SI
de ses cris ^ comme si je fuyais par qd désaveu («). Je ne fois jamais rien que j'aie à désavouer, Oai| monsieur Feuillet , s'il n'avait fallu qu'engager ma responsabilité pour qu'on épuisât les moyens légaux de recherches dans l'intérêt de la Bibliothèque et pour la manifestation de la vérité , J'étais prêt à l'engager; et je suis si éloigné de m'en repentir ou d'en être honteux , que ma résolution serait encore la mèmCi si nous pouvions nous replacer dans les mêmes conditions.
Je démontrais alors, comme je puis le démontrer encore mieux aujourd'hui , que plusieurs articles du catalogue de la vente faite en 18^7 par commission de M. Feuillet de Conches étaient signalés «I reconnus comme des autographes ayant appartenu à la Bibliothèque nationale y et quUls avaient été enlevés de volumes empruntés par lui à domicile.
Il affirme que ces volumes furent prêtés, depuis, à d'autres. Non, le registre du prêt le dément, pour la plupart.
Il prétend, de plus, que j'ai soigneusement évité de faire entendre quelques titulaireij hommes spéciaux, personnellement ohargés de lui remettre les manuscrits, de les vérifier au départ, de les vérifier au retour (i). Il a pu les faire appeler : que peut valoir leur témoignage , s'ils disent , eux qui ont manqué à leur devoir et violé le règlement pour lui prêter des centaines de volumes d'autographes, qu'ils ont pris le soin, après cela, de coUaiionner avec exactitude les volumes au retour ?
De même force est cette apologie qui ne veut pas qu'on laisse seulement errer un soupçon sur un homme qui se flatte d'avoir , par ses diligencti, ses avis et ses démarches, procuré la restitution de deux autographes à la Bibliothèque (3). Si « un ancien conseiller d'État, des amis de M. Feuillet, apprenant que, dans son cabinet mis en vente , deux pièces avaient été enlevées à la Bibliothèque, en fit sur-le-champ et de bonne grâce présent au cabinet des manuscrits » {présent est heureux! ), c'est à M. Feuillet ou'on le doit, et il le prouve par une lettre de l'ancien conseiller d'£tat, par une lettre d'un des titulaires cités plus haut, par le récit du libraire Laverdet. Il avait engagé ce libraire , dans les jours qui précédaient la vente, à rendre la pièce, qu'il reconnaissait, à un signe de la main de M. Paulin Paris, pour avoir appartenu à un volume où elle manquait lorsqu'on le lui prêta. M. Feuillet avait
(1) « Mes renseignements Yiennontde source certaine, et la pins élevée. » (P. tSI.) (S) Pages 149, 151.
(S) Pages 112, 158.
bien ses raisons pour qu'on ne ftt pas de bruit à l'occasion de c6t autographe: la note de M. Paris (i)! Malheureusement , M. Laverdet ne l'avait pas écouté; car il ne prévint pas la réclamation de la Bibliothèque. M. Bazin, auteur de VHittoirt de Louis Xlll (mort) y qu'il avait chargé d'avertir M. Paris (s) ^ ne s'était pas acquitté de la commission , ou M. Paris n'avait point averti M. Hauréau, comme on l'a dit à l'audience. Que d'intermédiaires et de détours, au lieu d'aller droit au but! Tous ces avertissements n'ayant point abouti , comme on le pense bien, le matin même de la vente, pas avant, un autre que ces messieurs avertit l'administrateur de la Bibliothèque nationale, qui envoya mettre opposition «t avec des façons de gendarme,,» dit M. Feuillet dans un récit arrangé à sa manière (5). Autre part, il se plaint de « la douane de la Bibliothèque (4). » On sait quelle espèce de gens médisent des douaniers et des gendarmes(5). Et, pour le Gabriel Naudé, qu'il assure ne valoir pas plus d'un écu(6), par excès de modestie; car la pièce vaut trente fois davantage , ne serait-ce que par le travail exquis de sophistication dont il l'a embellie (7) , chef-d'œuvre du genre ! Ce Gabriel Naudé, qu'il connaissait si bien pour Tavoir vu dans un volume emporté chez lui en 1838, puis pour l'avoir vu vendre par V Alliance des arts (avril ISkk) (8) , puis pour l'avoir revendu lui-même en 18&7, pourquoi, lorsque le libraire Techener le mit en vente (18(^9), n'alla-t-il pas aussi avertir ce libraire, qui aurait composé « tout bonnement (9) , » si on avait voulu l'en prier. La Bibliothèque a eu tort , dites-vous , d'arrêter la vente pour en
(1) Yoy. plus haut, p. 30.
(2) Note au bas des pages 112 et 113.
(8) Page 113.
(4) Page 6.
(5) M. Feuillet verra si je prends cette qualification pour une injure , au cas qu'il veuille jeter les yeux sur ce passage d'un mémoire que TAcadémie des sciences morales et politiques m'a fait l'honneur d'admettre dans son recueil, tome VI : «La gendarmerie , telle qu'elle existe en France , cette milice de paix , morigénée autant qu'intrépide , virant de la vie des populations » dont ses armes font la sécurité , n'usant de la force qu'au nom de la loi et par le commandement du magistrat , ne pouvait s'organiser que sous l'influence de la civilisation moderne.
« Un soldat romain n'aurait pas compris la vertu de cet héroïsme vulgaire et journalier chez le garde municipal et le gendarme , qui respecte le citoyen paisible » sur qui et pour qui il veille , arrête le criminel sans animosité hostile , essuie son feu ou affronte son poignard sans le frapper, et , s'il n'est pas mis hors de combat, saisit l'assassin bravement et de sang froid, et l'amène devant la justice sans autre violenee qup la contrainte légale. »
(6) Pages 114, 141.
(7) Voy. plus haut, p. 34.
(8) Pages 118, 114.
(9) Page 114.
venir à la démonslralion de son droit de propriété ; droit incoiUestable I quoique , selon M. Feuillet ^ « il se soit trouvé devant le juge d'instruction, M. Hatton, que la pièce avait fait partie d'un volume donné en présent à M. de Ch&teaugiron (mort) par le président Agier (mort) (i) ; » ce qui porta dans l'esprit du juge une conviction telle.... qu'il rendit la pièce à la Bibliothèque nationale. Pour ce fait| M. Feuillet prend le juge à partie (i). Je crois pouvoir sans ingratitude me dispenser de défendre M. Hatton contre M. Feuillet.
J'arrive à la vente de l6Vlj bonne œuvre, comme chacun sait^ de la piété de M. Feuillet (s), et pour laquelle il cacha son nom , comme doivent faire les auteurs de bonnes œuvres. Il le cachait encore, et pour cause, dans la partie de son pamphlet, qui forma le premier factum distribué secrètement aux juges (4). Dans la seconde partie du pamphlet, qui s'intitulait po«l-«oripliim (p. 129«- 156), échappé de Tinstruction judiciaire, il lève le masque alors , et s'avoue le patron de la vente. C'est pour son pauvre ami de Chdteaugiron (s) qu^il a vendu; il a fait t^reêtaurer, rhabiller les pièces qui n'étaient pas en très-bon état(o) : (le Gabriel Naudé, par exemple); t{ y a joint quelquee pièee$ de grande eurioêité historique pour rehausêer la vente {i)*^ » quelquet pièceê, qui formaient à tout le moins la dixième partie; pour rehauner quoi? la collection êi riche de M. le marquiê de Chdteaugiron (8) !
Il ne peut pas nier , il ne nie pas que « toutes les pièces compo* sant la vente ont passé sous ses yeux (9) ; » il condescend même jusqu'à dire que « s'il avait le loisir de passer une à une en revue les dix ou douze pièces que la Bibliothèque nationale a reveadiquées dans la vente Chàteaugiron.... peut-être arriverait-il à ébranler sur ses prétentions le cabinet des manuscrits. » Peut-^tre! voilà qui commence à être plus raisonnable, et lorsqu'il « ne veut, dans tous les cas , accepter , au sujet de la provenance des pièces , les dires de M. Hauréau que sous bénéfice d'inventaire, » nous ne demandons pas autre chose , pourvu qu^on examine l'inventaire
(1) Page 114.
(9) Page 140.
(8) Voy. plus haut, p. 84.
(4) «Cité k son tour, le libraire Charayay nomme la personne qui l'on a chargé. Enfin celle-ci étant appelée , il se trouva que les autographes vendus étaient extraits pour les neuf dixièmes de la collection si riche du marquis de Gh&teaugiron.« (P. 114.)
(5) Note de la page 137.
(6) Ibid.
(7) Ibid.
(8) Voir ci-dessus , note 4.
(0) Page 141.
coDtradictoiremenl. II aura pleine satisfaction alors , et il demeurera convaincn, à n'en ponvoir donter, qne tontes les pièces delà vente de 1847 signalées par nous ont été volées à la Bibliothèque nationale; et nous ne pourrons pas lui concéder que Tabsence « d'estampille , cote y ou pagination spéciale propre à soulever des scrupules ,» prouve que le vendeur, non pas M. de Ghàteaugiron , mais M. Feuillet, a été de bonne foi.
Comment! monsieur Feuillet, vous «qui, depuis trente-quatre ans, vous plaisez aux choses de collections et d'autographes (i) , » et particulièrement aux choses de la Bibliothèque nationale depuis bienlAt treize ans , l'extrait des registres du prêt en témoigne assez tristement (2) ; vous qui, avant 1847, aviez tenu chez vous, pendant des semaines entières, tous les volumes d'où ces pièces ont été enlevées par des coupeurs d'autographes, pires que des coupeurs de bourses ; vous qui aviez feuilleté à loisir ces volumes avec tant d'autres pareils , il n'y avait pas plus de neuf ans , huit ans , et pour quelques-uns quatre ans , non pas dix , quinze et vingt ans, comme vous dites (5) ; vous qui connaissiez si parfaitement la physionomie de ces autographes, quand ils passent sous vos yeux et par vos mains pour la préparation de la vente, il ne vous revient à l'esprit aucun souvenir! il ne s'élève aucun doute en votre conscience! vous n'êtes pris d'aucun scrupule! Vous qui avertissez si obligeamment les possesseurs d'un ou deux autographes arrêtés dans les ventes , vous ne vous avertissez pas vous-même au moment d'en vendre dix ou douze, sans compter ceux qu'on pourra découvrir encore ! Le département vous est tout ouvert (en 1847) , et vous ne songez pas à venir prendre vos sûretés avec votre for intérieur, et tout au moins avec la justice, qui pourra vous demander des comptes! Mais, quoi! vous n'avez ni scrupules ni doutes.
Après cela, déclamez tant qu'il vous plaira contre « les conservateurs payés pour conserver, et qui ne conservent pas, et laissent dépouiller l'État, » et contre « tout ce que l'incurie des préposés pourrait avoir amené de soustractions (4), » sans réfléchir que vos coups portent sur votre bataillon sacré et sur le coryphée de vos témoins à décharge, préposé spécialement à la garde des manuscrits français , et non pas sur les conservateurs qui sont entrés à la Bibliothèque longtemps après les méfaits consommés, et qui tA-
(1) Page 56.
(2) Voir le numéro C des Pièces justificatives.
(3) Page 142.
(4) Page 151.
ehent de réparer le mal; efforcez-voas d'égarer rinlelligence de vos lecteurs dans les tortuosités de vos sophismes ^ et de les aveugler sur l'impudence de tant de fables en les éblouissant d'une fantasmagorie où se mêlent Beaumarchais et Molière, madame Dacier, qui faillit s'empoisonner avec du brouet noir y et La Fontaine , gui me dit que je suis un âne et que je suis un courtisan; la Montagne, qui terrorise, et Louis XIV accusé de vol ; mesdames Tastu etWaldor, que vous compromettez là bien gratuitement, et le savant q^i lit dans les manuscrits orientaux comme Le Verrier dans le ciel ; le démon de Soorate et Marlborough s^en va-t-en-guerre ; le Fou d'Athènes et le marquis de Torcy : qu'est-ce que tout ce fouillis prouvera, sinon que, pour notre malheur, nos juges ne l'ont point daigné lire attentivement; car ces esprits éclairés et consciencieux auraient compris tout d'abord qu'un homme de cœur, qui se sent fort de son innocence et de son honnêteté, ne se défend pas ainsi.
M. Feuillet a beau s*écrier d'un air de matamore : « Un souffle , et la torche était éteinte » (il faut convenir, du moins, que lui et ses amis ont terriblement soufflé); il a beau proclamer victorieusement que : « Son retour ayant appelé l'examen , la production de la liste des autographes que Chàteaugiron Tavait chargé de faire vendre , et sur laquelle ne manquait pas une seule des pièces revendiquées, Gt balayer tout l'échafaudage des calomnies (i); » tant qu'il ne produira pas une liste de la propre main ou avec la signature authentique de M. de Chàteaugiron , et non d*une autre écriture, fût-elle sur papier à tète du consulat de Nice, ma raison se refusera toujours à reconnaître comme constatée <c d'une fagon péremptoire, irréfragable, » la provenance de M. de Chàteaugiron.
Et, fùt-elle prouvée, est-ce que l'instrument volontaire, intelligent, instruit, d'un acte illicite, se justifie en montrant celui qui l'a ordonné sans savoir peut-être ce qu'il faisait (2)? Est-ce que le dol du vendeur peut être couvert par l'auteur de la possession illégitime? M. Feuillet échappe à une poursuite criminelle, grâce à la prescription , soit. Mais je l'accuse au tribunal de la conscience publique d'avoir vendu , dans le mois de mars 1847^ soit à son profit, soit pour le compte d'un autre, toujours au préjudice de la Bibliothèque nationale :
1^. Une lettre autographe de Malherbe , qui a été dérobée d'un volume prêté à M. Feuillet, du 21 février au 5 mars 1838;.
(1) Page 185.
(2) Page 149.
2«. Uoe lettre autographe de François de Thon , qui a été dérobée d*un volume prêté à M. Feuillet, depuis le 22 décembre 1837 jusqu'au 12 février 1838, et une seconde fois, du 10 au 17 novembre 1838 ;
3"*. Une lettre autographe de Cambden à Peiresc , qui a été dérobée d'un volume prêté à M. Feuillet, du 30 janvier 1838 au 7 février suivant , et auquel manquent neuf pièces ;
i"". Une lettre autographe de Gabriel Naudé , qui a été dérobée d'un volume prêté à H. Feuillet , du 7 au 12 février 1838 (i), et auquel manquent dix-neuf lettres ;
5*^. Une lettre autographe de Cojas , qui a été dérobée d'un volume prêté à M. Feuillet, du 30 mai au 8 juillet 1839 ;
6*". Une lettre autographe de Hevelius, qui a été dérobée d^un volume prêté à M. Feuillet , du 5 au 9 mars 1838;
7*'. Une lettre autographe de Rubens , qui a été dérobée d'un volume prêté à M. Feuillet, du 7 au 14 février 1839, et auquel manquent quarante-cinq lettres du même personnage;
8"*. Une lettre autographe de Saumaise , qui a été dérobée d'un volume prêté à M. Feuillet, du 22 au 28 du même mois, et auquel manquent vingt-sept lettres du même écrivain;
9<». Une lettre autographe de Strozzi, qui a été dérobée d'un volume emprunté par H. Feuillet, du 7 au 29 ^uin même année, et auquel manquent quinze autres lettres;
10"*. Une lettre autographe de Calvin, et 11"" une lettre autographe de Viret, qui ont été dérobées d'un volume emprunté par M. Feuillet, du 30 novembre 18&0 au 1«' mars 18&1 , puis, une seconde fois , du 25 au 31 août 1843 , et auquel manquent neuf lettres de Calvin;
12''. Une lettre autographe de l'historien de Thou, qui a été dérobée d'un volume prêté à M. Feuillet du 7 février 1839 au 14 du même mois et portant des traces de plusieurs autres lacérations.
S'ily a quelque chose dans ma longue carrière dont je m'honore, et dont je sois tenté de m'enorgueillir un peu , c'est la fureur et la virulence des attaques de tous ces ennemis de la Bibliothèque nationale , de tous ces amateurs éhontés du bien de l'Etat et de leurs fauteurs. Je me persuade que j'ai rendu des services de quelque importance, puisque je les ai tant irrités; que j'ai quelque consistance et quelque force, puisqu'ils s'acharnent avec une telle ani^
(1) M. Feuillet prétend que j*ai redemandé cette lettre après l'avoir recouvrée. Non, je ne la redemande pas; je l'ai reprise a une autre vente en 1848. Mais il n'e» est pas moins vrai qu'elle avait passé dans celle de 1847.
jmosité ooDire moi. Il est à remarquer que tous ces gens-tà ont commencé par me rechercher et me faire d'obligeautes prévenances. Ceux qui publiaient des livres m'en offraient un exemplaire. J'ai dû être flatté aussi de leur correspondance; j'étais « rillustre, le tràs-honoré confrère; » on me priait « d'achever ce que j'avais commencé avec tant de mesure et de tact. » M. Feuillet me prenait par « ma grâce accoutumée ; » j'avais été « toujours la bonté même , » pour lui personnellement. D'où vient un si grand changement de leur part? En vérité ^ je ne me crois changé ni au fond y ni dans les formes. Pourquoi les formes ont-ellels changé ainsi chez eux? car je me figure que le fond a toujours été le même. Survenant de certaines circonstances , la Bibliothèque placée entre eux et moi nous a faits ennemis. Il fallait passer de leur côté, ou encourir leur inimitié; je me suis résigné au second parti. M. Feuillet a surchargé sa brochure d'un luxe étrange de citations; qu'il me soit permis d'en faire une à mon tour, non certes que l'envie me prenne d'imiter M. Feuillet , j'aurais trop à faire et à me forcer :
Peu de gens gardent un trésor
Avec des soins assez fidèles.
Certain chien, qui portoit la pitance au logis, S*étoLt fait un collier du dîner de son maître.
Ce chien-ci donc étant de la sorte atourné , Un mâtin passe, et veut lui prendre le dîné.
Il n'en eut pas toute la joie Qu*il espéroit d'abord : le chien mit bas la proie Pour la défendre mieux , n*en étant pas chargé.
Grand combat. D'autres chiens arrivent :
Ils étoient de ceux-là qui vivept Sur le public , et craignent peu les coups.
Notre chien se voyant trop foible contre eux tous , Et que la chair couroit un danger manifeste, Voulut avoir sa part ; et lui , sage , il leur dit : « Point de courroux , messieurs , mon lopin me suflît ;
Faites votre profit du reste. »
A ces mots , le premier, il vous happe un morceau. Et chacun de tirer, le m&tin , la canaille , A qui mieux mieux ; ils firent tous ripaille ,
Chacun d'eux eut part au gâteau (1).
(l) La Fontaine, Fables, VIII, 7 : Le Chien qui porte à son cou le diner de son maitre.
L*Etal, c'est mon matlre; <ia'il preoDe la figure d'one monarchie ou d'uue république^ n'importe; je garde et je défends son bien. Contre les grifiTes et les dents de qui veut vivre ou s^enrichir de sa dépouille, mon devoir est de combattre toujours à outrance, très-ferme en ce point, de ^'imiter jamais la sagesse des chiens qui partagent avec les mcUins et avec la canaille , et de ne reculer jamais.
Au reste, je ne crains pas que la Bibliothèque nationale ait dé* sormais des combats bien rudes à livrer pour reprendre à M. Feuillet sa proie. On sait à quoi s'en tenir à présent sur sa loyauté (i)^ de même que sur la folie de Id. Gouget. On connaît la différence d'au-
(i) Cet écrit en eipose les preuves , dont Toioi le sommaire :
io. Deseription d'une scène de eonspiration du Cïonsenratoire de la Bibliothèque nationale contre M. Feuillet, dans des séances pb Ton n*a p^s seulement .parlé de lui. — Voyez plus haut , p. 2.
S<*. Agression de la Bibliothèque , tandis que lui-même la met en demeure et la provoque. — Voyez p. 4-6.
30. Proposition amiable et spontanée de M. Feuillet, quMl avoue lui-même avoir faite comme contraint et forcé par la brochure de M. Jubinal. — Voyez p. 6.
40. Autographe de Montaigne donné à M. Feuillet par Lémontey, tandis que la pièce est copiée à la Bibliothèque par M. Gouget. — Voyez p. 8.
50. Ignorance de M. Feuillet, pendant seize ans, de Texistence de la Galerie française, h laquelle travaillent son ami Campenon et Lémontey, le donateur même de l'autographe , dont cet ouvrage revendique la propriété pour la Bibliothèque. — Voyez p. 9.
6*». Connaissance acquise , en 1837, par M. Feuillet, à ce qu*il dit, de la réclusion de M. Gouget, dans une maison de fous, tandis que M. Gouget exerçait les fonc. tiens de commissaire de police , dont il était encore en possession Tannée suivante.
— Voyez p. 12.
70. Récit d'une enquête à la Bibliothèque , afin de constater la légitime possession de son autographe, sans qu'il puisse en justifier par aucun procès-verbal, aucune mention dans les actes du Conservatoire , aucune constatation positive du fait. — Voyez p. 5, 6, 10-12.
80. Possession d'une lettre de Pasquier, prouvée par une généalogie imaginaire.
— Voyez p. 99.
90. Citation du Journal de la librairie démentie par. le Journal même. — Voyez p. 14, 15.
10». Altération du texte de M. Gouget pour en tirer une conclusion fausse. — Voyez p. 16, note 1.
llo. Récit de Taffaire Tiran , dont toutes les circonstances, au nombre de six ou sept, sont autant de contre-vérités. — Voyez p. 39-47.
120. Imputation aux adversaires de M. Feuillet, d'actions . qu'ils n'ont point faites , telles que : Louis XIV accusé de vol, envoi d'huissier à des savants , vente de livres portant des estampilles grattées , propos calomnieux sur une prétendue fuite. — Voyez p. 35-36.
13*. Supposition d'une date précise qui n'existe pas dans nne note alléguée en témoignage. — Voyez p. 29-31.
140. Vente , en 1847, au nom de M. de Châteaugiron , d'autographes provenant de recueils que M. Feuillet avait empruntés à la Bibliothèque nationale , qu'il avait eu le loisir d'examiner chez lui , et qui lui étaient parfaitement connus.
thenticité entre le catalogue par volame des Dupuy^ et la table des matières que M. Feuillet appelle catalogue. Ou apprécie à leur vateur les arguties sur les variantes Montaigne et Montagne, et sur les variétés hypothétiques des personnages appelés Montagne. Quant à Tétat matériel de la pièce en litige, nous serons appelés , cette fois y à le discuter contradictoirement avec M. Feuillet en chambre du conseil. Nous nous trouvons donc dans les mêmes ou plutôt dans de meilleures conditions qu'autrefois pour l'autographe de Molière. Beaucoup des juges qui siégeaient alors à la cour royale siègent encore^ et les Séguier et les Pécourt ont eu, depuis, de dignes successeurs.