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Réponse de Mgr [i.e. Monseigneur] l'Évêque d'Orléans

Dans les Observations adressées au Clergé de mon diocèse avant mon départ pour Rome, j’avais prononcé une fois votre nom; j’avais dit: « Un prélat belge, mon saint ami, s Mgr Dechamps, archevêque de Malines, a publié un écrit « spécial sous ce titre: Est-il opportun de définir l’infaillibilité « du Pape ? Et il a répondu affirmativement. » Sur ces simples paroles, vous vous êtes empressé de prendre la plume , et ;Y la date du 30 novembre dernier, vous me faisiez l’honneur de m’adresser une lettre, qui paraissait à la fois dans les journaux de Belgique, de France et d’Italie, le 10 Décembre suivant, deux jours après l’ouverture du concile.

J’avais renoncé à vous répondre. 11 me répugnait profondément , malgré l’exemple et le droit que vous m’ eu donniez, de discuter avec un Collègue dans les journaux, surtout le Concile ouvert. Le débat devant le public me semblait clos définitivement par l’ inauguration de l’assem-

blée oecuménique; et d’un autre côté, l’imprimatur, que je demandais simplement pour communiquer ma réponse aux Pères du Concile, qui vous avaient lu, m’était refusé , par suite d’une mesure générale.

Dans cette situation, j’avais cru devoir me retirer de la lutte, et me réduire au silence.

Ne vous répondant pas et ne voulant pas me défendre, je devais d’autant moins m'attendre à me voir de nouveau attaqué par vous. Néanmoins , vous avez cru pouvoir dans un écrit récent, me prendre encore à partie, et renouveler contre mes Obsei'vations des attaques que je ne puis plus laisser passer.

Ce qui ne regarde que ma personne, cher et vénéré Seigneur, les injures', les calomnies de la presse, je les oublie volontiers. Mais quand ce qu’on publie contre moi va à dénaturer mes actes, et à donner le change à l’opinion sur le vrai caractère de ce que j’ai fait, si j’ai pu une première fois me taire, pour les hautes convenances que je rappelais tout à l’heure, vous comprendrez que devant votre retour offensif et vos accusations réitérées , je ne le puis plus aujourd’hui.

Je reprends donc, bien qu’à regret, la parole.

Votre première lettre, Monseigneur, chacun en avait été frappé, semblait n’avoir d' autre but que de ’m’ entraîner sur un terrain où je ne m’étais point placé. Par une habileté de dialectique que j'ai le droit de repousser , vous éliminiez la question que je traitais, et qui, sans être la seule, est à mon sens capitale ici, et vous vous jetiez très ardemment dans une question que je ne traitais pas.

En voulant, comme vous disiez, « élargir le débat, » vous l’aviez complètement déplacé.

C'est ce que vous faites encore dans votre nouvelle lettre. Revenant inopinément contre moi, vous vous efforcez d'établir entre la question que j'ai traitée, et d’autres thèses très distinctes, une connexité, j'allais dire une confusion, non seulement réelle selon vous, mais de plus nécessaire.

Cela, Monseigneur , jo ne puis pas le permettre , parce que ce n’est ni la vérité, ni la justice.

Je suis donc obligé de rétablir contre vous, sur ma thèse même, et sur mon acte, la simple vérité.

Je montrerai d'abord combien est essentielle la question qui est la mienne, et que vous supprimez.

Je considérerai ensuite cette question, telle que je l'ai traitée, sous le double aspect qu’elle présente: à. savoir la (léfinibililé même du dogme, et les périls d’une définition.

Je discuterai enfin la nécessité d'une définition, que vous invoquez ici, et que vous vous efforcez d’établir par des arguments anciens et nouveaux.

Ce sera toute la réponse que je me trouve condamné h vous faire.

Je la ferai sans émotion de paroles, avec la simplicité et la gravité qui seules conviennent aux circonstances où nous sommes; sans jamais blesser je l’espère, les sentiments que vous savez ineffaçables pour vous dans mon cœur. Puissê-je la faire aussi avec toute la clarté de la bonne foi et du bon sens.

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