LXXXII INTRODUCTION
soutenir ici une thèse écrite dans le sens de la nouvelle Médecine. Le jeune homme ne manquait ni d'esprit, ni d'aménité, ni de formes intéressantes. Il ne fut nullement maltraité; il passa comme tant d'autres, presque inaperçu , sans bruit , sans scandale.
A cette époque , deux journaux de Médecine de la Capitale étaient à quelques égards une espèce de Charivari contre la Faculté de Montpellier. Deux jeunes Médecins, Boisseau et Urbain Goste , qui avaient de l'esprit, de la malignité, du trait, grands partisans du Broussaisisme , et par conséquent étrangers à la Médecine Hlppocratique, ne tarissaient pas contre les expressions helléniques de cette vraie Science et contre les Principes de la Philosophie Naturelle ïnductive. Des moqueries, des sarcasmes ne paraissaient pas dignes d'une riposte. Quand ces Ennemis lâchaient une plaisanterie contre une citation de Bacon , ou qu'ils riaient à gorge déployée sur le mot Diathèse, sur la différence entre Pathema et Nosos, nous étions prêts à leur donner deux sous pour récompense.
Je conviens qu'une escrime au fleuret n'est pas digne d'une grande École. Je ne nie pas que la force d'inertie, tant louée alors par quelques Membres de la Faculté, ne soit parfois le meilleur moyen de défense. Cependant une impassibilité complète, quand elle est aiguillonnée, me paraît avoir des inconvénients. Le Public , témoin des agaceries , n'est pas en état d'interpréter la tolérance de ce Corps : il est tenté de la prendre pour de l'impuissance. Ce qu'il y a de pire, c'est que l'Autorité ne juge souvent que d'après C£ même Public. Je ne voudrais '•erlainement pas qu'une Faculté descendit jusqu'à ferrailler