‹ Réponse honnête à une circulaire assez peu chrétienne [microforme]Chapitre 3 sur 12 · MONSEIGNEUR IGNACE BOURGET · texte numérisé non relu

MONSEIGNEUR IGNACE BOURGET

Evêque de Montréal

en entendant ces formidables bordées de style ecclésiastique : « Mon Dieu, comment un Evêque peut-il se .résoudre à parler äinsi ?”

La circulaire de feu Mgr. l’Archevèéque de Québec faisait horreur, d’après l'une des plumes choisies de V.G. à un Evèque italien ; et voilà que celle de V.,G. fait aussi horreur aux personnes pieuses qui vivent au milieu de nous !

vivre dans la crainte de voir une hor:veur nous frapper les oreilles chaque

matin ?

Ah! 4 les par-

lait tout autrement que cela aux âmes pieuses qu’il dirigeait. Jamais parole n’est sortie de sa bouche qui les ait scandalisées par sa violence «La colère gâte tout, disaiwil. La plus précieuse vertü d'un prêtreest la dou cour.» Pourqüoi pas d'un Evèêque aussi ? Ah! Mr. veuillez relire un peu votre St. François de Sales. Je le procurerais même à V. G. au besoin avec les notes que j'y ai mises. V.G.

verra à quoi l'on reconnait les vrais saints. Et franchement, ce n'est pas dans ue circulaire comme celle que je viens de lire que je les retrouve.

Certaines saintes colères d'autrefois ont pu être admirebles, mais celles des dernières semaines, Mgr. ont un tout

Allons nous donc toujours .

autre caractère. lri le progrès marche trop clairement à reculons. Mais je ne dois pas oublier non plus que j'ai atfaire à un ennemi du progrès.

Que V. G. puisse être fâchée de voir toutes ses petites manœuvres contre ses propres collègues mises au jour avec un peu de détail, je conçois cela !

Mais pourtant, Mgr. je n'ai fait que répéter ici ce que deux ou trois cents prêtres ont dit ailleurs. Sont ils aussi dans les cas réservés ?

Que V. G. ait subi nn peu de dépit ou de surprise à voir dévoiler devant un public qu'elle croyait avoir profondément endormi sur ses actes, toute sa haute stratégie à l'endroit du pouvoir civil, cela se comprend aussi.

fais ce que l'on comprend difficile nent, c’est que V. G. ait cru avoir en-

ormi tout le mondé sur une question aussi vitale que celle de soumettre toute [a législation d'un pays à des étrangers qui n’ont aucune teinture de droit conslitutionnel. IL reste toujours dans un pays, Mgr. des hommes qui ne veulent pas être traités en enfants.

Enfin que V. G. ait ressenti quelque petite ébullition intérieure en lisant les légères piqüres à son amour propre que je me suis permis de coucher sur Pt pu le public en a vu la preuve en isant cette circulaire où Piusulte gratuite tient lieu de disenssion. Mis je pense, Mgr. qu’il eût été plus habile à un Evèque de ne pas paraitre si fâché.

V. G. est tombée précisément dans le piège où se laissent toujours choir les novices en polémique. Elle a fait de la colère là où un peu de discussion lui eût attiré du respect. Aussi au lieu de mettre les rieurs contre moi elle les a rangés en ligne formidable contre elle-mème! Je la remercie donc cordialement de la belle position qu’Elle m'a faite en ne conservant pas le calmë qui convient à un Evêque.

Quel singu}‘sr contraste, Mgr., entre V. G. et moi, si j'ose me mettre ainsi en juztà-position avec elle! C'est le saint Evèque qui s’emporte au-delà de toutes bornes,et c’est celui qu'il qualifie d’impie et d’ennemi de l'Eglise qui sait se posséder et rie sort pas de la phra.

séologie de l’homme bien élevé! Les à spectateurs voient avec ébahissement !

le pasteur assomimer la brebis de son

mieux, et c'est celle-ci qui est.obligée !

de supplier le pasteur de se calmer un À peu et de ne pas jeter ces cris de

fureur qui ‘lispersent le troupeau ! Le !

plus chrétien des deux, Mgr. ne se-

rait-il pas, par hazard, celui qui se fâche le moius ?

Mais je dois citer ici, pour faire bien juger le lecteur de nos styles rerpeutifs, la portiun Ge la circulaire au

Clergé où V. G. s'est si malheureuse- M

ment oubliée.

J'ai depuis longues années fait une !

collection des injures que l’on m'a dites, et je suis bien aise d'ajouter comme couronne à cette collection un petit recueil d’injures mitrees :

« Le livre de l'Hon. L. A. Dessaulles est en

effet une graside guerre ecclésiastique, parce 4 qu’il attaque avec un orgueil salanique le vi- |

caire de Jésus-Christ que l'univers catholique

vénère avec tant de raison ; parcequ'il outrage } avec une insolence révollanie les saintes con- *

grégauons romaines, qui sont des tribunaux souverainement -augustes et qui commandent le respect du monde entier; pnrcequ'il (,'aîne dans la boue, avec une témérilé inexplicable,

le Sacré Collège qui se compose d'hommes !

éminents sous tous rapports, parcequ'il noir.

cit avec une malice dont lui seul peut étre ca-. à

pable le Clergé canadien qui pourtant a bien

mérité de son pays; porcequ'il vilipende l'ul- |

tramontanisme, dont il fait uue erreur monstrueuse, parcequ'il prétend qu'il a engendré jets chrétien qu fait du pape un souverain

solu dans le domaine temporel! Comment

la Minerve, qui a sans doute lu toutes ce” hor-

reurs, a t-elle pu, par son cnnonce, frayer à

ce livr'e délestable la route pour arriver au sein 4

de nos familles chrétiennes ? »

* Puis je lis dans le dispositif :

ecclésiastique, il ne sera pus permis, comme il a été dit plus haut, de le garder pour en faire un usage quelconque, excepté pour le réfuter, si l’on en a oblenu la permission de l'Evéque. Ceux qui, après en avoir été avertis enablement, s'opiniâtreront à le garder ché#eux, tomberont dans un cas réservé, dont ils ne pourront être absous que par l'Evêque et ses grands vicaires. »

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