LXXIV INTRODUCTION
tées dans ma mémoire sont les suivantes : « On m'avait dit à » Paris que la Doctrine de Montpellier est un galimatias. Mais » je vois au moins avec plaisir qu'il n'est pas double; que si » cette Science est inintelligible dans mon pays , elle est très- » intelligible quand elle sort de la bouche de ceux qui l'en- » seignent. »
Depuis une quinzaine d'années , je n'avais plus entendu parler du galimatias de notre Enseignement , parce qu'à Paris nos Confrères commençaient à comprendre notre Doctrine. Cependant , malgré la ruine de la Médecine Broussaisienne , il peut y avoir quelques vétérans qui ne veulent rien entendre, et qui restent fidèles au Maître : Etsi omnes ego. On vient de m'en montrer un exemple dans un article de V Union Médicale, 20 Avril •1852, dont le titre est : Anatomisme et Vitulisme. Au premier coup-d'œil , j'ai vu que l'Auteur ne concevait pas que l'Anthropologie Médicale pût être autre chose que l'Anatomisme. La Vie, suivant lui , n'est que l'effet nécessaire des molécules et des tissus du Corps; par conséquent, l'explication de la Vie ne peut se trouver que dans les dissections. Cette persuasion ne m'aurait pas ému , si elle n'avait pas été agressive. Mais quand j'ai lu dans cet écrit que le Vitalisme est une composition de mots vides de sens, un assemblage de dissertations creuses, et rien de plus , il est survenu dans mon Ame une réaction que je n'ai pas comprimée : les partisans de l'Anatomisme m'ont paru ressembler aux Orfèvres des anciens Païens, qui , quand ils avaient fait un Homme ou un Animal d'argent ou d'or, les regardaient comme pénétrés d'un esprit et d'une puissance divine, et leur rendaient un culte de latrie. La foi de nos