INTRODUCTION. LIX
5° Dans l'état actuel de nos connaissances , nous sommes obligé de reconnaître Trois Ordres de Causes, et même de Substances : 1° l'Ordre Physique, dont les modes d'action sont nécessaires, infaillibles, constants; 2° l'Ordre Intellectuel, caractérisé par l'unité, la conscience, la pensée, la volonté, la finalité, la personnalité ou incommunicabilité absolue, et l'agérasie; 3° l'Ordre Vital, dont les modes d'agir sont la vie temporaire, une harmonie voisine de l'unité, la divisibilité, une spontanéité dont les effets font reconnaître des causes variables et contingentes relatives à la manière d'être du cours de la vie, une finalité évidente quoique non sentie, la succession des âges dont le dernier est la vieillesse terminée par la mort.
6° Diderot a dit, dans son Poëme intitulé le Substantialisme, qu'il n'existe dans la Nature qu'Une Substance, et que, s'il y en avait deux, elles se repousseraient. C'est une assertion pour nous arbitraire et sans valeur, parce que , empiriquement , sensément, nous reconnaissons en nous ces Trois Ordres de Causes qui s'unissent et s'associent pour former l'Homme.
7° L'Ordre Vital et l'Ordre Intellectuel , très-différents entre eux , en ce que, dans l'Ordre Vital, l'Être vivant est divisible, caduque, infailliblement mortel, ont cependant un caractère commun qui les rapproche : c'est que la Force Vitale et l'Ame Pensante agissent suivant un but, conformément aux convenances relatives à l'exécution de leur vie. Cette tendance vers des fins , qui est à présent désignée sous le nom de finalité , a été considérée par Bacon comme un caractère assez digne d'attention , pour associer par une étiquette commune Deux Causes extrêmement différentes par leurs natures : cette étiquette est