Essais de zoologie générale, 1841, p
Toutes les propositions du grand naturaliste ont été exposées avec soin par M. Flourens dans sa savante Hist. des travaux et des idées de Buffon, chap. vin.
REPTILES ET TOISSONS DE LAF1UQUE OCCIDENTALE. 139
d'un continent, dit-il encore, ne se trouvent pas dans l'autre. » (/rf., t. in, p. 53.) 1
Les premiers documents sur la patrie d'un assez grand nombre d'animaux ont été fournis par des voyageurs qui , ne pouvant pas apporter dans leurs déterminations spécifiques une expérience suffisante, se sont souvent bornés à consigner dans leurs récits quelques noms vulgaires 2 ou scientifiques, mais souvent peu exacts Ces faunes si incomplètes ont été peu à peu perfectionnées. Depuis celle de la Suède (Fauna suecica sistens animalia Sueciœ regni, 1746), dans laquelle l'immortel auteur du Syslema naturœ a laissé le modela le plus parfait, un assez grand nombre de zoologistes se sont appliqués à décrire les animaux d'une même contrée. Tantôt alors, leurs études ont embrassé toutes les classes du règne animal, tantôt, au contraire, ils ne se sont occupés que de quelques-unes ou même d'une seule de ces classes.
On a dressé les faunes particulières de presque toutes les grandes divisions territoriales, mais en outre, dans celles qui ont une vaste étendue, des faunes spéciales à des contrées plus limitées.
De toutes les parties du monde, c'est l'Europe dont la zoologie a été le plus étudiée, et en France, on doit au zèle des naturalistes des explorations minutieuses et pleines d'intérêt de plusieurs provinces ou départements.
4. Les animaux acclimatés dans des pays autres que ceux d'où ils tirent leur origine sont cependant une preuve des changements auxquels ont pu être soumises des espèces encore trop peu nombreuses. Voyez, à ce sujet, dans le Bullet. de la Soc. impér. z-ool. d'acclimatation (1854, t. I, p. vu), le Discours d'ouverture de M. Isid. Geoffroy Saint-Hilaire président, et [Id., p. 1) un Rapport de M. le D' Richard (du Canial). Buffon, au reste, dans le Discours sur les animaux de l'ancien continent et à la fin de celui qui est relatif aux animaux du Nouveau-Monde [Id., p. 37), revient à plusieurs reprises sur la possibilité de ces introductions.
2. Buffon, en indiquant les différences qui distinguent les animaux du Nouveau-Monde et ceux de l'ancien, fait très bien sentir les inconvénients de l'emploi des noms vulgaires pour des animaux nouveaux qui n'ont le plus ordinairement qu'une vague ressemblance avec ceux dont on les rapproche ainsi. « La pente naturelle que nous avons à comparer les choses que nous voyons pour la première fois à celles qui nous sont déjà connues, jointe à la difficulté presque invincible qu'il y avait de prononcer les noms donnés aux choses par les Américains, sont les deux causes de cette mauvaise application des dénominations, qui depuis a produit tant d'erreurs. » [Id., t. III, p. 28.)
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ARCHIVES DU MUSÉUM
Pour les deux Amériques eu général, et pour un certain nombre soit des Etats de l'Union, soit des divers pays du continent austral, il a été publié des catalogues descriptifs des animaux qui s'y rencontrent.
11 en a été de même pour des régions plus ou moins étendues de l'Asie, depuis la Sibérie jusqu'à l'extrémité la plus méridionale de la presqu'île de Malacca et jusqu'à l'île de Ceylan ; puis, en outre, de l'ouest à l'est, de l'Arabie au Japon.
Quant à l'Afrique, dont un des points doit spécialement m'occuper ici, j'ai des travaux nombreux et intéressants à citer1.
Ainsi, on trouve beaucoup de renseignements sur les animaux du territoire de notre vaste colonie septentrionale dans les publications encore inachevées de la Commission scientifique française de l'Algérie, 2 qui a été également bien étudiée par MM. Moritz Wagner 3 et Eichwald 4. Quant à l'Egypte, il est à peine nécessaire de rappeler, tant il est devenu célèbre, le splendide ouvrage édité par le gouvernement, à la suite de la grande et mémorable expédition française5. La côte occidentale de la mer Rouge, et particulièrement TAbyssinie, ont été très-utilement explorées par MM. Ehren-
1 . Cjuand on étudie la faune d'Afrique, on trouve un grand intérêt à suivre dans leurs explorations difficiles et dangereuses les voyageurs qui nous ont appris à connaîlre cetie conlrée. On est alors [ lus frappé de la justesse des belles considérations que, dans ses célèbns Tableaux de la nature, l'illustre de Humboldt a présentées sur les steppes de ce vaste continent (Traduct. de Eyiiès, t. 1, p. 9-44 et 28-10). Elles restent \ raies, quoique les grands lacs intérieurs récemment découveils ne fussent pas connus à l'époque où l'ouvrage fut éciit (1808).
2. Les Reptiles et les Poi-sons ont été déciits par M. Guichenot, aide-naturaliste au Muséum et membre de la commission.
3. Reisen in (1er Regentschaft Algier in 1836-1838. Parmi les habiles collaborateurs que M. Wagner s'est adjoint-, je dois citer M. Schlegel, ù qui il a confié le soin de faire connaître les Reptiles qu'il avait rapportés.
4. iXaturhistorische Bemerkungen ilber Algier und den Atlas,, 1846, in Nouv. Mém. de la Soc. impér. desnatur. de Moscou, 1851, (. IX, p. 331.
5. Beaucoup de fails relatifs à l'histoire des Reptiles et des Poissons de ce pays ont été consignés dans la description de l'Égypie par Ét. Geoffroy Saint-llilaire, qui s'était associé pour l'achèvement de son travail la savante collaboration de son fils, et avait confié à Audouin le soin de terminer que Savigny av&it laissé intenompu.
berg et Hemprich1, par M. Iluppeil2 et par MM. Lefebvre, Quartin-Dillon et Ant. Petit3.
M. Heckel a décrit un assez grand nombre de poissons dans la relation des voyages de M. ilussegger4. M. Louis Rousseau, aidenaturaliste au Muséum, à qui l'on doit d'intéressants échantillons de la faune madécasse, a recueilli des animaux sur quelques points circonscrits de la cote du Zanguebar. MM. les professeurs Peters5 et J. Bianconi 0 ont fourni d'importantes notions sur ceux du Mozambique. Enfin, pour l'Afrique australe, visitée avec fruit dans le siècle dernier par KoSbe7 et par le naturaliste Sparman8, il suffit de citer les noms de Levai liant9, de Delà lande, de MM. Verreaux et de Delgorgue10, pour rappeler les enrichissements que notre établissement national a dus aux pénibles recherches de ces courageux explorateurs d'un pays dont les animaux jusqu'alors étaient à peine connus. Il faut surtout mentionner le magnifique recueil publié par M. le docteur André Smith, après un long et fructueux séjour dans la colonie du cap de Bonne-Espérance11.
1. La relation rie leur expédiiion se compose de plusieurs parties, au nombre de cinq, et relatives aux différentes régions de l'Afrique orientale qu'ils ont visi'ées.
2. At'as zu (1er Reise im nordlichen Afrika, 1827, et Neue JVirbethiere zu der Fauna von Abyssinien gehorig, 1835.