‹ Reproduction des cryptogamesChapitre 32 sur 35 · RÉCAPITULATION · texte numérisé non relu

RÉCAPITULATION

A l’origine, la reproduction ne semble qu’une conséquence d’une nutrition abondante et de l’accroissement; elle se réduit à un fractionnement du protoplasma. Ce procédé se perfectionne par la bipartition cellulaire, la formation des zoospores qui propagent l'espèce dans l’espace, la formation des spores durables qui la propagent dans le temps. Puis on voit ces corps agames se fusionner entre eux, d’abord indifféremment au nombre de deux ou de plusieurs, sans qu'entre les éléments qui copulent il soit possible de distinguer aucune différenciation. Cette fusion qui ne semble avoir d'autre résultat qu'une augmentation de masse, est cependant l’origine de la sexua-, lité. Celle-ci s’accentue par des différences de taille, de motilité, et | évidemment aussi des différences plus profondes; les deux protoplasmes deviennent complémentaires l’un de l’autre; ils sont d’abord capables de se développer encore isolément, ce qui prouve que la différence est faible ; mais ils ne tardent pas à perdre cette faculté. L’élément femelle finit par devenir immobile et dès lors la fécondation a atteint ses caractères apparents essentiels : copulat ion entre élément mâle mobile et élément femelle immobile. Les Algues présentent le plus grand intérêt au point de vue de ces transformations successives.

Pendant longtemps les changements se réduisent alors à des perfectionnements secondaires (col et ventre de l’archégone, cellules du canal, etc.). Mais de nouvelles transformations apparaissent par l’adaptation complète à la vie aérienne ; la motilité disparaît alors aussi dans l’élément mâle, de nouveaux auxiliaires viennent remplacer l’eau, et les deux cellules sexuées peuvent obéir à la tendance générale du protoplasme végétal de ne vivre qu’ entouré de cellulose,

La fécondation tout d’abord ne parait remplir qu’une place secon-. daire; elle est pour ainsi dire accidentelle et déterminée par les con-

ditions extérieures, le froid, la sécheresse ; elle a pour effet de donner une spore durable, la force de résistance du protoplasma étant augmentée, semble-t-il, par la copulation. Mais évidemment cette fusion de cellules différentes est avantageuse pour la descendance et donne une nouvelle impulsion au végétal ; aussi se montre-t-elle bientôt plus fréquemment. Dans les plantes terrestres, elle acquiert une importance beaucoup plus grande que dans la généralité des plantes aquatiques ; elle alterne régulièrement avec des spores asexuées qui représentent les carpospores des Algues ; toutes les autres générations agames disparaissent (protonéma excepté). Le rôle de la repro- . duction asexuée se trouve donc de plus en plus réduit ; si les progrès modernes de la botanique ont fait retrouver encore dans les Phanérogames les carpospores, celles-ci ont disparu néanmoins physiologiquement. La propagation végétative devient aussi de moins en moins importante.

En dehors des Champignons où elle se dégrade sous toutes ses formes, la reproduction se perfectionne dans chaque groupe particulier; elle fournit les meilleurs liens entre ces groupes, qu’on a pu, grâce à ces organes, rattacher naturellement les uns aux autres.

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