‹ Réponse de Messire Chaboillez, curé de Longueuil, à la lettre de P. H. Bedard [microforme]Chapitre 11 sur 12 · EX · texte numérisé non relu

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hi doivent, et de les absoudre du serment de fidélité 2? ‘Vous n'avez donc pas vü jusqu'à quel point vous compromettez par là Monseigneur notre Évèque, que le Gouvernement regarde comme résponsable des principes et de la conduite de son Clergé, et qui s’il en étoit requis, donneroit indubitablement un désaveu formel de votre #vancé, et rendroit justice zux sentiments de loyauté qu'ont toujours manifestés son Clergé et ses Diocésains ? Quelle cause défendez vous donc, si pour la soutenir, vous avez recours à des principes qui seroient désavoués par votre Evêque, par tous vos confrères, et par tous les Catholiques qui connoissent les devoirs que la Religion impose à ses enfants ?

Vous vous cfforcerez peut-être de vous justifier en disant que vous n'avez pas entendu combattre ce premier Article de la Déclaration de l'Assemblée de 1682. Mais qu'on lise vos pages 6 et 7, et il ne restera pas le moindre doute que vous ne soyez d'opinion de la condamner dans son entier. Et sur quoi fondée cette opinion si téméraire en elle-même, si dangereuse dans ses conséquences ? Sur des raisons, les unes douteuses, les autres absolument contraires à la vérité. le. Ilest fort doueux que cette Assemblée représentät l'Eglise de France. Cependant malgré ce doute, l'Eglise de France, avant et depuis cette époque, a toujours suivi les mêmes maximes, que cette Assemblée n'a fait qu'énoncer d'une manière plus claire et plus précise. 2°, Cette Assemblée n’a point prétendu décider des droits du $. Siège, elle a seulement donné son opinion, (et:elle en avoit la compétence,) sur l’éxercice de l'autorité Pontificale. 30. Il est Jaux que quinze des Evêquesqui la composoient aient retracté leurs signatures. Ce n'etoit que des députés du second ordre, à qui les’Papes Innocent XI, Alexandre VIII, et Innocent XII avoient refusé leurs Bulles, pour les Evèchés auxquels ils avoient été nommés par Louis XIV, et qui ne les obtinrent qu'après avoir écrit individuellement chacun une lettre au Pape, par laquelle ils témoignoient n'avoir. jamais eu d'intention de porter un Décret de foi, mais seulement de déclarer l'opinion de l'Eglise Gallicane. Innocent XII se contenta de cette excuse, qui laissoit en son entier la Déclaration des Evèques; vû que ces Prélats n'étant que députés du second ordre à l’Assemblée de 1682, n'y avoient point eu voix délibérative, et n'avoient fait que souscrire au jugement des Evèques, leurs supérieurs, dans l’ordre de la Hiérarchie. 40, Quoique Louis X{V eût retiré, à la prière d'Aléxandre VIII, l'Edit du 23 Mars, l'Histoire prouve qu'avant et depuis les Lettres de ces nouveaux Evèques, dont nous venons de parler, cet Edit, qui ordonne que les Articles de la Déclaration soient professés et enseignées dans tout le Royaume, s'y est toujours fidèlement observé. 50. Les trois Papes qui ont cassé les Actes

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de cette Asséblée, ne lui ont jamais imputé d'avoir enscigné une doctrine suspecte dans la Foi, ou erronée, ou hérétique, où schismatique. Aussi quoiqu'on ait continué de la soutenir en France, les Papes qui ne l'ignoroient pas n'en ont pas depuis témoigné leur mécontentement, au moins par des Actes qui aient altéré leur bonne intelligence avec les Rois de France, ou affoibli l'attachemert des François pour le S. Siège.

A votre exemple, j'ai été obligé de m'étendre un peu sur cet Article. J'’aurois pù m'étendre bien davantage; mais je renvoye ceux de mes lecteurs qui désireroient plus d'éclaircisse-

ments sur cette matière, à l'Histoire de J. B. Bossuet, par Mr.

Je Cardinal de Bausset, et à l’Abrégé du célèbre Ouvrage de Bossuet, intitulé Défense de la Déclaration de l’Assemblée du Clergé de France de 1682: Ouvrages que vous n'avez probablement pas lüs, et dans lesquels on trouvera tout ce qu'il faut, et de reste, pour vous convaincre de mauvaise foi, d'ignerance et de témérité.

Vous avez la hardiesse d'accuser d’être peu fermes dans les principes de la Catholicité ceux qui adoptent la doctrine eontenue dans ces quatre articles ; c'est-à-dire que vous avez la modeste prétention de condamner toute l'Eglise de France avant la Révolution; et cela parce que Ricci, les Jansénistes, l'Eglise Constitutionnelle, &c. ont abusé des Canons, ou les ont mal interprêtés. Condamnez donc aussi tous les Auteurs, qui pour défendre la Religion Catholique se sont appuyées sur des textes de l’Ecriture Sainte, et soutenez qu'en cela ils sont très repréhensibles ; parceque tous les hérétiques ont crû aussi trouver dans l’Ecriture, interprêtée à leur manière, des textes qui autorisoient leurs fausses doctrines. Quoique vous sachiez très bien que je ne suis ni Janséniste ni partisan de Blamchard et de Gaschet, vous avez la mauvaise foi d’insinuer ce soupçon contre moi; mauvaise foi d'autant plus révoltante que je vais vous prouver par vos propres paroles, qu'en cette accusation vous parliez contre le témoignage de votre conscience. En effet ces deux Abbés ont poussé leur entètement ridicule, et leur folie, si vous voulez, jusqu'à déclarer que notre Saint Père le Pape Pie VII, d’h=ureuse mémoire, par son Coneordat avec Bonaparte, étoit tombé dans le Schisme, et qu'il falloit se séparer de sa communion. Moi tout au contraire, j'ai reconnu dans mon Pamphlet qu’en cette circonstance le Pape avoit eu raison de déroger aux Lois communes de l'Eglise. Vous le savez si biei que vous mème (Page 18,) voulez me tourner en ridicule, pour avoir approuvé cette démarche du Souverain Pontife. Vous reconnoissez donc par là que je ne suis pas de l'avis de Blanchard et de Gaschet. Pourquoi donc voulez vous me faire passer comme eux pour un schismatique ? Comment pourrez vous justifier une pareille contradiction ?

le Droit Canon.

Vous convenez (Page 8) que j'ai eu raison de dire que le mot : District Episcopal, et la chose qu'il signifie n’est pas usité dans : C'est donc une innovation; c’est là ce nouvel

ordre de choses dont vous nous parlez à la Page première de vos Observations. Cependant vous dites (Page 10.) Au reste faisons voir à l'auteur des Questions; que le Saint Siève n'a pas fait res wivre l'institution des Chorévêques, qu'il n'a rien pallié, rien ins *ové en instituant Monseisnenr de Telmesse pour le District de Montréal. Or comment introduire une chase nouvelle signifiée par un mot nouveau ? Comment opérer un nouvel ordre de choses sans rien innover ? C'est une contradiction que je n'entreprends pas d'expliquer ; c'est votre affaire. Au reste, je vous déclare, mon cher Confrère, comme je l'ai déja déclaré à votre Collègue et dévancier P. H. Bedard, que je n'ai jamais prétendu incul-

er le Saint Siège, ni lui attribuer 2nsidieusement l'intention d'avoir voulu pallier une innovation, Pour ma justification sur ce chapitre, je vous renvoye à ma Lettre précédente. C’est vous même, qui par cette énsidieuse accusation cherchez à égarer les esprits, et à me rendre odieux aux Catholiques ; mais j'espère que ce que j'ai dit là-dessus, et ce que je dirai encore, détruira tout l'effet que pourroit produire une calomnie si abomivübie, et que tout l'odieux en retombera sur vous mème, et sur

votre parti,

Qu'on remarque bien (dites-vous, Page 11,} que ce n'est ni le

Souverain Pontifé, ni l'Evêque de Québec, ni célui de Telmesse, ni personne au monde qut prétende que l'Evéque du District de Montréal soit un Cocdjuteur, tel qu'on l'a tonjours entendu dans ce Pays. Je vous remerci de l'aveu que vous faites que ce n'é-

toit à l'intention ni du Souverain Pontife, ni de l'Evèque de Québec. Mais si vous eûssiez vécu à Montréal, vous n'auriez

pas avancé que personre au monde n'avoit jamais eu cette prétention ; vous auriez sçu que c'étoit ainsi que bien des gens ont prétoudu qu'il falloit entendre le titre d'auxiliaire. D'ailleurs pourquoi P. H. Bedard fait-il tant d'eftorts pour prouver que Monseigneur de Telmesse sans prétendre à la suc£ession, peut être très canoniquement Coadjateur de Monseigneur Plessis ? Mais Monseivneur de

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