‹ Réponse de C.J. Magnan au discours prononcéChapitre 12 sur 12 · APPENDICES · texte numérisé non relu

APPENDICES

Énergique protestation de la Société de Saint-Vincent

de Paul

Extrait des procès-verbaux du Conseil particulier de Québec, Société de Saint- Vincent de Paul, — séance du dimanche, 9 février,

" Attendu qu'à une réunion spéciale tenue le dimanche, 9 du courant, le Conseil supérieur du Canada a adopté unanimement la résolution suivante, sur proposition de M. Joseph Picard, appuyé par M. C.-A. Langlois :

" Le Conseil supérieur pour tout le Canada proteste avec la plus grande énergie contre les insinuations calomniatrices qui d'après les journaux, ont été lancées à la figure de M. C.-J. Magnan, président général de notre Société.

" Quoique de telles insinuations ne puissent atteindre l'honneur d'un citoyen placé si haut dans l'estime de ceux qui connaissent son intégrité, sa charité et son dévouement, le Conseil supérieur croit, néanmoins, de son devoir de les repousser avec mépris.

" De plus, pour qui sait la manière dont nos œuvres sont conduites, ces insinuations ne peuvent même pas avoir de fondement : elles sont d'une absurdité complète."

" Il est proposé par M. Elzéar Miville-Déchènes, vice-président de la Conférence Notre-Dame, appuyé par M. N.-E. Papillon, président de la Conférence Sainte-Geneviève, que le Conseil particulier de Québec fasse sienne cette résolution du Conseil supérieur du Canada.

" Cette motion est adoptée unanimement."

Extrait certifié véritable.

Ernest Mercier, Secrétaire, Conseil particulier.

La fréquentation scolaire à Fraserville (l)

On discute beaucoup la question de rendre l'instruction obligatoire.

La plainte générale, c'est le peu d'efficacité de notre système actuel d'enseignement primaire. Les uns l'attribuent au programme même de cet enseignement, d'autres au manque d'assistance, c'est-à-dire à l'abstention des élèves. Les premiers veulent y pourvoir par un changement de programme, les seconds en rendant l'instruction obligatoire.

Les changements dans le programme d'étude sont du ressort du Conseil de l'Instruction publique. Cette question est déjà à l'étude et elle recevra sans aucun doute une solution juste et raisonnable.

L'instruction obligatoire serait du ressort de la Législature. La question a été posée déjà, mais aucune décision n'a encore été prise. On demande des renseignements.

Je crois bon devoir en fournir pour la commission scolaire de Fraserville.

Le recensement officiel fait en juin et juillet 1918 donne :

Enfants de 5 à 7 ans 355

Enfants de 7 à 14 ans 1166

Les journaux scolaires officiels font voir que les inscriptions et l'assistance, sont comme suit :

Enfants de 5 à 14 ans 1575

De ce montant, il faut déduire les élèves qui viennent du dehors, savoir :

Au Couvent du Bon-Pasteur 63

Abstention 12

(1) Reproduit de l'Action Canadienne du 14 février 1919.

La proportion d'assistance est donc de près de 100 pour 100. C'est-à-dire que sur un nombre total d'enfants de 5 à 14ansde-1521, une abstention de 12 enfants est quantité négligeable, si on tient compte des multiples raisons, maladie, absence de la ville, fréquentation de maisons d'éducation au dehors, qui peuvent la motiver.

Je tiens à ajouter que la commission scolaire de Fraserville n'a rien épargné depuis dix ans pour procurer aux enfants tout le comfort possible à l'école Dans bien des cas, l'enfant se trouve mieux à l'école que chez ses parents. Les commissaires d'écoles ont rendu le séjour à l'école attrayant et confortable. Cela explique, en grande partie, l'assistance considérable, presque totale des enfants à l'école.

Les instituteurs et institutrices tous sont bien qualifiés, font leur large part pour donner satisfaction et aux parents et aux commissaires.

Les résultats obtenus à Fraserville font voir que nous n'avons pas besoin du système de l'instruction obligatoire.

D'ailleurs ce système basé sur la coercition des parents sera d'une exécution difficile sinon impossible.

Supposons que la loi décrète que tous les enfants de 7 à 14 ans seront obligés de fréquenter les écoles.

Cette loi aura besoin d'une sanction, autrement elle serait absolument inefficace.

La sanction sera l'imposition de l'amende ou de l'emprisonnement, ou les deux à la fois.

Or, en pratique, il arrive qu'un père de famille chargé d'une nombreuse famille, dont l'aîné a atteint 12 ans, a absolument besoin de cet enfant, soit pour ses propres travaux, soit pour lui aider aux charges du ménage. Il le retirera de l'école soit pour lui aider, soit pour le mettre en service. En le faisant, il deviendra passible de l'amende et même de l'emprisonnement. Lui qui n'en a pas déjà assez pour vivre, comment paiera-t-il cette amende ?

S'il ne la paye pas et qu'il faille aller en prison qui fera vivre sa famille pendant ce temps-là ?

Autre inconvénient, c'est, bon gré malgré, l'entrée de la politique dans l'école.

Ce sont les politiciens législateurs qui feront la loi; ce sont les politiciens en charge du pouvoir exécutif qui la feront exécuter. C'est aux politiciens que les parents auront recours, le cas échéant, pour obtenir des faveurs, sous forme d'exemptions ou de remise de peines.

Le patronage et les faveurs gâteront tout.

Reste la police, chargée de la surveillance des écoles. Il faudra établir un système d'inquisition rigoureux, suivi de poursuites, perse-

cutions et vexations de toutes sortes. Où s'arrêteront les innovations une fois sur ce terrain ? Dieu le sait. Mieux vaut garder le système volontaire, et améliorer nos programmes d'enseignement pour les rendre plus modernes, plus adaptés aux besoins actuels.

S.-C. Rioux, Président de la Commission scolaire de Fraserville.

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