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Réponse d'ur Russe à un Russe

 l'occasion de la fête annuelle de TCEavre des Ecoles d'Orient, j'ai prononcé, le 27 janvier 1860, dans l'église de Notre-Dame-des-Yictoires, un discours sur la réunion de l'Eglise orientale avec l'Eglise romidne. Dans ce discours, qui depuis a été Imprimé et publié, je signalais raccord qui existe entre l'Eglise orien-* taie et l'Eglise romaine sur un très-grand nombre de points. Il y en a trois sur lesquels j'appeliûs particulièrement l'attention de mes auditeurs. Ces tr(»8 points, les voici :

1® Notre-Seigneur Jésus-Christ n'a pas fondé plusieurs Eglises, mais une seule Eglise qui doit durer jusqu'à la consommation des siècles;

2^ On ne peut sans péché se séparer volontaiiement de cette Eglise, à laquelle il faut nécessairement appartenir sous peine de la damnation éternelle ;

3^ Cette Eglise est celle dont il est fait mention dans le symbole, l'Eglise une, sainte^ cathoDque et apostolique.

Prenant pour point de départ ces trois principes smr

lesquels TOrient et TOccident sont d'accord, je me mettais à chercher quelle est aujourd'hui sur la terre, parmi les différentes communions chrétiennes, cette véritable Eglise fondée par Notre-Seigneur Jésus- Christ, une, sainte, catholique, apostolique, à laquelle il faut nécessairement appartenir.

J'écartais les Eglises protestantes, parce qu'elles ne sont pas apostoliques; les Eglises orientales, parce qu'elles ne sont pas catholiques, c'est-à-dire universelles, mais locales ou nationales, et je me trouvais en présence de cette Eglise qui est vraiment apostolique par sa tradition, vraiment catholique par sa diffusion dans le monde entier, dont le centre est à Rome, et qui est eu communion avec le pape.

Je m'arrêtais sur cette question de la primauté du pape, et après avoir indiqué sommairement que c^est Notre-Seigneur Jésus-Christ lui-môme qui a institué saint Pierre pasteur de l'Eglise universelle, qui lui a confié une autorité qui a passé à ses successeurs les évéques de Rome, je montrais par des textes irréfragables que la liturgie de l'Eglise orientale et de l'Eglise russe en particulier reconnaît cette autorité dans saint Pierre, pasteur souverain de tous les apôtres^ et dans ses successeurs, les premiers évéques de Rome. Je eoncluais enfin que pour redevenir catholique comme elle l'avait été autrefois, l'Eglise d'Orient, qui ne conteste probablement pas à Pie IX le titre d'évéque de

Rome, n'a qu'à reconnaître en lui le successeur de saint Pierre, comme elle le reconnaît dans ses prédécesseurs, saint Lin, saint Clet, saint Clément, saint Sylvestre, saint Léon, saint Grégoire et tous les autres.

CediscouPB a été vivement critiqué dans V Union chrétienne. Plusieurs de mes lecteurs ne savent pro* bablement pas que sous ee titre parait depuis quelque temps à Paris un journal hebdomadaire, rédigé en grande partie par des Russes. Cette feuille s'est donné pour mission de travailler à la réconciliation des diverses conmiunions chrétiennes. C'est là une grand» et belle mission^ à laquelle nous applaudissons de tout notre cœur ; mais nous devons dire en mômd temps que la plupart des articles publiés dstnsVUMan chrétienne semblent dictés par un esprit tout opposé. Quoi qu'il en soit, nous ne nous occuperons aujourd'hui que des articles qu'elle a publiés au sujet du discours du 27 janvier. 11 y en a eu deux; l'un a précédé la publication du discours, l'autre Va suivie ; commençons par les reproduire intégralement l'un et l'autre.

« Le P. Gagarin, jésuite, a prêché à l'église de Notre* Dame-dcs-Victoires un sermon sur l'union des Eglises* On l'avait annoncé d'avance, et nous avons cru devoir y assister. Le Père jésuite a déploré d'abord la divisicMi qui existe entre l'Eglise romaine et les Eglises orientales qui ont la même foi, les mêmes sacrements, les

~ 8 — mêmes conciles, les mêmes Pères. Il a dit quelques mots des causes de la division, et n'a voulu voir que les préjugés des Eglises orientales et les circonstanœs politiques. Quant à FEglise romaine, serait-elle & ses yeux tout à fait innocente de la division ? L'orgueU de la cour de Rome et ses prétentions exagérée; le joug qu'elle a voulu imposer à toutes les Eglises, son dédain pour les décrets des conciles et les ouvrages des Pères-, tout cela n'a-t-il été pour rien dans les événements fàdieux d'où est née la division? Mais il ne fallait pas attendre que le P. Gagarin fit dans un sermon le procès à FEglise romaine. Nous avons remarqué entre autres inexactitudes du P. Jésuite, celle-ci : c'est que FEglise russe reconnaît que saint Pierre était le prince, le souverain des apôtres, et qu'elle admet par conséquent la primauté du pape son successeur.

>^ Le P. Gagarin sait très-bien que les Eglises orientales ne reconnaissent l'évoque de Rome que comme le premier des patriarches, conformément aux décrets du concile de Nicée; qu'elles ne le regardent pas ccHnme ayant cette primauté de droit divin ^ mais de droit ecclésiastique. Pourquoi donc a-t-ii voulu insinuer le contraire ? Pourquoi a-t-il essayé d'établir la primauté ultramontaine sur des textes mal interprétés et qui ne prouvent rien ? il a dû lire les P^^ de l'Eglise; eh bien l qu'il nous en cite un seul qui ait

admis Tinterprétation ultcamontaîne des textes dont on abuse tant pour essayer de légitimer des erreurs qui ont été la principale cause de la (fivision des Eglises orientale et romaine. »

Yoilà le premier article, voici le s< •t Dans notre numéro du 5 février (Quelques mots au sujet du serm( P. Gagarin, de la Compagnie de h Notre-Dame-des-Victoires, le 27 jani souvient que le sujet de ce discours était la réunion de l'Eglise orientale avec TEglise romaine. Nous n'avons pas jugé nécessaire d'entrer dans un examen détaillé d'un sermon qui dans le fond ne renfermait aucune idée sérieuse et ne développait aucune des questions qui se rapportent à la thèse annoncée. Mais le P. Gagarin ayant fait imprimer son œuvre, il nous semble utile d'y revenir et de faire les deux observations suivantes : 1" à la page il, le P. Jésuite dit : «c Lecroiriez'vousy mes frères, dans la traduction sla- » vonne du symbole, le mot cathoHque a é\é remplacé » par une expression vague et obscure qud ne donnO » pas l'idée de YuniversalUé. Dans son sens naturd M et obvie, le mot dont on se sert veut dire synodale, a conciliaire; de sorte que des millions de chrétiens, » en chantant le symbole de la foi, au lieu de dire : je » crois FEglise catholique, disent : je croîs l'Eglise sy- » nodale; et on nous accuse <t avoir altéré le symbole î 9

y> Que des personnes étrangères à la langue sla* yonne et à l'Eglise de Russie se permettent de soutenir cette calomnie sans comprendre même ce qu'elles disent, et pour avoir seulement un prétexte d'accuser l'Eglise russe d'une innovation quelconque, on le comprend, [et on peut les excuser à cause de leur ignorance. Mais on est douloureusement affecté et étonné de rencontrer cette accusation erronée et (empiétement fausse dans la bouche d'un Russe, qui devrait connaître sa langue maternelle, d'un homme qui a renié l'Eglise au sdn de laquelle il est né et a été baptisé; car, pour avoir le droit de quitter une Eglise, il faut au moins avoir étudié en détail et à fond tous ses enseignements, il faut être convaincu de son erreur; autrement une pareille action , que notre plume se refuse de qualifier de son vrai nom, n*a point d'excuse.

» Or, noussommes obligés dedireauP.Gagarin qu'il ne connaît pas l'enseignement de l'Eglise qu'il a abandonnée, et de lui apprendre que cette Eglise s'est toujours proclamée catholique et apostolique^ qu'elle ne croît qu'à l'unique Eglise catholique et apostolique^ et que par conséquent le mot sobornaya^ employé -dans la traduction slavonne du sjmbole, doit nécessairement correspondre à l'expression dô catholique. L'adiecûî sobornaya^ le substantif sobore et le verbe soblrate^ expriment la double idée de l'action d'assembler et de réunir; il en résulte que l'expression Église sa-

bomaya exprime iittéraiement l'idée d'une Eglise cwn* posée de la réunion de toutes les Eglises particulières^ ou autrement dit de l'Eglise universelle, c'est-à-dire catholique (selon le sens du mot grec).

» De plus, et n'en déplaise aux subtilités du Père Jésuite, dès que l'Église russe ajoute le mot apostol(H lique^ tout est dit, car il n'y a qu'une seule Eglise apostolique ; c'estcelle qui a été fondée parles apôtres dans le monde entier, c'est celle qui a conservé saintement le dépôt de l'enseignement légué par les apôtres dans toute son intégrité, sans y faibe le moindre changement; c'est cette Eglise qui a formulé dans ses deux premières assemblées oecuméniques de Nicée et de Gonstantinople le symbole de foi, en menaçant d'anathème ceux qui oseraient y ajouter ou en re* trancher un seul mot. Grâce à la bonté divine, l'Eglise de Russie, malgré l'assertion fausse du Père Jésuite, a conservé son symbole dana son entière intégrité; quant à l'Eglise romaine, peut-elle dire qu'elle n'y a rien ajouté !

» Nous engageons le P. Gagarin à approfondir à Ta-* venir avec plus de soin les idées quil se décidera à émettre ; nous lui conseillons de faire l'acquisition d'un dictionnaire édité par l'académie de Saint-Pétersbourg en 1847, sous le titre d'Eçclesiastico-slavo-russe. 11 y trouvera à la page 169 du quatrième volume la définition suivante :

tf Sobomaya. -*• Dans te fieos ecolésiastiqae, univers » êelle^ catholique : Je croiâ une Eglise Baînte, sobor» » naya et apostolique. »

» Cette attestation officidle suffit, nous supposons, pour démontrer quel est le yraî sens que tous les Russes (moins le P. Gagarin) attadient à l'expression sobomaya.

» Voici maintenant notre deuxième observation :

» Aux pages 13 et 14 de son sermon, le P. Jésuite assure résolument « que l'Eglise orientale proclame » saipt Pierre le pasteur souverain de tous les apô* » très, revêtu d'empire et d'autorité, et que les autres » apôtres sont ses isrebis* » Pour mieux en imposer aux personnes qui ne comprennent pas la langue rueseï, il met entre parenthèses la fbrmule russe: u Pasiyrvladytchnyivsieh apostolov^ » en avouant avec candeur qu'il a trouvé cette expression employée dans la liturgie, c'est-à-dire dans un cantique quelconque; pius il ajoute « qu'ayant feuilleté avec une » grande attention les énormes in-folio qui servent » à la célébration des offices divins de l'Eglise russe, 1» 51 y a trouvé des expressions encore plus fortes ap- » pliquées à S8unt Pierre. »

» Candeur et innocence vraiment touchantes du bon père î II ne s'est pas douté qu'il ne fallait pas chercher l'enseignement dogmatique d'une Eglise dans des chants et des cantiques, c'est-à-dire dans des

compositions poétiques, oti Tôxpression a toujours quelque chose d'exagéié.

» Nous aYioQS toujours pensé que Texposition dogmatique de la M se trouvait dans les symboles, dans lea catéchismes, dans les ouvrages théologiques, dans les écrits dogmatiques des saints Pères ; le P. Gagarin n'est pas de cet avis, et il aime mieux feuilleter des în-fc^s de cantiques. Nous sommes obligés de lui apprendre des dioses qull n'a pu, comme déraison, trouver dans les cantiques.

» L'Eglise russe, d'accord avec toute l'Eglise orientale^ avec tous les anciens saints Pères et docteurs de FEglise catholique, apostolique, avec les ap6tres saint Paul et saint Pierre particulièrement, et avec les commandements de Notre-Seigneur Jésus-Ghrist, confesse que tous les apôtres ont été revêtus d'une autorité parfaitement égale , mais que saint Pierre et saint Paul ont le droit d'être appelés tous les deux égale" ment les principaux d'ENTRE les apôtres; mais sans leur donner de powxÀr sur les apôtres, comme voudrait l'insinuer le P. Jésuite pom* des raisons connues de lui et de nous. Le premier rang déféré à ces deux apôtres est fondé sur le témoignage suivant de saint Paul lui-même : « La mission de prêcher l'Evangile » aux incîrconeis m'avait été donnée, comme à Pierre m celle de. prêcher aux circoncis; car celui qui a agi » efficacement dans Pierre pour le rendre apôtre des

» Juifs, a aussi dgi efficacement en^noi pour me ren^ » dre apôtre des Gentils. » (Ep. aux GaL, ii, 7, 8.)

» Nous Ignorons dans quel cantique le P. Gagarin a copié Texpression russe qu'il a citée; mais nous savons que l'Eglise de Russie désigne toujours les deux apôtres Pierre et Paul collectivement sous le nom de pertHHverkhovnié apostoUy c'est-à-dire principaua: ou premiers apôtres,

)» A la page 113 du premier volume du dictionnaire ci-dessus mentionné, on lit : verkhovny; pervenstvou* stehiy^ c'est-à-dire premier. Ce mot ne veut donc pas dire supérieur en pouvoir,

i> Sî le P. Gagarin a l'habitude d'étudier la théologie dans les cantiques, il a dû se convaincre en les lisant que dans un grand nombre d'entre eux, composés en l'honneur des saints pour célébrer le jour de leur fête» les surnoms de chefs souverains, de chefs uniques de l'Eglise, et d'autres sont appliqués à saint Jean, à saint André, à ssûnt Philippe, à saint Barnabe, à saint Ghrysostome, à saint Basile le Grand, et à d'autres encore. Ont-ils été, à cause de cela, les chefs uniques et les souverains de l'Eglise de Jésus-Christ? S'il ne le croit pas, pourquoi veut-il que les mêmes expressions appliquées à Pierre aient plus de valeur?

» Nos lecteurs peuvent voir d'après cette simple note^ jusqu'à quel point les assertions du P. Gagarin sont justes, vraies et dignes de foi. n

J*ai reproduit les deux articles de mon oontradic* leur sans y changer, sans y ajouter, sans en retrancher une syllabe.

Je ne m'occuperai pas du ton qui y règne. La question qui est débattue entre nous est trop grave pour laisser place aux considérations personnelles. Derrière Fauteur de ces articles il y a un certain nombre do personnes qui pensent comme lui, et plusieurs d'entre elles au moins sont de bonne foi ; cela me suffit pour discuter leurs objections avec respect. Ce qui me préoccupe, ce qui me touche^ c'est le salut éternel de ces âmes ; il ne me sera donc pas difficile de me main* tenir dans une sphère plus élevée et plus sereine, où les paroles bleasantesi les considérations mesquines ne sauraient avoir accès»

Ce qui me frappe d'abord dans ces critiques, c'est qu'on y chercherait en vain une réponse sérieuse à l'argument qui fait le fond de mon discours.

Dans le premier article on me fait dire tout le contrah*e de ce que j'avais dit. Ce qui manque à l'Eglise russe et à toute l'Eglise orientale séparée de la communion du saint-siége, c'est de reconnaître que le pape est investi de. l'uitorité que Notre-Seigneur Jésus-Christ a conférée à saidt Pierre, et dont les évoques de Rome ses successeurs ont hérité. Je ne pouvais donc pas dire que l'Eglise orientale reconnaît cette autorité; mais j'ai pu dire et j'ai dit que sur ce

point 11 y a désaccord complet entre la Titurgie et la prafiquô de TEglise orientale; que la liturgie condamne la pratique, et que, pour rester d'accord avec la liturgie, PEglise orientale doit recctonaltre l'autorité des évèques de Rome sur l'Eglise uniTcrselIe.

Le second article porte sur deux points : la traduction slavonne du mot cathoUque dsius le Symbole et la valeur dogmatique des textes liturgiques que j'ai dtés.

Le premier point ne forme qu'une question incidente, et je mot sobomaia rendrait parfaitement le sens du mot catholique , que l'argument qui fait le fond de mon discours conserverait encore tonte sa force. Cependant, même sur cette question incidente, la critique de V Union chrétienne tombe à faux.

En ^et, il y a là deux choses parfaitement distinctes qu'il faut éviter de confondre. Il ne s'agit pas de savoir si les traducteurs du Symbole ont eu l'intention d'altérer le sens du mot catholique; mais si de fait, à l'heure qu'il est, le mot sobomaia ne présente pas dans son sens naturel , à l'esprit de ceux qui en* tendent chanter le Symbole, une signification différente de celle qu'il devrait avoir.

Pour la question d'intention. Je la laisse de côté bien volontiers. En effet, on peut très-bien admettre que les premiers traducteurs de la liturgie^ {dacés en présence d'une langue qui n'avdt pas l'habitude d'ex-

primer des i^es chrétiennes^ se soient trouvés quelquefois embarrassés; ils ont dû admettre assez souvent des expressions nouvelles, ou donner un sens nouveau aux expressions déjà usitées ehez les Slaves. Je ne fais donc aucune difficulté de reconnaître que cqp premiers traducteurs aient cru pouvoir employer ie mot sobomaia dans le sens de catholique. Mais en même temps il n'en est pas moins vrai que l'emploi de ce mot est regrettable, puisqu'à le bien prendre» il n'exprime qu'une idée de collection, d*assemblage, et nullement l'idée d'universalité, qui est si nettement accusée dans le mot grec xoOo^mo^.

C'est là le point unique sur lequel je veux insister. Le mot sobomaia^ comme le dit fort bien mon contra^ dîcteur, vient de sobor^ et le mot sobor lui-même vient du verbe iobirati^ qui rend exactement le verbe latin coUigere^ assembler, réunir. Ce mot a deux slgniflcadons très-rendues, très-usitées ; il signifie concile et cathédrale. On dit vselenski sobor^ concile œcuménique, ouspenskisoborg cathédrale de l'AssomptioUt Ce sont là les deux significations les plus généralement admises. On peut consulter sur ce point le Dictionnaire de l'Académie russe^ le Dictionnaire ecclésiastique de Pélrof, tous les Russes qui savent leur langue.

Je laisse de c6té une autre signification du mot sobor qui se retrouve dans te martyrologe, parce que

cette signification est fort restreinte et qu'elle n'a aucune importance dans la question présente (sobor trekh svialUelej^ sobor gcwriila arkhangela^ etc.), et je passe à l'adjectif sobomy^ sobornaia.

Il est bien évident que le mot catholique ayant été traduit dans le symbole par le mot sobornaia, dans le dictionnaire et dans les catéchismes^ on trouvera que le mot sobomy^ sobornaia^ signifie catholique ; mais il ne s'agit pas ici des dictionnaires ni des catéchismes que le peuple russe connaît fort peu ; il s'agit du sens qu'il attache et qu'il doit attacher an molsoborny. Or, il est facile d'établir deux choses : d'abord, qu'en dehors du symbole, le mot soborny n'exprime jamais celte idée d'universalité, d'expansion universelle qui se trouve exprimée par le mot catholique; et en second lieu, que si vous rencontrez le mot catholique dans une phrase grecque, latine, française, allemande, anglaise, espagnole, etc. ^ vous ne la rendrez jamais par le mot soborny. 11 suffira d'apporter un petit nombre d'exemples. Quand vous entendrez dire 5oborny stiastchermiky il ne vous viendra jamais à l'esprit que ces mots signifient prêtre catholique; ils veulent dire simplement un prêtre attaché à la cathédrale. Si l'on vous parle de sobomoe postanovlenie^ il n'est nullement question de constitution catholique, mais d'un décret émané d'un concile. Enfin, si vous vous avisez d'interroger les monuments les plus vieux

de la langue, quand vous lisez sobormia hania^ vous comprendrez qu'il est question d'un bain public.

Essayez ensuite de traduire ces expressions : doctrine catholique, tradition catholique, vous ne pourrez pa» employer le mot sobomy^ ou vous ne serez pas compris.

Je ne connais à cette règle qu'une seule exception; pour désigner les épltres catholiques de saint Jacques, de saint Jude, on dit : sobornoe poslanie. Cela prouve seidemeni que les premiers auteurs de la version slavonne de la Bible ont cru, mais à tort, selon moi, trouver dans le mot soborny un équivalent du mot grec catholique.

Je le demande maintenant à tout lecteur impartial, avais-je donc tort de prononcer les paroles suivantes : «Dans la traduction slavonne du symbole, ce mot de catholique a été remplacé par une expression vagvie et obscure qui ne donne pas l'idée de Funiversalité, de cette expansion admirable sous tous les climats, au milieu de tous les peuples* Dans son sens naturel et obvie (c'est-à-dire dans le sens qui ^e présentede lui-même à l'esprit), le mot dont on se sort veut dire synodale, conciliaire; de sorte que des millions de chrétiens, en chantant le symbole de la foi, au lieu de dire : je crois l'Église catholique, disent: je crois l'Église synodale,. l'Église conciliaire. » (p. 11).

Et si Ton veut se donner la peine de réfléchir un ' instant, on verra que la question ne manque pas d'im-

— ÎO —

p<»rtance. S*il s'agit de conteste!* à l'Église orientale la sainteté, l'apostolicité, il sera nécessaire d'entrer dans beaucoup de détails; il faudra faire de longues dissertatîoni).

Le caa^actère qui lui manque le plus évidemment, celui dont l'absence saute aux yeux, c'est la catholicité, l'uni versalité. Il n'y a qu'à ouvrir les yeux pour voir que les Églises de cette communion sont des ï^lises locales, natimiales, qu'elles ne forment pas une Église universelle. Sous ce rapport elles sont dans une situation inférieure au protestantisme : il y a partout des protestants, on ne peut en dire autant des Orientaux. Qu'une jeune personne russe vienne à se marier hors du pays, elle pourra c(mtinuer à faire partie de l'Église russe, mais il ne lui viendra pas seulement à Tesprit que ses enfants puissent être autre chose que catholiques ou protestants. Les exemples ne manquent pas, et rien ne serait plus facile que de citer des noms propres.

En présence d'une situation pareille, il est souverainement regrettable que dans le symbole slavon, le sens du mot catholique soit obscurci comme nous venons de le voir. Supposez un instant que quelques Russes prennent l'habitude de réciter le Symbole en français, et vous verrez qu'ils ne seront pas longtemps à dire : Je croîs l'Église une, sainte, catholique et apostolique, sans voir s'élever dans leur cœur qudques

doutes 8ur l'Église dan» laquelle ils ont été éle* Tés.

Et ici qu'on me permette une petite digression. On parle depuis quelque temps de faire célébrer la messe et les offices en français dans la nouvelle église russe qui se construit actuellement dans le faubourg du Roule, et des hommes sérieux, intelligents, capables» s'imaginent que cette innovation aura pour effet d'attirer à leur coDomunion un certain nombre de catho* liques. Pour ma part» je crois tout le contrsdre. A mes yeux, il y a de très-grands inconvénients à employer dans la liturgie une langue usuelle et vulgidre; mais mettant cette considération de c6té, je crois que si 1(3S Russes avaient entre les mains tine traduction française, exacte et fidèle, des livres liturgiques de leur Église, et s'ils s'en servaient habituellement, cela seul suffirait pour ouvrir les yeux à un grand noml»^ d'entre eux.

Quoi qu'il en soit, on voit quil est permis de regretter que le Symbole, tel qu'il est chanté dans les églises russes, ne contienne pas une expression qui fasse resplendir de tout son ^lat la signification du mot catholique.

Et ce qui s^te à la gravité de cette observation, c'est que le mot qui devreût ^gnifier catholique apporte à l'esprit une signification bien propre à fausser les idées. Quand on demande aux théologiens russes

les preuves sur lesquelles ils s'appuient pour démontrer que leur Église est bien la véritable Église de Jésus-Christ , le point sur lequel ils insistent le plus volontiers est la confonnilé de ses enseignements avec la Vloctrine.des sept premiers conciles œcuméniques ; c'est rautorité de ces conciles qu'ils invoquent, de sorte que pour peu qu'on approfondisse leurs arguments, on arrivera à cette conclusion : Notre Église est encore aujourd'hui l'Église des conciles. Ce n'est pas ici le lieu d'examiner à quel point cet argument est défectueux ; il suffit de constater que c'est celui qu'ils préfèrent. Et dans une pareille situation, le mot qui devrait dans le Symbole aider tous les esprits à discerner entre toutes les communions chrétiennes la véritable Église du Christ, ce mot porte avec lui l'idée de concile. Sans faire aucun contre-sens, sans s'écftrtwen rien du langage reçu, le Russe peut croire que le caractère que le Symbole donne à l'Église, c'est d'être conciliaire, de s'appuyer sur les conciles. S'il n'y a pas là une véritable confusion d'idées, on voit au moins qu'elle ne peut être évitée que par la réflexion et par l'étude ; d'où il est facile de conclure que parmi tous ceux qui chantent ou entendent chanter le Symbole, il y en a fort peu qui comprennent que le caractère de la véritable Église n'est pas une ■conformité plus ou moins extérieure avec les canons des conciles, mais l'universalité, la diffusion sur toute

— sala surface de la terre (i)« Ceci suffît pour maintenir robservalion que j'ai cru devoir faire sur remploi du mot sobornahz.

Passons maintenant à une autre considération. J'ai dit que TËglise russe appelle dans sa liturgie saint Pierre le pasteur souverain de tous les apôtres. V Union chrétienne se débarrasse de ce texte en disant que c'est là une exagération poétique, ce qui veut dire dans sa pensée qu'elle n'a aucune valeur dog* .matîque. Mais en admettant même que ce soit là une expression poéUque, faut-il en conclure qu'elle est fausse ou exagérée ? Les saintes Écritures sont pleines de poésie et d'expressions poétiques ; et où en serionsnous, s'il suffisait de dire de tel ou tel passage de f Ancien ou du Nouveau Testament qu'il est poétique, pour lui contester sa valeur dogmatique. Isaie dit qu'une vierge concevra; expression poétique. Notre-

(1) Nous ne disons pas que renseignement de la véritable église de Jésus-Christ ne doive pas être conforme à la doctrine des conciles œcuméniques, bien loin de là; nous disons seule^lent que cette conformité n'est pas un des caractères de TEglise, une des notes à Taide desquelles on puisse la discerner entre les différentes communions chrétiennes, qui prétendent toutes être la véritable épouse de Jésus-Christ. Sans entrer dans aucun détafl, il suffit de remarquer que TEglise romaine reconnaît les sept premiers condles et prétend bien être parfaitejuent d'accord avec eux.

Seigneur dit : Ceci est mon corps, expression poétique. Avec cette méthode, rien ne serait plus fticile que de faire disparaître de FÉvangile et de la Bible, tous les miracles, toutes les propbélies, tout Tordre suniaturel. C'est une arme à Tusage des rationalistes; elle ne saurait êtreadoptéepar les chrétiens orientaux.

Je ne mets pas sur la même ligne les livres insinrés 4e la sainte Écriture et les livres liturgiques; mais je soutiens que la poésie que Ton trouve dans ces derniers ne saurait infirmer leur valeur dogmatique. Que l'on y songe, la plus grande partie de ces offices liturgiques ont pour auteurs des saints 9 et leurs compositions ont été adoptées par l'autorité des évoques et de TÉglise. €es chants, ces hymnes, ces prières, doivent nécessairement éti^ l'expression des croyances, de la foi de TÉglise qui leur a donné i^ace dans sa liturgie.

Dans la liturgie nestorîenne on trouvera des traces de l'hérésie de Nestorius; on les chercherait en vain dans la liturgie de Gonstantinople. La liturgie arménienne peut contenir des expressions peu conformes à la doctrine de Ghalcédoine; la litur^^e grecque les a soigneusement écartées. Bien plus , ce qui donne une grande videur à la Uturgie de l'EIglise grecque aux yeux de tous les hommes qui se sont tant soit peu occupés de cette question, e'est son caractère éminemment dogmatique. A mesure que

^'élevaient des hérésies, TEglise grecque, pour préserver les fidèles de la cootagioa de J^erreur, prenait soin de mettre sur lewrs lèvres des cantiques dans lesquels les nouveautés hétérodoxes étaient contre* dites et combattues, et la doctrine orthodoxe énergiquement affirmée. Prenons pour exemple l'hérésie des iconodastes ; qu'on parcoure dans les livres liturgiques de rOrientles offices qui datent de cette époque, on v£rra avec quelle forc^, avec quelle ahondauce, avec quelle variété d'expressions la légitimité du culte des saintes images y est défendue.

Chose singulière! Les adversaires de l'Eglise romaine^ dans l'Eglise orientale, et l'Union chrétienne^ la première, ne cessent de noos reprocher d'em- I^oyer dans notre litui^e une langue tncomprékenfiUe^ ils soutiennent eomme un principe inflexible le droit des fidèles à exiger que les saints mystères soient célébrés dans une langue qui leur est îsmU lièré, et ils ne s'aperçoivent pas qu'en contestant la valeur dogmatique de leur liturgie , ils sapent par la base le meilleur argument qu'ils puissent dter en faveur de leur thèse. Sous ce raf^rt, conmie sous pludeurs autres, entre l'Eglise grecque et l'Eglise latine il y a de profondes différences. Le précepte que No^e Seigneur a dcumôà ses i^^tres, d'enseigner toutes les nations, oblige les pasteurs des deux

Eglises; mais il n'est pas mis en pratique tout à ùii

— aède la même manière. Dans f £glise latine, on apprend le catéchisme avec sollicitude à tous les enfants, et aucun d'eux n'est admis à la première communion, s'il n'a pas subi un examen satisfaisant sur la doctrine chrétienne. En outre, tous les dimanches et toutes les fêtes, la parole de Dieu est annoncée et expliquée aux adultes dans Féglise du plus petit village , comme dans les cathédrales des cités les plus populeuses. Les fidèles ont entre leurs mains une multitude de livres dans lesquels le dogme et la morale du christianisme sont mis à la portée de toutes les intelligences. Un clergé instruit et zélé ne laisse échapper aucune occasion d'inculquer à tous la connaissance de la doctrine chrétienne. Dans l'Eglise orientale, tous ces moyens d'instruction font presque complètement défaut. Mais ils sont partielle-* ment remplacés par la liturgie. Le peuple qui assiste aux offices en leur prêtant une oreille attentive, trouve moyen de suppléer en partie à l'instruction qui lui a été refusée. Mais, qu'on le remarque bien, les avantages qui résultent pour lui de ce point, tiennent à deux conditions indispensables. Il faut d'abord que ces G^ces soient célébrés dans une langue qu'il comprend, et en second lieu que l'enseignement de l'Eglise y soit contenu. A quoi lui servirait de comprendre une litui^gie qm n'aurait pas de valeur dogmatique, dans laquelle il serait exposé à trouver des

expressions exagérées, inexactes , en opposition avec la foi de TEglise? Ce serait lui ouvrir, non des sources d'eaux vives , mais des citernes empoisonnées. Sur ce point les croyances du peuple russe sont en désaccord parfait avec les opinions de V Union chrétienne^ Je n'en veux d'autre preuve que les rascdniques. L'existence de cette secte, la faveur qu'elle rencontre au sein des populations, la facilité avec laquelle elle se propage, prouvent bien que le peuple russe est plutôt disposé à attacher une importance exagérée aux livres liturgiques. Et comment expliquerait-on cet amour excessif pour des offices qui ne contiendraient pas l'expression de ses croyances ?

Je conjure le lecteur de faire attention aux contradictions incroyables dans lesquelles tombent nos adversaires. Us n'ont pas assez de paroles pour exalter la supériorité de la liturgie orientale sur la liturgie latine, et lorsqu'on leur prouve que leur liturgie les condamne, qu'elle est conforme aux enseignements et aux croyances de l'Eglise catholique, ils viennent vous dire lestement : ce sont des exagérations poétiques. Que faut-il donc penser de la légèreté avec laquelle cette Eglise, dans la personne de ses plus augustes représentants, a donné place dans la prière publique, dans les temples, dans l'exercice même du culte , à des paroles qui ne sont pas l'expression de ses croyances? Conçoit-on un évoque se tournant

vers son peuple assemblé sous les voûtes de sa cathédrale, et lui disant : Mes frères, nous disions tout à rheure, en nous adressant à Fapôtre saint Pierre, qu'il est le pasteur souverain de tous les] apôtres n'en croyez rien, ce n'est pas vrai; tous les apôtres^ étaient parfaitement égaux entre eux^ et saint Pierre n'avait rien de plus que les autres. Il est vrai que la liturgie l'appelle pasteur souverain de tous les apôtres, ce' qui ne semble pas s'accorder avec notre doc* trine; mais ce que dît la liturgie ne signifie rien, ce n'est pas elle qu'il faut écouter , c'est moi , [et moi je vous dis que saint Pierre n'est pas le pasteur des apôtres. 11 est encore vrai que je ne suis pas infaillible, mais je suis sûr de mon fait; il faut bien se garder de prendre au pied de la lettre une phrase qui n'est après tout qu'une exagération poétique, un compliment que nous faisons à saint Fierre. Ainsi, mes frères, retenez bien ceci; dites à saint Pierre qu'il est le pasteur souverain de tous les apôtres, mais croyez tout le contraire.

Se figure-t-on la stupéfaction deFauditoiré en entendant ces étranges paroles? Et cependant c'est ainsi que devraient parler les évéques qui partagent la manière de voir de l'Union chrétienne.

Et si les évoques russes se mettident ainsi en devoir de rectifier toutes les expressions qui sont favorables à la doctrine catholique, il faut reconnaître qu'ils au-

raient beaucoup à faire. Ce n'estpas ici le lieu de publier tous les textes par lesquels la liturgie russe proclame l'autorité de saint Pierre et de ses successeurs les évêques de Rome sur TEglise universelle ; ce travail a ôté fait bien des fois; il suffit dV renvoyer le lecteur. Le comte Joseph de Maistre, dans son livre du Pape, a ouvert la voie. Mgr Michel Lewicki, métropolitain grec-uni de Lemberg, qui est mort récenunent, revêtu delà pourpre romaine^ a publié, après les événements àé 1839, un mandement célèbre dans lequel il a également reproduit des textes très-bien choisis. Le docteur Hefele, dans la Revue théologique de Tubingue; le prince Augustin Galitzin^ dans l'ouvrage intitulé: Un Missionnaire russe en Amérique; un anonyme, daûs une brochure publiée en russe à Leipzig, Sur la possibilité de la réunion de r Eglise russe avec l^Eglise romaine^ ont tous donné au public des textes puisés aux mômes sources et établissant d'une manière victorieuse la même doctrine. Enfin, s'ilm*est permis de me citer moi-même, j'ai fait imprimer en russe et en caractères russes la plupart de ces textes dans un travail intitulé les Starovéres^ V Eglise russe et le Pape, qui est contenu dans le second volume des Etudes de théologie, de philosophie et d^histoire (première série).

Avant de reproduire quelques-uns de ces textes^ je dois satisfaire la curiosité de V Union chrétienne. Elle

déclare ne pas savoir où j'ai été prendre ce texte : Pasteur souverain de tous les apôtres^ je vais le lui dire.

Parmi les livres liturgiques en usage dans FEglîse russe, il y en a un qui s'appelle Prologue ; c'est une collection d'homélies et de légendes pour le propre des saints. Les rédacteurs de l'Union chrétienne n'auront pas de peine à se procurer cet ouvrage. Toutes les églises et chapelles russes le possèdent. Qu'ils l'ouvrent donc à la date du 29 juin, fête des apôtres saint Pierre et saint Paul; ils y trouveront une hon^lie attribuée à saint Jean Chrysostome, et, vers le milieu de cette homélie^ ils liront les paroles que j'ai citées» Pasteur souverain de tous les apôtres; paroles placées au vocatif et adressées à saint Pierre.

Maintenant cette homélie est-elle véritablement de saint lean Gluysostome ? Je n'ai pas à l'examiner, et cela ne fait absolument rien à l'affaire. Ce qui fait la force et la valeur de ce texte, ce n'est pas son origine, c'est la place qu'il occupe et qu'il a conservée jusqu'à présent dans la liturgie.

L'exemplaire du Prologue que j'ai sous les yeux a été imprimé à Moscou en 1853 par ordre du très-saint synode.

Pour les autres textes que je vais citer tout à l'heure, je demande la permission de renvoyer le lecteur aux Etudes de Tkéologieé ,

On ne peut pas contester Fauthenticité du texte empnmté au prologue; mais on se débarrasse de ce témoignage incommode, en disant que ce sont des expressions poétiques, n'ayant aucune signification sérieuse.

Voyons un peu. Suivant la doctrine catholique, Kotre-Seigneur Jésus-Christ a établi lui-même saint Pierre, chef et pasteur de l'Eglise universelle, et cette suprême magistrature a passé à ses successeurs les évêques de Rome. Il y a donc trois propositions à établir :

i® Saint Pierre a été investi par N.-S. J.-C. lui-même d'une autorité qui s'étend sur l'Eglise universelle;

2® Saint Pierre a été évêque de Rome ;

3° Les évêques de Rome, en leur qualité de successeurs de saint Pierre, ont hérité de cette autoiité sur ITglise universelle.

Voyons maintenant les textes.

M nerre reçoit de Jésus-Christ l'assurance que le troupeau lui sera confié. »

K Le Seigneur a confié à Pierre le gouvernement de FEglise universelle. »

« Saint Jacques a reçu le siège de Jérusalem, Pierrea reçu l'univers entier. »

« Dieu dit à Pierre : Tu es Pierre, et il lui donna ce nom, parce que sur lui Jésus-Christ a bâti l'édifice spirituel de son Eglise, contre laquelle les portes de la mort ne pourront pas prévaloir. »

» Notre*Seigneur dit à Pierre : « Tu ed Stptès moi la pierre et le fondement de l'Eglise. »

« Sur toi, nerre, s'est affermie TËglise, et les ptnrtes de Fenfer ne prévaudront vraiment pas contre elle. Pierre, le Christ t'a nommé Pierre, et c'est sur toi qu'il a bâti l'Eglise, contre laquelle les portes de l'enfer ne peuvent pas prévaloir. »

» Pierre est la source de l'orthodoxie, l'Eglise de Dieu, le docteur des Apôtres. Que dirons-nous donc à Pierre? Pierre, objet des complaisances de l'Eglise, flambeau de lumières, guide des Apôtres, salut! Pierre, rocher de la foi, pâsteur souverain de tous les

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