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ignorants lorsqu'il met Damas en parallèle avec Ninive et Babylone et qu'il la fait capitale d'un puissant état. Elle étoit , à 1 égard dé Tune ou de l'autre de ces deux villes, ce que Senjis ou' Soissons est par rapport à Paris. La Syrie étoit- partagée en six états 9 dont le royaume de Damas étoit un.
Nous renvoyons l'abbé Bazin , pour s'instruire de l'antiquité de Ninive > à la dissertation de M. Fréret (i) sur l'histoire de la Chronologie des Assyriens de Ninive. Cet académicien , qui a recueilli et discuté tout ce que les auteurs grecs et latin* ont écrit de l'empire des Assyriens , dont Ninive étoit la capitale , place le commencement de cette monardiie sous Ninus, à l'an 1968 , et la fin à Pan 608 avant Jésus- Christ, ce qui fait une durée de i36o ans.
Le Seigneur dit à Jonas * : « Vous voua » fâchez pour un lierre qui ne vous a point » coûté de peine et qui .est crû sans vous, » qui est né en une nuit , et qui est mort la » nuit suivante ; et moi je ne pardonnerais » pas à la grande ville de Ninive , où il. y a » plus de six vingt mille personnes qui ne » savent pas discerner leur main droite d'avec » leur main gauche. »
(z) Mémoires de l'Académie des inscriptions et belleslettres, tom. 5.
* Cl. 4.
Dixit Dominus ad Jonam : Tu Soles super kederam in quâ non> laborasti 9 neque fecisti ut cresoeret , quce sub und nocte nota est et sub undnocte periit i et ego non parcam Ninivœ cwitati magnœ in quâ sunt plus quant centum viginti millia hominum qui nesciunt quid sit iuter dexteram et sinistram suam*
L abbé Bazin métamorphose ces cent vingt mille personnes qui ne savent pas discerner' entre leur main droite et leur gauche en cent vingt mille enfants nouveau - nés , comme s'il n'y avoit que des enfants nouveau** nés qui ignorassent la différence qu'il y a entre la droite et la gauche : nous en appelons à l'expérience universelle. Qui ne sait qu'à trois et à quatre ans même les enfants ne connoissent point cette distinction? Mais fixons l'âge où ils peuvent faire ce discerne-' ment , à dçux ans. Les cent vingt mille enfants qui ont un ou deux ans ne font que la dix-huitième partie des habitants d'une ville. Nous suivons le calcul de M. Kerseboom > qui , après plusieurs dénombrements , donne cette règle (i): Le nombre présent et un peuple est doutant de fois de trente-cinq âmes qu'il fy a de naissances vivantes par an parmi ce peuple. Selon cette proposition, cent vîtagt mille enfants d'un ou de deux ans ne suppo-
(i) Bibliothèque raisonnée, avril, etc. , 174J, art. 10.
JONA*. an
sent que deux millions deux cent mille habitants; mais accordons-en jusqu'à.deux millions cinq cent mille. Est-il surprenant que dans une ville de trois journées de chemim en longueur il se soit trouvé une pareille quantité d'habitants ? Thèbes d'Egypte avoit eu sept cent mille hommes (i) en état de porter les armes , ce qui donne trois millions cinq cent mille âmes , puisque ceux qui sont propres à la guerre ne font que la cinquième partie d'un peuple. Auguste dit dans sou marbre d'Ancyre que dans son sixième-consulat il fit le dénombrement des citoyens romains (2) ; qu'il s'en trouva quatre millions et soixante- trois mille. In consulalo suo sexto lustrum condidisse ; quo lustre censita sunt civium romanorum capita quadragies cenr tum millia et sexaginta tria. Dans le dénombrement que fit l'empereur Claude (3) il s ea trouva six millions neuf cent quarante-quatre mille. Pékin renferme trois millions d'habitants selon le P.. Duhalde., dans sa descrip^ ti on delà Chine, qui est universellement eslimée, et selon M. de Voltaire (4) * elle a six de nos grandes lieues de circonférence et
(1) Tacite , Annales , i 11 , e. 19.
(a) Lipse t de magnitudineromanâ, 1. x , c. 7.
{3) Tarife, Annale» , l. u , e, i3.
(4) Essai sur l'Histoire générale, t. 1 , p. i3.
renferme environ quatre millions dé citoyens. Après^tout ce que nous venoiîs de dire au sujet de Ninive, on voit combien* est mal fondée la plaisanterie par laquelle l'abbé Bazin termine cet article.
Le figuier ne fleurira point.
Voici les menaces que le prophète Habacuc ' fait , de la part de Dieu , aux Juifs : Le figuier ne fleurira point , et les vignes ne pousseront point : l'olivier mentira et ne donnera point d'olives , et les campagnes ne porteront point de grains : les bergeries seront sans brebis , et il n'y aura plus de boeufs ni de vaches dans les étables : Ficus enim non fiorebit et non erit gernïeh in vineis : mentietur opus olivœ , et arva non afférent cibum : abscindetur de ovili pecus , et non erit armentum in prœsepibus.
La première de ces menaces est ridicule ^ puisque. le figuier ne fleurit* jàniais, en quelque contrée qu'il soit.
Réponse. Le terme de l'original phardh lève cette difficulté $ il signifie porter du fruit , de même que fleurir. Or, dès qu'un mot a deux sensj dont l'un est faux et l'autre véritable ,
• C. 3, y. 17. Doutes manuscrits sur, la Religion, par un anonyme.
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la raison ne veut pas qu'on balance sur le choix. D'ailleurs la suite du discours demande que Ton prenne ce terme dans le premier sens, car on y parle du fruit de l'olivier, du fruit des campagnes , du germe ou de la première production du fruit de la vigne.
Aussi les Septante, au lieu de fleurira, ont traduit ri apporté^' point de fruits ,• la version syriaque, ne portera point de germes; l'arabique , ne portera point de fruits.} l'ancienne Vujga te , ne portera point de fruits ,• le manuscrit de saint Germain, ne portera point de fruits ; le bréviaire mozarabtque , ne portera point de fruits ; le psautier de Sorbonne , ne portera point de fruits ; saint Cyprien , dans sa lettre à Démétrius , p. 222 , ne portera point de fruits ,• saint Augustin , 1. 18 de la Cité de Dieu, col. 5i5, ne .portera point de fruits^ Fauteur du livre des Promesses, dans saint Prosper J p. 188 , les figuiers ne donneront point de fruits $ saint Jérôme lui-même , dans son Commentaire sur Habacuc, tome III , page i64o> lit : Le figuier ne produira point de fruits.
Jérusalem.
Dieu prédit par Zacharie ' que la ville dtë 1 Cb. a, y. 4.
Jérusalem,, rebâtie au retour delà captivité, ne sera plus environnée de murs, à causer de la multitude êChommes et de bêtes qui seront au milieu délie , c'est-à-dire que hors de l'enceinte, et près des murs reconstruits par Néhémie , il se formeroit encore une nouvelle ville , parce que le grand nombre de ceux qui viendront pour demeurer à Jérusalem ne pourront se placer dans la ▼ieille. " " •
Cette .prophétie fut accomplie sous les Machabéës. Une nouvelle ville, qu'on appela Besetha' du nom d'une eolline qu'elle renfermoit , fut ajoutée à l'ancienne, qui avoit été itebâtie par Zorobabel et par Néhémie. Jérusalem j composée de ces deux villes , se peupla extraordinairement. Elle avoit* tout ce qui peut attirer les habitants. Elle étoit la capitale du pays. Elle renfermoit dans son enceinte l'unique temple de la nation. Elle étoit la demeure du grand-prêtre , le séjour des rois, le siège du sénat > la résidence des docteurs et des lettrés. Chacune de ces prérogatives en particulier auroit suffi pour la rendre très-peuplée \ quelle multitude d'habitants ne durent-elles pas lui procurer étant réunies! L'histoire s'accorde avec nos conjecturés. Josèphe écrit ' que de son temps on
* Guerre des Juifs, 1. 6 , c. 45.
ZACHABIB. 2iS
compta les agneaux qui furent immolés à une Pâque. Il s'en trouva deux cent cinquantecinq mille six cents. Il y avôit au moins dix personnes pour manger chacun deces agneaux, et il pouvoit y en avoir jusqua vingt. Prenons un nombre moyen; supposons quinze personnes pour chaque agneau , nous trouverons trois millions neuf cent quarante-six mille personnes dans Jérusalem au temps de cette solennité. Quelle multitude d'habitants et d'habitations ne falloît-il pas pour loger une si grande quantité d'étrangers pendant les trois fêtes solennelles de la nation ? On ne nous accusera pas d'exééder en donnant trois cent mille citoyens k Jérusalem, pour recevoir trois millions six cent quarante-six mille Juifs von us de toute la Judée et des royaumes voisins.
Pline nous donne la même idée * que Jbsèphe de la multitude des habitants de Jérusalem. Il dit que cette ville est de beaucoup la plus illustre dés villes, non-seulement de ht Judée, mais encore de l'Orient. Hieroso» tyma longé clarissima urbium Orientis von Judeœ modo. Il met donc Jérusalem au-dessus d'Àntioche. Ce n etoit point pour l'étendue de son enceinte , qui n'étoit , comme Josèpfce- l'écrit*, que de trente-trois stades , ou
1 £• 5 , c* t4-— 'Lfc»«. *3%
2l6 RÉPONSES CRITIQUES.
environ une lieue et demie , tandis qu'Antioche a voit dix mille pas , ou trois lieues et un tiers de circuit. C'étoit donc parie nombre des habitants que Jérusalem surpassoit An* tiocbe , dans laquelle , selon le témoignage de saint Jean Chrysostènie ' , il n'y avoit que deux cent mille âmes.
Jérusalem étoit dans un terroir pierreux et aride. Cette situation fait naitre .une difficulté. Comment , dit-on , une ville ainsi placée, et d'ailleurs si grande, si peuplée, si remplie d étrangers qui y venoient de toutes parts , surtout aux trois fêtes solennelles , où Ton en comptoit plus de trois millions , comment cette ville pouvoit-elle avoir assez d'eau pour tant de monde ? Et ce qui augmente la difficulté , c'est que les. Juifs étoient obligés par leur loi à un grand nombre d'ablutions qui consumoient une prodigieuse quantité d'eau. ,
Réponse. Strabon * , qui vit Jérusalem du l temps d'Auguste , dit que cette ville étoit dans I un endroit pierreux, qui ri abonde qu'en J eaux* Ce témoignage est décisif, puisque cet auteur avoit passé par Jérusalem lorsqu'il alla dès le Pont-Euxin jusqu'en Ethiopie. Il a vécu sous Auguste et sous Tibère. Alors cette ville étoit plus grande , plus peuplée , plus
1 Panégyrique de feint Ignace, martyr. — • ' Iiv* z6L