‹ Reptiles et poissons de l'Afrique occidentale. Étude précédée de considérations générales sur leur distribution géographiqueChapitre 33 sur 57 · D. Miilleri, Peters. (Pl. xvm. lig · texte numérisé non relu

D. Miilleri, Peters. (Pl. xvm. lig

Peut-être, n'est-i] pas sans intérêt, à la suite de ce dénombrement méthodique, de considérer maintenant, dans son ensemble, la population animale que nous avons passée en revue dans la première partie de cette Elude.

Notons d'abord qu'elle est nombreuse, relativement à l'étendue peu considérable des contrées visitées, jusqu'à ce jour, dans les régions cependant si vastes de l'Afrique occidentale1.

Elle se compose de 193 espèces de Reptiles appartenant à 97 genres, et dans un court espace cle temps les zoologistes verront s'étendre encore le catalogue des espèces 2. On n'en saurait douter, quand on compare nos connaissances actuelles sur la Faune de cette partie du continent à celles que nous possédions il y a quelques années. Il importe donc de s'abstenir ici de géné-

1. Voyez plus haut (p. 146] l'indication des limites de la zone ouest du continent africain dont les Reptiles et les Poissons font le sujet de ce mémoire.

'2. M. Giinther, dans son travail sur la distribution géographique des serpents {Proc. zool. Soc. Lond., 1858, p. 379), et que j'ai eu précédemment occasion de citer (p. 151, note 1), a appelé l'attention sur la multiplicité des espèces propres au sous-ordre des Ophidiens dans la vaste étendue de pays qu'il nomme, à l'exemple de M. Sclater, Région éthiopienne ou paléotropicalc- de l'ouest, laqui lie comprend toute l'Afrique au sud de l'Atlas, Madagascar et les autres îles voisines des cotes, puis, en outre, l'Arabie, jusqu'au golfe Persiquc. Or, dans la portion occidentale de cette région, et qui est la seule dont je m'occupe ici, il y a plus de Reptiles, et en particulier plus de serpents, que M. Giinther ne le supposait. La liste dressée par M. Gray {Proc, 1838, p. 155-167) et à laquelle ce naturaliste renvoie, ne porte, en effet, que 434 espèces au lieu de 193, et même, en réalité, 127 seulement, par suite de doubles emplois aux nos 23, 26, 55, 63, 94, 98 et 111 de cette liste.

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ralisations qui, à peine permises pour certaines zones, pour l'Europe, pour les États-Unis d'Amérique ou l'Asie méridionale, seraient évidemment prématurées, quand il s'agit de pays dont les explorations sont encore si incomplètes.

J'ai, d'ailleurs, indiqué (p. 151-159) les particularités les plus importantes à signaler relativement à la distribution géographique des Reptiles et des Poissons sur le sol et dans les eaux de l'Afrique. De plus, j'ai insisté sur la dispersion des genres et même des espèces des régions occidentales, dont il est difficile de délimiter, d'une façon précise, les zones d'habitation. Le fait le plus remarquable sous ce rapport est fourni, comme M. Peters l'avait déjà noté, par la similitude que l'on a si souvent occasion de constater entre les espèces de l'ouest et celles de la côte de Mozambique.

Des différents ordres que la classe des Reptiles comprend, ceux des Chéloniens et des Sauriens paraissent être moins abondamment répandus dans l'Afrique occidentale que les Ratraciens et surtout que les Ophidiens1.

Ainsi, nous ne comptons que seize espèces de Tortues. Quatre, parmi lesquelles il s'en trouve trois (2-4) 2 propres au singulier genre Cinixys, Bell. (p. 161-163), appartiennent au sous-ordre des Terrestres ou Chersites. Quatre, dont deux (6 et 7) offrent le caractère tout à fait exceptionnel que rappelle la dénomination générique de Pentonyx Dum. Bib. (p. 163-164), sont desPaludines ou Élodites. Une seule (16) fait partie du groupe des Tbala~sites ou Marines. Les septautres, enfin, (9-15) rentrent dans la division des Fluviales ou Potamites, et trois de ces Trionyx présentent la particularité remarquable, qu'elles ont dû devenir, parmi les Cryptopodes, les types d'un genre nouveau : Cycloderma, Peters, (p. 165-168).

Les neuf familles comprises dans l'ordre des Sauriens sont représentées, dans cette Faune, par quarante-sept espèces (17-63).

Plusieurs de ces Reptiles avaient été déjà recueillis au sud et à l'est ; quelques-uns cependant n'ont encore été vus que dans les régions occidentales. Pour parler seulement des plus remarquables, je

1. 11 faut, au reste, tenir compte, dans cette évaluation comparative, des recherches spéciales de M. Jan. Ce zoologiste ayant pu soumettre à son examen tous les serpents d'un grand nombre de musées, a étudié non-seulement ceux qui, sars être décrits jusqu'à ce jour, y sont déjà nommés, mais, en outre, ceux dont le classement n'avait pas encore eu lieu , et dont on lui doit maintenant la détermination spécifique. Les uns et les autres, quand ils appartiennent à la faune de l'Afrique occidentale, figurent sur ma liste.

2. Ces numéros, et tous ceux qui sont indiqués dans la suite de ce résumé, se rapportent à la liste méthodique. De plus, je renvoie souvent, pour les détails, aux pages des feuilles qui précèdent.

REPTILES DE l' AFRIQUE OCCIDENTALE.

citerai les suivants : d'abord le singulier Crocodile (Cr. leptorhync/tus. n" 19, p. 171 et 472;. dont la longueur et l'étroitesse du museau motivent le nom de Faux-Gavial qui lui a été donné; puis, parmi neuf espèces de Caméléons, celui à trois cornes (Ch. tricornis, n" 25;.

Il faut ensuite signaler dans cet ordre, et comme un nouvel exemple des dégradations bizarres qu'on observe dans le nombre, soit des pattes, soit des doigts, chez les Chnlcidiens et chez les Scincoïdiens, le genre -Inisoterme (59). Il fait partie de cette dernière famille, dans laquelle les genres Anehjtrops ( 60 ) et Feylinia (61) viennent augmenter le petit groupe des Sauriens serpenliformes, qui, dans l'Afrique occidentale, sont au nombre de quatre : les deux Scincoïdiens que je viens de nommer, puis deux Amphisbéniens (Amphisbaena leucura et Phractogonus galeafus, 62 et 63, p. 183-185).

Je dois enfin, à l'occasion de la première de ces deux familles, appeler l'attention sur l'étonnante multiplicité dans le continent africain des espèces du genre Euprepes, car à l'ouest seulement, on en compte douze ou treize (45-57).

Les Ophidiens, comme je l'ai déjà dit, y sont abondants, puisqu'on a pu, dès à présent, en distinguer cent et une espèces (64-164).

Il y en a d'abord dix du groupe des Typhlopiens (64-73). Les serpents vermiformes occupent donc dans cet ordre, toute proportion gardée, un rang qui n'est pas sans importance. Sur ce nombre, et c'est un fait bien digne d'observation, il y en a cinq (68-72, p. 4 85-1 88) à plaque rostrale unguiforme. Leur place, par cela même, se trouve naturellement marquée dans le genre très-particulier des Omjchocéphales .

On compte cinquante-quatre colubriformes Aglyphodontes (74-127). Trois familles de ce sousordre ( Acrochordiens, Upérolissiens et Plagiodontiens) , exclusivement asiatiques , ne sont pas représentées sur notre zone africaine, et cinq autres, les Holodontiens, les Aprotérodontiens, les Calamariens, les Coryphodontiens tt les Diacrantériens ne le sont chacune que par deux ou trois espèces ou même par une seule. Il en est de même pour la famille des Leptognathiens , mais elle mérite une mention spéciale, car les trois seules espèces inscrites sur notre catalogue (444-113) font partie du genre Rachiudon (p. 498) si remarquable par son système dentaire vertébral.

Par opposition à ces différents petits groupes, il convient de citer l'abondance relative des Couleuvres à dents irrégulières. On en connaît, jusqu'à ce jour, vingt (91-4 40.) rapportées, en raison de ces irrégularités, à la famille des Lycodontiens. Elle doit, par conséquent, occuper le premier rang dans ce sous-ordre, où le second appartient aux Syncrantériens, dont on a décrit douze espèces (114- 425), parmi lesquelles il y en a sept ou huit, et, entre autres, cinq Leptophides (144-118, p. 198-199) essentiellement arboricoles.

Je me hâte d'ajouter, parce que c'est une des particularités distinctives de cette Faune, qu'elle renferme un assez grand nombre de serpents d'arbre. Ainsi, outre ceux que je viens de signaler, on connaît, dans la famille des Isodontiens, trois Vendrophides (83-85), et dans les familles énumérées plus haut, cinq espèces, qui ont un genre de vie semblable '.

1. 82, Meizodon regularis (Coryphodontien) ; 408, Lampropkis modestus, 109 , Heterolepis glaber et 110, //. bicarinatus (Lycodontiens); 127, Vromaccr oxijrhynchus (Diacrantérien)

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La même observation est applicable aux Opistboglyphes, dont neuf espèces, sur dix-neuf de la côte ouest (128-146) que ce sous-ordre comprend, sont arboricoles'.

Parmi les Protéroglyphes, dont on a déjà trouvé douze espèces (147-158) appartenant toutes à la division des Conocerques, il y a deux magnifiques serpents d'arbre (Dendraspis angusticeps et D. Jamesonii loi et 152, p. 215-2 17) 2.

Enfin, le cinquième et dernier sous-ordre, celui des Solénoglyphes, n'est représenté que par six espèces (159 164), deux Echides et quatre Echidnées, mais deux de ces dernières. [E. rhinocéros et nasicomis p. 220-221), dont le museau porte des protubérances cutanées, nous offrent des exemples très-rares de serpents venimeux ornés de belles couleurs s.

On compte vingt-neuf Batraciens (165-193) : deux Cécilies; dix Raniformes, dont huit font partie du genre Grenouille; dix Hylœformes où se trouvent surtout des espèces du genre Hyperolius (Eucnemis) essentiellement africain; six Bufoniformes et un Dactylèthre, de la famille des Phrynaglosses.

Dans ce nombre, les espèces les plus remarquables sont : 1° Heteroglossa a/ricana. Hall. (176), à cause de la structure de sa langue (p. 225) ; 2° Bufo tuberosus (190), GUnther (p. 231 ) ; 3° Hemisas guttatum, Id. (192, p. 231); 4° Dactglethra Mûlleri, Peters (193, p. 231).

1 . Ce sont les suivantes : quatre Anisodontiens (131 Bttcephalus fijpus, trois Psammophides, 133, 134, 136); quatre Dipsadiens (trois Dipsas [143-145] et 146, Dipsadoboa) ; un Oxycéphalien (128, Cladoph is Kirtlandii) .

2. M. Gunther (loc. cit.) a mentionné la remarquable abondance des serpents d'arbre sur toute l'étendue de la région paléotropicale de l'ouest (Voyez, page 237 note 2, les limites de cette région). Il résulte des détails dans lesquels je viens d'entrer que cette remarque peut être également faite pour les espèces de la côte occidentale.

J'ai appelé déjà l'attention ( p. 154) sur ce caractère remarquable de la faune qui nous occupe.

3. La liste ne comprend aucune espèce du groupe des Solénoglyphes Bothropbides, mais il n'y a pas lieu d'en être surpris, car ces serpents munis de fossettes lacrymales ou labiales n'ont encore jamais été vus en Afrique.

Parmi les genres sans fossettes, constituant le groupe des Vipériens, il en est un qu'on peut s'attendre à rencontrer sur les terrains arides et sablonneux de la région occidentale. C'est celui des Cérastes, qui habite, dans le continent africain, des contrées fort différentes, non-seulement au nordest, en Égypte, mais les régions australes {Cérastes xgyptiacus, C. lophophrys et C^caudalis).

Il y a même une espèce asiatique [C. persicus). De semblables points de contact entre les faunes de l'Afrique et de l'Asie ne sont pas très-rares. J'en ai parlé plus haut (p. 157, note 2).

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