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GERMINATION DES SPORES

Les spores, en germant, ne donnent pas naissance directement à la plante sexuée, mais produisent d’abord un protonéma, beaucoup moins développé dans les Hépatiques que dans les Mousses où ila

souvent été pris autrefois pour une algue. La génération sexuée naît ordinairement comme une branche latérale sur le protonéma.

Dans le sporogone chaque cellule mère de spores se divise en quatre spores ; cette partition se retrouve dans les spores des Cryptogames vasculaires et même dans les microspores des Phanérogames ; dans les Anthoceros elle présente ce caractère particulier que le noyau ne se divise qu'après ke protoplasma (M. Strasburger).

La spore est munie d’une double enveloppe : l’endospore, présentant la réaction de la cellulose, et l'exospore cuticularisée, de couleur foncée ; celle-ci est verruqueuse dans le Grimaldia dichotoma où elle présente même une expansion vésiculeuse remplie d’air, rappelant les vésicules des microspores dans les Abiétinées.

Dans les Mousses les spores contiennent de la chlorophylle et conservent longtemps, néanmoins, leur faculté germinative; elles en contiennent quelquefois aussi dans les Hépatiques (Fegatella). Les premières segmentations de l’embryon peuvent, dans quelques cas, avoir lieu dans l’intérieur de la spore (Pellia, Fegatella, Andraea).

A la germination, l’enveloppe de la spore est rompue, et son contenu s’allonge en un filament entouré d'une mince membrane; c’est le protonéma. Il est rudimentaire dans les Hépatiques, très développé au contraire dans les Mousses.

Hépatiques. — La plante sexuée apparaît ordinairement comme un ‘bourgeon latéral sur le filament cloisonné, quelquefois aussi elle en constitue le prolongement direct. Dans les Aneura, le protonéma se segmente d’abord transversalement, puis dans sa cellule terminale apparaissent deux cloisons obliques, découpant la cellule terminale à deux faces du thalle sexué. Dans les Pellia où les premières divi-

sions ont lieu à l’intérieur de la spore, il se forme d’abord un corps cellulaire dont une cellule s’allonge en rhizoïde ; une autre, opposée à la première, devient la première ébauche de la plante. Dans les Jungermanniées foliacées, le protonéma peut être un filament cellulaire unisérié (Lophocolea, Chiloscyphus\ quelquefois ramifié, dont la cellule terminale devient la cellule initiale à trois faces de la tige feuillée; ou bien il consiste en une lame cellulaire (Radula, Frullania), dont une cellule marginale se développe en plante sexuée.

Rietsch. | ÿ)

La spore des Marchantiées n’émet qu’à la lumière un filament germinatif pluricellulaire, héliotrope, d'autant plus court que l'éclairage est plus intense ; son extrémité se renfle et s’élargit perpendiculairement aux rayons lumineux ; elle se transforme pour cela en un disque résultant de la division en octants de la cellule terminale. Des cellules marginales de ce disque deviennent les initiales du thalle ; au commencement, sa structure est fort simple et il possède tout d’abord une cellule terminale à deux faces.

Mousses. — Le protonéma, très développé, peut devenir la partie prépondérante de la plante. Il se compose de filaments confervoïdes, unisériés, rameux, sur lesquels la génération sexnée prend naissance comme un rameau latéral de structure beaucoup plus compliquée ; à l'inverse des Hépatiques, plusieurs tiges peuvent se former sur le même protonéma.

Ordinairement il émerge d’abord de la spore un seul filament à accroissement terminal indéfini, sans accroissement intercalaire; toutes

ses cellules peuvent émettre des branches qui s'allongent aussi indé- ,

finiment en se ramifiant à leur tour. Ce n’est que postérieurement à ce premier filament qu'il en naït un deuxième à l’extrémité opposée de la spore (quelquefois même plusieurs); celui-là devient souvent un rhizoïde ; du reste, toutes les parties du protonéma peuvent subir pareille transformation en s’enfonçant dans le sol.

La génération sexuée provient de la cellule basilaire d’une branche

latérale à accroissement défini, rarement de sa cellule terminale; pour cela un refoulement latéral de cette cellule s’en sépare par une cloison et, Se segmentant rapidement, devient un bourgeon foliaire.

Quelquefois le protonéma a une existence presque indéfinie; dans certaines Phascacées, il subsiste encore après la production des tiges feuillées, et jusqu’à l’achèvement des spores. Mais ordinairement il disparaît après la formation de ces tiges.

Quelquefois le protonéma affecte une forme différente ; dans les Diphyscium, Tétraphis, ses filaments développent latéralement des lames foliacées. D’autres fois, l’axe même du protonéma se change en une lame cellulaire étalée, dont la surface donne naissance aux tiges

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