CIL INTRODUCTION
sincèrement acceptées : ainsi , point d'inimitié entre la Raison et la Religion.
Ce que je dis ne part pas de moi : c'est la répétition du sentiment de Théologiens aussi éclairés qu'éloquents. Loin de supposer une répulsion entre la Raison et la Foi Religieuse, Saint Augustin et Saint Thomas ont enseigné que l'étude exacte de la Nature est du plus grand intérêt pour la rectitude de l'Enseignement delà Science Divine. Le Biographe de Saint Thomas (1) exprime très-clairement ce Principe didactique. « L'Ange de » l'École , — dit-il — , met dans le même rang, et attribue au » même Principe d'erreur la stupidité de ceux qui ont dégradé » la Nature Humaine, soit en soumettant l'Homme à des Créatures qui lui sont naturellement inférieures, soit en le dé- » pouillant de ses prérogatives les plus précieuses. Tels sont » ces Hommes insensés , dont les uns ont été persuadés que nos » volontés dépendaient de l'influence des astres, les autres ont » refusé de reconnaître l'Immortalité de l'Ame , et quelques-uns » ont cru que l'Homme ne devait son être et sa conservation » qu'à la vertu des Anges. — Mais celui qui n'ignore pas le » rang qu'il tient lui-même dans cet Univers parmi les autres «Créatures, n'a garde de tomber dans aucune de ces erreurs. » De tout cela , Saint Thomas conclut que l'étude de la Nature «peut avoir de grands avantages, par rapport même à la «Religion, et qu'on doit rejeter, comme fausse, l'opinion de »ceux qui disaient, selon la remarque de Saint Augustin, » qu'il importait peu à la vérité de la Foi qu'on pensât d'une
(I) Touron, Vio de Suinl Thomas, Liy. IV, Cbap. VI.