Moyens d'amélioration d'une terre
1 ° Le défrichement., qui consiste à mettre en état de culture^ soit un terrain abandonné, soit un bois ;
2 ° Yépierrement, qui consiste à débarrasser le terrain des pierres dont il est encombré ;
3 ° Yécobuage, qui consiste à enlever par tranches la croûte supérieure du sol et à la brûler ;
4° Y assainissement, qui consiste à délivrer le sol des eaux surabondantes ou stagnantes ;
5 o enfin, les amendements, qui consiste dans le mélange avec le sol de certaines substance qui (comme la chaux, la marne siliceuse et le sable (le rendent meuble, s'il est trop compacte ; ou qui (comme l'argile, la marno argileuse et la chaux) le rendent plus ferme, s'il est trop meuble.
7. Ce qu'on entend par assolement ; principe des assolements. . On appelle assolement l'ordre dans lequel se succèdent les diverses productions d'un même terrain : il peut être de trois, de quatre,... de huit, de neuf ans, etc. Cette succession de produits est bien nécessaire, parce que, parmi les plantes, les unes servent à ameublir le sol, d'autres à le nétoyer ; quelque-unes sont améliorantes, d'autres épuisantes, etc. Il faut que l'assolement ait pour effet de rendre au sol ce qu'on lui a enlevé.
Les assolements sont appuyés sur le principe que chaque espèce de plantes absorbe des sucs particuliers, de manière que le le sol s'appauvrit graduellement, lorsqu'on y cultive longtemps les mêmes plantes.
8. Ce qu'on entend par engrais organiques ; les principaux. On entend par engrais organiques ceux qui proviennent de la
décomposition des matières soit animales, soit végétales. Les principaux sont: les excréments, les urines, les os, le fumier et les cadavres des animaux, les débris végétaux, les varecs, les cendres,etc Voici les différentes matières qui peuvent surtout servir d'engrais (substances destinées à enrichir le sol) : 1 ° certaines plantes qu'on enfouit avant qu'elles ne soient mûres, ce qu'on nomme engrais verts, ou engrais végétaux ; 2 ° les tourteaux qui viennent du lin, après qu'on en a extrait l'huile ; 3 ° les excréments et les urines, qu'on appelle engrais animaux ; 4 ° les fumiers d'étable, ou engrais mixtes; 5° les cendres; 6° les composts , formés de chaux et de marne mêlées par couches avec des débris de toute nature.
9. Donner des détails sur la bonté relative des engrais ainsi que sur la manière de les appliquer.
Il faut distinguer les fumiers chauds d'avec les fumiers froids parce que les uns et les autres ne conviennent pas également à toutes les espèces de terrains. Les premiers (excréments de l'homme, des volailles, des chevaux et des moutons), conviennent aux terres fortes et froides ; les seconds (excréments des bêtes à cornes), aux terres sablaneuses et légères.
Les engrais liquides, tels que l'urine et le purin (eaux de fumier) paraissent être les engrais les plus 'actifs, mais leur effet n'est pas de longue durée. Viennent ensuite les engrais minéraux solide ; puis le fumier d'étable, enfin les engrais verts.
Les fumiers enfouis frais agissent plus lentement, mais leur action est plus durable.
Quant à l'application de l'engrais, il n'est pas ordinairement à propos de le laisser sur le champ par petits tas ; il vaux mieux l'étendre et l'enterrer immédiatement. On doit en mettre plus sur les hauteurs que sur les parties basses du terrain. La quantité à répandre dépend de la nature du sol, de celle des plantes à cultiver et de la qualité de l'engrais.
10. Dans quelles limites le fumier doit-il avoir fermenté pour qu'il soit le meilleur poî-sibie ?
Le fumier qui éprouve une fermentation très-activé, perd une grande partie de ses principes fertilisants. Il est donc désirab'e que le fui. lier soit soumis à une fermentation lente et égale dans toutes le parties du tas. On doit pour cela l'arroser fréquemment.
11. Ce qu'on entend par engrais minéraux; terrains où la chaux peut être appliquée avec avantage ; emploi du plâtre.
On entend par engrais minéraux ceux qui ne proviennent ni des animaux, ni des végétaux : tels sont le p'âtre, la chaux, la marne, etc. La chaux, qui s'emploie surtout pour amender le sol, peut être appliquée avec avantage, soit aux terrains argileux pour les ameublir, soit aux terrains siliceux pour leur doner plus de consistance. Le chaulage se fait à dose plus ou moins forte, suivant le besoin. Le plâtre cuit ou cru s'emploie ou eomme engrais, en l'appliquant directement au sol dans les prairies artificielle?, ou comme stimulant, en le répandant à la volée sur les plantes en végétation. Dans tous les cas, il faut qu'il soit bien pulvérisé.
12. Le but qu'on doit se proposer dans l'amélioration des races ; moyens qu'on peut employer.
On doit travailler à l'amélioration des race3 dans le bat d'avoir des animaux plus propres aux travaux auxquels on les destine, qui donnent de meilleure viande et en plus grande quantité, et, pour les moutons, plus de laine ; pour les vaches, plus de lait.
Pour parvenir à améliorer les races, il serait important d'avoir dans chaque comté, de beaux animaux reproducteurs, de taille moyenne, 'venant de pays à peu prùs semblable au nôtre, et que les cultivateurs pussent avoir à leur disposition.
13. Soins qu'on doit mettre dans le choix des parents pour le croisements des races. Soins hygiénique qu'on doit donner aux animaux.
Le croisement de races est avantageux lorsque les animaux reproducteurs conviennent bien au pays et au climat, et qu'ils sont d'une espèce dont l'entretien n'est pas trop coûteux.
Les parents doivent être de plus des animaux sains, robustes et bien constitutés. 6
Les anihiaux domestiques doivent être traités avec douceur, recevoir une nourriture, saine, abondante et bien réglée, être tenus propres ; enfin, n'être point soumis à un travail excessif ou inutile. L'habitation où on les loge, doit être suffisamment spacieuses élevée, sèche et arée. Les urines doivent pouvoir s'écouler faci lement dans un réservoir, ou dans le trou au fumier.
Le nombre d'animaux qu'il faut élever dans une ferme dépend de la quantité de nourriture qu'on peut leur donner, et de celle du fumier dont on a besoin. En général, il vaut mieux en avoir moins, et les nourrir convenablement. La paille qu'on leur donne devrait être hachée avec l'instrument appelé hache- paille.
Les chevaux doivent être tenus très-propre et ne travailler que selon leurs forces.
Il est à propos d'enlever les fumiers des bêtes à cornes tous les trois ou quatre jours, et de répandre chaque jour, sur la litière de veille, une litière nouvelle.
Les moutons doivent être renfermés dans des bergeries bien aérées, construites sur un terrain sec, non pavées et sans égoût. Il est bon de saler leur nourriture.
Les cochons doivent pouvoir prendre l'air et s'ébattre dans de l'eau, auprès de leur loge. Lorsqu'ils prennent leur nourriture plusieurs ensemble, il faut disposer leur auge de manière qu'ils ne puissent se quereller.
I4. Soins qu'on doit mettre dans le choix d'une terre, et grandeur relative de celte terre.
Quand il s'agit d'acheter une terre, on doit en» choisir une d'une grandeur proportionnée aux moyens dont on peut disposer, au nombre de bras qu'on peut employer, et à l'espèce de culture que l'on a en vue. Ou doit préférer une terre dont l'exposition soit au sud, qui puisse s'assainir facilement, dont le sol ne soit ni pauvre, ni épuisé, ni trop humide, ni trop compacte, ni trop léger, qui ne présente point de pentes trop raides, qui fournisse assez d'eau, qui ne soit pas trop coupée ou mangé par des rui»seaux, enfin, sur laquelle il reste assez de bois. La distance du marché,
l'éloignement de l'église et des moulins, la facilité des communications, l'état des chemins doivent aussi être pris en considération.
15. Noms des bâtisses nécessaire à un fermier de leur disposition.
1 ° Le demeure du fermier, qui doit être construite dans un endroit sain, suffisamment éloignée du chemin, protégée contre le vent, et convenablement ombragée ;
2 ° La grange, pour recevoir le grain et le fourrage : elle comprend 1 ° le grenier, proprement dit, pour le grain ; 2 ° Valve, où on le bat ; 3 ° \q fenil, pour le foin.
3 ° Y écurie, pour abriter les chevaux ;
4° le hangar, où l'on met à couvert les voitures, les instruments aratoires, et le bois de chauffage ;
5 ° Yètable, destinée à recevoir les betes à cornes ;
6° la bergerie, où se réfugient les moutons ;
7° la porcherie, où Ton garde les porcs ;
8° le poulailler, pour les volailles de basse-cour ;
9 ° \e fournil, qui renferme le four ;
10 ° la laiterie, où l'on conserve le lait.
Ces diverses bâtisses devrait être disposées de manière que le fermier puisse les surveiller toutes à la fois, qu'elles soient à la proximité de la maison, ainsi que de l'eau potable ; et que la mauvaise odeuf ne puisse nuire ni aux animaux, ni au lait, ni au grain, ni au foin.
Si la ferme est bien étendue, il sera quelquefois nécessaire de multiplier les granges, ou de les remplacer par des meules, ou encore mieux des gerbiers.
16. Noms des principaux instruments d'agriculture avec la description des principales parties.
Les principaux instruments d'agriculture, ou aratoires, sont : 1° la charrue, pour labourer, c'est-à-dire pour couper une bande de terre et la renverser (quand la charrue n'a pas d'avant- train, on l'appelle araire) ; 2 ° la herse, pour ameublir le sol, le mélanger avec les entrais etles amendements, arracher les mauvaise herbes, et recouvrir la semense; 3° le rouleau, pour écraser les mottes de terre et donner de la consistance au terrain ; 4 ° la houe à cheval
composée de eocs et de couteaux, et destinée à détruire les mauvaises herbes et à ameublir la surface du sol; 5 ° le huttoir, composé de deux versoirs et destiné à chausser (renchausser) les plantes ; 6° le semoir, pour semer par rangs ; 7 ° faucille et la fanlx, pour couper le grain de l'épi.
Dans la charrue on distingue h joug, pièce de bois placée sur la tête des bœufs pour les atteler.; Y avant-train, composé d'un essieu et de roues (Y araire n'en a point) ; le coutre, espèce de fort couteau, en avant du soc, destiné à trancher la terre verticalement; le soc, qui coupe et soulève la terre horizontalement, et comprend Y aile, qui est une lame d'acier, et\a douille, qm l'assujettit au corps de la charrue ; sep, sur lequel elle repose, et qui glisse sur le fond du sillon ; le versoir ou Yoreille, qui retourne la terre et la renverse sur la raie voisine ; Y âge^ flèche ou haie, pièce de bois à laquelle tiennent les autres parties de la charrue ; les ètançons, qui relient le sep à l'â^e; le régulateur, qui sert à régler la largeur et l'épaisseur de la tranche de terre ; afin, les mancherons, placés à l'arrière de l'instrument, et par lesquels le' laboureur la dirige.
La herse se compose d'un châssis de bois, garni de dents ; celles-ci doivent être disposées de manière à bien diviser toute la surface du terrain.
17. Nécessité de l'égouttage d'une terre; moyens à employer pour y arriver.
Il faut égoutter les terres, parce qu'un excès d'humidité gêne l'action des engrais, nuit à la germination des semences, favorise les mauvaises herbes, compromet les récoltes, rend les travaux difficiles et insalubres, etc.
A part les rigoles, on fait, pour égoutter un terrain, des fossés, qui reçoivent les eaux surabondantes et les conduisent dans quelque ruisseau. Ces fossés peuvent être remplies de pierres, entre lesquelles l'eau s'écoule, puis recouverts d'autres pierres plus grandes et d'une couche de terre, ce qui empêche de perdre du terrain, et gêne moins la circulation dans les champs. Ii est encore préférable de placer des drains, ou tuyaux en terre cuite, au fond de ces fossés couverts. Cette dernière méthode se nomme drainage.
18. Les conditions d'un bon labourage, grandeur de la tranche et sa hanteur, forme et grandeur des planches.
Pour qu'un labour soit bon, il faut que les sillons soient bien droits, que les bandes de terre soientconvenableiuent retournées, d'une épaisseur uniforme et d'une bonne largeur ; enfin qu'il soit exécuté à une profondeur proportionnée à la nature des plantes qu'on veut semer et à celle du sol et du fous-soI.
Si toute la surface d'un champ a été labourée do manière à ce qu'elle soit parfaitement unie et non coupée de sillons ou mies d'écoulement, on dit que le labour est 'aplat. Tl est \>nx planches lorsqu'on a ménagé de distance en distance, des raies d'égouttement parallèles. Enfin lorsque les sillons d'écoulement sont plus rapprochés les uns des autres, et que la planche est plus ou moins bombée, on dit que le champ est labouré en billons.
19. Epoque où doivent se faire les labours ; raisons du choix, but du1 hersage.
Le moment le plus favorable aux labours est celui où la terre n'est ni entièrement sèche, ni tout-à-fait humide : alors en effet elle se brise et s'émiette naturellement en se retournant.
Le hersage qui suit le labour, a pour but de pulvériser les mottes soulevées par la charrue, de recouvrir la semence, et de mêler plus complètement les différentes parties du sol.
20. Ce qu'on entend par rotation, systèmes de rotation les plus employés.
Onentendpar rotation^ la succession de récoltes selon un ordre déterminé dans les différentes parties d'une terre, de manière que la culture parcourt comme un cercle régulier qui ramène les mêmes récoltes au bout du même nombre d'années. Voici un exemple de rotation :
1ère année Plantes sarclées et fumées, ou jachère ;
Céréales avec graine de foin.
Foin.
Foin.
Foin.
Pâturage.
be
ce
7ème année Pâturage.
8e " Pois.
9e" u Avoine.
21. Ce, qu'on enteud par jachère ; leurs avantages, manière de les pratiquer.
On entend par jachère un temps de repos, ou de non production, accordé au sol. Elle est nécessaire lorsque le cultivateur ne peut se procurer l'engrais que le sol réclame, ou encore lorsqu'il faut détruire les mauvaises herbes par des labours donnés pendant l'été. Mais un sytème intelligent d'assolement remplace la jachère avec avantage.
22. Soins à donner au choix des semences ; avantage qu'il y a à les changer.
Les graines que l'on veut semer, doivent être bien mûres- et récoltées sur les plants les plus vigoureux. Si elles sont luisantes et renflée, c'est un indiee qu'elles sont saines et bien formées. Elles ne conservent ordinairement leur faculté de germer qu'un nombre plus ou moins grand d'années.
L'expérience paraît prouver qu'il est avantageux de changer les semences, et que la plante quivse produit toujours dans le même sol, vient à dégénérer.
23. Noms des plantes qui sont les plus cultivées en Canada ; avantage de faire la moisson avant la maturité.
Les principales semences dans les champs sont : 1 ° les céréales ou plantes farineuse: le blé, le seigle, l'orge, l'avoine, le maïs ou blé-d'Inde et le sarrasin ; les légumes : les pommes de terre (patates), les carottes, les navets, les betteraves (racines) ; les choux, les pois et les fèves ; 3 ° les plantes textiles : le lin, le chanvre ; 4 ° les plantes fourragères : le mil, le trèfle, le sainfoin, etc.
Dans les jardins, la rave, l'oignon, le poireau, l'ail, l'échalote, le melon, la citrouille, le tabac, sans compter plusieur des semences précédentes.
Il est utile de récolter le grain avant qu'il soit complètement mûr, parce qu'on évite par là l'égrenage du grain et
son exposition trop longue à l'intempérie des saisons, et que,' s'il paraît moins pesant pour le moment, il reprend bientôt de l'avantage, quand il s'est durci lentement dans la grange.
24. Terrains qui conviennent le mieux à la culture du blé ; époque de la semailîe.
Le blé demande un sol plus argileux que sableux, ayant une certaine consistance, et abondant en humus. Le blé d'automne se sème dans le mois d'août, et c.elui du printemps au commencement de mai.
Il est avantageux de chauler le blé que l'on veut semer, c'està-dire de le passer à l'eau de chaux.
25. Culture du seigle, culture de l'orge: terre qui convient le mieux à la culture de ce grain ; pratique de la culture de l'orbe.
Le seigle se contente d'une terre légère et peu riche : il se récolte deux ou trois semaines avant le blé. Sa paille sert à couvrir les bâtiments et à lier les gerbes, mais donne un mauvais fourrage. Il y a deux espèces de seigle : le seigle de printemps et celui d'automne.
L'orge demande une terre fraîche, meuble et plus riche que pour le seigle. Les terrains calcaires lui conviennent bien. Elle doit être enterrée plus profondément que le blé, et serré bien sèche.