‹ Reptiles, batraciens, avec 55 figures dans le texteChapitre 20 sur 35 · AGLYPHODONTES 19 | SERPENTS NON DANGEREUX POUR L'HOMME · texte numérisé non relu

AGLYPHODONTES 19 | SERPENTS NON DANGEREUX POUR L'HOMME

ORDRE FE — AGLYPHODONTES

Les Aglyphodontes (à dents sans sillon) sont ainsi nommés parce qu'ils sont caractérisés par leurs mâchoires pourvues de dents constamment fixes, coniques, recourbées et lisses, sans canal ni rainure, par leurs formes élancées, par leur tête qui est elliptique, au lieu d’être renflée en arrière comme celle des

- Serpenis venimeux.

… Cet ordre ne renferme que des espèces inoffensives et

- embrasse plus de la moitié des Serpents connus. $es

- représentants sont désignés sous le nom général de Couleuvres, on les nomme aussi serpents Colubriformes et Colubrides.

FAMILLE DES ISODONTIENS

Cette famille est composée de Serpents dont toutes les dents sont semblables entre elles et disposées à dis- - lances égales. Les diverses espèces de cette famille . présentent néanmoins des formes et des mœurs assez - variées ; elles vivent aussi dans des milieux très diffé- + rents, les unes sur les arbres, d’autres dans les prairies ou dans le voisinage des eaux.

Deux genres seulement représentent cette famille en “France :

C Genre Rhinechis (Micha.), Rhinechis

Ce genre, établi par Michachelles, ne comprend

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1-2 Rhinechis scalaris, p. 81. — 3-4 Elaphis quaterradiatus, p. 825 — 5-6 Tropidonotus tessellatus, p. 92.— 7-8 Trop. viperinus, p. 88.4

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qu'une seule espèce, à corps cylindrique, à queue courte et conique, à tête peu distincte du tronc, à museau pointu terminé par une saillie, de telle sorte que la mâchoire supérieure dépasse l’inférieure :

Rhinechis à échelons (}/inechis scalaris Bonap.).

Cette espèce (fig. 1, 2, p. 80) a sur le dos et la queue deux longues bandes noires réunies par des bandes transversales placées à intervalles égaux ; cet ensemble représente assez exactement les barreaux d’une échelle et lui a fait donner le nom de Couleuvre à échelons. La coloration générale du corps est roussâtre; le dessous du corps est blanc jaunâtre avec des taches d’un grisnoir.

Ce reptile, qui atteint un mètre de longueur, vit dans les lieux arides et bien exposés au soleil ; on le rencontre quelquefois dans les dunes, dans le voisinage de la mer. Il se nourrit de Rongeurs et d’Oiseaux ; il est redouté pour la chasse qu'il fait aux Oiseaux utiles et passe pour détruire les nichées de Perdreaux.

Très irascible, il se jette sur la main qui veut le saisir, mord avec rage et se replie ensuite pour se mettre de nouveau sur la défensive, comme font les ce venimeux.

Il n’habite que le Midi de la France, où il est assez commun, principalement aux environs de Montpellier, de Toulon et de Nice.

Genre Elaphis (Dum, et Bibr.), Elaphe 2 sn 53 rJ

Duméril et Bibron ont réuni dans ce genre des Cotleuvres dont le corps-est le plus souvent cylindriqué, (E

82 HISTOIRE NATURELLE DE LA FRANCE parfois un peu comprimé, la tête peu distincte dutronc, toutes les dents d’égale longueur.

Ce genre est représenté en France par deux espèces :

Elaphe ou Couleuvre d’Esculape !/Z/4phis Œsculapi. Host.)

Cette couleuvre (V. ». 31) a le corps allongé, peu volumineux, la queue longue et déliée ; les écailles de la partie antérieure du corps sont lisses, celles de la partie postérieure portent une légère carène.

On a donné à ce reptile le nom de Couleuvre d’Esculape parce qu'on admet généralement que cette espèce est le. Serpent d’'Épidaure, si vénéré dans l’antiquilé qui ornait le bâton d’Esculape. Il atteint fréquemment 4 m. 60 de longueur ; sa coloration est brune-olivätre ; les flancs sont pointillés de blanc; le ventre est d'un blanc verdâtre.

La Couleuvre d’Esculape se plait dans les endroits rocheux et couverts de broussailles ; elle recherche les troncs d’arbres et les branches autour desquelles elle peut s’enrouler. « Dans une épaisse forêt, elle passe facilement d’un arbre sur un autre et parcourt souvent ainsi de grandes distances, en cheminant de branche en branche. Le long d'un mur, ce Serpent grimpe avec une agilité surprenante, car ilsait profiter de la moindre

saillie, de la plus petite aspérité avec une adresse.

remarquable. » (Brehm.) C'est grâce à cette faculté de pouvoir grimper sur les

arbres qu’il s'empare très souvent de petits Oiseaux et | détruit leurs nids. Il se nourrit également de petits .

Rongeurs, de Lézards et de Grenouilles. La femelle pond généralément de 12 à 20 œufs.

Le

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Ce Serpent est très familier et s’habitue très facilement à la captivité.

La Couleuvre d’Esculape habite le Midi de la France; elle remonte vers le nord et a été trouvée par Millet dans le département de Maine-et-Loire. À Fontainebleau on la rencontre au milieu des buissons poussant dans les terrains les plus pierreux et les plus arides.

Elaphe à quatre raies (Z/aphis quaterradiatus. Gmel.).

Cet Ophidien (fig. 3-4, p. 80) est un des plus grands Serpents d'Europe et atteint fréquemment une longueur de deux mètres. Sa tête est légèrement élargie près des tempes ; sa queue esttrès effilée. Son corps, d’une coloration brune-jaunâtre, est sillonné dans toute sa longueur par quatre raies brunes ou noires, deux sur chaque flanc, et parallèles entre elles. La tête est brune, avec deux lignes noires allant obliquement de l’œil à l'angle de la bouche.

Cette Couleuvre habite dans les broussailles, au pied des buissons; elle se nourrit de Taupes, de Rats, de Souris, de Lézards et d'Oiseaux; on prétend même qu'elle pénètre dans les poulaillers pour dévorer les œufs des Poules. Absolument inoffensive, elle est très douce et très sociable.

Elle n’habite que le Midi de la France où elle est assez rare. Lataste ne l’a pas trouvée dans la Gironde, quoique Millet dise l'avoir rencontrée dans le département de Maine-et-Loire.

FAMILLE DES SYNCRANTÉRIENS

Dans cette famille les Serpents ont toutes les dents

84 HISTOIRE NATURELLE DE LA FRANCE lisses, distribuées sur une seule ligne, mais avec les dernières plus longues, sans intervalle libre au devant d'elles, Ces Reptiles ont, suivant les genres, des mœurs très variées : les uns grimpent sur les arbres, les autres habitentle voisinage des eaux, d’autres enfinrecherchent les lieux secs et arides.

Cette famille est représentée en France par deux genres :

Genre Eropidonotus (Dum.etBibr,), Fropidonote

Les animaux de ce genre ont les mächoires longues, les crochets de la màchoire supérieure formant une série longitudinale continue; les écailles du dos, et le plus souvent celles des flancs portent une ligne saillante ou une sorte de carène. La tête est aplatie en dessus, plus ou moins élargie en arrière ; la queue est moyenne et assez effilée.

Les Tropidonotes habitent le voisinage des eaux et peuvent nager avec agililé.

On en trouve en France trois espèces :

Tropidonote à collier (7ropidonotus natrir.

Dum. et Bibr..). |

Ce Serpent est le véritable Lype de nos Couleuvres ; c’est aussi l'espèce la plus commune et la plus répandue en France. Elle a la tête large; le museau obtus, la queue assez courte, conique, arrondie et médiocrement effilée. |

Cette Couleuvre est surtout caractérisée par deux taches triangulaires d’un noir profond, généralement placées derrière un collier de couleur claire sur la nuque, Ce collier, jaune-pâle ou orangé, quelquefois

86 HISTOIRE NATURELLE DE LA FRANCE rougeâtre, a fait donner à ce Serpent le nom de Couleuvre à collier. Le dessus de la tête est brun roux; le dos et les flancs ont une teinte verdâtre et présentent quatre séries longitudinales de taches brunes de forme irrégulière. Le dessous du corps est d’un noir bleuâtre ou verdätre.

Le Tropidonote à collier recherche les prairies humides, les bois ombragés et marécageux, le bord des fossés. Il s'établit souvent près des habitations , surtout pendant la mauvaise saison, s’introduit dans la paille ou dans le fumier et s'y creuse une galerie pour hiverner.

Cette Couleuvre va facilement à l’eau et peut traverser à la nage un étang ou un bras de rivière. Elle plonge également lorsqu'elle est poursuivie ou qu'elle veut atteindre une proie. Elle se nourrit d’Oiseaux, de petits Mammifères et surtout de Batraciens; elle semble préférer à tout le Crapaud commun et la Grenouille rousse; elle dévore aussi les Tritons.

« Par quelque point qu'une Grenouille ait été saisie à l’aide des dents aiguës de la Couleuvre, que ce soit par une des pattes de devant ou de derrière, ia Grenouille est un animal perdu. Le pauvre Batracien se débat, mais en vain; il fait parfois des efforts tels que la Couleuvre est entraînée, il faut que la proie soit bien grosse pour ne pas être déglutie et c’est réellement un spectacle pénible que de voir la Grenouille, bien vivante, avancer lentement, mais sûrement dans la gueule de son inexorable ennemi. Lorsqu'elle est effrayée, la Couleuvre vomit sa proie et nous avons plusieurs fois vu un Crapaud ou une Grenouille tout

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récemment déglutis sortir pleins de vie et se mettré à courir et à sauter comme s'il ne leur était rien arrivé de fächeux. » (Brehm.)

Cette espèce, que l’on nomme dans certaines parties de la France Couleuvre des dames et Serp en patois, est une de celles dont l’hibernation dure le moins longtemps : on la rencontre encore par les belles journées de novembre et elle reparait dès les premiers jours de mars.

Elle dépose ses œufs, au nombre de 9 à 15, dans les

tas de fumier, dans les étables, partout où elle trouve réunies la chaleur et l’humidité nécessaires à leur développement. Ces œufs ressemblent à des œufs de pigeon, mais en diffèrent par leur coque molle et parcheminée ; ils sont reliés entre eux par une matière gélatineuse et sont disposés comme les grains d’un collier.

Plus que tous les autres Serpents, la Couleuvre à collier a été le sujet de fables ridicules : nous avons dit qu'elle s’introduisait dans les habitations et dans les étables aux époques de la ponte et de l’hibernation. On a prétendu que, très avide de lait, elle ne pénétrait dans ces lieux que pour téter les Vaches; on l'aurait souvent trouvée enroulée autour des jambes des Vaches et des Chèvres pour les traire, les épuisant au point de faire couler le sang : chez les animaux traits ainsi le lait se tarissait et prenait une teinte bleue tant que la bête qui Le fournissait servait de nourrice au Serpent.

« Dépourvue de lèvres charnues, dit Fatio, la bouche de nos Serpents est incapable d’envelopper suffisamment le pis de la Vache ou de la Chèvre pour en extraire

le lait. Du reste les dents de l’Ophidien, recourbées en arrière, pourraient difficilement lâcher prise après un écarlement nécessairement aussi grand des deux mâchoires, et la bête tétée ferait certainement de belles ruades au sentiment des nombreuses piqûres produites par ces petits crochets acérés sur des parties aussi délicales. »

On a prétendu aussi que cette Couleuvre s’introduisait par la bouche dans le corps des paysans qui dormaient étendus sur l'herbe et que, pour l'en faire sortir, on profitait de son goût pour le lait en l'attirant par la vapeur du lait bouilli que l’on approchaïit de la bouche de celui dans le corps duquel elle s'était glissée. Il est superflu d’insister sur l’absurdité de pareils contes.

Le Tropidonote à collier est le plus inoffensif de nos Serpents et peut être conservé facilement en captivité ; c'est à peine s’il cherche à mordre la main qui le saisit ; son seul moyen de défense consiste à lancer par l'anus un liquide visqueux qui répand une odeur répugnante.

Cette espèce est très commune en France et toutes les faunes locales la mentionnent.

Tropidonote vipérin (7ropidonotus viperinus.

Dum. et Bibr.).

Cette Couleuvre (fig. 7-8, p.80) doit son nom à sa res-. semblance avec la Vipère, ressemblance si grande qu'elle causa à M. Dumeril une méprise funeste : ce savant professeur d’'Herpétologie saisit imprudemment dans la forêt de Sénart une Vipère berus en croyant s'emparer d’une Couleuvre vipérine.

La tête de ce Serpent est moins large en arrière et … un peu plus conique en avant que celle du Tropidonote

dé

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à collier; le cou est moins brusquement accentué; les plaques céphaliques couvrent à peine les trois quarts de la longueur de la tête. « Lorsque l'animal veut mordre ou qu'il est irrité, cette têle longue et étroite change subitement de proportions : les muscles de la joue se contractent et deviennent saillants, les os tympaniques s’écartent fortement à droite et à gauche, et alors elle se présente large en arrière et échancrée en cœur de carte à jouer, comme la tête de la Vipère. » {Lataste.)

Sa coloration est tellement variable que l’on ne peut trouver deux individus exactement semblables; on remarque généralement sur la ligne médiane du dos une série de taches brunes ou noirâtres, soit contiguës, soit disposées en zigzag, comme chez la Vipère; une autre série de taches brunes existe sur le milieu des flancs; la joue est traversée obliquement par une large bande jaunâtre qui vient se réunir entre les deux yeux avec la bande du côté opposé ; deux bandes jaunes bordent ces taches en forme de V renversé, séparées entre elles par des bandes jaunâtres. Le dessous du corps est jaune plus ou moins couvert de taches d’un noir bleuâtre, disposées en séries assez régulières. Les écailles sont fortement imbriquées et très nettement carénées. Les mâles ont ordinairement le corps plus délié, la queue plus longue que les femelles.

La Couleuvre vipérine, dont la longueur dépasse rarement un mètre, se rencontre quelquefois dans les champs, au bord des fossés. Elle est essentiellement aquatique et recherche les mares remplies de nénuphars et d’autres plantes d'eau, où elle est difficile à capturer.

« Une mare sur laquelle vous n'apercevez rien en contiendra quelquefois une quantité prodigieuse. J'avais vu plusieurs Couleuvres rentrer prestement dans leurs trous à mon aspect et je n'avais pu en prendre aucune, quand j'eus l’idée de m’arrêter auprès d’une petite mare voisine. Je me cachai derrière un tronc d'arbres et j'attendis immobile. Au bout de quelques instants, la mare m'apparaissait couverte de têtes de Serpents fort éveillées, allant et venant dans tous les sens. Au moindre mouvement de ma part toutes ces têtes disparaissaient subitement sous l’eau et restaient plus ou moins longtemps à reparaitre. Quelquefois une Vipérine, m'apercevant immobile, s’arrêtait, reposait sa Lêle sur une feuille de nénuphar et me regardait longtemps, puis, satisfaite de son examen, elle reprenait sa promenade. Plusieurs vinrent passer à mes pieds, J'étais armé d’une canne, j'essayais de les frapper tout d’un coup quand elles étaient bien à portée, mais leur fuite était si rapide que je n’en pus atteindre qu'une seule. Bien souvent, depuis, j'ai vu des Couleuvres de cette espèce plonger à mon spproche; j'en ai vu plusieurs fois ramper au fond de l’eau et j'en ai même saisi avec la main, quand l’eau était peu profonde et quand une température moins élevée paralysait un peu leur activité. » (Lataste.)

La Vipérine se nourrit de Grenouilles, de petits Poissons, d’Insectes, de Vers et ne dédaigne pas les petits Mammifères et les Oiseaux qui passent à sa portée. Très sociable, elle vit toujours en compaguie nombreuse de ses congénères. La femelle pond de 45 à 20 œufs, semblables à ceux du Tropidonote à

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collier. mais un peu plus allongés. Elle dépose ses œufs, de la fin de mai au commencement de juillet, dans un endroit chaud et humide, sous la mousse ou entre les pierres, ou encore à une petite profondeur sous la terre meuble au bord de l’eau.

Cette couleuvre hiverne dans la vase, dans les vieux troncs d'arbres ; elle est inoffensive et‘ lorsqu'elle cherche à mordre, c'est tout au plus si élle produit sur la main qui la saisit des égratignures sans danger. Toutefois, sa grande ressemblance avec la Vipère doit rendre

. prudent lorsqu'on veut s'emparer d'elle ; on peut

. toujours la reconnaître, même à une certaine distance, à ses formes un peu moins ramassées, aux taches en damier de son ventre et surtout aux plaques céphaliques qui recouvrent sa tête.

Cette espèce, moins répandue que la Couleuvre à collier, est très commune dans certaines parties de la France, principalement dans le Sud et le Sud-Ouest ; dans le département de l'Hérault on la rencontre fré-

. quemment dans les pierres au bord de la petite rivière . de l’Orbe.

Le Tropidonote Chersoïde |7ropidonotus Chersoïdes. Dum. et Bibr.) qui a été élevé par quelques auteurs au rang d'espèce, n’est, en réalité, qu'une variété de l'espèce précédente.

Cette Couleuvre à la tête plate, large en arrière, pentagonale. Le profil est remarquable par le proéminence de la lèvre supérieure ; le museau est arrondi, le cou bien plus étroit que la tête, le tronc assez effilé, « IL est aisé, dit Lataste, de ramener au même type le dessin de la robe du Tropinodote Chersoide et celui du

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92 HISTOIRE NATURELLE DE LA FRANCE Tropidonote vipérin. La série de taches ocellées des flancs, la double série des taches du dos, les taches quadrilatères du ventre peuventse retrouverchez tous les deux. Chez le Tropidonote Chersoïde les taches du dos sont rembrunies, élargies, fondues ensemble ; celles des flancs se sont également foncées et agrandies et la bor-. dure du dos, dépourvue de toutes taches obscures, s’est dessinée en une ligne jaune fort distincte sur un fond. noir. Il ne me reste donc plus le moindre doute sur lidentité parfaite de ces deux prétendues espèces. »

Cette Couleuvre habite quelques localités du Sud et du Sud-Ouest de la France, mais elle est beaucoup plus rare que la Vipérine,

Tropidonote Tessellé (7ropidonotus tessellatus. Wagl.).

Cette espèce (fig. 5-6, p.80) diffère du Tropidonote vipérin par sa tête plus petite, plus allongée, plus étroite en arrière et plus accuminée en avant, le cou est moins disünct, le tronc plus élancé, la queue un peu plus longue. Sa coloration est grise-verdätre ou olivätre en dessus, avec des taches noires alternantes sur le dos et un grand V renversé, plus ou moins apparent, sur la nuque. La coloration de cette espèce est, d’ailleurs, assez variable.

Cette Couleuvre, qui a été confondue avec la Vipérine habite le voisinage des eaux, dansles mares etles ruisseaux. Elle nage et plonge avec agilité. Sa nourriture consiste en Grenouilles, Tritons et petits Poissons. Leste et gracieuse dans tous ses er Er elle est complètement inoffensive.

Le Tropidonote tessellé n’habite que le Midi de la France où il est peu commun.

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Genre Coronella (Laur.), Coronelle

Les représentants de ce genre ont les dents lisses, le tronc allongé; la tête plutôt petite, courte et assez peu distincte du cou est recouverte de grandes plaques céphaliques ordinairement au nombre de neuf; la queue est de moyenne longueur, conique et médiocrement effilée; le museau est arrondi et peu allongé,

Les Coronelles recherchent généralement les lieux secs et arides, les broussailles, les terrains rocailleux,

Deux espèces appartiennent à la Faune française :

. Coronelle lisse (Coronella lœvis, Lacép. Coronella > Austriaca, Lam.)

Cette Couleuvre a la tête courte et légèrement élargie en arrière, le cou peu rétréei, Sa coloration, assez

. variable suivant les individus, est généralement rousse + ou olivätre à reflets brillants sur tout le dessus du corps, avec des marbrures noirâtres formant deux - séries longitudinales et parallèles ; une ligne de cou- * leur foncée, partant de la narine, passe au-dessus de - l'œil et va rejoindre les points noirs qui se trouvent le long des flancs. Le dessus de la tête est orné de points noirs très rapprochés les uns des autres; deux . larges taches brunes se remarquent sur les pariétales, . Le dessous du corps est jaune, lavé de gris, avec des taches et des points bruns plus ou moins apparents et . mal définis ; le ventre est parfois presque noir, Les yeux sont petits et enfoncés, avec l'iris jaune dans sa . partie supérieure, brunâtre dans sa moitié inférieure, La Coronelle lisse atteint de 0 m, 60 à 0 m, 70 de. ms longueur, On la trouve rarement dans les terrains hu- “

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AGLYPHODONTES 95

mides ; elle préfère les lieux arides, les champs rocailleux.

«Souvent on la rencontre traversant la poussière des chemins à la chasse des Lézards et des Orvets qui constituent sa principale nourriture et qu’elle tue en les étreignant entre ses replis musculeux. Elle avale quel-

| quefois des Insectes ; par contre, elle prend beaucoup

. plus rarement de petits Mammifères à cause de l’extension trop faible de sa cavité buccale qui limite forcément le volume de ses proies. » (Fatio.)

Cette espèce est ovovivipare et fait annuellement de

. 10 à 12 petits qui, généralement, brisent la coque de l'œuf aussitôt qu'ils sont pondus, mais devancent quelquefois ce moment et sortent vivants du corps de leur mère.

La Coronelle lisse hiverne en automne dans des galeries souterraines, d’où elle sort d’assez bonne heure au

. printemps. Très irascible, elle cherche à mordre avec fureur lorsqu'on veut la saisir, mais sa morsure est sans danger.

Son caractère hargneux et la ressemblance qu’elle offre de loin avec la Vipère sont cause de la guerre

acharnée que lui font les habitants de la campagne

qui la considèrent à tort comme un serpent venimeux.

Elle habite une partie de l’Europe moyenne et méridionale et dans les Alpes elle monte jusqu’à l’altitude de 1.200 mètres ; on la rencontre dans une partie de la France et elle a été signalée dans les départements dela Gironde, de la Charente-Inférieure, de la Vienne, de Maine-et-Loire, de l’Yonne et du Jura. |

7 L'OPT CRE k

- Coronelle Bordelaise (Coronella Girundica. \ Dum. et Bib.).

Cette espèce, très voisine de la précédente, en diffère par certains caractères: sa tête est petite, elliptique; le museau est arrondi, tronqué obliquement de haut en bas et d'avant en arrière. Le tronc est recouvert de vingt et une rangées d’écailles, au lieu de dix-neuf chez la Coronelle lisse. Sa queue est courte, diminuant rapi- « dement de diamètre. :

« La tête est d’un gris-roux pâle, tout semé de petits points très rapprochés et présente, vue obliquement, des reflets irisés bleuâtres : le bout du museau est taché w -de noir, Une ligne assez nette, noire, forme un arc à « concavité postérieure, en passant d’un œil à l’autre; cet arc se continue en arrière de l’œil par un trait oblique, M il se poursuit tout le long des flancs par une série de ; taches brunes, effacées, peu perceptibles. Deux autres « traits se voient encore sur les côtés de la nuque et le haut du cou et se continuent sur le haut du corps par deux séries parallèles et juxtaposées de taches quadri- | latères; ces taches, tantôt, arrivant au même niveau, À forment des bandes transversales, tantôt alternent entre elles, figurant quelquefois la ligne sinueuse du dos de la Vipère. Chaque écaille du dos, sur un fond. gris perle, présente un semis de petits points noirs et. de points rouges brillants et comme saillants. Si les points rouges dominent, ce qui arrive fréquemment, la teinte générale est rougeàtre, ce qui a valu à l'espèce le nom de Coluber rubens (Gachet). Si les points sont noirs, la teinte générale est grisâtre. » (Lataste.)

La Coronelle Bordelaise attéint de 0: m. 50 à 0 im, 80

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AGLYPHODONTES 97

de longueur; ses mœurs sont celles de la Coronelle lisse. On prélend qu’elle exhale une odeur de poisson très désagréable, surtout quand on l’inquiète ou qu’elle est exposée aux ardeurs du soleil. Complètement inoffensive, elle est encore une victime des habitants de la campagne qui, à cause de sa coloration, la confondent avec la variété rouge de la Vipère.

Elle habite le Midi de la France, mais ne remonte guère plus haut que la Charente-Inférieure.

FAMILLE DES DIACRANTÉRIENS

Cette famille diffère de la précédente en ce que tous les crochets sont lisses, les deux derniers plus longs et séparés de ceux qui les précèdent par un espace sans crochets. Les représentants de cette famille sont terrestres, arboricoles ou aquatiques.

Nous n’en possédons en France qu’un seul genre.

Genre Zamenis (Wagl.), Zaménis

Les Zaménis ont le corps allongé, cylindrique, la queue iongue et très effilée, les écailles oblongues, lancéolées, lisses, nombreuses et toutes semblables.

La tête est oblongue, carrée, avec des plaques sourcillières saillantes au-dessus de l'orbite : l’écusson central est étroit.

Ces Ophidiens recherchent les lieux secs; très agiles, ils grimpent facilement aux arbres et se nourrissent de Reptiles, de petits Mammifères et mêmes d’Oiseaux.

Ce genre n’est représenté en France que par une seule espèce :

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Zaménis vert-jaune (Zamenis viridiflavus.

Dum, et Bib.).

Dans cette espèce (fig. 1-2, p.99), la tête est oblongue, relativement peu élargie en arrière et de forme assez anguleuse, très plane en dessus et à pans latéraux presque verticaux; la mächoire inférieure est plus courte et plus arrondie en avant que l'antérieure; le museau est obtus et arrondi, le cou un peu plus étroit

que la tête, l’œil grand et saillant; la paupière arrondie, :

un peu allongée horizontalement, est entourée d’un cercle jaune vif; le reste est brun et faiblement sablé de jaune. La queue est très effilée et mesure près du tiers de l’animal entier. La femelle est plus grande que le mäle et a les proportions un peu moins allongées.

Ce Zaménis, que l’on nomme généralement la Verte et jaune, atteint 1 m. 20 de longueur; c’est un des plus beaux Serpents d'Europe : le dos et les flancs sont d’un vert foncé avec le centre des écailles, en général, moucheté de jaune; on voit, en avant, quatre séries parallèles de grosses taches d’un brun foncé, disposées de telle façon que les taches brunes d’une série correspondent transversalement aux parties claires des deux séries voisines. Les taches jaunes des écailles sont fréquemment disposées en lignes longitudinales, d'autant

plus nettes et plus nombreuses, qu'elles se rapprochent :

davantage de la queue, ce qui donne à l'animal un aspect rayé spécial à cette espèce. Le dessus de la tête est d’un noir bleuàtre, agréablement semé de lignes et de points jaunes; le dessous du corps est d'un blanc de porcelaine, à reflets légèrement verdätres.

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broussailles, ou sur les lisières des bois bien exposés au soleil que le Zaménis se tient de préférence. Il ne fréquente pas les eaux, quoique nageant avec facilité. Il grimpe sur les buissons et même sur les arbres, où il recherche les nids d'oiseaux pour en manger les petits. Il se nourrit aussi de petits mammifères, mais, quoiqu'il ait la bouche largement fendue, il paraît préférer les animaux d'un plus petit calibre, comme Lézards et Serpents. Jamais, parmi les nombreux individus de cette espèce que j'ai eu sous les yeux, je n'en ai rencontré un seul ayant le corps renflé par une proie volumineuse, comme il arrive si souvent à la couleuvre à collier qui avale d’énormes Crapauds. Par contre, j'en ai vu un, que je venais de prendre, dégorger un Lézard gris; un autre avait un Orvet dans le corps.» Lataste.)

Le Zaménis vert-jaune est très irascible, il se défend courageusement et mord avec rage, mais sa morsure est sans danger. C'est probablement son caractère irascible qui le fait redouter des habitants de la campagne qui prétendent qu'il s'élance et bondit sur eux. Fatio, qui avait conservé un individu de cette espèce en captivité, dit qu’il ne lui avait Jamais pardonné la perte de sa liberté : « Retenu dans un grand vase en verre, il saluait toujours mon entrée dans la chambre par des sifflements stridents et se projetait inutilement en avant chaque fois que j’approchais. Sa haine était même si incurable que plusieurs fois, quand je lui rendais un instant de liberté dans la campagne, il se dirigeait directement sur moi pour me menacer et chercher à

me mordre. » | La femelle pond, à la fin de juin ou en juillet, de,

8 à 15 œufs qu'elle cache dans un trou chaud et bien abrité.

Ce Serpent est commun dans le Midi et le Sud-Ouest de la France, où on le désigne sous le nom vulgaire de Liron. Rare dans le département de Maine-et-Loire, on ne le trouve pas dans la Loire-Inférieure.

OPISTOGLYPHES 101

ORDRE I. — OPISTOGLYPHES

Duméril et Bibron ont créé l’ordre des Opistoglyphes « (à dents sillonnées en arrière) pour des Couleuvres “ dont la tête est creusée entre les yeux d’une fossette . profonde; les écailles qui recouvre le corps ne sont pas | . carénées el disposées suivant quinze à dix-neuf rangées. Les dernières dents de la mâchoire supérieure sont plus longues que les autres; la mâchoire postérieure est sillonnée.

Nous ne possédons en France qu’une seule famille de cet ordre.

FAMILLE DES PSAMMOPHIDÉS

- Jan a réuni dans cette famille des Couleuvres dont … les caractères généraux ont été indiqués ci-dessus. Un Fe

; seul genre appartient à la Faune française :

Genre Cæœlopeltis (Wagl.), Cœlopeltis

— Ces Couleuvres ont la tête haute, nettement concave … au devant des veux, le museau relativement court, les … écailles du dos petites, finement striées, légèrement ” concaves chez les adultes.

Une seule espêce habite la France :

Cœlopeltis où Couleuvre maillée (Colo peltis insignitus. Wagl.).

Cette espèce (fig. 3-4, p. 99), plus connue sous le nom de Couleuvre de Montpellier, a le museau légèrement comprimé; les plaques sourcillères sont saillantes et font paraitre la têle excavée entre les yeux.

Sa coloration générale est un brun-olivätre qui, sur le dos, prend une teinte rougeàtre. Des lignes d'un brun sombre, ornées de jaune, dont la forme et la disposilion sont très irrégulières, ornent la tête. La face supérieure du tronc et de la queue est marbrée de petites taches noirätres, bordées le plus souvent de Jaune; ces taches forment habituellement cinq, plus rarement sept séries longitudinales, plus ou moins nettes el disposées de telle sorte que les taches de chaque série alternent avec celles des séries voisines. On voit, en outre, sur les écailles des deux séries longitudinales latérales les plus externes, des taches blanchâtres ou jaunâtres de forme irrégulière, disposées parfois en une bande onduleuse presque ininterrompue. Le dessous du corps est d'un blanc-jaunâtre. La coloration de cette Couleuvre est, du reste, assez variable.

« Aux environs de Montpellier nous avons plusieurs fois observé le Cæœlopeltis dans les terrains arides et rocailleux ou poussent les Cistes aux fleurs odorantes, les charmantes Linaires et les purpurins Mélilots; nous avons également trouvé cette espèce le long des che- … mins creux exposés en plein soleil. La Couleuvre maillée nous a toujours paru être un animal assez agressif, qui, lorsqu'on fait mine de le saisir, se jette sur vous

4 SOLENOGLYPHES 103 en faisant entendre un sifflement aigu. Comme toutes . Les Couleuvres du reste, elle se hâte de fuir entre les pierres et les buissons lorsqu'on ne l’attrappe pas. Sa nourriture se compose de Souris, de Mulots, de Campagnols, de Lézards, et trop fréquemment de petits « Uiseaux. » Brehm.)

+ Dugès, qui a publié un intéressant mémoire sur cette Couleuvre (1), assure que sa morsure ne cause aucun . mal, bien que ce serpent possède une dent conique, - très pointue, beaucoup plus longue que les autres et F pourvue d'une gouttière longitudinale très marquée.

— Le Cœlopeltis n’habite que le Midi dela France. Il est “ assez commun aux environs de Montpellier et de Nice.

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