Que faut-il connaître pour être bon agriculteur
Pour être bon agriculteur il faut connaître 1Q la lecture et l'écriture; 2° les éléments de l'arithmétique; 3° les premiers éléments de la physique, de la mécanique, de la chimie et de l'histoire naturelle.
Il faut encore connaître les diverses espèces de terres et de semences, et l'usage des instruments perfectionnés.
Il faut de plus uue conduite régulière, de la santé, de l'activité, de la prudence, de l'économie, de la persévérance, de l'esprit d'ordre et d'observation.
4. Pourquoi faut-il distinguer les différentes espèces de terres qui composent un sol ?
Il est important de connaître les différentes espèces de terres qui composent un sol, afin de savoir l'usagé qu'on en doit faire, la manière de l'assainir et de le préparer, et les sortes de plantes que l'on doit y cultiver de préférence.
5. Indiquez les avantages de chaque espèce de terres, et les plantes qui viennent le mieux dans chaque terre.
On appelle terre forte celle où domine la glaise ou argile ; elle est tenace et froide ; on la reconnaît à ce qu'elje se crevasse à la sécheresse, et que l'eau séjourne à sa surface. Les avantages en sont : qu'elle garde mieux la fraîcheur, offre aux racines une base plus solide, et conserve plus longtemps la richesse que lui ont communiqué les engrais. En revanche, elle retient trop d'humidité dans les temps de pluie, se crevasse et se durcit trop dans les temps de sécheresse. Le blé, l'avoine, les fèves et les betteraves y viennent bien, ainsi que le trèfle.
On appelle terre légère celle qui est formée surtout de sable ou de carbonate de chaux (matière dont on peut extraire de la chaux). Les avantages d'un terrain sablonneux sont : qu'il se ressuie plus vite, que les plantes y lèvent et y mûrissent plus tôt, et que les cultures y sont faciles et moins coûteuses. Les inconvénients en sont : de s'assécher trop raj idement, de retenir peu les matières fertilisantes, et de trop exposer les plantes aux variations brusques de temparature. L'orge, le seigle, le sarrasin, les navets, la pomme de terre (patate) y réussissent particulièrement.
Les avantages du calcaire dans le sol sont : de rendre les terres fortes plus moubles, plus friables, et conséquemment plus faciles à cultiver, et de donner aux terres légères plus de consistence et par là même d'en faciliter aussi la culture. Le carbonate de chaux d'ailleurs augmente la qualité de certains produits. L'orge et le sainfoin réussissent bien dans les terrains calcaires.
Enfin la meilleure terre, ou terre franche, est celle qui renferme de l'argile, de la silice (sable et cailloux) et du carbonate de chaux en proportions convenables, av«c environ un douzième iïhumus ou terreau. On appelle ainsi une substance brune ou
noirâtre produite par la décomposition des matières animales ou végétales.
6. Quels sont les principaux procédés pour améliorer le sol ? Les principaux procédés pour améliorer le sol sont:
1° le défrichement, qui consiste à mettre en état de culture, soit un terrain abandonné, soit un bois.
2 ° Yépierrement, qui consiste à débarrasser le terrain des pierres dont il est emcombré ;
3 ° Yécobuage, qui consiste à enlever par tranche la croûte supérieure du sol et à la brûler ; '
4 ° Y assainissement, qui consiste à délivrer le sol des eaux surabondantes ou stagnantes ;
5 ° enfin, les amendements, qui consistent dans le mélange avec le sol de certaines substances qui (comme la chaux, la marne siliceuse et le sable) le rendent meuble, s'il est tror> compacte ; ou qui (comme l'argile, la marne argileuse et la chaux) le rendent plus ferme, s'il est trop meuble.
7. Quelles sont les différentes matières qui peuvent servir d'engrais ?
Voici les différentes matières qui peuvent surtout servir à? engrais (subtances destinées à enrichir le sol) : 1 ° certaines plantes qu'on enfouit avant qu'elles ne soient mûres, ce qu'on nomme engrais verts ou engrais végétaux ; 2 ° les tourteaux qui viennent du lin, après qu'on en extrait l'huile; 3 ° les excréments et les urines, qu'on appelle engrais animaux ; 4 ° les fumiers d'étable ou engrais mixtes ; 5 ° les cendres; 6 ° les composts, formés de chaux et de marne mêlées par couches avec des débris de toute» nature.
8. Pourquoi faut-il distinguer les fumiers chauds d'avec les fumiers froids ?
Il faut distinguer les fumiers chauds d'avec les fumiers froids parce que les uns et les autres ne conviennent pas également à toutes les espèces de terrains. Les premiers (excréments de l'homme, des volailles, des chevaux et des moutons), conviennent
aux terres fortes et froides; les seconds (excréments des bêtes à cornes), aux terres sablonneuses et légères.
9. Quels sont les soins à donner au fumier pour qu'il soit bon ? Pour que le fumier soit bon, il faut 1 ° faire bien attention à la
litière des animaux ; 2 ° placer le fumier sur un pavé, ou du moins sur une couche de terre glaise ; 3 ° avoir soin que le jus du fumier ne se perde pas, mais l'employer à arroser souvent le tas ; 4° ne pas entasser le fumier à une trop grunde hauteur (6 à 7 pieds suffisent) ; 5 ° prendre garde qu'il ne soit pas lavé par l'eau du toit ou quelque ruisseau ; 6 ° quand le tas a la hauteur voulue, le couvrir d'une couche de terre, pour empêcher l'évaporation des principes fertilisants.