‹ Reproduction des cryptogamesChapitre 17 sur 35 · LUE · texte numérisé non relu

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hyphes rayonnantes, qui aboutit à une cavité intérieure sans doute formée par suite de l'accroissement du noyau. Le revêtement interne de cette cavité est constitué par des cellules dont chacune, par refoulemsnt (ou bourgeonnement), forme deux à trois spores d’un vert foncé, non supportées par des stérigmates. La cellule se gélifie ensuite ; mais de nouvelles spores sont alors formées par la couche sous-jacente, et le processus ne respecte finalement que la paroi extérieure cuticularisée ; les cellules placées près de l’ostiole ne forment point de spores, mais constituent par leur allongement les hyphes mentionnées plus haut. Le mucilage se gonfle au fur et à mesure et déborde par l’ostiole en entraînant les spores qui germent de suite. Les pycnides se forment souvent sur des filaments très rapprochés ; si ceux-ci arrivaient à se toucher, ils pourraient s’anastomoser, sans doute, comme tous les filaments mycéliens, et alors on serait tenté de regarder le dévelop= pement des pycnides comme le résultat d’une fécondation. Quand les noyaux sont ainsi rapprochés, ils peuvent se souder par leurs bords, ou même se confondre en une pycnide unique.

Les champignons à pycnides peuvent être parasites d’autres champignons, et il est arrivé que l’on ait considéré alors la pycnide comme appartenant au cycle de développement de l'hôte.

La structure des spermogonies est analogue à celle des pycnides ; la surface interne de ces conceptacles consiste encore en un hymenium composé de basides, lesquelles donnent naissance à des spores très petites, ordinairement allongées en bâtonnets, plus rarement rondes ou ovales ; ce sont les spermaties. On a souvent considéré ces spermaties comme jouant le rôle d’organe mâle dans la copulation qui précède le développement des périthèces. Mais M. Cornu a fait voir que les spermaties des Ascomycètes peuvent germer, ce qui n’est pas fait pour confirmer leur rôle d’anthérozoïdes. Les spermaties, dont les parois sont minces, sont « les agents de dissémination à grande distance ; elles sont très nombreuses, très petites ; leur masse semble avoir été allégée de la réserve de nourriture que contiennent les autres spores. Pour leur premier développement elles ne s’accroissent que lorsqu'elles sont arrivées sur le substratum qui leur convient; là seulement elles germent et y demeurent » (M.Cornu). Les stylospores,

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au contraire, paraissent en général munies d’une double enveloppe dont l’externe doit être rompue pour le développement ; elles sont acrogènes et chlamydées ; elles germent dans l’eau.

Les conidies sont des spores qui ne se forment pas dans des conceptacles, mais à l'extrémité de filaments ; ceux-ci peuvent donuer naissance à la spore par étrangiement au-dessous du sommet, et de pareils filaments sont tantôt isolés, tantôt réunis par groupes; d’autres fois ils forment des ramifications dichotomiques ou fasciculées et les spores naissent à l’extrémité de toutes les branches. Il arrive encore que l'extrémité d’un filament se renfle en une tête qui supporte de nombreux stérigmates rayonnants avec conidies à l'extrémité de ceux-ci. Souvent plusieurs de ces spores se forment successivement à l'extrémité d’un même rameau ; elles peuvent alors rester réunies en chapelet ou se détacher à mesure de leur formation ; d’autres fois elles ne tombent qu’en grand nombre et accolée par ün mucilage. M. Corau a fait voir qu’en réalité il y a deux espèces de conidies dans les Ascomycètes, les unes, homologues des spermaties, les autres des stylospores ; il en résulte une grande simplification dans les organes reproducteurs des Ascomycètes ; en dehors des asques, il n’y a plus que deux espèces de spores : des stylospores à paroi mince et très petites. Les unes et les autres peuvent naître sur des supports simples ou plus ou moins compliqués, ou être renfermés dans des conceptacles. Sans doute cette division n’est pas absolument tranchée, et existe-t-il des formes intermédiaires ; d’un autre côté, on n’a pas réussi toujours à faire germer les spermaties ; il en est même de très rudimentaires, et peut-être sont-ce là des spores en voie de régression.

Il y a des cas où les conidies ne germent point, mais où leurs stérigmates et les filaments qui les portent sont susceptibles de produire un nouveau mycélium (Peziza tuberosa).

Toutes ces formes d'organes reproducteurs peuvent se trouver réunies dans un mème cycle de développement ; ce n’est pas le cas le plus fréquent. Souvent le mycélium forme d’abord pendant longtemps des conidies, puis surviennent progressivement des périthèces, pendant que les conidies disparaissent ; souvent aussi (Pyrénomycètes, Discomycètes) la production de conidiés se trouve arrêtée par la formation

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de sclérotes ; ceux-ci ne sont en somme qu’un mycélium modifié, une accumulation durable de matière nutritive ; placés dans des conditions favorables, ils produisent des périthèces portés par des supports fructifères ; ce développement peut avoir lieu immédiatement ou après un temps de repos plus ou moins long (jusqu’à plusieurs années),

Formation du fruit.

Gymnoascées. — Le cas le plus simple semble celui décrit récemment par M. Eidam : Sur un filament mycélien, des deux côtés d’une cloison, naissent deux branches qui s’enroulent ensemble en spirale ; elles s'affrontent par leur sommet où la cloison commune se trouve résorbée ; il y a fusion des protoplasmes et formation d’uné cloison dans chaque filament près du sommet ; la nouvelle cellule ainsi délimitée donne un asque à huit spores. (Eremascus, g. nov.) D’autres fois, dans la même famille, deux branches semblables naissent ensemble sans fusionner, ou la branche stérile apparait la première, et la branche fertile la contourne en spirale ; enfin cette dernière peut aussi s’enrouler autour du filament qui lui donne naissance ou autour d’un filament voisin ; il semble donc assez probable que la branche stérile est ici un simple support, que la fusion n’est nullement nécessaire. Dans tous les cas, la spire de la branche fertile se découpe en cellules peu nombreuses d’où émergent les rameaux sur lesquels se formeront les asques ; ceux-ci sont ordinairement géminés ; leur support ramifié se lignifie ensuite; le fruit ainsi formé est dépourvu d’enveloppe, d’où le nom du groupe. (MM. Eidam, Baranetzky.)

Périsporiacées. — Les asques,sans paraphyses, sont réunis dans un périthèce fermé dont l'enveloppe ne s'ouvre jamais par un pore apical,

C'est à l’entrecroisement de deux filaments que se forme le fruit ; le filament inférieur émet ordinairement l’ascogone (ou carpogone), le supérieur le pollinode ou filament mâle (?). Ces deux branches dressées se séparent par des cloisons, le pollinode se divise encore

une fois, et sa petite cellule terminale vient s'appliquer au sommet de la branche femelle renflée ; puis, du filament qui a produit le pollinode, partent des branches qui viennent former l’écorce du fruit; l’ascogone se divise en cellules d’où émanent plus tard les asques. (Erysiphe) (Tulasne, M. de Bary.)

Dans le cas précédent on distingue dès l’origine la branche fertile de la branche mâle qui n’est peut être que le premier flament de l’écorce. Dans le Ryparobius myriosporus on voit apparaître plusieurs branches latérales semblables qui s’enroulent en une petite pelote, puis, à l’intérieur de celle-ci, se différencie une cellule plus grosse qui augmente de volume, ainsi que toute la petite masse; cette cellule produira les asques. Les deux parties, fertile et stérile, ne se distinguent donc pas ici dès la première ébauche (M. Brefeld).

Deux branches s’échappent simultanément du tour de spire inférieur de l’ascogone contourné des Eurotium (M. de Bary), une seule se soude au sommet de l’ascogone ; elle ne diffère point de l’autre, ni des branches qui viennent ultérieurement s'appliquer étroitement, comme les premières, sur ia spirale qu’elles enveloppent complètement, Toute la formation s’accroît; les filaments de l’écorce se divisent en cellules qui, proliférant vers l’intérieur, donnent encore naissance au tissu de remplissage. L’ascogone aussi se segmente et de ses articles partent des branches ramifiées qui pénètrent dans le tissu de remplissage et dont les cellules terminales se changent en asques ; ceux-ci résorbent tout le tissu et sont à leur tour résorbés par leurs spores qui ne se trouvent plus enveloppées, en dernier lieu, que par un enduit résineux commun. Celui-ci étant très fragile, les spores deviennent libres facilement, et, comme dans les cas précédents, elles rompent, à la germination, leur exospore pour produire un mycélium.

Pyrénomycètes. — Suivant que les conceptacles ont la forme de sphères ou de bouteilles, elles s'ouvrent à l’extérieur par un ostiole ou par un court canal. Les asques sont entremêlés de paraphyses. Les périthèces peuvent être simples, c’est-à-dire isolément implantés sur le mycélium, ou composés, c’est-à-dire réunis plusieurs sur un réceptacle commun (stroma). Dans le premier cas les couches exté-

. te

LOS EE rieures de l’enveloppe sont ordinairement dures et de couleur foncée ; dans le second cas, c'est ia périphérie du stroma qui subit une sem blable modification.

Le mycélium du Claviceps purpurea (M. Tulasne) produit des conidies dont la germination donne d’abord un nouveau mycélium soit directement, soit par l’intermédiaire de conidies secondaires ; puis ses hyphes forment un sclérote, le seigle ergoté, sur lequel apparaissent, dans des conditions favorables, les réceptacles fructifères. Des groupes de cellules situées sous l'écorce de l’ergot, s’allongent pour cela en filaments qui se réunissent étroitement en un faisceau ; celui-ci soulève, puis perfore les couches périphériques. Tous les filaments du faisceau sont égaux ; on ne distingue aucune ébauche d’ascogone, et la différenciation en tissus fertile et stérile ne se manifeste que quand déjà les périthèces ont commencé à se former ; si l’on coupe une jeune tête, son support produit un ou plusieurs nouveaux réceptacles fructifères. Les asques et leurs spores vnt une forme très allongée.

Dans le Pleospora herbarum le développement a lieu sans ascogone ni pollinode (M. Banke), comme dans le cas précédent.

Dans les Melanospora, Sordaria, Chaetomium, il se forme, au contraire, des ascogones en spirale, mais on n’a pu observer de copulation, Les phénomènes ont été décrits pour ce dernier genre par M. Van Tieghem : une branche s’enroule en spirale ; de sa partie inférieure part un rameau plus grêle qui rampe sur la pelote et se ramifie avant d’avoir atteint le sommet; il enlace ainsi le carpogone d’une enveloppe. Enveloppe et carpogone se découpent en cellules et se développent indépendamment l’un de l’autre constituant ainsi le périthèce.

Discomycètes (MM. Tulasne, de Bary, Woronine, Janczewski). — Le périthèce est ouvert largement dès l’origine ou au moins à la maturité : il se transforme donc en cupule. Les paraphyses peuvent exister ou manquer. Souvent il y a des sclérotes ; leur développement peut être différent suivant les circonstances ; ceux de Peziza Fuckeliana donnent des conidies, s'ils germent sur le sol, et, s'ils sont enfouis, des cupules pédicellées qui viennent s'épanouir à l'air. Fréquemment les conidies ne germent pas (Peziza tuberosa) ; elles peu-

vent même devenir rudimentaires (Peziza sclerotiorum) où disparaitre Rietsch. 1

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