‹ Reptiles et poissons de l'Afrique occidentale. Étude précédée de considérations générales sur leur distribution géographiqueChapitre 28 sur 57 · I. Raniformep · texte numérisé non relu

I. Raniformep

Certaines espèces de l'Afrique occidentale appartiennent au genre Grenouille. Telle est d'abord celle du Sénégal quia été nommée Rana Galamensis, Dum. Bib. (Erpét. génér., t. VIII, p. 367).

Une autre (Rana Bibronii, Hallowell) nous été donnée par l'Académie de Philadelphie. On en trouve (Proceed., \Slio, t. Il, p. 249) une description dont j'ai pu vérifier chaque détail sur nos exemplaires. Ils portent tous le pli cutané au-dessus du sourcil qui, avec quelques autres particularités du système de coloration, a été, pour M. Gùnther, un motif de considérer un exemplaire envoyé de Sicrra-Leone au Musée de Londres comme le type d'une espèce distincte. Il l'a nommée Rana superciliaris ((kit. Batr. salientia, 1858. p. 17, pl. i, fig. b) ; mais il a reconnu, avec raison, dans Y Appendice à ce Cat., p. 132, qu'elle est identique à l'espèce précédente, dont on a, en réalité, une trèsbonne représentation dans la figure que je viens de citer.

Une autre Grenouille africaine, reçue en particulier de la Gambie (/?. occipitalis, Gùnth.) , et très-bien caractérisée, est décrite dans cet App. (p. 1 30, pl. xi) .

Au Musée de Berlin (de Martens, Nomenclalor Reptilium et Amphib. Musei zool. Berolin., 1856, p. 39), on désigne, sous les noms de Rana gracilis, Schl., et R. irrorata, ld., deux espèces nouvelles de la Cote d'Or1. Nous ne les connaissons pas; il en est de même pour celle qui, trouvée d'abord dans l'Afrique australe et dite R.. oxyrhyncha, Sundevall (Smith, Illustr., pl. lxxvii, lig. 2, 2a, 2b, 2e), a été reçue à Berlin de la Cote d'Or (Nomenclator, p. 39).

Un Bani forme originaire du Gabon a été déjà signalé dans ma Note sur les Reptiles de ce pays. C'est le suivant :

1. Au Musée de Londres, mais non dans celui de Taris, on a reçu de l'Afrique occidentale et spécialement de Sierra-Leone, l'espèce dite Rana fuscigula, Dum., Bib., qui, jusqu'à ce jour, ne nous a été rapportée que de l'Afrique australe.

ARCHIVES DU MUSÉUM

IX. Grenouille tachetée en dessous, Rana subsigillata, A. Dum. '. Pl. XVIII, fig. I.

Rana subsigillata, A. Dum., Revue dezool., 1856, p. 560.

Dents vomériennes très-développées, formant deux rangs obliques en chevron; sur la mâchoire inférieure, de chaque côté de la saillie médiane, deux apophyses dent if ormes, auxquelles correspondent, sur l'arcade maxillaire supérieure, des enfoncements destinés à les recevoir; langue allongée, ovalaire, un peu échancrée à son extrémité libre et adhérente dans ses deux tiers antérieurs ; yeux très-protubérants et peu distants l'un de l'autre; narines ouvertes presque en dessus; doigts complètement libres; orteils à demi palmés; régions supérieures d'un brun noirâtre, les inférieures plus claires, parsemées de taches rondes et jaunes.

L'un des caractères remarquables de cette Grenouille consiste dans la présence d'apophyses dentiformes de la mâchoire inférieure et dans le volume de la saillie médiane de cet os. Cette particularité du squelette est rare. Elle est très-évidente dans les espèces dites Rana macrodon, Kuhl, et R. Kuhlii, Sch'eg.; dans deux autres ( R. grunniens, Daud., et R. tigrina, Id.j, ces petites protubérances osseuses sont beaucoup moins marquées.

C'est à la première de ces quatre Grenouilles qu'on pourrait être tenté de comparer l'espèce nouvelle, mais, outre la différence d'origine, puisque la macrodonte est indienne, il y a, dans la conformation générale, des dissemblances notables. Ainsi, chez l'espèce africaine, la tête est moins large et le museau plus allongé; les narines sont plus rapprochées l'une de l'autre, et, par conséquent, leur orifice est moins latéral; la paupière supérieure n'est pas tuberculeuse; enfin, les palmures des pieds, qui n'occupent pas plus de la moitié de l'étendue des espaces inter-digitaux, sont moins considérables que dans la Grenouille de l'Inde.

J'ajoute, pour compléter la description de la Gr. tachetée en dessous, les indications suivantes :

Les dents vomériennes, au nombre de trois, de chaque côté, assez longues et fortes, forment deux

1. Aucun rapport, ni pour la conformation générale, ni pour les détails de l'organisation, ne se remarque entre la Grenouille dont il s'agit et les Batraciens d'Afrique à formes de Crapaud et à tubercule saillant du métatarse, nommés par M. Tschudi Pyxicephalus adspersus et Delalandii. Il n'y a donc pas de motifs, contrairement à ce que suppose M. Giinther ( Cat., p. 7), pour la rapprocher de ces Raniformes qu'il désigne sous le nom générique de Tomopterna, et particulièrement de l'espèce de Mozambique : Pyx. marmoratus, Peters, [Monatsber. 4 854, p. 626).

Je rappelle, en passant, que cette dénomination fort expressive (tgjaôç, qui coupe, et irrepvlç, talon), restée longtemps manuscrite dans notre Musée, a dû être abandonnée à l'époque de la publication du t. VIII de YErpét. gén-, à cause du droit de priorité du terme Pyxicéphale proposé par M. Tschudi.

Ce n'est pas ici le lieu de discuter la division proposée par M. Giinther pour ce petit groupe trèsnaturel, tel qu'il est dé) 'mité dans cet ouvrage, puisqu'il ne renferme pas d'espèces de l'Afrique occidentale. Je me borne donc à dire que celle d'Amérique conserve seule, dans le Musée de Londres (Cat., p. 24), le nom de Pyxicéphale remplacé par celui de Tomopterna pour les individus de la côte de Mozambique et du Cap de Bonne-Espérance.

REPTILES DE i/AFRIQUE OCCIDENTALE.

petites rangées obliques situées sur le bord interne des ouvertures nasales postérieures, qui sont grandes, ainsi que les orifices des trompes d'Eustachi.

Le canthus rostralis est à peine marqué; il en résulte que le museau est assez régulièrement voûté; sa longueur est assez considérable : de son extrémité antérieure jusqu'à l'œil, il mesure 0"' 01 3, la tète ayant 0m031 ; les narines qui, comme je l'ai dit, s'ouvrent presque directement en dessus, sont un peu plus rapprochées du bout du museau que des yeux.

Le tympan, sans être très-apparent, est cependant bien visible; la peau qui le recouvre ne porte aucune tache; il en est de même pour toutes les régions supérieures, dont les téguments sont presque complètement lisses; il y a un pli pectoral assez marqué, et dont la forme est très-exactement indiquée sur la planche ci-jointe, où l'on voit austi h; pore cutané de la face interne de la cuisse.

La longueur totale du seul individu que nous possédions est deO'MS, ainsi répartis : tête, 0m031; tronc, 0'" 040; membres postérieurs, 0""I09.

Les indications données plus haut sur le système de coloration qui a motivé le nom spécifique dont j'ai fait usage, me dispensent d'entrer dans de plus longs détails sur ce sujet.

Le genre Cystignathe est représenié à l'ouest, et également au sud de l'Afrique, par l'espèce dite C. senegalensis 3 Dum., Bib.

Parmi les Batraciens raniformes très-peu nombreux qui n'ont pas de dents au palais [Oxyglossus, Tschudi, Leiuperus, Dum., Bib., Arthroleptis, A. Smith), aucun ne présente la singulière disposition de la langue que M. Hallowell a constatée sur une Grenouille du Gabon, et qui est devenue pour lui le type d'un genre nouveau: Heteroglossa. Ici, en effet, comme cbez les Batraciens urodèles dits Géotriton , Gene1, Bolitoglosse, Tschudi2, et Heredia, Girard5, la langue, jusqu'à un certain point semblable à un champignon, se compose d'une sorte de disque et d'un pédicule qui le supporte. Contrairement à ce qu'on observe chez ces Tritons, le disque n'est tout à fait libre que dans sa moitié postérieure , où il présente une profonde échancrure. En avant, la langue est retenue, le long de la ligne médiane, par du tissu cellulaire ; enfin, ses bords sont libres, si ce n'est à la région antérieure.

La très-petite Grenouille étudiée par le zoologiste de Philadelphie (sa longueur totale n'est que de 29 lignes anglaises : 0m,06 environ) a élé nommée par lui Heteroglossa africana. Elle est inconnue dans les Musées de Paris et de Londres.

1. Voyez la représenti n de la langue du Géotriton, Atlas de VErpét. génér., pl. xcm, fig. 2, la , sous le nom erroné de Pseudotriton , et pl. en , fig. \ , pour le système dentaire.

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