CHAMPIGNONS
Le groupe des Champignons est plutôt morphologique que physiologique. On peut en effet les considérer comme des Algues à parentés multiples et quelques botanistes ont même dissocié la classe pour joindre ses subdivisions à différentes subdivisions d’Algues,; d’un autre côté, leur lien commun consiste dans l’absence de chlorophylle, absence corrélative de la vie parasitaire. Ces conditions physiologiques, anormales pour ainsi dire, impriment néanmoins aux Champignons un certain cachet particulier qui ne permet guère, quant à présent, de dissoudre le groupe. Pour la reproduction, la caractéristique commune, qui semble bien une conséquence du parasitisme, consiste dans une dégradation générale, non seulement de la sexualité et des organes qui la représentent, mais aussi des divers organes de la multiplication asexuée. Cette dégradation peut être accompagnée, du reste, de la régression ou du développement du corps végétatif; les termes ultimes de la différenciation dans le premier sens semblent être les Saccharomycètes et les Myxomycètes, traités plus haut et se rattachant, en réalité, aux Champignons. Les Basidiomycètes, au contraire, possèdant un corps végétatif très hautement différencié, ne montrent plus ni sporanges, ni conceptacles, mais de simples spores isolées, analogues aux conidies.
On peut, en général, distinguer deux phases dans le développement : la spore produit le mycélium directement ou par l’intermédiaire de spores secondaires; le mycélium, directement aussi ou par l'intermédiaire de sclérotes qui ne sont qu’un état mycélien particulier, donnent naissance au réceptacle fructifère qui produit de nouveau les spores par formation endogène ou exogène. Quelquefois, les choses se compliquent davantage et il ya de véritables générations alterna‘sont
Nous distinguerons trois grandes divisions auxquelles se rattacheront des groupes plus petits : les Phycomycètes, les Ascomycètes et Basidiomycètes.
Etre
PFHYCOMYCÈTES.
Les Phycomètes constituent un groupe assez héterogène. Leurs affinités sont nombreuses; par les Chytridinées, ils se rattachent aux Myxomycètes, par les Monoblépharidées aux Algues oosporées en général, par les Mucorinées aux Conjuguées, par les Pérénosporées aux Siphorées ; la plupart de ces Champignons se rapprochent encore des Siphonées par la simplicité de leur corps végétatif unicellulaire. C’est la seule division des Champignons où la reproduction sexuée a été constatée d’une façon incontestable ; les Monoblépharidées possèdent même des anthérozoïdes qui manquent dans toutes les autres familles. Suivant que dans celles-ci la conjugaison est égale ou inégale, on peut les ranger en deux séries : les oosporées et les zygosporées ; et dans chaque série, par une suite de transitions, on arrive de la fécondation incontestable à la parthénogenèse. C’est, en effet, dans les Phycomycètes aue l’on peut le mieux constater la perte graduelle de la sexualité, et, déjà dans l’intérieur de ce groupe, on rencontre des Champignons qui en sont totalement dépourvus. À la suite des Phycomycètes nous avons donc placé deux familles, les Entomophthorées et les Ustilaginées, qui montrent bien encore des fusions protoplasmiques, mais ces fusions ne se distinguent pas nettement des anastomoses mycéliennes si fréquentes chez tous les Champignons. Les Chytridinées occupent une place à part, on peut, cependant, par leurs zoospores, les rapprocher des Phycomycètes oosporées qui en possèdent également, tandis que les corps agiles disparaissent dans les zygomycètes et ne se trouvent plus dans aucun autre groupe.
CIYTRIDINÉES.
(MM. de Bary et Woronine, Nowakowski, Sorokin, Cornes, Alf, Fischer).
Les Chytridinées se rattachent aux Myxomycètes, et servent d’un autre côté de transition vers les deux grandes séries de Phycomycè-
REA}. OR tes, les Oosporées et les Mucorinées. Ces champignons se réduisent souvent à un sporange; d’autres fois celui-ci possède un prolongement | rhizoïde non séparé par une cloison (Chytridium, Phlyclidium) ; le. prolongement peut devenir une cellule distincte du sporange et alors se développer en haustorium ramifié (Rhizidium) ou même en mycelium touffu (Obelidium) ; d’autres fois encore les sporanges ne sont plus que des renflements d’un mycelium plus développé (Cladochytrium).
La reproduction asexuée a lieu par zoospores; pour leur formation de nombreux noyaux apparaissent dans le sporange, deviennent des”
centres d’attraction pour le protoplasma et constituent ainsi autant de zoospores ; quelquefois une partie du plasma sporangien n'est pas” employée et reste comme substance intercalaire. Tout le contenu du sporange peut aussi sortir en une seule masse, s’entourer d'une membrane au devant de l’orifice et former seulement alors ses zoospores (Polyphagus). Le sporange peut s'ouvrir par un opercule (ectoparasites, Zygochytrium) ou par un tube qui vient se souder à la membrane de la cellule nourricière, la double paroi se résorbant au point de contact (endoparasites). Les zoospores s’échappent alors; leurs mouve-. ments rapides ont lieu au moyen d’un cil unique, fixé à leur partie postérieure plus dense, l’antérieure étant plus claire; le corps est allongé, souvent courbé. Les mouvements peuvent être saccadés, irréguliers. La zoospore se change bientôt en une cellule amiboïde, se fixe sur la plante nourricière et s’entoure d’une membrane; puis de cette cellule, futur sporange, émerge un rhizoïde ou un haustorium qui pénètre à l’intérieur de l'hôte (ectoparasites, Chytridium, par exemple). Dans les endoparasites (Olpidium, par exemple), la zoospore perfore: la membrane de la cellule nourricière, pénètre à l’intérieur et constitue alors un plasmodium qui vit au milieu du plasma nourricier et l’'assimile ; plus tard il s’entoure d’une membrane; il se change ainsi ordinairement en sporange. Dans les Synchytrium, au contraire, il ses forme par ce procédé une cellule durable à membrane épaisse ; après. un temps de repos, sa paroi se perfore d’un orifice étroit, par lequel. le contenu tout entier sort, enveloppé d’une mince membrane, pour constituer un sore; son contenu se divise, en effet, en nombreuses.
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petites masses qui, s'entourant chacune d’une membrane, deviennent autant de sporanges; .ceux-ci forment chacun un grand nombre de zoospores.
La copulation a été observée entre zoospores (Tetrachytrium). Une fusion de cellules égales, tout à fait analogue à celle des Mucorinées, est connue dans le genre Zygochytrium. Dans les Polyphagus, il y a conjonction entre deux masses plasmiques de volume inégal, qui proviennent de deux individus différents ; il se forme ainsi une grande zygospore (chronispore) qui se comporte à la germination comme les | sporanges ordinaires.
Ilya un groupe intéressant de Chytridinées agames, parasites des Saprolegniées ; il a été découvert et soigneusement décrit par M. Cornu; un travail plus récent de M. Fischer n’a ajouté que quelques détails.
Olpidiopsis. — Les sporanges et les spores durables sont contenus ensemble dans l’intérieur de certains filaments renflés et non cloisonnés de Saprolegniées. Les sporanges sont libres dans ces filaments ; leur paroi va se mettre en contact avec celle de l'hôte par un tube qui perfore cette dernière et s’ouvre à l’extérieur ; les zoospores s’échappent par ce canal. Les chronispores sont échinées, brunâtres, et sur leur flanc se trouve ordinairement accolée une petite cellule adjacente
qui est vide et dont on ignore la signification; ces spores durables sont
en réalité des sporanges qui s’ouvent au dehors absolument comme les sporanges ordinaires; il n’y a point d'alternance de générations entre les deux formes. Chaque zoospore, en pénétrant dans la plante, devient un centre d'attraction pour le protoplasma de l'hôte, et donne un sporange de l’une ou l’autre forme.
Woronina. — Chaque zoospore donne naissance, non plus à un sporange, mais à un sore composé de plusieurs sporanges. Le protoplasma de la zoospore, moins individualisé que dans le cas précédent, se fond avec celui de l’hôte; il se constitue ainsi un plasmodium qui remplit un des compartiments d’un filament septé de Saprolegnia et qui se divise en plasmodes partiels dont chacun forme un sporange (sphérule). Ceux-ci prennent un aspect écumeux et se segmentent en