‹ Réponses à des objections faites contre le principe de la dualité du dynamisme humainChapitre 17 sur 42 · CL1I · texte numérisé non relu

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expérimentales ; — et secondement, que ce propagateur de la Méthode Inductive, ennemi de l’hypothèse , a posé comme source de la nature de l’Homme, et comme base de la Médecine, la reconnaissance de la Puissance Vitale, ou de Vimpetum faciens, cause différente de la matière inanimée et du Principe de l’Intelligence , mais moyen d’union de l’une et de l’autre.

Depuis Hippocrate jusqu’à Descartes, la Médecine scientifique a été fondée sur la considération de cette nature vivante de l’Homme, aussi distincte des causes physiques que de l’ Am e Pensante. Ainsi, l’idée dominante de la Constitution Humaine , idée qui a découlé naturellement du bon sens dès qu’une Intelligence éclairée a réfléchi sur la nature de notre Être, a été la Dualité de notre Dynamisme et la non-identité du Dynamisme Humain et du Dynamisme Bestial. Ce dogme est établi dans la Philosophie Naturelle Inductive depuis plus de cent ans avant Hippocrate , et il n’a été mis en question dans la république médicale que dans l’intérêt de quelques sectes, dont les unes sont éteintes, et dont les autres manquent de viabilité.

Le principe de la Dualité du Dynamisme Humain n’est point lié nécessairement avec la Foi Catholique, et par conséquent on l’accepte ou on le rejette indifféremment dans les Écoles Théologiques. Mais l’Histoire Ecclésiastique nous fait voir que cette connaissance date d’une époque antérieure à celle où les Grecs l’ont enseignée dans la Philosophie Naturelle, puisqu’elle est consignée dans les Livres de Moïse et dans tout l’Ancien Testament , et que les Annales Chrétiennes, de tous les temps, nous montrent des Théologiens du plus grand mérite, qui ont professé sans restriction cette vérité naturelle. Ainsi, nous pouvons

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nous engager à prouver que si l’Anatomiste, désireux de devenir Médecin, et le Théologien pratique, se livrent sincèrement à la recherche de cette vérité dans l’intérêt de l’Humanité , le résultat de leurs conférences sera indubitablement une connaissance doctrinale de la Force Vitale aussi profonde et aussi importante que celle de l’Anatomie et de la Psychologie, et par suite la véritable clef de l’Anthropologie entière, de la partie de la Physiologie Humaine appelée de Usu partium , de la Doctrine de l’Alliance des Puissances de l’Homme, de l’Hygiène et de la Médecine-Pratique.

Les ennemis les moins polis de notre Enseignement sont ceux de nos Confrères qui se nomment Anatomistes ou Orgahiciens. Leurs dénominations feraient croire qu’ils se piquent de pratiquer autrement que nous : mais il n’en est rien; ils sont heureusement assez inconséquents pour faire divorce entre leurs préventions et leur manière d’agir. En théorie, ils sont croyants, en dépit même delà raison; mais en clinique, ils se rapprochent de l’expérience.

L’Anatomisme est apprécié convenablement depuis bien des siècles : cela n’empêche pas que des Champions ne le défendent envers et contre tous, sans ménagement. Vous en trouvez un exemple bien récent dans l’écrit déjà cité de M. Roche, imprimé dans le mois d’Avril de l’An de grâce 1852 , ayant pour titre : Anatomisme et Vitalisme. Voici comment parle ce Coryphée de l’Organicisme : « C’est l’étude de Y Anatomie en exercice, ou, » si on l’aime mieux, de VAnatomie et de le Physiologie , celle »de Y Anatomisme, en un mot, qui doit être la seule base » Punique point de départ des progrès ultérieurs de la Méde-

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» cine. Fouillons donc Yorganisation jusque dans ses replis et » ses mystères de composition les plus cachés , en nous aidant »du scalpel, du microscope et de l’analyse chimique; tâchons » de découvrir la fonction et le rôle que remplit chacun des » organes, des tissus élémentaires, des liquides et des molécules «mêmes qui la constituent; étudions avec soin les influences » heureuses ou contraires qu'exercent sur elles les agents ex- » térieurs , et les modifications qu'elles lui impriment ; interro- »geons-la de nouveau quand elle est altérée; exerçons-nous à » comprendre les cris de douleur et jusqu'aux troubles muets » des organes souffrants par la comparaison du désordre fonctionnel avec leur action régulière ; apprenons à découvrir par » le raisonnement et l’expérience les moyens de réparer les «rouages de son mécanisme dérangé; et, pour cela, sachons «bien en quoi ces dérangements consistent, et quelle en est la y>nature. C’est dans cette voie seule que s’ouvre l’avenir de la » Science Médicale, et cet avenir a des horizons immenses. «C’est dans cette voie seulement qu’est le progrès, et non dans «de stériles discussions, indignes d’occuper les Hommes «sérieux sur le Principe, la Force et les, Propriétés Vitales. » N'hésitons donc pas à nous y engager ; la perfection est au » bout, et chaque pas nous en rapproche. »

Les Hommes qui parlent ainsi assurent qu’ils ne trouvent dans la Doctrine Hippocratique appelée le Vitalisme « que des » mots sans idées, verba et voces prætereaque nihil. » — Nos Auditeurs et un bon nombre de nos Lecteurs nous ont prouvé que nous ne sommes pas si inintelligibles. Les succès de l’Enseignement de notre École sont assez étendus et assez con-

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stants, pour que nous puissions nous consoler dans cette infortune. Les Partisans et les Apôtres de cette Doctrine sont des esprits assez distingués pour que nous soyons obligés de mettre en problème si Vincompréhension de nos Censeurs provient de notre part, ou si c’est de la leur. Quoi qu’il en soit, nous pouvons dire que les Vitalistes comprennent parfaitement toute la tirade que j’ai transcrite , à telles enseignes que chacun d’eux s’engagerait à faire voir qu’il n’y a pas une phrase qui ne heurte une des règles de la Philosophie Naturelle la plus élémentaire. Mais je n’ai garde de conseiller à personne d’employer son temps à ce travail. A qui profiterait cette besogne? Elle serait superflue pour ceux qui ont du sens et de l’instruction. Quant aux Censeurs, tous les éclaireisseinentsimaginables ne seraient pour eux que des paroles creuses. Ceux qui n’ônt pas assez compris la Doctrine pour être à même de lui opposer une objection, ne seraient pas plus en état de saisir la Science présentée sous d’autres formes.

D’où peut venir l’inintelligibilité relative de ces mêmes paroles à l’aide desquelles nous sommes en communication, d’une manière si agréable pour nous, avec l’Angleterre et l’Allemagne, ; avec Athènes, Séville, Turin, Florence et Rome, et qui sont vides de sens pour quelques-uns de nos Confrères de Paris? Je l’ai dit déjà, ét je serai obligé de le répéter encore : d’une part, de l’ignorance delà vraie Philosophie Inductive; d’une autre part, de la morosophie hiérophobique de certains Savants. Descartes a vicié la Philosophie Naturelle en n’admettant dans lé monde que la Matière et le Principe de l’Intelligence, et en rejetant l’Ordre Vital Instinctif ; que le bon sens avait reconnu

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