III. BUFONIFORMES
Quatre espèces de cette famille, et qui appartiennent au genre Crapaud, doivent être citées ici :
Il en est uue que j'ai déjà mentionnée (p. 155) comme offrant un remarquable exemple de la dispersion de certains Reptiles sur presque tous les points du continent africain. Elle a été nommée par Boie Bufo pantherinus. Elle vit nonseulement en Egypte, d'où Et. Geoffroy Saint-Hilaire, qui lui avait imposé la dénomination de Grenouille ponctuée, l'a rapportée pour notre Musée, mais aussi en Algérie, dans les régions australes, dans le Mozambique, et sur la côte occidentale, au Sénégal en particulier 1.
Le Musée de Leyde en possède une autre, qui y est nommée Bufo guineensis, et dont les différences, quand on la compare à la précédente, consistent dans les dimensions plus considérables du troisième doigt relativement au quatrième. La forme des parotides n'est pas la même : ici, au lieu d'être elliptiques, elles sont très-allongées et étroites. Le système de coloration paraît être semblable. Il est, d'ailleurs, à peine nécessaire de rappeler combien celui-ci est variable chez le Crapaud panthérin où, souvent, la ligne dorsale médiane et les grandes taches manquent.
On possède à Londres plusieurs exemplaires de cette espèce nouvelle, mais elle ne se trouve pas dans notre Musée.
Il en est de même pour un Bufoniforme du Liberia, également inconnu à Londres, et nommé par M. Hallowell d'abord Bufo cinereus (Proc. Àc. nat. se. Phil., 1844, t. II, p. 169), puis plus tard, en raison de l'impropriété de cette dénomination spécifique déjà employée par Daudin, B. maculatus (Id., 1854, t. VII, p. 101).
Les caractères sur lesquels est fondée la distinction entre ce Crapaud et ïe panthérin sont que le tympan du premier est plus grand, et que son système de coloration offre certaines différences dans la disposition des taches dorsales.
Une espèce recueillie à Fernando-Po, et d'un aspect tout à fait bizarre, est
1. Gomme d'autres animaux d'Afrique, ce Batracien se rencontre également en Asie ( voy. plus haut, p. 158 , note) ; nous en possédons des exemplaires recueillis en Arabie par M. Ruppell.
celle que M. Gùnther a décrite et figurée {Cal., p. 60, pi m, fig. C) sous le nom de Bufo tuberosus. C'est un Crapaud épineux, car sur les régions supérieures, les tubercules cutanés, entourés à leur base par de petites pointes cornées, en portent une plus considérable à leur centre.
Dans le genre Engystome, fondé par M. Fitzinger, pour le Batracien dit fiana ovalis, Schu., AI. Scblegel a rangé une espèce de la Côte d'Or : E. vermiculatum {Nomencl. Mus. Berolin., 1856, p. 43, sans description) .
Il faut laisser très-près de cette espèce un Bufoni forme du sud et de l'ouest de l'Afrique, décrit et figuré par M. Rapp (Archir, Erichs., 1842, t. I, p. 290, pl. vi, lig. 3 et 4): Engystoma maculatum. Si, par sa conformation extérieure, il ressemble beaucoup à l' Engystome vermiculé, bien qu'il ait des caractères spécifiques tranchés, il s'en distingue cependant par une très-étrange anomalie que Al. Gùnther a signalée. Non-seulement, la membrane du tympan est invisible, comme AI. Bapp l'avait indiqué, mais il n'y a ni oreilles moyennes, ni trompes d'Eustachi.
Devenu nécessairement le type d'un genre particulier, ce Batracien est nommé, dans le datai. Batr. salienlia, [Br. Mas.3 p. 47 et 137), Hemisus guttatum, Gùnther (v]'[iu<ju<; moitié et ou? oreille). — Nous ne le connaissons pas.