctionnement, et sans y comprendre rien du fonds de construction, a été comme suit :

10. Ecole Jacques-Cartier... .…... ......... . $13,514.05 Cts 20: Beote avan Une Le cos ctrce ve 13,357.51 “ 80. Boole Molina uote ve se 13,146.48

Donnant pour les 8 écoles une moyenne de... $40,018.04 Cts

Ainsi la plus forte dépense pour le fonctionnewent de ces écoles a été faite par l'Ecole de Jacques-Cartier et la plus faible par celle de McGill.

Voici maintenant la moyenne annuelle des élèves qui ont fréquenté chacune de ces écoles pendant ces 25 ans.

Lo. Jacques-Cartier... sise 48 élèves

RO Net cet en arte dde és euete vas 96:

So RO nant ciment testé 87...# Moyenne des trois Ecoles... 281 élèves

Ce qui donne pour chaque élève de ces écoles la dépense anuuelle moyenne qui suit :

10. Jacques-Cartier... ss $281.54 Cts RO NE arte taniefedg ser open En bal terre res 139.14 00 MO ed le tie domtienaetineeitener 151.11 “

Ceci peut expliquer pourquoi M. l'Abbé Verreau trouve ques les écoles à bon marché sont une utopie. Mais continuons, et voyons ce qu'ont coûté les Ecoles Normales dans les trois dernières années 1878, 1879 et 1880.

Cour DES ECOLES-NORMALES PENDANT LES TROIS DERNIE- RES ANNEES 1878, 1879 ET 1880.

La marche ascendante des subventions annuelles du Gouvernement pour le soutien et le fonctionnement des Ecoles Normales, démontre que les dépenses de ces institutions ont aussi augmenté dans la même proportion, de sorte que les dernières années ont dû entrainer des dépenses bien plus considéravles que les premières. Par conséquent, l’exposé que nous venons de faire de la dépense moyenne de ces écoles pendant 25 ans est insuffisant pour nous faire juger sûrement de ce qu’elles coûtent aujourd’hui.

Il faut donc, si l’on veut avoir une connaissance exacte des dépenses qu'entraîne actuellement le fonctionnement de ces écoles, prendre la dépense moyenne des dernières années. C’est ce que nous allons faire présentement en suivant la méthode que nous venons de voir. Nous renvoyons aux pièces justificatives, No. 7, ceux qui aimeraient à connaitre les détails de ces dépenses pour chaque école. Nous avons porté à la charge de ces dépenses l'intérêt que le gouvernemeut paie chaque année pour le fonds de construction. La dépense totale de ces trois années a été de $204,039,40cts, donnant une movenne pour les trois écoles de $68,013.13, ce qui donne pour chaque élève une dépense de $213.20 cts.

Ainsi dans les trois années qui viennent de s’écouler, chaque élève des Ecoles-Normales a coûté en moyenne $213.20 cts par année.

Voici la part de chaque école dans cette dépense :

1 Jacques-Cartier $25,032.26 cts et par élève .…..$385.11 cts 2 havals asus 0107607 cts “ ss LOOITT CB 8 McGill. ...... 21,001.59 cts ‘“ 6. 146.86 cts

Voilà réellement ce que coûtent actuellement chaque année le soutien et le fonctionnement des trois Ecoles-Normales !

On remarquera avec surprise que le coût d'entretien et de fonctionnement de l'Ecole Jacques-Cartier est plus élevé que celui des deux autres en la comparant au nombre de ses élèves. Cela est dû surtout à deux causes, la première est sa large part de l'intérêt sur le fonds de construction, à rai-

son des plus grandes dépenses qui ont été faites pour ses édifices, et la seconde vient du petit nombre de ses élèves dortf la moyenne pour les trois années n'est que de 63, tandis qu’elle est de 110 pour Laval et de 144 pour McGill ; car il est évident que dans le partage d'une somme, les parts sont d'autant plus grandes que les partageants sont en plus petit nombre.

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