‹ Réponse de Messire Chaboillez, curé de Longueuil, à la lettre de P. H. Bedard [microforme]Chapitre 12 sur 12 · FT · texte numérisé non relu

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Saldes est encore le seul Cocdinteur de

bec, et dans le cas où tl viendrnit à la Succeksion,

l'Evèque de Telrnesse seroit-il meins dans sa dépendance que dans celle de son prédécesseur ? Fort bien, mon cher confrère ; c'estla procisement ce que je pense, et ce que j'ai dit Mais si vous êtes d'accord avec mot, n'êtes vous pas en contradiction avec votre Collègue, qui prétend que le Sucvcesseur de l'Evè-

que a tu

el de Qué!

oc

ne sauroit dépouiller l'Evèque de Tel-

messe de ses pouvoirs, sans recourir au Siège Apostolique, et que le dit Evèque de Telmeséè' éxerce ses faculrés, non en

vertu des Lettres de l'Evèque de Québec, mais auctoritate Apos-

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nouvel de vos faisons fait ren en in rict de gnifiée » choses prends éclare, ollègue \ incul+ tention ion suŸ C'est | égarer ais j'espre, déabomie, et sur

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tolicA ; ce que le Pape a pù lui accorèer sans doute, en vertit du pouvoir qu'il a d'éxempter de l4 Jurisdiction ordinaire et Episcopalc ? Or comment accorder cette.éxemption de la Jurisdiction ordinaire et Episeopale avec la dépendance de l'E-. vêque Diocésain; comment concilier cet éxercice des Jacultés pour un temps indéfini, indépendamment du consentement de FEvèque Diocésain, avec la dépendance de ce même Evèque ; e'est ce qu'il n'est pas aisé à tout ie monde d'expliquer. Mais je me contente de prendre acte de votre aveu, et vous laisse à régler avec P. H. Bedard les concitions de votre arrangement au sujet de la contradiction.

Venons maintenant à une question que vous dites n’avoir pas la prétention de décider, et que vous décidez néanmains pour la partie la plus importante ; sçavoir si les Loix Ecclésiastiques de france, font encore partie des Leix de cette Province. Je scrai. contraint d'avouer, (dites-vous, Page 12,) que quant à læ nomination ct institution des Evéques, ainsi qu'à la manière de recevoir les décrêts du Saint Siège, ce pays est devenn aussi étranger aux lois canoniques de France qu'il l'est à celles de Pologne ou de Hongrie. Bien loin d’avouer une proposition aussi étrange, je m'en tiens à ce que j'ai dit à dessus dans ma Lettre précédente, et j'ajouterai de plus que depuis comme avant la cession de ce Pays à l'Angleterre on a suivi pour la nomination et l'institution des Evèques, ce qui avoit été réglé par le Concordat: entre Léon X, et François I; ce qui est conforme à la doctrine de Benoit XIV, que vous citez en Note (Page 21,) savoir “ qu’excepté en Allemagne où les Elections ont encore lieu, les “ autres Evêchés sont conférés par le Pape en Consistoire, soit “ tout à fait librement, soit d’après la nomination préalable des & Rois et des Princes, qui ont droit d'y nommer des personnes “ convenables ; et que dans ce dernier cas, la collation faite en “ consistoire par le Pape a tout à la fois la force d'élection et “ de confirmation.” Je conviens très volontiers de ce principe, qui est tout en faveur de ma cause. Tout le monde sçait que depuis Monseigneur Briand, premier Evéque de Québec depuis la conquète, tous ses successeurs ont obtenu leurs Bulles de Coadjutorerie cum futur& successione, sur la demande qui en étoit faite par l'Evèque en titre, et après avoir été nommés, ou aggréés par le Roi. Les Papes qui les accordoient, les Evèques qui les sollicitoient, ont donc reconnu dans la pratique ce droit du Roi de nommer à l'Evèché de Québec. Oserez-vous dire qu'ils ne devoient pas le faire? Non, sans doute, et vous serez contraint d’avouer que c’étoit le seul moyen légal de perpétuer l'Episcopat en Canada. Eh! qu'ai-ie dit autre chose ? Pourquoi donc m'accuser d'avoir préché la doctrine de la suprématie, d'avoir porté atteinte aux droits du Saint Siège Apostolique. Com mencez donc par faire d'abord cette accusation contre les Papes

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eux-mêmes, contre nôtre Evèque actuel ct ses prédécesseurs, qui ont fait précisément ce pourquoi votre parti voudroit mer faire passer pi un hérétique, pour un homme qui sacrifie sæ religion au désir de faire sa cour au Gouvernement,

Mais vous poussez les choses encore plus loin: Vous m'ace cusez (p. 12) Mabeantie de jaire ma cour au Gouvernement d'une manière perfide, et propre à jetter dans l'esprit de ce Gouvernement des soupçons odieux contre les Chefs du Clergé de ce pays, C'est-à-dire, du Corps le plus. fidèle et le plus loyal qui existe peut-être dans tout l'Empire Britannique. Je rends, comme vous, très-volontiers, justice à la loyauté bien reconnue de tous les Membres du Clergé, mes Confrères, comme les vôtres. Mais est-il vrai que j'ate cherché à compromettre l'autorité civile avec ce qu'il y a de plus respectable dans l'Eglise, à mettre aux: prises les deux Cours de Rome ct de Lonwres? N'a-t-on pas droit plutôt d'imputer un tort aussi grave, à ceux à qui il a plù d'imaginer, à l'insçé du Gouvernement, un nouvel Evéché en Canada, sans que l'Ivêque l'ait sollicité. sans que le Pape l'ait accordé? Or il n'y a personne à Montréal qui ne sache que telles étoient et telles sont encore les prétentions du parti que vous défendez. La preuve s'en trouve dans la Lettre de P. H. Bedard, #: dans ma réponse à icelle. Mais rassurons nous, La Crur de Rome séait trop bien de quelle importance il lui est de ménager le (Gouvernement Britannique, pour s'exposer à le mécontenter, en favorisant les prétentions d'une faction qui agit contre ses intentions, et celles de l'Evèque de Québec. D'un autre côté la Cour de Londres a trop de discernement et d'équité pour ne pas reconnoître quels sont les auteurs des troubles, qui divisent aujourd'hui les sujets Catholiques de Sa Majesté en Canada. Espérons donc avec confiance que les deux Cours, d'un commun accord, rendront justice à qui il appartiendra.

Je pourrais terminer ici la revüe de vos Observations; car mon but principal étoit de me laver des intentions edieuses que vous m'imnutez à l'égard de N.S8. P. le Pape, et de Monseigneur notre Evèque. Je crois que ce que j'ai dit, tant dans ma Lettre précédente, que dans les présentes Remarques, doit suflire pour me justifier aux yeux de tous ceux qui ne sont pas aveuglés par l'esprit de parti, et qui ne se sont pas laissés préjuger par les calomnies répandues centre les adversaires du nouvel crére de choses. Vous convenez avec moi des points principaux de la controverse, £A! que nous importe (ditesvous, p. 22: que le District de Montréal soit ou ne soit pas ur District Episcopal 2 Mais ilimporte qu'il ne soit pas un nouvel Evèche, ni un Territoire distinct, détmembré du reste du Diocès”. Vous avez reconnu que ce n'est pas le cas; nous Voiu uaccord. Vous avouez que Monscigneur de Telmesse

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m'est pas Evêque Diocésain du District de Montréal. Cette rétention n'existoit pas dans mon imagination, Comme vous voudriez bien le faire croire, mais bien plutôt dans certaines autres tètes mal-organisées. Vous y renoncez pour eux et pour vous; nous voilà encore d'accord, Vous êtes convenu, malgré l'asscrtion contraire de votre collèzue, qu'avenant la mort de notre Evèque actuel, Monseigneur l'Evéque de Telmesse ne pourra exercer les fonctions É pisçopal aies que du con sentement «le son successeur : encore d'accord. Voilà trois de mes Questions auxquelles vous donnez la même sclution que moi. La difficulté ne reste donc plus que sur deux points ; d'abord sur les honneurs Episcopaux ; mais à moins d'être dominé par le fanatisme le plus ridicule, vous devez convenir que cette Quesion n'intéresse pas la Foi, et qu'on peut discuter ce soint sans mériter les épithètes d'hérétique et de DEN Me Tate difficulté roule sur l'étendue de la Jurisdiction de Mon seigneui l'Evèque de Telmesse. J'ai déjà déclaré dans mes ‘Questions, et dans la Lettre précédente, que les Ecclésiastiques du District de Montréal, doivent le regarder comme leur Supéieur, en qualité de Grand-Vicaire de Monseigneur l'Evéque de Québec; ce qui est reconnoître bien clairement son droit d’exercer Ja Jurisdiction Episcopale, dans la dépendance de l'Lvèque Diocésain, comme vous l'avez dit vous même pp. 11 et 28. Nous voilà donc encore d'accord sur la première partie de ma cinquième questisu. Reste à sçavoir, si les Ecclésiastiques du District de Montréal sont obligés de croire qu'ils font partie d'un Clergé qui appartienne à Monseigneur l'Evêque de Tel. messe. Cette expression qui a si fort choqué P. H. Bedard, vous ne la défendriez pas avec plus de chaleur, quand vous eu seriez vous même l’auteur et l'inventeur. Pour le fonds de la æhose, je m'en tiens à ce que j'ai dit ci-devant: quant à la propriété ou l'impropriété de l'expression, je vous laisse à vous gendarmer avec le dit P. H. Bedard.

Deux objets cependant vous tiennent encore à cœur ; l’inamovibilité des Curés du Diocèse, et la publication du Bref Apostolique, qui établit Monseigneur de Telmesse sur le Clergé

et les Fidèles du District de Montréal. Sur ce dernier article,

après avoir bien I et examimé vos arguments, je crois y avoir sufisamment répondu dans ma Lettre précédente. Quand à l'inamovibiite des Curés, je n'entreprendrai pas de répondre aux dix-huit raisons par lesquelles vous prétendez prouver qu'elle ne doit pas avoir lieu dans ce Diocèse. IT suffit de dire ici qu'elle est prescrite par une Ordonnance ; qui n'a jamais été revoquée, à laquelle un Evèque üe Québec, Monseigneur de St. Vallier, avoit promis de se conformer (par le Réglement de 1592) quoiqu'il ne l'ait jamais.fuit, non plus que ses suceespeurs; que le Clergé de ce Pays s'en est toujours plaint, que

le Chapitre mème s'est efurcé de remédier à éct abus; et que la Lettre que vous citez de Mr. Maurepas à M. M. de Beauharnois et Hocquart prouve l'intention du Gouvernement François de fare éxécuter l'Edit de 1679. Vous sçavez sans doute qu'on appelle abus toute contravention à une Loi Éxistante et non révoquée, Usus contra lexem non est usus, sed abusus; que l'abus ne se couvre point par la prescription, et que plus il est invétéré, plus il crie contre l'infraction de la Loi, Abusus perpetuo clamat. Mais il est inutile de s'étendre d'avantage sur une question qui ne sera decidée ni par vous ni par moi. Restons-en là jusqu'à ce qu'elle le soit par les autorités compétentes; malgré votre appel pathétique à vos vénéables confrères, pour leur persuader que tout à cet égard va le mieux du monde, et qu'il est de leur interêt de n'avoir rien de fixe et de déterininé sur un point si iurportant, d'où dépend leur bien-être et mème la possession de leur état.

Je ne daigne pas répondre à vos insinuations perfides et calomnieuses ; que j'ai voulu me faire des amis à tout prix, par une vile adulation envers le Gouvernement, envers mes Confrères, envers même nos frères séparés, même des Gazettiers, &ce. C'est un crime, à vos yeux, que tant de personnes aient trouvé que j'avois raison, et que le parti cpposé avoittort! «uelle pitoyable cause vous avez à défendre, quand au lieu de raisons vous n'avez que des injures à opposer à votre adversaire! J'ai des reproches bien mieux fondés à vous faire: par exemple de changer l'état de la question; lorsque vous dites que j'ai prétendu qu'il falloit le consentement du Clergé et du Peuple, pour l'élection de Monseigneur J. J. Lartigue et sa promotion à l'Episcopat ; tandis que je n'ai avancé autre chose, si non que. ce consentement du Clergé et du Peuple, ainsi que l'Enquête de commodo et incommodo, et autres formalités étoient nécessaires pour la division du Dincèse, et l'érection d’un nouvel Evêché. Je pourrois vous reprocher des réticenses fraudu- Jleuses, telles que celle au sujet de la Bulle de Clément X. pour l'érection de l'Eglise de Québec en Cathédrale, et la suppression du Titre de la Paroisse. (Car vous vous êtes bivn gardé de d're qu’en 1712, le Chapitre de Québec étant en proces avec l'Evêque de Québec, et la cause ayant été évoquée au Conseil

-du Roi, il intervint un Arrêt portant que la Bulle du ler Dctobre 1674 seroit exécutée, mais quand à l'érection du chapitre seulement. Si vous eûssiez vû l'Zs'oire Abrégée de l'Erlise de Québec, et des difficultés qu'il y a euvs depuis 1644 jusqu'en 1771; ouvrage manuscrit dont il existe susleue Copies, à

quelqu'une desquelles vous auriez pù facilement vous procurer accès, vous auricz appris que cette partie de la Bulle, qui supprime le titre de la Paroisse de Québec, qui donne l'Eglise et les maisons qui en dépendent à ] Evêque pour sa résidence ; qui

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donne aut Chanoines les revenus de la Fabrique pour leur servir de Mense Capitulaire a été regardée comme nulle et abusive ; vous y auriez vü les raisons détaillées ; parce que les formes canoniques n'avoient pas été observées; parce que le Pape n'avoit pas délégué un commissaire in partibus pour taire l'enquête de commodo et incommodo, parce que les parties intéressces, (sans doute, le Curé et les Paroissiens) n'avoient pas été citées ni entendues ; enfin parce qu'il étoient contraire aux Lois du Royaume et aux Libertés de l'Eglise Gallicane de reconnoître dans le Pape le droit de disposer des biens des sujets de sa Majesté Très-Chrétienne, et d'en ôter la propriété aux uns, sans leur consentement, pour la transférer à d'autres. Aussi, comme tout le monde sçait, le titre de la Cure n'a jamais été supprimé ; et l'Eglise, et les biens et revenus de la F'abrique ont toujours continué d'appartenir aux Paroissiens, et d'être administrés par les Marguilliers, comme s’il n'y eùt jamais eu de Bulle à ce contraire, Ce petit supplément à votre citation fera juger au Lecteur si elle prouve plus en votre faveur que contre vous. Mais ce n'est pas tout: vous citez encore ces paroles de la Bulle: juxtà terminos ab codem Ludovico Rege designandos et per sedem Apostolicam prædictam approbundos. Vous vous autorisez de ce passage pour contredire ce que j'ai dit dans mon premier Pamphlet, que {« Bulle désigne de territoire qui doit former le nouvel Evêéché, et que le District de Montréal yest compris. Que penser de vous, lorsque je vais vous prouver que cette assertion est fondée sur les propres termes de cette Bulle, qui précèdent immédiatement ceux que vous avez cités ; et les voici : Ac ipsi futuro Quebecensi Episcopo civitatem prædictam pro ejus civitate, et pro Diæcesi terris cppida et loca in prædictä Regione sub Dominio temporali dicti Ludovici Regis ad præsens existentia et pro tempere futuro nuilius alterius Épiscom Jurisdictioni spirituali nune subjecta juxtà termunos ab codem Ludovico Rege designandos et per sedem Aposlolicam prædictam approbandos ac civitalis Quebecensis communitatem et homines ac terrarum Oppidorum locorum ac Regionis hujus modi Universitates et homines habitatores et Incolas pro suo populo et Diæcesanis ac eorum: Clericos pro sus Clero concedimus et assignamus.” Maintenant avez-vous bonne grace à vouloir persuader que j'ai cité la Bulle du ler. Oct. 1674 sans l'avoir lue? Aurez-vous la hardiesse de nier qu'elle prouve précisément ce que j'ai avancé; que le District Ge Montréal est aux termes de la Bulle, compris dans le Diocèse de Québec? Ce que j'ai affirmé, (dites-vous p. 19) avec une confiance qui n'appartient qu'à moi. N'avois-je pas droit de l'avoir, cette contiance, quand j'avois en ma possession un document, qui prouve si évidemment la vérité de mon assertion ? Ces petites inconséquences (ajoutez vous, p. 20) nous meltent à portée d'apprécier à

on me

deuï juste valeur les assertions de l'écrivain. Je suis fàché de vous le dire, mon cher Confrère ; mais tout le monde le verra, que votre citation de la Bulle de Clément X me donne le droit & vous accuser d'une mauvaise foi, et d’une fourberie, indigne de tout honnète homme, et plus encore d’un Ministre de l'Evangile.

J'aurois bien d'autres erreurs, bévües, faussetés, à relever &ans vos Observations; mais pour ne pas abuser de la patience du Public, quicommence à se lasser de cette querelle, je passe tout de suite à votre dernière page, où vous avez manifestement pour but d'attribuer à Messieurs du Séminaire de St. Sulpice de Montréal d'être en partie cause de la différence d'opinion dans ce District, par leur refus de prendre communication du Bref Apostolique en faveur de Monseigneur de Telmesse, communication que vous dites leur avoir été offerte au commencement de Mars, 1821, et qu'ils ne daignèrent pas se procurer, Vous assurez tenir ce fait de bonne source, et certainement il devoit surprendre vos lecteurs. J'ai été aux informations, et non seulement je me suis assuré moi-même ; mais encore je suis fondé à assurer le Public que rien n’est plus faux que cet avancé. Le Chef et les Membres de cette respectable Maison sont bien connus : faites vous connoître sous votre propre nom; faites connoître celui qui vous a donné cette information; et jusqu'à ce que vous ayez donné d'autres garanties que l’assertion d'un Auteur anonyme, fondée sur une autre autorité anonyme, ne soyez pas surpris que le tout soit regardé par un Public éclairé et impartial, comme unc imposture des plus odieuses, et qui prouve combien votre cause est désespérée, quand de pareils moyens sont vos dernières ressources.

Vous terminez par me déclarer combien vous êtes afligé que mon écrit lancé imprudemment dans le Public, vous ait mis dans la nécessité de rédiger vos observations ; et moi je vous déclare que je suis encore plus afligé que vos assertions fausses et calomnieuses m’aient mis dans la nécessité de les réfuter, Sans votre imprudence je n'aurois probablement pas publié ma Réponse à P. H. Bedard, et tout en seroit resté là. Mais comment ne pas me servir des moyens que j'ai en main pour me justifier contre toutes les imputations odieuses que votre parti ne cesse d'accumuler contre moi, quand je vois, qu'outre les autorités Ecclésiastiques du Pays, dont on veut m'accabler, on y joint encore celle d'un Evèque étranger, qu’on fait intervenir, je ne sçais pourquoi, dans nutre dissension, et sur l'opinion duquel on s'efforce d'appuyer ma condamnation? Vous voyez que je veux parler de la prétendue Lettre du Dr. Wm. Poynter, Évêque d'Halie, et Vicaire Apostolique de Londres, qu’on a fait circuler insidieusement, surtout dans les Campagnes, pour indisposer contre moi le Clergé et les Fidèles de ce District,

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Examinons cependant quelle foi on doit ajouter à cette pièce si décisive, du moins au jugement des zélateurs du nouvel ordre de choses. N'’a-t-on pas droit d'abord de la regarder comme ‘une fabrication imaginée par ce parti, pour s’autoriser d'un nom respectable, afin de produire un effet momentané, sans se mettre beaucoup en peine de compromettre celui à qui on l'attribue. Cette Lettre a été imprimée à Montréal; Auteur de l’espèce de Préface qui la précède, dit qu'elle a été écrite à Monseigneur l'vèque de Québec ; as elle est pubiice avec permission. Or qui certifie que tout cela est vrai? Personne. Le Dr. Poyÿnter a-t-il écrit cette Lettre en Anglois ou en François ? Si elle a été écrite en Angiois, la traduction est-eile fidèle ? A qui Monseigneur l’Evèque de Québec a-t-il envoyé cette copie, ou cette traduction ? Et si cette Lettre lui étoit adressée, comme lui seul avoit droit d'en permettre la publication,ä qui a-t-il donné cette permission ? Est-ce Monseiyneur l’Evèque de Québec qui a autorisé l'Editeur àattribuer au venérable Prélat l'opinion qu'on ne peut contester les honneurs Episcopaux, ou la jurisdiction indpendante de l'Evèque de Telmesse, sans blesser la Foi? Jusqu'à ce que quelque personne constituée en dignité dans l'Eglise ait donné en son propre nom, des réponses satisfaisantes à ces questions, on est bien fondé, ce me semble, à nier l'authenticité de cette Lettre.

Mais en supposant qu'elle fût réellement du Dr. Poynter, que prouveroit-elle ? Rien autre chose, sinon qu'il n'entend nullement l’état de la question. Il suppose que j'ai voulu établir que pour la nomination de Monseigneur Lartigue, il falloit une Assemblée de tout le Clergé du District, des Ecclésiastiques du Séminaire de Montréal, de tous les Curés, tous les Marguilliers, &c. pour délibérer de commodo et inconmedo, &e. Or s’il entend le François, il n'a jamais pü trouver cela dans mon Pamahlet; il doit y avoir vù seulement que pour le démembrement du Diocèse, et l'érection d’un nouvel Evèché, il falloit, entr'autres formalités, le consentement du Clergé et du Peuple, dont on peut bien s'assurer sans les assembler tous dans un même lieu ; comme le prouve évidemment la démarche d'un certain parti, en s’efforçant de faire approuver après coup par le Clergé des mesures, sur lesquelles on n'a pas jugé à propos de lui demandé son avis, lorsqu'il pouvoit le donner avec pleine et entière liberté. Si le Dr. Poyater, qui m'accuse si gratuitement de ÆRadicalisme, connoissoit ceux qui à Mont, réal mettent tant de chaleur à soutenir l’éxdépendance et la pers pétuité de la jurisdiction de Monseigneur l’Evêque de ‘lelmesse, et les motifs qui les y engagent, il se seroit abstenu d'employer une expression qui leur convient beaucoup mieux qu'à moi, à tous égards, Cette Lettre fait voir que le vénérable Auteur s'imaginc que Mouscigneur J. J. Lartigue peut avoir, dans un

Diocèse régulièrement organisé, tel que celui de Québec, où il

a un Ordinaire, les mêmes droits et les mêmes pouvoirs qu'un Vicaire Apostolique, dans un pays où il n'y a pas de Diocèses régulièrement organisés, ni par conséquent d'Ordinaires. C’està-dire qu'il confond un Suffragant, Auxiliaire, Vicaire-Général de l'Evèque Diocésain, avec un Vicaire Apostolique. De plus en reconnoissant que Monseigneur de Telmesse n'est pas encore l'Evêque Orcinaire de Montréal, il fait bien voir que ses informations lui viennent de ceux qui ont l'espérance qu'il le deviendra un jour, sinon par l'accomplissement des formes Canoniques, au moins par l'usage et la prescription ; et c’est une preuve de plus ajoutée à ce que j'ai déja dit à ce sujet. Il donne aussi à entendre que personne ne peut contester le droit de Monseigneur de Telmesse aux honneurs Episcopaux ; puisqu'ils lui sont accordés par les propres ordres de Monseigneur l'Evèque de Québec ; il devroit sçavoir cependant que Monseigneur l’Evèque de Québec n'a pas jugé que ses propres ordres fassent suffisants pour déterminer cette question, puisqu'elle a été référée à la décision du Saint Siège. Tout cela n'annonce pas une information bien exacte des localités, ni une connaissance bien approfondie des Lois Canoniques ; quoique Monsieur l'Evèque d'Halie ne se gêne pas de m'imputer un vain étalage de quelques connoissances superficielles en Droit Canon, et un défaut de jugement daïs son application.

Ce que le vénérable Prélat dit de l’illustre Maison de St, Sulpice prouve qu'il ignore les désagréments qu'elle a Cpreuvés et qu'elle éprouve encore de la part de ceux dont il prend la défense, malgré l'estime, le respect, la confiance, la reconnoissance qu’elle mérite à si juste titre, pour les services importans qu'elle a rendus, et qu’elle rend encore à l'Eglise et au Pays ; sentiments qui semblent être devenus étrangers à certaines gens, mais qui conserveront toujours ceux des Canadiens qui ont sincèrement à cœur le bien de la Réligion et de leur Patrie.

Malgré les espérances de l'illustre Prélat, le Séminaire de St. Sulpice ne s'est pas déclaré, ni ne se déclarera j'espère contre la cause que je soutiens; mais je ne doute pas qu’il ne regrette un jour que dans le corps nombreux du Clersé, il s'en soit trouvé quelques uns, qui, influencés par l'opinion d’un homme aussi renommé pur son seavoir, sa prudence, s« modéra- . tion que le Dr. W. Poynter, ont signé la plus pitoyable Déclaration, dont il puisse être fait mention dans l'Histoire Ecclésiastique du Canada. Que penser en effet de gens qui déclarent qu'ils adhèrent de cœur et d'esprit à un Bref, qu'ils n’ont jamais vù ni là? qui croient que, parce qu'ils le regardent comme suffisamment notifié à eux et aux Fidèles confiés à leurs soins, tout le monde doit en juger de meme, quoique l'opinion contraire soit fondée sur les preuves les plus claires, appuyée sur une Décré-

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tale généralement admise? Qui désavouent tout ce qui a pæ être écrit .contre les dispositions des dits Bref et Mandemernts, quoiqu'’ils sachent très bien qu'il y a des écrits dont ils n’ont au: <une connoissance qui ont été envoyés en Cour de Rome, et

ui pourront lui donner des éclaircissements sur lesquels sera ondée la décision qu'on en attend ? Ces vénérables Confrères marquent-ils bien leur soumission au $. Siège, en approuvant d'avance, un Mandement dont quelques &ispositions sont contestées ; qui, comme l'avoue l’Auteur des Observations (p. 29) est depuis plus de deux ans sous la considération du St, Siège ; quiest par conséquent sujet à être altéré, ou même cassé et annullé ? Et si le cas arrivoit, que penseroient-ils eux-mêmes de leur jugement anticipé ?

Quelqu'extraordinaire que soit cette adhésion de cœur et d'esprit à un Bref qui n’est pas connu, et à un Mandement contesté, la condamnation de mon ouvrage intitulé Questions sur le Gouvernement Ecclésiastique du Disirict de Montréal ne l’est pas moins. Dequel poids er effet peut être l'opinion de gens qui désapprouvent trés expressément un ouvrage, les uns sans l'avoir là, comme plusieurs en sont convenus devant témoins, les autres intimidés par la présence du Maitre ; ceux-ci pour se délivrer des importunités des partisans du nouvel ordre de choses ; ceux-là effrayés par les menaces, ou trompés par les mensonges qu’on leur a débités avec profusion; et à la tête dé ces Zélateurs, des jeunes gens (car il n’est malheureusement que trop connu qu'à présent c'est la jeunesse qui a le plus d’influence dans le Clergé) à qui on peut attribuer sans témérité des vües d'intérêt personnel, le désir de faire leur cour aux Supérieurs, de se concilier leur bienveillance par un asservissez ment absolu à leurs volontés, de se procurer une promotion plus rapide aux dignités ecclésiastiques, dont on les a déjà fait approcher? S'il falloit lever les masques, que de gens rougiroient de s'être prêtés à une manœuvre qui fait si peu d'honneur au Clergé Canadien !

Qu'on ne croye pas cependant que tout le Clergé du pays ait participé à une démarche aussi fausse et inconséquente. O:xre les Curés des autres Districts, qui se sont bornés jusqu'à présent à gémir en silence des troubles occasionnés dans notre Eglise par l'introduction du nouvel ord:e de choses, on peut comn. ter, même dans ce District, un nombre suffisant de Prûtres, dont le discernement, la science, la régularité, la conduite exemplaire, et la fermeté forment plus qu'un contre-poids à la Déclaration de leurs Contrères. Au reste, pour tranquilliser les consciences des Signataires, dont l'intention étoit (suivant l'expression du Dr. W. Poynter) de prévenir l'anparence même d'un schivme; je vais leur citer une autorité qui détruit tout prétexte d'accusation de sclisme: c'est un

passage d'une Lettre de Monseigneur l’Evêque de Québee, du 12 Février 1823, | je conserve précieusement, ainsi que plusienrs autres dont il m'a honoré dans l'occasion. ‘“ Du moins ‘ vous admettez la validité de sa consécration ; et l'autorité “ qu'il exerce comme mon Vicaire Général. Vous déclarez ‘“ même que vous vous conformerez extérieurement à tout ce ‘ que prescrit le Mandement du 5 Décembre. Voilà autant “ qu'il faut pour le bon ordre de la discipline.” Je ne me suis jamais départi de ces principes, ni dans ma conduite, ni dans mes écrits ; et certainement Monseigneur notre Evêque est trop éclairé et trop zélé pour le bon ordre de la discipline, pour les avoir approuvés, s'ils eûssent eu une tendance au schisme ou à l'hérésie. D'ailleurs, sans avoir étudié la Théologie, ni le Droit Canon, le bon sens seul suffit pour empêcher de regarder comme schismatique des Prètres soumis à l'autorité de notre Saint Père le Pape, comme Vicaire de Jésus-Christ, comme successeur de Saint Pierre, comme Chef de toute l'Eglise, qui reconnoissent la jurisdiction de leur Evêque légitime, Monseigneur l’Evêque de Québec ; qui reconnoissent même la jurisdiction de l'Evêque de Telmesse, en sa qualité de Vicaire Général de l’'Evèque Diocésain ; mais qui croient avoir de bonnes raisons pour s'opposer au démembrement du Diocèse, à l’érection d’un Territoire distinct et séparé du reste du Diocèse en faveur d’un Evèque ?n partibus ; à l'indépendance de sa jurisdiction, et à l'étendue des droits, honneurs, et autorité aue lui attribuent ceux qni voudroient le faire regarder comme Évêque Diocésain.

Maintenant que j'ai fait ma profession de foi, et que j'ai repoussé les attiques contre mon caractère et ma réputation, il ne me reste plus qu'à déclarer que je ne répondrai dorénavant à aucun écrit, à moins qu'il ne soit signé du nom de l’Auteur, en toutes Lettres, comme j'ai déja fait pour mon premier Pamphlet, et comme je fais encore pour celui-ci. Personne ne désire plus sincèrement que moi le rétablissement de la paix, et la fin de nos querelles religieuses ; et c’est pour cela que je suis déterminé à ne plus écrire sur ce sujet, à moins que je ne sois encore attaqué sur des points très importants, et par des écrivains qui se fassent connoitre. Autrement je regarderai comme nul et non-avenu tout écrit anonyme, et j'espère qu'au moins à cet égard, le Public en général approuvera ma conduite et mon opinion.

CHABOILLEZ, Prre,

Curé de Longueuil,

Longueuil, ler. Février, 1824.

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