‹ Réponses à des objections faites contra le principe de la dualité du dynamisme humain, lequel est une des bases de l'anthropologie médicale enseignée dans la Faculté de médecine de Montpellier:Chapitre 91 sur 229 · INTRODUCTION. CI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. CI

méritent d'être placées dans une même catégorie , eu égard à la tendance de leur Finalité. C'est sous ce point de vue que cette Métaphysique, Science véritablement expérimentale, pour nous indispensable, me semblait pouvoir être un bon moyen de nous réunir dans cette discussion; mais je ne suis pas resté long-temps dans cette erreur.

En nous séparant, nous sommes demeurés dans les mêmes dispositions mentales où nous avions été lors de notre réunion. La Métaphysique de mon Adversaire ne peut pas convenir à une Faculté où se réunissent des Élèves attachés à des Cultes divers, et la mienne, qui est naturelle, expérimentale, empirique, doit être à ses yeux une folie au-dessous de toute critique.

XL1. En passant , nous pouvons bien remarquer le service que Bacon nous a rendu par l'acception néologique qu'il a donnée au mot Métaphysique. Pour lui , ce mot porte notre attention sur la connaissance abstraite de la Finalité, en la séparant de celle de V Intelligence et de celle du Sentiment de conscience. De cette manière, on conçoit que la Finalité peut appartenir à des Causes profondément différentes par leurs natures respectives; de plus , si la Finalité peut exister sans Intelligence , elle peut exister aussi indépendamment de certaines Lois Physiques : par exemple, elle est en contraste avec la nécessité et l'infaillibilité de la Physique. Cette distinction , nullement hypothétique, mais intuitivement évidente , n'a pu être connue que par la Médecine Humaine : c'est au moins là seulement qu'on a pu la démontrer. La révoltante erreur du Stahlianisme suppose dans l'Auteur une ignorance de ce Principe qu'HippocRATE et toute son École

Cil INTRODUCTION.

avaient confusément senti : faute de cette notion , Stahl s'est obstiné à ne jamais séparer la Finalité d'avec l'Intelligence. L'École de Montpellier s'est bien gardée de tomber dans cette faute. Après avoir distingué les deux Puissances Dynamiques Humaines au moyen de la Philosophie Inductive, cette École a su se servir de tout ce que Stahl avait assemblé touchant la Finalité au profit de son hypothèse, pour caractériser respectivement ces deux Pouvoirs , et pour assigner, d'abord , les rapports qui les rendent propres à leur coopération et à leur harmonie ; ensuite, les dissemblances qui démontrent la non -identité de leurs natures, de leurs opérations, de leurs destinées. Ainsi, notre École a trouvé dans toute la Finalité des Phénomènes hygides et pathologiques, ce qu'il fallait pour réfuter le Monothélisme de Stahl; pour établir la distinction de l'Ordre Intellectuel et de l'Ordre Vital ; pour signaler les lignes tranchées et les terres indivises qui sont aux extrémités de la Médecine , d'une part entre elle et la Physique, d'une autre entre elle et la Morale ; pour séparer nettement l'Instinct d'avec l'Intelligence, l'Automatisme Vital d'avec la Volonté. Un Parallèle suivi , pied à pied , des deux Puissances , nous a fait connaître deux ordres d'idées du plus grand intérêt : premièrement , les affections de l'Ordre Moral et celles de l'Ordre Vital nous ont donné des Notions pathologiques et thérapeutiques fondamentales qu'on chercherait inutilement dans les Écoles où ce Parallèle est inconnu; secondement , les Histoires respectives des deux Puissances considérées dans toute la Vie Humaine , nous ont prouvé que leurs durées sont deux Épopées si différentes entre elles, que nous aurions honte d'inscrire L'Homme dans le Règne Animal.

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