MES CHERS FRÈRES
Le Sauveur nous a prédit Em ceux qui croiront en lui et qui suivront sa Religion, seront persécutés, calomniés et diffamés. ‘“ Le Disciple n’est pas plus grand que le Maître,” a-t-il dit, “et s'ils ont calomnié, diffamé et persécuté le Maître, ils feront la même chose au Disciple.” De là ce partage de l'Eglise de Dieu, de la véritable Eglise, d'être toujours persécutée, toujours calomniée, toujours outragée par le mensonge. C’est ainsi qu'il en a été de tout temps ‘“ Qui sont les Prophètes,” disait le Sauveur. ‘“ Est-ce que vos Pères ne les ont pas lapidés et mis à mort?” Et les Apôtres, et les Chrétiens des premiers siècles
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ont souffert trois cents ans de persécution pour l'Eglise de Jésus-Christ. Elle venait à peine de naître, et déjà une armée d’ennemis se levait contre elle, la menaçant de ruine et de destruction. Tout conspirait contre elle : Rome et Jérusalem s’unissalent pour arrêter ses progrès. Les Empereurs paiens et l'Eglise J'uive ; les Magistrats de l’'Empire et les Prêtres de la Synagogue Juive conspiralent ensemble et juraient de tout entreprendre, de tout ôser pour étouffer dès son berceau l'Eglise du Très-Haut, la Sainte Eglise Catholique et Apostolique. Pendant trois cents ans le glaive de la persécution a frappé, le sang des Martyrs a coulé. Les corps de ces héroïques enfants de l'Eglise, de ces généreux confesseurs de la foi catholique ont couvert des villes nombreuses: Rome, Jérusalem, Antioche, Lyon et bien d’autres encore. A la fin les tyrants se sont lassés de frapper une à une leurs victimes ; ils ont porté des arrêts de mort contre des villes entières, et des millions ont été massacrés à la fois. Pendant trois cents ans donc, la persécution a sévi contre l'Eglise, et pendant ces trois cents ans près de quatre-vingt millions— plus de vingt fois la population de tout le Canada— sont morts martyrs de la foi catholique et apostolique. Aujourd’hui ces courageux enfants de l'Eglise sont dans le ciel, et ils recueillent dans la gloire, la récompense de leur héroisme et de leur dévouement Le règne de la persécution a cessé à la conversion de Constantin-le-Grand, qui fut le premier emperenr catholique.
Après avoir accordé à l'Eglise. Catholique la liberté de professer la Religion de Jésus-Christ, la liberté de conscience, on n’a pas cessé de la persécuter. Toujours l'Eglise a rencontré dans le monde des oppositions ; même de nos jours, on lui suscite des obstacles de tous côtés—en Prusse, en France, en Suisse, en Italie, en Russie, en Angleterre, en Irlande, et partout le monde
C’est vrai qu'il y a aujourd’hui peu de pays où les catholiques soient mis à mort à cause de leur croyance, comme en Chine et au Japon. Mais quel est le pays du monde où les catholiques ne sont pas attaqués, calomniés, diffamés à cause de leur foi? Je n’en connais pas un seul. }l ñe faut pas nous en afliger. Au contraire, il faut nous en montrer heureux et reconnaissants ; parceque c’est une preuve que la religion catholique est la véritable religion que l'Eglise Catholique est l'Eglise de Dieu. puisque, absolument comme l’a prédit le Fauveur, elle est calomniée, outragée et diffamée, tout comme le Divin-Maître lui-même l'a été. Vous me direz peut-être ; ‘ maïs ce n’est pas dans la Puissance du Canada ; ici nous sommes libres.” C’est vrai, mes chers amis, je ne connais pas un pays où les Catholiques sont plus libres qu’en Canada, et cependant ici même, dans cette Puissance, la prophétie du Sauveur s’accomplit. “Ils vous calomnieront, ils vous diffameront, ils profèreront contre vous toute espèce d’accusations, à cause de mon nom”; et ceci se pratique en Canada aussi bien que dans tout autre pays. On
in ne tre tes crie
porte des accusations fausses contre l'Eglise de Dieu, on lui attribue des doctrines qu’elle abhorre, de sorte que les objections de nos frères séparés contre la Religion Catholique, viennent toutes de leur ignorance ; et, en réalité ils diffament la religion, parcequ'ils ne la connaissent pas. S'ils pouvaient seulement voir la religion catholique telle qu'elle est, ils l’'admireraient, ils l’aimeraient et ils deviendraient catholiques, à moins qu’ils ne fussent des lâches, car il y a des làches.
Il y en a qui sont convaincus que la Religion Catholique est la Religion de Jésus-Christ; mais ils se demandent :—‘“* Que vont dire mes amis ? Que vont-ils penser de moi? Comment me regarderont-ils ?” Un tel se donne comme un brave : mais non, il n’est qu'un lâche. “ Je suis un brave,” dit-il. Non, Monsieur, vous n'êtes qu'un lâche, un esclave, vous portez des chaînes, vous avez les menottes aux mains, vous n'êtes pas libre. Vous êtes convaincu que la Religion Catholique est la Religion de Jésus-Christ, mais ‘ ce qu'ils vont dire,” ‘ce qu'ils vont penser,” ce qu’en dira-t-on vous arrête; vous n’osez pas embrasser la Religion de votre Sauveur parceque vous avez peur de ce qu'ils vont dire—vous êtes un lache. Des centaines et des milliers, surtout dans les vieux pays, mais en Canada aussi, se feraient catholiques, et ils sont retenus parceque leur amis leur tourneraient le dos, leurs affaires en souffriraient—lâches qu'ils sont !
Je dis que même en Canada il y a une certaine
persécution mesquine contre l'Eglise Catholique. Nos frères séparés, avec tous leurs bons sentiments à notre égard, ont cependant des objections contre nous; mais ces objections sont bâsées sur l’ignorance.
J’ai annoncé que je répondrais dans cette conférence à ces objections populaires contre l'Eglise Catholique, et la première de ces objections est celle-ci: Les Protestants disent que les Catholiques n'ont pas la permission de lire la Bible. C’est une fausseté, une calomnie, un mensonge. Les Catholiqnes, dites-vous, n’ont pas la permission de lire la Bible. Allons donc, mon cher Protestant, avez-vous jamais vu une Bible Catholique ? “Non, jamais.” Si vous aviez vu une Bible Catholique, vous auriez trouvé sur la première page une lettre du Pape Pie VI qui recommande à to”s de lire les Saintes-Ecritures pour l'édification, l'instruction et la sanctification. Cette lettre du Pape est adressée aux fidèles du monde entier ; elle veut par conséquent que la Bible soit ouverte à tous. Aïnsi, mon cher Protestant, vous avez tort, vous avez été mal informé quand on vous a dit que les Catholiques n’ont pas la permission de lire la Bible. Et cepen-
dant c’est l'impression de presque tous les Protestants que les Catholiques n’ont pas la permission de lire la Bible.
Je suppose maintenant que nos Protestants qui vivent dans le voisinage de la Cathédrale vont se dire bien souvent pendant ce saint temps de la mission : ‘“ Quel peuple dévot que ces Catholiques,
uel peuple dévot! On les voit qui se rendent à l'Eglise, trottinant dans les rues dès quatre heures et demie du matin—et le soir encore, ils reviennent à l'Eglise pour jusqu’à dix et onze heures, — quel zèle! quelle dévotion! Pauvres, pauvres benêts ! Pauvres ignorants ! s'ils lisaient seulement la Bible comme les Protestants, ils n'auraient pas tant de trouble! Ils pourraient comme les Protestants ronfler tranquillement dans leur lit jusqu’à sept et huit heures du matin. Pauvre peuple ignorant ! quelle pitié qu’on ne lui permette pas de lire la Bible! S'ils lisaient la Bible, ils tourneraient tous Protestants et quels bons Protestants ils feraient ; car il n’y a pas de peuple prêt à faire des sacrifices pour Dieu et la Religion, comme le peuple Catholique. Mais il n’y a pas de danger, le Prêtre ne leur permet pas de lire la Bible ; il veut les tenir dans l'ignorance ! il sait bien que s'ils lisaient la Bible, ils se feraient tous Protestants !"” Ah! mon cher Protestant, les Catholiques n’ont pas la permission de lire la Bible ! mais allez donc chez vos voisins Catholiques, qui parlent l'anglais comme vous, et vous trouverez bien peu de familles qui n'aient pas une Bible. Vous apprendrez aussi que Mgr. Baïllargeon a traduit et annoté la Bible afin que toutes les familles Canadiennes puissent l'avoir et la lire. “* Mais alors, me dit mon ami Protestant, pourquoi les Catholiques font-ils tant de bruit, lorsque nous voulons introduire la lecture de la Bible dans les écoles ?” La raison. la voici :
Les Catholiques n'ont pas du tout d’objection contre la Bible, mais ils veulent une Bible de la bonne espèce. Quelle Bible voulez-vous introduire dans les écoles ? la version protestante! et le Catholique ajoute : ‘“ Mais ce n’est pas du tout la Bible ; c'est seulement un morceau de la Bible et un assez mauvais morceau, ne vous en déplaise.” Vous n'avez pas les deux livres des Macchahées ; vous n'avez pas le livre d’Esther, ni celui de Tobic en entier, ni l’histoire de Suzanne, par conséquent vous n'avez pas toute la Bible ; et le Catholique ne peut pas en conscience se soumettre à une falsification de la parole de Dieu. Le Catholique dit : Si nous devons avoir la Bible, c’est très-bien, mais ayons la toute entière, pas seulement un morceau ; ayons la Bible véritable, une bonne et fidèle traduction de la parole de Dieu. Jamais le Catholique ne peut consentir en conscience, et ne consentira pas que son enfant lise une bible qu'il sait n'être pas la bonne Bible, C'est la raison pour laquelle nous nous objectons à la Bible que vous lisez dans vos écoles protestantes, Mais nous avons encore une autre raison: Nous Catholiques, nous professons la plus grande vénération pour la Bible ; nous la regardons comme la parole de Dieu, et chaque fois que pour obéir à l'Eglise, le prêtre lit à l’office divin un passage de la Bible, il doit le baiser avec respect; et chaque fois qu'il lit le Saint Evangile, toute l'assistance se tient debout par déférence pour la parole de Dieu. Tel est notre respect, notre vénération pour les Saintes-Ecri-
tures, — pour la Bible. Maintenant, vos enfants, filles et garcons, respectent -ils bien leurs
livres d'écoles? Non. Ils les déchirent, ils les
tachent d’encre, ils les jettent ici et là, les foulent aux pieds; eh bien! nous catholiques, nous ne voulons pas que la Bible soit traitée de cette façon ; et voilà pourquoi nous nous objectons à ce qu’elle soit traînée dans les écoles publiques.
—‘ Tout de même, me dit mon cher Protestant, vous ne pouvez nier que l'Eglise Catholique soit opposée à l'éducation et aux beaux-arts.”
Je le nie, et je le nie emphatiquement; j'affirme de plus qu'il n’y à pas de dénomination religieuse qui ait fait autant pour l'éducation que la religion catholique. Il y a quelques années le gouvernement d'Angleterre institua une Commission qui devait voyager partout le monde, et recueillir des statistiques afin de constater quel était le pays où l’on fait le plus pour l'éducation. Ces gentlemen de la Commission, après avoir voyagé, revinrent à leur pays,--et remarquez qu'ils-n'étaient par Catholiques; ils étaient toute autre chose que des Catholiques, et même ils étaient opposés à la Religion Catholique. Lorsqu'ils revinrent avec leurs statistiques, ils prouvèrent jw’il n’y avait pas un seul pays dans le monde où l’on faisait autant pour l'éducation et les sciences, que dans les Etats Pontificaux—les Etats du Pape—que les Etats Pontificaux étaient en avant de tous les autres pays du monde pour les avantages, la facilité offerte à l’6ducation libre et œratuite, dans toutes les branches
enfants, leurs ils les oulent Dus ne facon :
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d’études et de sciences. Parmi les nations les plus éclairées, venait ensuite la France, et puis enfin, à la queue de tous, bien loin en arrière, l’Angleterre. Et vous osez dire, mon cher Protestant, que la Religion Catholique est opposée à l'éducation. Alors, mon cher frère séparé, vous ignorez donc qu'il y a dans la Religion Catholique, plus de cent ordres religieux qui s'engagent, par vœu solennel fait à Dieu, à dépenser toute leur vie, toutes leurs forces, tous leurs talents pour l'éducation de leurs semblables. Tel est par exemple l’ordre des Jésuites. Tout Jésuite profès s'engage à Dieu, par vœu solennel, à dépenser sa vie entière, ses talents, les forces et l'énergie de son âme et de son corps pour l'éducation de tous. Et pour instruire ses semblables, il n’a rien à prétendre, il ne doit rien recevoir en outre de sa pension et de ses habits, rien : pas de monnaie, pas de chaîne d’or, pas de montre d’or, pas de cannes montées en or, pas de beaux tapis dans sa chambre, non, rien qu'un dür matelas et le plancher nu, un pauvre ameublement, la table d’un homme ordinaire de la société ; de plus, il ne peut rien posséder par lui-même et en son nom. Et il en est ainsi pour les Frères de la Doctrine Chrétienne, les Sœurs de Notre-Dame, les Sœurs du Sacré-Cœur, les Sœurs Ursulines et quantité d’autres. Tous les membres de ces Communeautés sont tenus, par vœu solennel fait à Dieu, de passer toute leur vie à instruire leurs semblables. En trouvez-vous comme cela parmi les Protestants ? Où sont-ils, parmi les Protestants,
les hommes et les femmes qui consentiraient à passer toute leur vie à enseigner, et cela sans autre salaire, sans autre rénumération que leur nourriture et leurs vêtements. Adressez-vous à eux pour un semblable service, à de telles conditions, et ils vous demanderont si vous les prenez pour des fous. Trouvez donc parmi les Protestants un Monsieur et une Dame qui consentent à sacrifier leur vie, et de plus, à ne jamais rien posséder en propre, à ne jamais se marier, et cela par amour pour leur prochain, pour l'éducation de leurs semblables. Non, en dehors de l'Eglise Catholique, nulle part, jamais il ne se fait de semblables sacrifices pour l'éducation du pauvre. L’Eglise Catholiques est opposée à l'éducation ! Mes chers amis, voyagez un peu à travers la Puissance, et partout vous trouverez des Universités, des Colléges, des Couvents, des Académies, des Ecoles Paroissiales, des maisons d'éducation pour le riche et pour le pauvre. Est-ce une preuve que les Catholiques veulent tenir le peuple dans l'ignorance ? Quelle étrange contradiction parmi ces bons Protestants. Examinez les Universités, les Colléges et les ÂAcadémies Catholiques des Etats-Unis, et parmi les | élèves pensionnaires de ces institutions vous trou- | verez un tiers d'élèves protestants; et en Canada, | combien de jeunes Protestants reçoivent :eur éducation dans nos colléges et nos couvents catholiques ? Mes chers Protestants, pourquoi envoyezvous donc vos enfants aux écnles catholiques ? “Bien, Monsieur, parce que je suis convaincu que
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l'éducation catholique est plus complète et plus solide ;” ‘de plus,” me dit un bon papa Protestant, “ j’envoie ma fille au couvent, chez les Sœurs, par: ce que je sais que sa vertu sera bien gardée. Si je l’'envoyais à une école protestante fashionable, il pourrait bien arriver qu'elle se marierait avant que j'en sache mot.—Mon garçon, me dit un père protestant, est d’un caractère difficile, un peu sauvage, il a besoin d’être retenu. Je l'envoie au collége catholique, parceque je sais que l’éducation est bonne, et la discipline plus stricte que partout ailleurs, et voilà pourquoi, me dit-il, j'envoie mon enfant à l’école catholique.” Tresbien, mais avec tout cela vous dites que les Catholiques veulent tenir le peuple dans lignorance. Pourquoienvoyez-vous votre garçon ou votre fille aux institutions catholiques ? D’un œil vous froncez le sourcil contre les catholiques, de l’autre vous leur souriez, et vous dites: après tout, c’est la meilleure religion.
La Religion Catholique est opposée à l’éducation et aux beaux arts ?
Si ce n’eüût été que la Religion Catholique les beaux arts tombaient cn décadence et en ruine. Quels sont les beaux arts? La Musique, la Sculpture, la l’einture, l’Architecture, et la Poésie. Tels sont les beaux arts. Eh bien! vousme dites maintenant, que la religion catholique est opposée aux beaux arts ? à la sculpture par exemple. Aussitôt que le Protestantisme s’est montré, partout où ïl en a eu le pouvoir, il a arraché les Statues de la
Maison du Seigneur, il a brisé les statues de la bienheureuse Vierge et des Saints; il n’a pas même respecté les images du Sauveur, il les a mises en pièces, il a enlevé au Scuplteur son pain de chaque jour. La Religion Catholique a toujours encouragé la sculpture, en ornant de statues ses églises, On peut dire la même chose de la peinture. Les Protestants ont déchiré les peintures qui ornaient les murs des églises qu'ils nous ont volées ; ils les ont déchirées et ils ont effacé les fresques sur ies murailles, parcequ'’ils les regardaient comme une violation de la première loi de Dieu. Et ainsi de la Musique—ce bel art qui ravit l’âme, lui donne des ailes, pour l’élever audessus de la terre. La Musique-—Qui l’a encouragée, si ce n’est l’église catholique ? Qui sont les grands maîtres en musique ? Mozart, Beethoven, Mercadante, Rossini. et nombre d’autres qui tous comme eux étaient catholiques. La plus grande, la plus majestueuse, la plus ravissante musique à été produite par des catholiques. Le Protestantisme compte à peuprès 350 ans d’existence, et il n’a jamais produit un seul musicien digne d’être comparé à Mozart, à Beethoven, à Mercadante. Les Protestants en sont bien convaincus aux Etats-Unis, tellement que, dans leurs plus grandes et leurs plus belles églises de New- York, de Boston, et d’autres grandes villes, ils adoptent la musique catholique. Ils savent que dans leur propre musique il y a toujours quelque chose de Yankee Doodle, rien pour ravir l’âme,
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l’élever à Dieu, comme dans la composition des grands maîtres de l'Eglise Catholique.
Et il en est encore de même pour l'architecture, mes chers amis. Les Protestants ont-ils, avec toutes les richesses qu'ils possèdent en Angleterre et ailleurs, élevé depuis 350 ans, autant de monuments d'architecture que l'Eglise Catholique en a donnés au monde ? Les grands Architectes d'Angleterre, du Canada et des Etats-Unis, en traversant l’Europe, restent frappés d’étonnement et d'admiration en face des superbes Eglises et Basiliques Catholiques qu’ils voient à Rome, et partout ailleurs : ils demeurent complètement stupéfaits, jusqu’à être extasiés, comme cela est arrivé, en contemplant la grandeur et la beauté que pré-
sentent ces édifices majestueux : St. Pierre de
Rome, par exemple, St. Jean de Latran, Ste. Marie Majeure ; les Cathédrales de Cologne, de Notre- Dame de Paris, et d'Anvers. Toutes ces étonnantes productions sont le fruit du génie Catholique, des idées Catholiques : elles ont été conçues par des Architectes remplis des sentiments de la Foi, et des idées sublimes de la beauté et de la Majesté qui doivent caractériser les temples que l'on élève au culte du Dieu Vivant qui veut bien venir habiter sur nos autels. Et les Catholiques,
dans leur générosité, s'empressent d'ouvrir leurs mains et leurs bourses pour contribuer à la construction de ces immenses Cathédrales et de ces Grandes Basiliques. Londres, en Angleterre, a fait un effort pour jeter St. Pierre de Rome dans
l'ombre, en construisant son St. Paul, Ha! Ha! St. Paul à Londres n’est rien qu'une baraque, en comparaison de St. Pierre. Et aux Etats-Unis, où il y a de si grandes richesses et une si grande influence parmi nos frères séparés, ont-ils faits quelque chose, ont-1ls construit quelque chose qui puisse être regardé comme un monument des idées grandes et sublimes réalisées dans un temple consacré au culte du Dieu vivant ?—Rien du tout. Les pauvres, comme sont les Catholiques de New York, ont commencé une Cathédrale pour la construction de laquelle ils ont déjà dépensé un million trois cent mille piastres ; et le tiers des travaux n’est pas encore fini. Avec toute leur indivence, ils ont entrepris l'élévation de ce grand monument d'architecture qui sera la merveille et l’ornement des Etats-Unis.
Et cependant vous dites que les Catholiques s'opposent aux beaux-arts, Ignorants! stupides! il faut que vous n'ayez jamais sorti de votre pays, pour affirmer que la religion Catholique est opposée aux beaux-arts, à l'éducation et à la science. Ils disent de plus que l'Eglise est cpposée aux découvertes et à l'invention. Et cependant, mes chers amis, le monde est redevable au Catholicisme des inventions les plus grandes et les plus utiles qui soient connues. Qui a inventé lim: primerie ? N'est-ce pas un Catholique Romain ?-et cela cent ans avant qu’il parüt un Protestant sur la terre. Qui a inventé la Poudre à canon ?— Un Catholique. Qui a inventé les lunettes, cet.
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article d’une si grande utilité pour ceux qui ont la vue courte ? Ce fut un Catholique qui inventa le verre grossissant. Qui encore a inventé la boussole ? N'est-ce pas un Catholique ? Et on dit que la religion Catholique est opposée aux découvertes et aux inventions? Mes chers habitants du Canada, comment osez-vous dire cela? Qui vous a donné l’Amérique ? Q'ui vous a donné cette terre de liberté et de bonheur ? —TUn Catholique, Christophe Colombe. C'est lui qui vous a procuré le sol sur lequel vous vivez, le pain que vous mangez, les habits que vous portez. La religion Catholiqre a, dans tous les temps encouragé les découvertes et l'invention ; elle a toujours soutenu et stimulé les Artistes, tandisque le Protestantisme, vous devez le reconnaître, a écrasé l'énergie et les efforts du Sculpteur, du Peintre et du Musicien.—‘ Mais encore,” dit mon ami Protestant, “je ne puis jamais me résoudre à me faire Catholique, parceque les Catholiques violent le premier commandement de Dieu, qui dit: ‘ vous ne vous ferez point d'image taillée, ni aucune figure de tout ce qui est en haut dans le ciel, et en bas sur la terre; et vous ne les adorerez pas, et vous ne leur rendrez aucun culte.” ‘Or, vous autres, Catholiques, vous violez ce commandement de Dieu ; et, en vous disant cela, je ne vous calomnie en rien; car vous n'avez qu'à entrer dans une Eglise Catholique pour en avoir la preuve évidente. Qu'est-ce que je vois, en effet, sur cet Autel ?—" L'image de Jésus crucifié: une figure B
des choses qui sont en haut dans le ciel.” Et là,
w'est-ce que je vois encore ?--“ L'image de Ste.
nne, la Mère de la Bienheureuse Vierge Marie.” “Et ceci, qu'est-ce que c’est encore ?” “C'est St. Jean-Baptiste ; et, par conséquent, voilà autant de figures qui représentent les choses qui sont en haut dans le ciel Donc ilést vrai de dire que vous violez, vous, Catholiques, les commandements de Dieu, en vous faisant ces images et ces statues.” : Bien, mon c*er et révérend ministre de l'Evangile, mon cher prédicant, voulez-vous me permettre d'entrer dans votre demeure ?—‘Oui, répond-il, je n’ai pas d’objection à ce que l’entrée dé ma maison soit permise même à un vieux Jésuite.” J'y vais, j'entre dans la salle de mon ami, et j'aperçois une peinture suspendue à la muraille, et lui demande: “Qu'est-ce que c'est que ce tableau ?” “C'est, répond-il, le portrait de ma chère et bonne mère.” “Où est-elle maintanant votre mère, lui dis-je ?”’ “J'espère, réplique-t-il, qu'ellé est là-haut dans le ciel avec Dieu.”-—‘“Et ce tableauci, qu'est-ce c’est ?”—“C’est le portrait de mon aimable épouse.” “Où est-elle ?”’—“Elle est en haut, occupée du soin de ses petits enfanis.”—“Et cet autre portrait que voilà, qu'est-ce que c'est ?”— “Oh ! monsieur, c’est un chef-d’œuvi: ua laissé un des plus grands maîtres : il représente un poisson, comme ÿous voyez. '—‘Ah/! mon cher prédicat Protestant! c’est ainsi que vous violez les commandements de Dieu! Voici bien la figure de votre mère que vous dites être là-haut dans le
Et là, e Ste.
[arie.” est St.
ant de nt en e que landeet ces tre de us me “Qui, entrée vieux h ami, raillé, ce tachère votre u’ellé Dleauon aihaut, t cet 9 alssé poisrédiz. les e de ns le
ciel ; voici la figure de votre épouse qui est ici-bas
sur la terre; voici la figure d’un poisson, c’est-à-
dire des choses qui sont dans les eaux sous la terre ! —“Hou de prêtre ! fou de prêtre ! dit-il, pensezvous que pour avoir ces tableaux attachés là sur la muraille, je viole les commandements de Dieu ? —“Non, mon ami, je ue le pense pas; et cependant vous dites que nous autres, Catholiques, nous les violons parce que nous avons des tableaux dans nos Eglises.” “Il n’y a pas de mal, répond:il, à faire ces images ; mais c’est que vous autres, vous les adorez”—“Tci vous nous calom-
niez, nous n’adorons aucune des images que nous
avons dans nos temples.”’—“Pourquoi les avezdonc, si vous ne les adorez pas ?”’—‘“Mais vous, pourquoi avez-vous icile portrait de votre mère ?”
—“C'est, répond-il, parce que chaque fois que je
le regarde, je me rappelle quelle bonne personne c'était que ma mère ! Il me semble encore qu'elle me dit: “Sois un bon citoyen; sois un bon chrétien.” Lorsque mes yeux rencontrent ce portrait, je me sens plein de zèle pour pratiquer les vertus dont elle m'a donné l'exemple durant sa vie; je me rappelle tous les bons conseils qu'elle avait coutume de me donner.” —-“Mais, mon ‘mi, vous êtes Catholique! c’est là précisément l’usage que les Catholiques font des images et des statues
w'’ils ont dans leur Eglise. Aïnsi lorsqu'ils portent leurs regards sur l’image de Jésus crucifié, ils se
disent : “Oh ! combien le Sauveur a souffert pour.
moi! combien il a été bon et généreux pour ré-
pandre ainsi son sang précieux pour sauver mon âme! Je dois donc añner ce bon Jésus. Chaque fois que le Catholique porte ses regards sur la Bienheureuse Vierge Marie, il se dit: “Comme elle était pure, Marie, la mère de Jésus! comme elle était sainte ! comme elle était chaste.! Je dois m'efforcer d’imiter sa pureté dans le service de Dieu” Lorsque nous regardons la statue de St. Josepr, ou de tout autre saint, nous disons: ‘Ces saints étaint des hommes comme nous autres ; ils ont vécu comme nous sur cette terre ; ont eu, comme nous, des passions à vaincre, des difficultés à surmonter; et cependant, avec tout cela, ils se sont montrés fidèles à servir Dieu. Je puis donc faire la même chose, se dit alors le Catholique ;
je dois m’efforcer d’imiter leurs vertus et de suivre
leur exemple dans toute ma conduite.” —“Mais, il y à autre chose, reprend mon ami Protestant, c'est que vous inclinez la tête devaut ces images. N’ai-je pas vu les Catholiques dans cette Eglise, durant cette mission, venir s'incliner ici devant cette image que voilà sur l'autel ?’—“Non, mon ami, les Catholiques ne s'incline pas devant cette image, mais devant Notre Seigneur qu'ils croient être réellement présent dans le Saint Tabernacle, Ce n'est pas l’image qu'ils vénèrent, c’est à Jésus Christ qu'ils rendent leurs hommages en fléchissant le genoux devant lui : “Est-ce un mal cela, mon. cher ami?’—“Non, répond le Protestant, car la Bible dit qu'au nom de Jésus tout genoux doit fléchir dns te ciel, sur la terre, et même dans les en-
fers. Mais, ajoute-t-il, vous vous inclinez aussi devant la statue de la Ste, Vierge.”—"“N on, pas devant la statue, mais devant la Mère de Dieu, la Bienheureuse Vierge Marie, aue cette statue représente.” —“Marie n'est-elle pas une créature ?”’-—"“Oni, elle est une créature, mais une créature très élevée en gloire et en sainteté.” —“Cependant, dit le Protestant, il ne vous est pas permis de vous incliner devant une cré:ture.”—#*Mais comment. mon cher ami, lorsque je vins pour la première fois à Ottawa, je vous rencontrai un jour dans une des rues de cette ville ; vous me fûtes désigné comme étant le Ministre de telle Eglise. Je vous ai observé dans votre démarche, et je vis qu'en rencontrant une Dame de vos amies, en un instant vous avez eu votre chapeau à la main, et avez inclinez la tête devant elle avec beaucoup de politesse.” — “C'est vrai, monsieur, mais elle est une si digne et si aimable personne ! elle est si bonne et si pieuse ! Et comme nous devons respecter la vertu et la piété partout où elles se trouvent, j'ai, pour cette raison, incliné la tête devant cette personne.” — “ C’est raisonnable, en effet; mais dites maintepat, est-ce que la (lorieuse Vierge Marie n’est bonvre et sainte? Ne dois-je pas m'incliner devant elle, et honorer son éminente dignité de Dieu ?”— “Oui ; cela, après tout, me semble bien raisonnable, mais vous poussez la chose, vous autres, jusqu’à l'excès, vous faites beaucoup de bruit pour ce qui regarde la Ste, Vierge. Ainsi on ne peut trouver une seule Eglise Catholique avec un autel
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consacré à Dieu, sans qu'il s’y en trouve aussi un consacré à lu Ste. Vierge. Je pense que cela n'est pas juste, monsieur.” —‘Bien, mon cher ami Protestant, supposez pour un moment que la mère de George Washington doive venir faire une visite à la ville de New-York, quelle hésitation, quel tapage ony verrait : grondement du canon, décharges des carabines, corps de musique marchant à travers les rues de la ville, feux de joie, illuminations, tout serait mis en jeu. Et les dames de New- York revêtues de leurs habits les plus riches, de leurs toilettes les plus solennelles, montées dans de beaux carosses, passeraient en foule dans les iues. Mais, mesdiunes, leur dirais-je, que signifie tout cet apparat, toute cette excitation ? Ou allezvous donc avec tout cet entourage ?”’—‘Monsieur, répondraient-elles, nous allons rendre nos hommages à la mère de Washington: elle vient d'arriver à l'Hotel Astor, et nous allons la voir.” “Mais, mesdames, leur dirais-je encore, qu'est-ce que la mère de Washington a de plus qu'une autre femme, pour que vous alliez lui faire tant d'honneur ? — ‘Ah ! monsieur, répondraient-elles, il est aisé de voir que vous êtes un Dutch ! Quoi, monsieur! vous dites de ne pas honorer lamère de Washington,
ui nous a donné un fils si illustre; un fils qui a fait de nous un peuple libre, indépendant, glorieux et heureux ! Et vous dites: ‘nous né devons pas rendre d’honneurs à la mère de Washington !” — “Très-bien, dirais-je, allez honorer la mère de Washington: j'aime à voir le sentiment de la re-
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connaissance dans vos cœurs. Mais dites-moi maintenant, mes amis, Marie ne nous a-t-elle pas donné un Fils bien plus grand que Washington ? Jésus n’a:t-il pas fait pour nous bien plus que Washington? Ne nous a-t-il pas délivrés de l’esclavage de l'enfer! Ne nous a-t-il pas donné'droit à l'héritage du ciel ? Et après cela, nous, Catholiques, ne serions-nous pas le peuple le plus ingrat, si nous ne vénérions pas la mère qui nous a donné un fils. si digne ?”--“Oui, en effet, dit mon ami Protestant ; ceci, après tout, est bien raisonnable.”
Et il en est ainsi de toutes les doctrines de la religion catholique. C’est une religion raisonnable, une religion fondée sur les Saintes Ecritures. Elle est par là même une religion naturelle ; car, mes chers amis, si la religion catholique est la religion de Dieu, elle doit être raisonnable, fondée sur les Saintes Ecritures, et puis une religion nàturelle. , [1 ne peut pas se trouver de contradiction dans les œuvres de Dieu: Dieu est l’auteur de la raison, l’auteur de la Bible, l’auteur de la nature, l’auteur de la vraie religion. Toutes ces choses sont des œuvres divines, et dans les œuvres de Dieu doivent se trouver l'harmonie, l'accord et l’union. et par conséquent, la religion catholique est la religion de la raison, la religion de la Bible, la religion de la nature. ‘“ Mais n'importe, dit mon ami Protestant, il y a une chose dans votre Eglise que je n'aime pas. J'ai eu occasion de venir à cette mission plusieurs soirs, et j'ai observé que chaque fois que le Prêtre dit: “Je vous salue, Marie,”
toute la foule dit: ‘Sainte Marie” Eh! bien, monsieur, je n'aime pas cela, moi, je vous salue, Marie ! je vous salue, Marie ! Sainte Marie ! Sainte Marie ! ça me semble être tout-à-fait un contresens; je ne puis comprendre cela.”—"‘*Bien, ditesmoi, mon révérend monsieur, ne dites-vous jamais le “Je vous salue Marie ?”’—‘“Jamais, monsieur, à Dieu ne plaise ”’—“Cependant, mon ‘respectable prédicant, je pense que vous dites le “Je vous salue Marie” quelquefois.”—‘Jamais, monsieur, jamais. ’—"‘“Je pense que oui pourtant, Avez-vous la prière en famille tous les soirs ?”—"*Oui.—""Voulez-vous me permettre d'assister à la prière que vous faites en famille chez vous ?’—‘“Oui, mousieur ; et, si vous y venez, nous prirons avec beaucoup de ferveur pour votre conversion.” —‘"C’est bien; mais je vous assure que aurez besoin de prier durement, parceque vous sentirez que le Père Damen est un dür à convertir.” Je me rends donc à la prière faite en famille chez mon ami Protesiant. L'exercice consiste en une prière improvisée suivie de la lecture d’un chapitre de la Bible. Aïnsi donc, après que la prière est terminée, le Ministre, avec la plus grande solennité, ouvre la Bible, et lit le premier chapitre de l'Evangile selon St. Luc. Entre autres choses, il lit les paroles suivantes : “Et l'Ange Gabriel vint auprès de Marie et lui dit: “Je vous salue, Marie pleine de grâce, le Seigneur est avec vous, vous êtes bénie entre toutes les femmes ;” et, Elizabeth inspirée par le St. Esprit, dit: ‘et béni est le fruit
l bien, salue,
Sainte ontre— ditesjamais eur, à ctable JUS Saur, jaous la “Vou- ‘e que monbeau- “C’est n de que le rends ami e im— de la rmianité, vanit les près leine ètes insfruit
de vos entrailles.’ —‘“Arrêtez, lui dis-je aussitôt, arrêtez, ne voyez-vous pas que vous êtes à dire le “Je vous salue Marie ?’—‘“Point du tout, répondil, je ne fais que lire ma Bible.”—“Oui ; mais enfin, mon cher ami, voyez donc que le “Je vous salue Marie” se trouve dans votr: Bible. ”—‘Mais, mon Dieu, c’est bien le cas, en effet, dit-il, je ne m'en. était pas encore apercu. Rebecca, dit-il à sa femme, qu’allons-nous devenir! Nous sommes déjà demipapiste : nous avons dit jusqu’à aujourd’hui le “Je vous salue Marie” d’un bout à l’autre, et nous ne le savions pas.”
Ainsi, liseurs de Bible, est-ce la vérité ou non ? lorsque vous arrivez à votre maison chaque soir, et que vous lisez le premier chapître de St. Luc, dans votre Bible Protestante même, vous y trouvez le “Je vous Nalue Marie. Voyez combien vous avez été areuglés de vous exaspérer en portant vos regards vers le ciel, à cause du contre-sens des pauvres Catholiques ignorants, parce qu'ils disent le “Je vous salue Marie ” Lt il en est de même de tous les textes de la Bible de Dieu, qui ne contiennent rien autre chose que les doctrines catholiques. Vous lisez la Bible, et la relisez encore ; mais vous êtes dans l’aveuglement, vou: ne cherchez pas à voir la doctrine catholique qui se trouve clairement exposée dans votre Bible. Et quel est la cause de cet aveuglement où vous demeurez ? Ce sont vos préjugés. Vous vous êtes fait une religion; vous vous êtes formé des opi ions sur la religion avant même d’avoir jamais
mis les yeux dans la Bible; vous vous êtes formé ces opinions uniquement d’après ce que vous ont enseigné vos. parents, d'après ce que vous prêchent vos ministres dans vos Eglise, mais nullement d’ap ès la lecture de la Bible; vous vous êtes attachés de préférence à ceux qui vous ont enseigné, plutôt qu'à la Sainte Bible du $Seigneur ; ef, après cela, vous osez dire et proclamer
ue la Bible est votre guide. Si vous étiez un Ghrétiol selon la Bible, vous seriez catholique, et rien autre chose.” —“Mais qu'importe, dit mon ami Protestant, je ne me ferai jamais Catholique. Que sont-ils les Catholiques ? Un pauvre peuple "— “Mais qu'était Notre Seigneur, mon bon ami ?
N'était-il pas pauvre ? Quels étaient les amis les plus chers de Notre Seigneur? Les pauvres. Qui a-t-il choisi pour être sa mère ? Une Vierge pauvre. Qui a-t-il désigné pour être le gardien de son enfance sur la terre ? Le pauvre ouvrier, St. Joseph. Kt les premiers martyrs, les Apôtres de Jésus-Christ,quiétaient-ils? Des pauvrespêcheurs. Et qu'est-ce que Jésus-Christ lui-même a dit: ‘“Bienheureux sont les pauvres, parceque le royaume du ciel leur appartient.” Il n’a jamais dit: ‘“Bienheureux sont les riches,” parce qu’il savait combien il est difficile pour eux d'entrer dans le ciel. Et vous, gens du grand ton, vous ne voulez pas être Catholique parce qu’ils sont pauvres ; mais si vous eussiez vécu du temps des Apôtres, vous auriez régardé les pieds-nus de ces pêcheurs, et auriez dit: “Nous soumettrons-nous à l’enseignement de
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ces hommes pauvres, de ces pêcheurs qui n’ont pas même une chaussure pour, mettre à leurs pieds?” C'est de l’orgueil, cela, mes chers amis; mais sachez que Dieu résiste aux orgueilleux, et donne sa grâce aux humbles.
Les Protestants Américains, et je suppose aussi les Protestants Anglais disent encore: ‘“ Nous ne pourrions nous faire Catholiques, parce que les Catholiques sont, pour la plupart, des Dutch et des Irlandais. Nous ne pourrons jamais nous associer avec les Catholiques parce qu'il y a trop de Paddy et de Biddy parmi eux. Si vous ne voulez pas vous associer avec les Paddy et les Biddy, mes chers Protestants, je vous assure que si jamais vous avez une chance d'aller au ciel vous trouverez là nombre de Paddy et de Biddy.”—“De plus, il y à dans votre religion trop de cérémonies inutiles; j'aime mieux honorer Dieu avec foi, avec vérité et avec simplicité, de tout mon cœur, et je n'ai que faire de toutes ces cérémonies. Qu'on aille dans une Eglise Catholique, on y voit au beau milieu du jour une douzaine de cierges: et cela en plein midi! Que signifie cette coutume ? Qu'est-ce qu'a pu l’amener ?”—‘“Comment pouvez-vous faire des objections contre une chose sur laquelle vous ne connaissez rien? L'usage des cierges sur l'autel a été introduit par les Apôtres eux-mêmes. Ils étaient persécutés ; et, afin de se dérober à la fureur de leurs persécuteurs, ils réfugiaient dans les canaux profonds et ténébreux des catacombes de Rome, pour y célébrer en plus de sureté la Messe
ou l'office divin, et l’usage des lumières était nécessaire: Lorsque les persécutions cessèrent, 300 ans après l'établissement de l'Eglise, époque où Constantin le Grand rendit la liberté à la religion, les Catholiques continuèrent à faire usage des lumières sur l’autel, en souvenir de la persécution qu'avaient endurée leurs pères dans la foi. Aïnsi le cierge sur l’autel dit à tout enfant chrétien Catholique : “Souvenez-vous que les Apôtres et vos aieux ontsouffert pour soutenir leur foi, conserver leur religion. Conséquemment le cierge qui brule sur l'autel est l'emblème de l'amour, puisque le feu est la figure de l'amour, car c'est de là que nous disons: je brule d'amour pour quelqu'un. Or Jésus, animé et embrasé du véritable amour, nous donne son corps et son sang dans le Saint Sacrifice de l'autel, parce qu'il nous ame, parce qu'il désire demeurer avec nous jusqu’à la consommation des siècles. C’est pourquoi cette lampe que vous voyez suspendue là en face de l’autel, est un emblême de l'amour de Jésus pour les hommes, et cette petite lampe qui brule jour et nuit, indique la présence eontinuelle du Sauveur dans le Saint Tabernacle. Cette petite lampe et les cierges qui brule sur l'autel disent tout Catholique: ‘“Aimez Jésus; donnez lui amour pour amour. Il vous a tant aimé qu'il vous a donné son corps et son sang pour être la nourriture de votre âme. Rendez-lui donc amour pour amou:.
Aimez Jésus et servez-le fidèlement, disent encore PR lampe et les cierges qui brülent sur l’autel.
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Assurément ces chandelles rendent gloire et honneur à Dieu.—“Mais n'est-ce pas là une idée bien étrange, dit mon ami Protestant ? Quel honneur et quelle gloire un vieux cierge peut-il rendre à Diou ?”’—‘“Oui, vous croyez cela, vous autres, mes amis! mais, dites-moi, chaque fois que vous avez obtenu une grande victoire, un beau triomphe, et que vous désirez honorer le capitaine qui l'a obtenue, que faites-vous ? Vous préparez une belle illumination, allumez nombre de chandelles, nombre de torches ; vous remplacez les ténèbres de la nuït par la clarté du jour. En outre de cela, vous faites des feux de joies, et ces feux de joies, de quelle matière sont-ils ? De toutes sortes de vieux haïllons et de vieux barrils : et tout cela pour rendre honneur et gloire au grand général qui vous a rendus triomphants. Or quelle gloire et quel honneur toutes ces vieilleries peuventelles apporter à votre Général ?”—“Eh ! bien, diton, c’est là un moyen que nous employons pour montrer que nous aimons le Général qui a été la cause de notre triomphe.”—“Eh! bien, pour le même motif, le Catholiqne fait brüler des cierges sur l’autel, afin de rendre honneur à Jésus. Pourquoi encore avons-nous ces clerges ? c’est, mes
‘ chers amis, parce que ces cierges sont une figure.
du St. Esprit descendant sur les Apôtres au jour de la Pentecôte. Nous lisons dans la Bible que dix jours après l’Ascension de Jésus-Christ dans le ciel, le St. Esprit descendit sur les Apôtres, et les rendit capables de prêcher l'Evangile de Jésus, et
d'établir son Eglise par toute la terre. Avant cela, les Apôtres étaient des hommes ignorants, timides, poltrons, que la crainte empêchait de parler ouvertement et publiquement. Mais après que la troisième personne de la Ste. Trinité eut descendu sur eux sous la forme de langues de feu, ils ont été remplis de l'esprit de Dieu, ont marché en avant sans crainte, et ont établi l'Eglise sur toute la terre. Or cette flamme que donnent les cierges est la figure du St, Esprit descendant sur les Apôtres, et dit : “Chrétiens, souvenez-vous que vous êtes l'enfant d’une Eglise qui n’a pas été établie par un homme, par Martin Luther, par exemple, ou Henri VIII, Calvin ou Wesley, mais par Jésus-Christ et le Saint-Esprit ; et par conséquent, dit toujours le cierge qui brüle sur l'autel, laissez votre cœur se dilater dans la joie et le bonheur, de ce que vous n'êtes pas l’enfant d’une Eglise établie par l’homme, mais d’une Eglise établie par Dieu.
Il y a encore une chose qui me parait étrange, dit mon ami Protestant : Je vois que tous ceux qüi entrent dans l'Eglise s’arrosent avec de l’eau; or cela me semble être un contre-sens.”—‘N’avezvous pas lu dans la Bible que Dieu commanda qu’à l'entrée du temple on plaça une fontaine où tout le monde devait se laver les mains avant d'entrer dans le temple afin d’être avertis par cela qu'ils devaient entrer dansla maison de Dieu avec uh cœur pur, et pour adorer le Seigneur. Ainsi, dans chaque Eglise Catholique, il y à un bassin rémpli d’eau, LEUR lequel chaque catholique
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plonge sa main, et cela pour lui donner cet avertissement : “Enfant Chrétien, entrez dans la maison de Dieu avec des intentions pures et pour adorer Dieu; n’alléz pas là pour voir et pour paraître, où pour “montrer vos. beaux habits, mais uniquepour adorer le Seigneur. Ainsi chacun trouve un
avertissement utile et salutaire dans cètte eau qui sé trouve à la porte de l'Eglise.”
“ Ce n’est pas tout, dit mon ami Protestant, j'ai encore vu quelque chose d'étrange ici durant cette mission: vêrs la fin de l'office, il s'élevait autour du Prêtre de la fumée.” “Mas, mon cher ami, c’est de l’encens qu'il fait brüler et qu'il présente à Dieu. N’avez-vous jamais lu quelque chosede cé genre ? S'il en est ainsi, c’est, une preuve de: plus de votre ignorauce de Ia Bibie. Or dans la Bible, il y a un commandement de Dieu qui ordonne que l’on brûle de l’encens en sa présence. Cet encens est brulé dans le but de reconnaître lesouverain domaine de Dieu sur toutes choses, et la sujétion de l’homme à son créateur, C’ést, de plus, uñe figure de nos prières qui montent jusqu'au trône de Dieu.” —“Mais cela ne se trouve que dans l'Ancien Testament, dit mon ami Protestant, et n’a rién à faire avec nous.”—"C est aussi dans l Eyangile. Car nous y voyons qu'après la naissance du Sauveut dans l’étable de, Bethléem, les mages se sont rendus auprès de lui, et lui ont offert de l'encens, de l'or êt de la myrhe. Il lui ont présenté cet encens pour reconnaître qu'il était Dieu ; et de, même nous brülons dé l'encens en face de l'autel,
alin de lui rendre nos adorations et nos hommages comme à notre Dieu.”
“Comment se fait-il, demande encore mon ami Protestant, que parmi vous, Catholiques, il y ait de si méchantes gens ?”’—"Mais estce que tons nos frères séparés soni saints? Je n’ai jamais entendu parler d’un ’rotestant qui soit saint, En avez-vous un seul ? Je ne pense pas, en effet, que les Protestants sachent qu'ils aient un seul saint, Et bien, ils disent qu'il y a de méchantes gens parmi les Catholiques. Il faut avouer qu’il y a une bonne part de mauvais Protestants.”
“ Parmi vous, dit encore mon ami Protestant, il y a de mauvais Prêtres”’—"$S'il n’y avait jamais eu de mauvais Prêtres, il n’y aurais jamais eu de Protestants dans le monde. Il y a quelques mauvais Prêtres, mais ils sont peu nombreux. Il y a aussi de mauvais prédicants. Nous lisons, de temps à autre, sur les journaux, que le Rév. Monsieur un tel, après être tombé en amour avec la femme de son voisin, s’est enfui avec elle. À la vérité, mes chers amis, ce n’est pas joli de se sauver comme cela avec la femme de son voisin, Ainsi vous voyez que vous avez bien votre part en fait de méchantes gens. Il y a, voyez-vous, des bons et des méchants dans les sociétés de toutes les dénominations. Il y a de mauvais Catholiques, de mauvais Protestants, et il en sera ainsi jusqu’à la fin des temps. Aussi longtemps que "Eglise sera composé d'êtres humains, il y aura des bons et des méchants. Est-ce l'Eglise qu'il faut
blâmer pour cela? Est-ce l'Eglise qui leur enseione à devenir méchants? Au contraire, l’Kglise fait tout ce qui est en son pouvoir pour rendre ses enfants bons, moraux, honnêtes, purs, chastes et sobres. . e travaille-t-elle pas tout le temps, les Prêtres ne préchent-ils pas continuellement, ne donnent-ils pas sans cesse des missions pour corriger le peuple. L'Eglise n’a pas à être blâmée si quelques-uns de ses enfants refusent de lui obéir, et de se laisser guider par ses instructions et ses conseils, Des parents sont-il à blämer s'ils ont un mauvais fils, dès qu'ils ont fait ce qu'ils ont pu pour lélever selon la morale du christianisme, pour en faire un bon citoyen ? Non; eh! bien également il ne faut pas jeter la pierre à l'Eglise si elle a quelques-uns de ses enfants qui ne veulent pas se conformer à ses instructions et à ses couseils; car elle n’épargne aucune peine ; elle fait tous les eflorts possibles pour rendre bons tous ses enfants.
Et où voyez-vous, en dehors de l'Église Catholique, une charité aussi héroïque que celle qu'elle exerce ? Regardez les Sœurs Grises de la Charité : elles vont à la chaumière du pauvre, leur donnent toutes sortes de soins, les nourrient, quelque soit leur maladie, leurs infirmités; que ce soit la picotte ou la fièvre, peu importe. List-il quelquesunes de vos Dames Protestantes disposées à en faire autant ? oh! non, elle ne le feront pas. Dans la religion Catholique, tout ce dévouement, toute cette charité est exercé sans aucune rénuméra-
tion ; ces bonnes Sœurs servent ces infortunés et les soignent comme si elles étaient leurs mères Et qui sont-elles ces Sœurs, ces anges de douceur et de dévouement ? La plupart d’entre elles ont été élevées dans toutes les douceurs du luxe et de l’aisance ; ce sont de jeunes demoiselles qui ont appartenu à des familles opulentes, maïs qui ont renoncé au monde et à ses plaisirs, et ont donné leur cœur et leur travail à Jésus-Christ, et aux pauvres.
Mes amis bien-aimés, voilà déjà près de deux heures que je vous entretiens. Je suis très-satisfait de vous tous, chers habitants d'Ottawa. Demain après-midi je vous entretiendrai de nouveau ; et demain soir je vous ferai mes adieux. En attendant, laissez-moi vous assurer qu'Ottawa a fait sur moi une impression favorable, et que je suis tombé en amour avec les gens d'Ottawa.