ZACHARIE
fontaine ; elle avoit toutefois , et elle a encore , de l'eau en abondance. Un canal tiré du Nil , qui se remplit au temps de l'inondation de ce fleuve, remplit un grand nombre de vastes citernes où l'eau se conserve toute l'année. Jérusalem auroit pu se procurer de l'eau , si elle en avoit eu besoin , par le même moyen ,• et si elle n'-avoit pas pour cela la commodité d'un fleuve , comme Alexandrie , elle avoit en revanche , au printemps et en automne, des pluies réglées quipouvoient en tenir lieu.
Sur ce que le Seigneur dit dans Zacharie qu'il ri a été qu'un peu en colère contre son peuple lorsqu'il Va puni par les armes de Nabuchodonosor.
Le Seigneur, lassé 4es crimes et des idolâtries de son peuple , lui fait , par la bouche de ses prophètes , les reproches les plus sanglants'. Il l'appelle fils d'une magicienne, race cCun homme adultère et d'une femme prostituée >, enfants perfides, rejetons bâtards. Aux reproches* il ajoute les menaces : Je vous ferai moi -même là guerre, et vous perdrai avec une main étendue 3 et avec un
* Isaïe , c. 57, v. 3 et 4.
* Jcrémie , c. 2 1 , v. 5.
1 Jércmie, c. 6 , v. 19, ai ; c. 9, y. 16 , aa 5 c. i5 9 t. 3, 4 t 7* «• ai, v. 6, 7.
bras fort et dans toute V effusion- de ma fitreur, de mon indignation et de ma colère* H dit qu'il les fera périr par le glaive*, par les dents des bâtes féroces* par la peste et par la famine*
Les menaces du Seigneur ne furent pas vaines ; Nabuçhodonosor vînt dans, la Judée : alors les Juifs furent en proie à tous les fléaux que Dieu leur avoit annoncés par ses prophètes. I*'épée de l'ennemi, les bètes féroces % la famine , la peste détruisirent presque entièrement cette malheureuse nation*. Un petit nombre échappa à ces calamités3; mais il fut enlevé à sa patrie , et conduit chargé de chaînes dans une terre étrangère.
Apres avoir lu la terrible vengeance que Dieu tira de son peuple , on est bien surpris d'entendre le Seigneur dire dans Zacharie : J'ai conçu une grande indignation contre les nations puissantes qui ont affligé mon peuple avec excès lorsque j'étois seulement un peu. en colère contre lui : Ird.magnd ego irascor super gentes opulentas , quia ego iratus sum, parùm > ipsi vero adjuverwit in malum.
Il n'est pas difficile de faire cesser la sur-
1 Ércchicl, c. 5, c. 14, depuis le Tertet i3 jnsqR?â I» fin; ch. i5 , c. 16, v. 36 et suiv.
1 Jéçémie , c 4 , v. 27.
1 Éséchiel, c. 14, v. 22.
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prise que causent ces paroles. Ce peuple contre lequel Dieu dit qu'il n etoit qu'un peu en colère, ce peuple qu'il* est fâché que les nations aient traité avec trop de cruauté , ce peuple n est sûrement pas les Juifs , qui avoient été les. objets de sa colère, de son» indignation et de sa fureur, qu'il a voit luimême condamné» à la mort , sur lesquels il avoit fait tomber ses plus terribles fléaux-, ce sont ces faibles restes de Juda qui, moins coupables que les autre», avoient échappé aux malheurs de la nation , comme le Sei* gneur Fa voit prédit : ils form oient alors tout le peuple de Dieu. Gomme ils netoient pas» entièrement innocents, le Seigneur vouloit bien les châtier par Tesekvage et Pexil, mais», non pas les détruire 5 et c'est pour cela qu il se plaint de leurs vainqueurs, qui, les traitant avec une inhumanité barbare , excédôient dans la punition qu'il avoit décernée contre eux. Ecoutons ces malheureux captifs-, ils œusfont la description là plus touchante de leur triste état. Seigneur, disent-ils en sV dressant à Dieu1, vous nous ayez rendus im sujet- d opprobre à nos voisins, et un objet d'insulte et de moquerie à ceux qui sont aur tour de nous ; vous nous ayez fait devenir la fiMe des nations , et les peuples secouent la
m4 RÉPONSES CRITIQUES.
tête en nous regardant. J'ai devant les yeux ma confusion durant tout le jour, et la honte qui par oU sur mon visage me couvre entièrement. Quand /entends la voix de celui qui ni accable par ses reproches et ses calomnies, et lorsque je vois mon ennemi et mon persécuteur Vous nous avez humiliés dans
un lieu et affliction , et l ombre de la mort
nous a couverts Nous sommes tous les
jours livrés à la mort à cause de vous, et nous sommes regardés comme des brebis destinées à la boucherie Pourquoi, Seigneur, détournez-vous votre visage et oubliez-vous notre pauvreté et notre extrême affliction ? car notre âme est humiliée jusqu à ,1a poussière, et notre ventre est comme collé à terre.
^Sur le verset onzième du premier chapitre de Malachie.
Ab ortu enimsolis usquead occasum magnum est nomen meum in genlibus , et in omni loco sacrificatur etoffeHur nomini meo oblatio manda, quia magnum est nomen meum in genûbus, dicit Dominus exercituum.
Car depuis l'orient jusqu'à l'occident mon nom est grand parmi les nations , et l'on me sacrifie en tout lieu , et l'on offre à mon nom