‹ Réponses à des objections faites contra le principe de la dualité du dynamisme humain, lequel est une des bases de l'anthropologie médicale enseignée dans la Faculté de médecine de Montpellier:Chapitre 171 sur 229 · CCI! INTRODUCTION · texte numérisé non relu

CCI! INTRODUCTION

» Formatrice , du Nisus Formativus } dont les mystérieux res- » sorts sont peut-être destinés à rester éternellement voilés aux » Physiologistes. »

Voilà donc l'admission d'une Puissance mystérieuse , par conséquent différente de tout ce que la Physique a pu nous présenter, dont l'Auteur ne peut penser et parler que suivant les règles de l'opération mentale appelée V Abstraction. Cette Puissance ne peut pas être autre chose que la Force Vitale qui existe dans tous les Êtres vivants. Continuons le récit de M. Pouchet.

«Mais, avant d'embrasser l'étude des Animaux, Albert donne » à notre Espèce le rang qui lui est assigné au milieu de la Gréa- » tion ; il la sépare irrévocablement des premiers par une in- » commensurable espace; et de cette manière, l'Homme, cette » créature d'élite qui seule reçoit les ineffables mystères de la »Foi, devient pour le Philosophe Chrétien le seul lien entre » l'Homme et Dieu. »

Ce passage semble être la paraphrase d'une période d'ALBERT ; mais il est utile de le lier avec le texte , où nous trouvons quelque chose de plus qui nous intéresse :

« De proprietatibus autem Hominis prœcipua est quam dicit » Hermès ad iEscuLAPiuM scribens, quod solus Homo nexus est » Dei et Mundi: eà quod Intellectum Divinum in se habet, etc. » Ver hune aliquandd ita suprà Mundum elevatur (1). »

Si M. Polciiet voulait dire que l'Homme est dans la con-

(I) Albertus Magnls, De naturalibus proprietatibus Hominis et divinis : Cap. V, p. 677.

INTRODUCTION. CCUI

dition des Anges , il ne parlerait pas autrement. Albert ne dit pas que tout l'Homme est irrévocablement séparé des Animaux par un espace incommensurable. Le titre dit que nous sommes liés avec eux par les propriétés naturelles , et que nous en avons d'exclusives avec la Divinité.

M. Pouchet ne voit d'autre lien entre Dieu et la Création que celui qui existe entre Dieu et l'Homme. Albert en indique un autre dont l'Homme est l'intermédiaire : Solus Homo nexus est Dei et Mundi.

M. Pouchet , occupé d'indiquer le génie d' Albert , établit une distance excessive entre cette belle Intelligence et celle des Naturalistes des temps modernes ; et il ne croit pouvoir l'expliquer qu'en supposant la nécessité de la Foi Chrétienne. Je sais très-bien quelle est l'utilité d'une telle croyance pour séparer l'Homme d'avec les Bêtes; mais je soutiens que la Raison, fortifiée par les connaissances expérimentales, et surtout par celles que la Médecine nous fournit, suffisent pour exclure notre Espèce du Règne Zoologique.

«Ainsi donc, sur ce point, le Dominicain du XIIIe siècle » surpasse certains Zoologistes de notre époque r qui se sont » efforcés de saper les plus nobles prérogatives de l'Homme » pour le niveler sur le patron du Singe (1). En cette circon- »stance, il se montre même plus judicieux que Linnée, qui , » dans son Systema Naturœ , confond notre Espèce non-seule- » ment dans le même ordre que l'Orang, mais encore dans le

(1) Bory Saint-Vincent : L'Homme. Essai zoologique sur le Genre Humain, Paris , Î836. — Dictionnaire classique «l'Histoire Naturelle Paris, 1827, T. XIÏ, p. 265.

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