‹ Réponses à des objections faites contra le principe de la dualité du dynamisme humain, lequel est une des bases de l'anthropologie médicale enseignée dans la Faculté de médecine de Montpellier:Chapitre 168 sur 229 · CXCVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

CXCVIII INTRODUCTION

à redire, l'érudit Cardinal prononça, non sans quelque bienveillance , le nom de celui qui est à présent le Doyen d'âge de la Faculté , et qui , par conséquent , est celui qui a le plus longtemps travaillé au soutien de cette Doctrine. A ce sujet , il dit à son honorable Interlocuteur qu'il avait trouvé les éléments de notre Physiologie Humaine dans les Pères Grecs.

A l'époque où je reçus cette gracieuse communication , M. l'Abbé Martin eut l'inépuisable bonté de mettre entre mes mains un volume , qui est le Dixième Tome de la Collection intitulée : Chefs-d'œuvre des Pères de l'Église, ou Choix d'ouvrages complets des Docteurs de l'Église Grecque et Latine: traduction avec le texte latin en regard. L'ouvrage faisant partie de ce Volume , qui devait le plus m'intéresser, était un Traité de Saint Grégoire de Nysse , intitulé : De Hominis opificio ; en français : Traité de la formation de l'Homme.

Ce Livre m'a vivement intéressé : j'y ai trouvé toutes les connaissances fondamentales de notre Doctrine de la Constitution de notre Être. Les notions essentielles de notre Dynamisme y sont explicitement présentées. La Force Vitale y est analysée avec une attention spéciale. On peut en faire la remarque, par exemple, dans, le passage suivant, pris du Chapitre XIV :

« Du reste , si nous avons dit plus haut que l'Homme est »doué d'une triste vie, savoir : d'une vie végétative, dépourvue ode sensibilité; puis d'une vie sensitive, qui est jointe avec la «première, mais qui manque de la faculté de raisonner; enfin, «d'une vie raisonnable et complète, qui est jointe avec les ;> deux autres et possède seule le don précieuxde l'Intelligence,

INTRODUCTION. C2CÏX

»ii ne faut pas conclure de nos expressions qu'il existe dans le «Corps Humain trois Ames différentes » (de natures égales en pouvoir ) « contenues en quelque sorte dans leurs limites res- «pectives. L'Ame véritable, l'Ame complète, pour ainsi dire, » est essentiellement une, spirituelle, dépourvue de tout élé- » ment matériel , bien qu'unie à la matière par l'intermédiaire »des sens » (c'est-à-dire, par l'intermédiaire de la Force Vitale). « Or, toute substance matérielle étant soumise au chan- » gement et à l'altération , le mouvement pour elle est un «développement de sa nature tant qu'elle possède la Puissance » qui renferme sa Vie ; si , au contraire , elle perd cette Puis- » sance Vitale , le dernier mouvement qui s'opère en elle est » celui de la destruction. Ainsi, la Sensibilité » (Vitale, Asynéidète, soit ^Esthétique , soit Anœsthétique) «n'existe point » séparée de la Matière , ni l'Intelligence séparée de la Sensibilité » (de la faculté ^Esthétique Vitale).

On voit que l'Auteur, dont l'autorité est aussi grave qu'on puisse la désirer chez un Docteur, puisqu'il a été surnommé le Père des Pères, n'a pas craint de multiplier les formes substantielles autant que la Méthode Inductive l'exige , pour que les Causes correspondent aux différences essentielles des Effets.

Saint Grégoire revient à plusieurs reprises sur une proposition qui , selon moi , est un mode de la Dualité du Dynamisme Humain : je veux parler de l'Instinct Sexuel qu'il ne croit pas pouvoir être attaché à l'Essence Intellective. On sait que dans Saint Matthieu (1 ) on lit : « A la Résurrection , il n'y aura ni

(1) Chap. XXII, 30.

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