INTRODUCTION. CLVII
— Serait-ce le Monothélisme Stahlien que la Faculté préférerait? Hypothèse pour hypothèse , elle serait plus médicale que l'Anatomisme; mais je m'aperçois que dans Paris l'Animisme est fortement ébranlé par ceux mêmes qui le voyaient avec prédilection. Il nous est permis de croire ce que l'on pense du Stahlianisme dans l'Aristocratie Médicale de cette contrée , en lisant un Discours que M. Lélut a prononcé, en 1852, dans l'Académie des Sciences Morales et Politiques de l'Institut , et qui avait pour objet des Recherches sur les Phénomènes et le Principe de la Vie.
L'Auteur n'est content d'aucune des Doctrines qui ont eu de la vogue, mais il témoigne un penchant déterminé pour l'hypothèse de Stahl. Gependant il n'a garde de l'accepter sans réserve. Réflexion faite, il sent la nécessité de mettre dans l'Homme une Cause qui manque au Stahlianisme, une Puissance qui n'appartienne ni à l'Ordre Physique, ni à l'Ordre Intellectuel, et partant il établit implicitement l'idée capitale du Vitalisme, qu'il avait l'intention de repousser. Je relis donc son Mémoire avec un double intérêt , dont l'un est l'agrément des formes, et dont l'autre est la violence qui est faite à l'Auteur de se trouver un véritable Vitaliste lorsqu'il voulait s'en préserver. Remarquons ce long passage; il fait sentir tout ce qu'il y a de révoltant dans une Doctrine qui suppose que le Principe de l'Intelligence fabrique ses organes sans le savoir : « Ce n'est »pas qu'il faille tout adopter de Stahl. Son interprétation des » faits ne leur est pas toujours parfaitement conforme; quelque- » fois même elle les contredit. Cette demeure, par exemple, » que l'Ame se bâtit à elle-même , dans les ténèbres de notre