‹ Reptiles et poissons de l'Afrique occidentale. Étude précédée de considérations générales sur leur distribution géographiqueChapitre 34 sur 57 · COTE OCCIDENTALE D'AFRIQUE · texte numérisé non relu

COTE OCCIDENTALE D'AFRIQUE

CHONDRICHTHES OU POISSONS CARTILAGINEUX. PLAGIOSTOMES HYPOTRÊMES OU RAIES.

Myliobatides.

Le genre Myliobate a été établi par mon père pour les Mourines ou Aigles de mer à grandes dents en pavé des anciens ichthyologistes (Cuvier, R. anim., lre édit., t. II, p. 137). Depuis cette époque, ce genre si naturel a subi successivement des divisions, et les différentes espèces font aujourd'hui partie d'un groupe constituant, dans l'histoire des Poissons plagiostomes de MM.J. Mùller et Henle, la famille des Myliobatides (p. 176). Celle-ci a pour caractères essentiels : 1° la conformation bizarre du système dentaire, dont les larges plaques sont destinées à agir l'une sur l'autre comme les deux pierres d'une meule; 2° la proéminence médiane antérieure résultant de ce que la racine des pleuropes ou nageoires pectorales perd ses rayons sur les côtés delà tête qui, lesconservant en avant, se trouve ainsi munie d'une sorte de nageoire céphalique; 3° la grande étendue transversale des pleuropes comparés, en raison même de cette conformation, à des ailes d'oiseau de proie. Comme les Pastenagues, d'ailleurs, toutes les espèces de Myliobatides ont une longue queue en fouet munie d'un ou de plusieurs aiguillons.

Ce groupe comprend trois genres, dont l'un, celui des Rhinoptères, pour en citer seulement le caractère le plus remarquable, offre cette particularité que le museau est profondément divisé par une échancrure médiane.

Dans les deux autres genres (Myliobate et Aétobate), l'appendice céphalique est entier.

Archives du Muséum. T. X. 31

ARCHIVES DU MUSÉUM

Chez les espèces rapportées au premier de ces deux genres, le bord antérieur des valvules nasales réunies est droit, et il en est de même de celui des mâchoires, dont les dents occupent toute la largeur, les grandes plaques hexagonales ayant à leurs extrémités de petites pièces quadrangulaires en pavé.

Chez les Aétobates, au contraire, le bord commun des valvules nasales est profondément échancré et les dents n'occupent pas toute l'étendue transversale des mâchoires, dont l'inférieure se prolonge un peu en pointe au-devant de la supérieure.

C'est à ce dernier genre qu'appartient une espèce rapportée par M. Aubry- Lecomte, des eaux qui baignent les côtes du Gabon, et dont la description ne paraît pas avoir encore été donnée.

Elle prend, dans nos collections, en raison de la forme de son appendice céphalique, le nom de :

XI. Aétobate large-museau, Aetobatis latirostris, A. Dum. Pl. XX, fig. 1.

Museau arrondi, dont la longueur, égale aux deux tiers de sa largeur, est presque le triple de la longueur des valvules nasales; catopes allongés, dépassant des deux tiers de leur étendue l'extrémité terminale des pleuropes; sur un fond brun-noirâtre, des taches blanches arrondies, irrégulièrement dispersées et occupant toute la région supérieure de ranimai.

Ce dernier caractère et tout l'ensemble de la conformation de ce Poisson le rapprochent de Y Aétobate narinari. Il est cependant facile de l'en distinguer. Ainsi, dans l'espèce nouvelle, le museau est plus long, mais il est en même temps plus large dans toute son étendue, et, par suite, il est plus arrondi à son bord antérieur, qui est à peine saillant dans sa région moyenne.

Le bord antérieur des pleuropes s'écarte moins de la direction horizontale que chez l' A. narinari. où ces nageoires se portent plus brusquement en bas et en arrière ; les catopes de l'espèce nouvelle sont notablement plus longs, car leur extrémité est beaucoup plus éloignée de l'angle postérieur des pleuropes. L'épiptère, tout en conservant les mêmes dimensions proportionnelles relativement aux catopes, a plus de longueur. Enfin, les taches blanches sont bien plus grandes et plus espacées, et il en résulte que leur nombre est moins considérable K La teinte générale d'ailleurs est plus foncée.

Quant aux autres caractères fournis par le système dentaire et par la forme ou les dimensions de la queue, ils n'offrent pas de particularités importantes à noter, .le ne compare point l'Aétobate fouet (A. flagellant, Miill., Henle [Bloch]) à VA. large-museau :

4. Sur l'une des ailes de YAét. large-museau, je compte à peine cinquante taches blanches d'un diamètre deOm008 à (T009, tandis qu'il y en a au delà de cent, d'un diamètre de O-OOi à 0m006, sur l'une des ailes d'un A. narinari de taille un peu inférieure.

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la forme même de son appendice céphalique leloigne tout autant de la nouvelle espèce que de VA. narinari.

Dimensions : de l'extrémité du museau au bord postérieur de la base des catopes, 0n,26; longueur de la queue, à partir de cette base jusqu'à l'extrémité du fouet, 1m05; largeur : de l'angle externe de l'un des pleuropes à l'angle externe opposé de l'autre nageoire, (P51.

Cette espèce est fondée sur l'examen d'un individu unique rapporté des côtes du Gabon par M. Aubry-Lecomte.

CHONDROSTICHWES OU POISSONS FIBRO-CA R TILA G /NE L TX.

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