Voyage dans l'Afrique australe. 1847. 2 vol. in
11. Illustrations of llie zoo/, of S. Africa, en particulier, Reptiles, 18 , et Poissons. 1 849, planches avec un texte explicatif.
Tout récemment, M. le comte Francis de Castelnau, consul de France au Cap, y a formé des col-
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On n'a cependant parcouru qu'une petite partie de ce pays, dont d'immenses étendues sont encore inconnues aujourd'hui, surtout dans sa région centrale. Tant de difficultés s'opposent aux courses lointaines dans ces contrées presque inaccessibles, qu'on ne saurait trop admirer les entreprises récentes et hardies de certains voyageurs.
Je n'ai point à tracer leur itinéraire, car si la courageuse persévérance qui soutenait leur ardeur a rendu les plus utiles services à la science des géographes, elle n'a fourni qu'un assez faible contingent à la zoologie, comme il est facile de le concevoir, en raison des obstacles de tout genre dont ils étaient entourés. Plus heureux que ceux-ci , d'autres, au milieu de circonstances moins défavorables, visiteront de nouveau la mer intérieure du Soudan oriental : le lac Tchad ouTsad. (Voyez sur la carte géographique annexée à ce travail la route suivie par M. le Dr Barth.)
lections de Reptiles et de Poissons remarquables par le nombre des échantillons recueillis dans un court espace de temps.
Je ne cite ici que les voyages récents sur le continent africain et qui ont le plus servi les progrès de la zoologie. Beaucoup d'autres, mais moins importants à notre point de vue, sont mentionnés par M. A. Lasègue dans le livre où, tout en s'occupant plus spécialement des végétaux, puisque c'est une description et une histoire du Musée botanique de M. Delessert, 1845, il a cependant parlé de bien des voyageurs qui ont récolté des animaux en même temps que des plantes (p. 1 60 1 85 et 504).
Une grande partie du 4e volume (p. 1-367) de la Bibliothèque universelle des voyages de Boucher de la Richarderie, 1808, est consacrée à l'analyse des voyages en Afrique; ils sont groupés dans cinq Sections suivant les divisions géographiques de ce vaste pays,
1. Des trois compagnons de route, les docteurs Barth et Overweg et M. James Richardson, les deux derniers ont succombé. — Le docteur Barth, après s'être dirigé seul du Grand Lac vers Timbouktou en traversant des contrées jusqu'alors inconnues, est revenu à cette mer intérieure. De là, il a poursuivi, avec le docteur Vœgel, qui l'y a rejoint, son projet de gagner le Zanguebar.
Le grand ouvrage de Ai. Barth fournit les renseignements les plus complets sur les résultats de ses voyages, qui auront si bien fait connaître des pays jusqu'alors complètement ignorés des Européens. Il est publié en allemand ainsi qu'en anglais, et son titre, dans c-3tte dernière langue, est : Travels and discoveries in north and central Africa, 5 vol. in-8", fig., 1857-58.
Voyez sur l'exploration du lac Tchad par le docteur Overweg {Revue coloniale, t. XIV, 2e série, p. 294). On sait par lui que cette vaste nappe d'eau nommée aussi Tsâd, Grand Lac, qui s'étend du KT au 15" degré de latitude boréale, a une cinquantaine de lieues de longueur; elle est peu profonde même dans ses parties centrales. Ses bords, couverts de roseaux où s'abritent les Crocodiles et les Hippopotames, se prolongent en terrains marécageux. Il s'y trouve également des Tortues (Barth, Travels, t. I, p. 542, et t. III, p. 74.
On viendra à mieux connaître et Ton connaît déjà moins imparfaitement, comme le prouvent en particulier les collections récentes de M. le comte de Castelnau, le lac N 'garni de l'Afrique australe, découvert en 1849 par le révérend David Livingstone, médecin et missionnaire protestant, avec qui MM. Oswell et Murray, en lui prêtant le secours de leur fortune, partagèrent l'honneur et les dangers de l'expédition l. (Voyez sa route sur la carte ci-jointe.)
Les explorations deviendront plus fréquentes entre la côle du Zanguebar et l'immense mer intérieure dite mer d'Uniamési ou de
1. Le trajet se fit dans la direction du sud au nord. Pendant 300 milles, en traversant le vaste désert du Kalahari, qui s'étend entre les 20e et 26e degrés de longitude et les 21e et 27e de latitude, les voyageurs eurent beaucoup à souffrir du manque d'eau. « On peut se représenter leur joie, dit M. le pasteur II. Paumierdans un récit abrégé, mais très-exact, tics découvertes du docteur Livingstone (Y Afrique ouverte, 1858, p. 37), lor?que après tant de jours du plus pénible voyage, ils virent cesser ces régions désolées et se trouvèrent sur les bords d'un cours d'eau large et profond, le Zouga, tout ombragé d'arbres magnifiques dont quelques-uns leur étaient inconnus. Accueillis avec l'hospitalité la plus cordiale par les habitants disséminés sur ses rives, ils apprirent que le Zouga sortait d'un lac, le lac N'gami, situé à 300 nulles plus au nord. Ils atteignirent cette vaste nappe d'eau longue d'environ vingt lieues, et que nul Européen n'avait encore visitée. »
Plus tard, en 1853, un jeune Suédois, M. Andersson, fut le premier qui, de la côte occidentale de l'Afrique, pénétra jusqu'au lac [Nouv. Ann. des voyages, 1854, t. III, p. 116).
Un nouveau voyage du docteur Livingstone, en 1833, a conduit cet intrépide explorateur bien au delà de ce lac. Il est allé jusqu'au Zambèze, dont il a remonté le cours, puis il a atteint les confins du territoire d'Angola, et il est arrivé à Saint-Paul de Loanda, sur la côte occidentale d'Afrique, parcourant ainsi, depuis le cap de Bonne-Espérance, une distance de 2,500 milles, après avoir traversé de vastes contrées inconnues, au milieu de fatigues et de périls sans nombre.
Il est revenu ensuite, non sans de nouveaux dangers, vers les régions centrales. Durant ce voyage, il a découvert lé hic Dilolo, situé vers le M* degré de latitude sud à 1,350 mètres environ au-dessus du niveau de la mer, mais à 350 mètres plus bas que la chaîne de montagnes qui entoure le bassin central de l'Afrique, ancienne mer intérieure sans doute desséchée par suite de soulèvements volcaniques. Nous verrons plus loin l'influence remarquable que ces conditions géologiques des régions centrales généralement admises aujourd'hui paraissent avoir exercée sur la distribution des Reptiles à la surface de ce vaste continent.
Rentré à Lynianti, Livingstone entreprend un nouveau voyage de l'ouest à l'est, en suivant le Zambèze, qui l'a amené à ses embouchures, sur la côte de Mozambique, à Quillimane, d'où il a fait voile pour l'Angleterre, à la fin de 1856.
On peut consulter sur le lac N'gami, l'extrait des voyages de M. Livingstone, par M. Paumier, ou mieux encore l'ouvrage que ce courageux missionnaire a lui-même publié [Missio7iary trare/s and researches in south Afrika, 1857) , et qui a été récemment traduit en français , ainsi que la Revue coloniale, t. XV, 2' série, p. 198.
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Njassa, ou bien encore Ukérewé, que l'on suppose être large de 2 à 300 kilomètres, dans sa région septentrionale, et qui s'étend du 12* degré de latitude méridionale jusque vers l'équateur, c'est-à-dire sur une longueur de plus de 1 ,200 kilomètres1.
Outre les voyages accomplis dans le but de visiter les régions australes et le centre de l'Afrique encore si peu connu malgré ces hardies et périlleuses tentatives dont je viens de rappeler, d'une façon très-sommaire, quelques-uns des principaux, résultats, d'autres entreprises doivent être mentionnées. Je veux parler des efforts faits à différentes époques pour arriver à connaître les sources du Nil, ainsi que le cours et les bouches du Niger.
Le premier de ces fleuves résulte, on le sait maintenant, de la jonclion du fleuve Blanc, que l'on suppose venir des montagnes de la Lune, et du fleuve Bleu, dont la source est plus à l'est en Abyssinie, mais le Nil n'est pas eucore suffisamment connu dans les régions où ses deux principales branches prennent leur origine.
Les vice-rois d'Egypte, dans les vingt dernières années , n'ont rien
1. Dès 1835, l'attention avait été appelée sur ce grand lac d'eau douce qu'on dit être abondant en poissons qui nous sont encore inconnus, et dont les géographes anciens et du moyen âge n'avaient parlé qu'en termes vagues. Cependant il ne fut signalé d'une manière précise qu'en 4 848, grâce aux renseignements fournis à MM. lïebmann et Erhardt par les hommes faisant partie des caravanes, puis aux actives investigations de ces deux pasteurs. Les caravanes, pour les besoins du commerce entretenu avec les navires européens qui fréquentent la côte du Zanguebar, gagnent les régions centrales par trois ou quatre routes tra-'ées de l'est à l'ouest. Elles se dirigent ainsi vers cette mer intérieure, dont la distance, en partant de la côte, ne peut pas êire franchie en moins de quatre-vingts jours, la journée étant de six à huit heures de marche. Trente jours suffisent pour les caravanes qui partent de Quilloa, port situé un peu au-dessus du 9e degré de latitude sud.
Les Nouvelles annales des voyages (6e série, 2e année, t. II, 1856, p. 257 et 272) renferment deux articles irès-intére^sants sur plusieurs des explorations entreprises depuis une vingtaine d'années dans les régions centrales de l'Afrique. L'un, dû à M. V. A. Malte-Brun, est une Notice sur les découvertes récentes des missionnaires dans l'Afrique équatoriale et sur l'existence de plusieurs grands lacs dans l'intérieur de ce continent. L'autre travail e?t un Mémoire de M. J. Erhardt, pour l'explication de la carte de l'Afrique orientale et centrale composée par lui et par M. J. Rebmann.
On trouve de bons résumés des voyages à travers l'Afrique intérieure dans l'excellent recueil qui se publie depuis 1833 sous le litre de Magasin pittoresque. Vf""ez, en particulier, 1851, p. 30 et 46; 1855, p. 321 ; 1856, p. 327 et 384.
épargné pour faire explorer les contrées que baigne le Nil Blanc1.
Un des voyages les plus récents sur ce grand cours d'eau est celui de M, Vaudey, que la mort accidentelle et tragique de cet intrépide voyageur est venue interrompre à !a (in de 1S5o, ou vers le commencement de 1854, au moment où il allait adresser de nouvelles richesses au musée de Turin, qui avait déjà reçu de lui un premier et important envoi (Nouv. Ann. des Voy., 5' série 1854, t. III. p. 117).
Quant au Niger, ce fleuve mystérieux, comme on le désigne quelquefois avec raison, à cause des hypothèses nombreuses et variées auxquelles a donné lieu son cours , qui décrit sur le sol de l'Afrique centrale un grand arc irrégulier de 900 lieues au moins de développement, on est bien loin encore d'en posséder une connaissance parfaite2. On manque particulièrement de notions sur la faune de
1. L'illustre Méhémet-Ali ordonna une première expédition en 1839 et 1840, commandée par le capitaine Selim, puis une seconde, qui (ut exécutée de 1840 à 1842, et enfin une troisième. La direction scientifique des deux dernières fut confiée à un Fiançais, M. d'Arnaud. Elles eurent les plus heureux résultats pour la zoologie, car nos collections renferment un assez grand nombre d'animaux intéressants recueillis par les soins de cet habile ingénieur. — Tout récemment, une nouvelle exploration devait être entreprise et dirigée par M. le comte d'E^cayrac de Lauture qui, dans l'ouvrage qu'il a publié en 1853 : Le désert et le Soudan, a signalé les incertitudes des géographes touchant l'origine du Nil Bl me. Sans oser se prononcer, comme il le fait remarquer, sur une question si difficile et qui dnise tant d'hommes éminenls, il pense qu'on peut regarder aujourd'hui comme probable que ce fleuve prend sa source au sud de l'Equateur, vers le 6' degré environ et sort d'un grand lac, dont il a lui-même entendu parler à Zanzibar (p. 63). — Voyez, à ce sujet, {Bull. Soc. Géogr. Paris, 1859), les résultats de l'expédition de MM. Burton et Speke.
2. A l'occasion du voyage déjà mentionné plus haut et accompli par le docteur Barth qui. du lac Tchad, s'est dirigé à l'ouest vers Timbouktou, en remontant le cours du Niger dans la zone comprise entre les 10e et 20e degrés de latitude nord, l'illustre professeur Cari Ritter, de Berlin, a publié un important, travail. Ce morceau, habilement annoté par M. Gumprecht. a été traduit en français dans les Nouv. Ann. des voyages, 5e série, 10e année, 1854, t. III, p. '257-297, sous ce titre : Les explorateurs du Soudan occidental et du cours du Niger depuis le xvie siècle jusqu'à nos jours. Là, se trouvent frï nombreux et intéressants détails sur cette question ardue de géographie. Elle avait été, au reste, savamment étudiée déjà par un lieutenant de la marine anglaise, M. Bêcher, dans une introduction historique au Journal d'une expédition entrepiise par les frères Richard et John Lander dans le but d'explorer le cours ainsi que les embouchures du Niger, et traduit dans notre langue par M"" Louise Sw. Belloc, en 1832. — Je dois, en outre, signaler un livre tiès-riche de faits dû à M. F. de Lanoye : Le Niger et les explorations de l Afrique centrale depuis Mungo-Park, jusqu'au docteur Barth, 1858.
Archives du Muséum, T. X. W
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ses eaux et des pays qu'il traverse. Nous devons le regretter, car il est compris en partie dans les régions du continent africain dont je me propose de décrire dans ce mémoire les reptiles et les poissons.
Appelé à déterminer et à classer une assez riche collection rapportée du Gabon par l'habile aide-commissaire de marine, M. Aubry-Lecomte, et offerte par lui au Muséum, qui déjà possédait, par les soins de M. Bouët, commandant supérieur du Gabon et de MM. les docteurs Franquet et Petit chirurgiens de la marine, un certain nombre d'espèces de la même contrée, j'ai pensé devoir étendre le cadre de cette étude. Tl m'a semblé que je répandrais peut-être sur mon travail plus d'intérêt, en élargissant la zone un peu circonscrite dans laquelle je devrais me renfermer si je ne parlais que des animaux du Gabon.
J'ai donc rassemblé, pour les soumettre à un nouvel examen comparatif, toutes les espèces de reptiles et de poissons que le Musée de Paris a reçues soit anciennement, soit depuis peu, d'une portion assez étendue de l'Afrique occidentale. Laissant de côté le grand désert du Sahara, dont les animaux nous sont encore presque complètement inconnus, j'ai pris pour limite supérieure les confins du Sénégal, un peu au dessus de Saint-Louis, c'est-àdire le 17e degré de latitude nord. L'équateur, ou plutôt le Gabon, qui s'étend à peine au delà, établit la limite méridionale de cette région, dont la côte et quelques-unes des îles voisines (Gorée, les Bissagos, celles de Fernando-Po, du Prince et de San-Thomé), sont jusqu'à présent les parties les moins incomplètement explorées. Aussi, est-il à peine nécessaire d'ajouter que cette zone, qui comprend ainsi la Sénégambie et la Guinée, est presque exclusivement celle du littoral de ces vastes régions. (Voy. la carte ci-jointe.)
Sur ce littoral, je dois citer en particulier l'État de Liberia1, car sa faune a été l'objet d'études déjà nombreuses de la part des
H. L'État de Liberia, dont la capitale est Monrovia, a été fondé à la Côte des graines en 1820, sur les bord? et à l'embouchure du Mesurado, vers le 7e degré de latitude nord par la Société de coloni-
Américains, et le Gabon. A peine connu jusqu'à présent des naturalistes, ce petit territoire, dont le nom est celui du fleuve qui le parcourt, resta pendant longtemps sans importance poulies Européens. C'est, en eflet, dans l'année 1842 seulement, que fut décidée la fondation d'un établissement français sur les bords du golfe formé par l'embouchure du Gabon. En 1845, des missionnaires français y abordèrent, mais déjà depuis un an, le missionnaire américain Wilson cherchait à répandre la parole de Dieu parmi les populations riveraines l.
sation des hommes de couleur libres des Etats-Unis siégeant à Washington. Ses commencements furent difficiles à cause des attaques dirigées contre les nouveaux colons par les tribus environnantes. Aujourd'hui cependant, sa prospérité s'est beaucoup accrue, et autour du Liberia proprement dit, il y a une population indigène, de 3 à 400,000 âmes, qui subit, d'une façon plus ou moins directe, l'influence de cet état républicain. — Plus au sud, également en Guinée, et sur la même côte, près du cap des Palmes, la Société de colonisation particulière de Baltimore a fondé, en 1831, une colonie analogue, sorte de satellite de la précédente : « Maryland in Liberia. »
A l'occasion de ces nouveaux établissements, dont l'importance pourra s'accroître beaucoup, Y Annuaire des Deux Mondes, 1857-58, p. 882, a présenté des considérations très-intéressantes relatives aux changements survenus depuis quarante ans sur la côte de Guinée. Ainsi, des ports y ouvrent aujourd'hui leur refuge; la traite y a presque entièrement disparu; des villes se dressent avec leurs magasins, leurs hôpitaux et leurs autres établissements d'utilité publique; nombre de petits bâtiments entretiennent entre elles un commerce actif et leur portent les produits mutuels de leurs industries.
1. En 1819, Edw. Bowdich, dans la relation d'une mission au royaume d'Achanti accompagnée de notices géographiques ^ur d'autres parties de l'Afrique intérieure {Mission from cape Coast castle to Ashantee, etc.), a consacré le chap. xm de la 2e partie de son ouvrage au Gabon, dont il trace une esquisse détaillée (p. 422-452). Il y traite non-seulement de la situation géographique du fleuve et du pays que baignent ses eaux, mais des particularités relatives aux usages et aux mœurs de ses habitants.
Depuis lors et assez récemment, on a eu, par différents voyageurs, de nouveaux détails instructifs et pleins d'intérêt sur ce pays maintenant ouvert à notre civilisation et à notre commerce.
Je citerai, en particulier, M. Hecquard, officier supérieur de nos armées et ancien commandant du du fort de Backal ( Voy. sur la côte et dans l'inlér. de l'Afr. occident., 1853); M. Léop. de Folin (extraits dans le Magas. pitlor., 1853, p. 13 et 345); M. de Keralhet (extr. ld., 1856, p. 201); M. le capitaine Vignon, commandant militaire du comptoir fiançais au Gabon [Nom: Ann. des voy., 6e série, 2e année, 1856, t. IV. p. 281); M. L. Gautier-Laboullay, et M. le docteur E. Franquet, chirurgiens delà marine [Lettres adressées par le premier à l'administration du Muséum d'histoire naturelle de Paris, et par le second, à M. Isid. Geoffroy Saint-Hilaire, et insérées l'une et l'autre par ce professeur a la suite de son Mémoire, dans le présent volume des Archives, p. 83-96).
Ces indications bibliographiques peuvent être complétées par d'autres relatives aux mêmes points de la côte occidentale, et qui sont consignées par M. V. A. Malte-Brun dans des notes ajoutées au travail de M. Vignon cité plus haut.
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Cette colonie naissante, où les principaux articles de commerce sont l'ivoire et le caoutchouc, semble appelée à acquérir une grande importance, non sur la rive gauche du fleuve, qui est marécageuse et malsaine, mais sur la rive droite, à cause de la fertilité du pays. C'est ce que prouvent les heureux résultats des efforts tentés par M. Auhry-Lecomte pour y introduire des cultures nouvelles1.
On possède aussi des documents sur les îles Fernando-Po, San-Thomé et du Prince, voisines delà cote. Cette dernière île, qui appartient aux Portugais, est d'une richesse et d'une fécondité de végétation admirables, dit M. Ifecquard , et il ajoute que le Gabon est situé dans des conditions tout aussi favorables.
A notre point de vue, il offre cet intérêt particulier qu'il a procuré aux zoologistes, dans ces dernières années, des matériaux précieux. On en a la preuve par les résultats importants auxquels M. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire a été conduit dans ses études sur le grand singe nommé Gorille Gina (Archives du Muséum, t. X, p. 1-81, pl. i-viii), et qui sont complétées par les savantes recherches
4. Le nom de notre compatriote reviendra souvent dans la suite de ce travail, à cause des richesses que lui doivent les collections zoologiques du Muséum. Ce n'est cependant pas sous ce rapport seulement qu'il convient de rappeler ses titres à la gratitude publique. La Société impériale zoologique d'acclimatation en a jugé ainsi, lorsque, dans sa séance solennelle du 10 février 1857, elle lui décernait sa seconde médaille d'or hors classe, en accompagnant cette flatteuse distinction du compte rendu suivant : « De nombreuses considérations, de l'ordre le plus élevé, désignaient M. AmVry Lecomte aux suffrages de la Société. En effet, notre honorable confrère a enrichi par d'incessan's travaux, au risque de sa santé et de sa vie, un pays qui n'offrait naguère à ses habitants et aux voyageurs amenés à sa côte par le sort ou par le devoir qu'une retiaite inhospitalière et privée des choses les plus nécessaires à la vie; je veux parler du Gabon. Ce pays doit à M. Aubry-Lecomle de nombreuses introductions et acclimatations : la création d'un troupeau de bœufs qu'il s'est procuré dans le royaume de Bénin, et un grand nombre de plantes alimentaires. Les services qu'il a rendus au Gabon peuvent se diviser en deux classes. Dans la première, nous rangerons les cultures destinées au bienêtre de la Colonie : telles sont celles du Café, du Cacao, de la Vanille, de la Cannelle, de l'Arbre à pain et de beaucoup d'autres végétaux. Dans la seconde, nous placerons les cultures affectées pour ainsi dire aux étrangers, celles des légumes d'Lurope, qui ont tous réussi, hormis la Pomme de terre. Dans les deux classes, une égale recor.naisance est acquise de la part des indigènes et de la part des voyageurs à M. Aubry-Lecomte, au bienfaiteur de cette contrée maintenant, grâce à lui, riche et hospitalière. » (Rapport au nom de la Commission des récompenses par M. le comte d'Eprémesnil, secrétaire-général, Bullet. de la Soc. d'acclimat., 1857, p. lxviii).
REPTILES ET TOISSONS DE l'aFRIQL'E OCCIDENTALE. 149
anatomiques de M. Richard Owen, et de Duvernoy (Àrch. du Mus., t. VIII, p. 1-248, pl. i-xvi). Dans ce même recueil, M. le docteur Pucheran (t. X, p. 103-135, pl. lx-xii) a fourni , tout en poursuivant ses investigations sur la géographie zoologique, de nombreux Documents relatifs à la mammalogie du Gabon.
Par la publication de ses Esquisses zoologiqaes su?' la côte de Guinée, 1857, Temminck a fait connaître, en ce qui concerne les mammifères, les heureuses conséquences des efforts tentés par son compatriote, M. Pel, pour l'accroissement des collections de la Hollande.
M. Harllaub a donné, en 1857, un travail ayant pour titre : System der Ornithologie West-Africa? s , et M. John Cassin a dressé un catalogue descriptif des oiseaux recueillis par M. P. B. Du Chaillu, en 185G, sur les bords de la rivière Muni [Proc. Acad. nat. se. Philad., 1857, p. 33 et suiv.).
Un certain nombre d'insectes de cette région spéciale du continent africain viennent d'être récemment décrits
Pour les poissons, je dois surtout citer MM. Cuvier et Valenciennes.
Des reptiles recueillis dans les mêmes parages ont été examinés dans divers musées par M. .Tan; à Londres, par M. Gray, ainsi que par M. Gùnther; à Hambourg, par M. Fischer, et à Philadelphie, par M. Hallowell.
En réunissant les documents dont on doit la possession à ces erpétologistes et ceux que le Musée de Paris a fournis, on peut dresser une liste déjà assez considérable des reptiles de l'Afrique occidentale2. Je le montrerai à la fin de ce travail dans lequel je
1. Les collaborateurs de la faune entomologique du Gabon, publiée dans les Archives de M. Thomson, sont : 1° M. Thomson lui-même, pour les Coléoptères; 2° M. Fairmaire, pour les Orthoptères et les Hyménoptères; 3° M. Signoret, pour les Hémiptères; 4° M. Bigot, pour les Diptères, et 5° M. II. Lucas, pour les Arachnides et les Myriapodes. De plus, M. Chevrolat a fait connaître un assez grand nombre de Coléoptères longicornes de l'Afrique occidentale (Rev. zool., -1855-1858.)
2. Une semblable, énuméiation, mais où se trouvent des lacunes, a été faite par M. Gray {Proceed. zool. Soc. Lond., 1858, p. 154 et suiv.). M. Hallowel a signalé tous les reptiles trouvés jusqu'en 1857 dans le Liberia et dans le Gabon [Proc. Je. nat. se. Philad., 1857, t. IX, p. 71).
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veux, reprendre et surtout compléter les éléments que, dès 1856 l, je m'étais efforcé de fournir pour la faune erpétologique du Gabon, qui n'est encore que bien imparfaitement connue.
Aujourd'hui, ne me bornant plus à cette contrée, j'agrandis, comme je l'ai dit plus haut, le cercle où je m'étais d'abord renfermé. Je voudrais ainsi étendre un peu, s'il m'est possible, le domaine encore si restreint de la zoologie sur ce vaste continent, dont les faunes partielles, que je viens de mentionner, permettent de prévoir combien serait précieux le butin que des explorations moins circonscrites fourniraient à la science.
Nous connaissons cependant un nombre d'espèces africaines assez considérable déjà pour avoir la preuve que l'étude des Poissons, mais surtout des Reptiles de la côte occidentale soulève une question intéressante de géographie zoologique. Je veux parler de celle qui a trait à la délimitation de leurs zones d'habitation. En d'autres termes, y a-t-il une faune spéciale pour chacune des régions de ce vaste continent? Et d'abord, si nous nous appuyons sur les données encore bien incertaines fournies par nos connaissances zoologiques, quelles seront ces régions? Conviendra-t-il, par exemple, de diviser en trois portions très-inégales, il est vrai, le continent africain : la zone torride, puis les zones placées, l'une au-dessus du tropique du Cancer et l'autre au-dessous du tropique du Capricorne?
Ou bien y a-t-il, au contraire, quatre régions : une pour le nord, étendue jusqu'aux sommets les plus reculés de l'Atlas; une autre pour le sud, depuis le cap de Bonne-Espérance jusqu'au lac N'gami, ou jusqu'au Zambèze2, c'est-à-dire occupant les espaces compris entre les 35e et 20e degrés de latitude australe; une troisième pour l'est, depuis le Caire jusqu'à ce 20e degré, qui est un peu inférieur à la limite méridionale de la côte de Mozambique, ou jusqu'au Zam-
\. Notes sur les Reptiles du Gabon. [Revue de zooL, t. VIII, 25 série, 1856, p. 373 et suiv., pl. xx et xxi.)
2. Je prends ce lac et ce fleuve comme bornant au nord cette région, parce que ce sont, dans l'Afrique australe, les points extrêmes des explorations faites du Cap vers le centre.
bèze, dont le cours vers ses embouchures semble suivre cette limite; une dernière enfin, pour l'ouest, commençant au sud de l'A lias et prolongée jusqu'à la même latitude équatoriale que la précédente1?
Dans ces termes, la question, ni d'une façon, ni de l'autre, n'est posée comme elle doit l'être. Il ne faut pas, en effet, dans la recherche des lois delà distribution des animaux à la surface du globe, s'attacher trop servilement aux divisions établies par les géographes. Ce serait s'exposer à méconnaître des influences très-manifestes : savoir celles des températures en grande partie indiquées par les latitudes2, mais surtout celles plus importantes des conditions météorologiques. La composition du sol; sa disposition, suivant qu'il est plat ou montagneux: la richesse de sa végétation ou son aridité; sa sécheresse ou l'abondance de ses eaux, jouent un rôle considérable dans la répartition des espèces.
On peut même dire que cette répartition, bien qu'il n'en soit pas toujours ainsi, est le plus habituellement sous la dépendance des températures et des conditions géologiques propres aux contrées dont on compare les populations animales. Qnelques faits relatifs à l'erpétologie et à l'iclitliyologie africaines témoignent de la réalité de cette assertion5. Ainsi, sur divers points du Sahara fort éloignés cependant les uns des autres, tels que la portion égyptienne de ce désert et la limite la plus méridionale du territoire algérien, on rencontre certaines espèces identiques : Varanus arenarius, Dum.
1. L'Afrique, selon la division du globe en six vastes parties proposée par M. Sclater dans son Essai sur la distribution géographique des oiseaux (Proc. Linn. Soc. Lond. février 1858), appartient, pour les contrées situées au nord de l'Atlas, à ce qu'il nomme regio palsearctica, et, pour le reste du continent, à la région dite par lui palaeotropicale de l'ouest ou regio œthiopica. Cette division a servi de guide à M. Gunther pour sa Distribution géograph. des Rept. [Serp. et Batr.) in Proc. zool. Soc. lond., 1858, p. 373-398, travail intéressant que j'aurai plus d'une fois occasion de citer dans cette Étude sur la faune erpétologique de l'Afrique occidentale.
2. Dans la division en zones torride , septentrionale et méridionale, on semble tenir compte des latitudes; on est bien loin, cependant, d'avoir affaire dans une même zone à des climats identiques.
3. Je ne dois pas omettre de mentionner ici, d'une manière toule spéciale, les belles considérations que M. Schlegel a présentées sur la remarquable influence exercée par la constitution physique du continent africain sur sa population animale [ Essai phys. Serp.; Distr. géogr. 1" part , p .212-218).
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Bib., Uromastîx acanthimirus, Bell, Gongylus ocellalus, WagL., reptiles des sables qu'on trouvera sans cloute dans toute l'étendue du désert, quand on le connaîtra mieux.
A ces faits, il convient d'eu joindre d'autres, qui se rapportent à une dispersion encore plus remarquable d'espèces non identiques, mais appartenant à un même genre très-bien caractérisé. Au Sénégal, par exemple, il y a un Geckotien du genre Stènodaclyle, dont les espèces, comme on pouvait le supposer d'après la conformation de leurs doigts à bords dentelés, et comme on le sait par l'observation directe, vivent dans le sable et s'y creusent des retraites. J'ai nommé ce reptile sénégalien Stenodaetijlus caudicinctus. Or, dans diverses régions sablonneuses d'Afrique, en Egypte, au sud de l'Algérie et jusque dans le voisinage du Cap, on trouve d'autres Sténodactyles : St. quttalus, Cuv., St. mauritaniens, Guich., St. garrulus, A. Smith.
Parmi les Lacertiens pristidactyles, c'est-à-dire à doigts dentelés sur les bords et carénés en dessous, vivant dans les lieux secs ou dans le sable et que M. Fitzinger a réunis dans un genre auquel il a donné le nom significatif de Acanlhodactyle , il y a des espèces du nord et de l'est, ainsi que du sud de l'Afrique. Il sufïit d'en citer trois seulement, une pour chacun de ces points : A. lineomaculatus, Dum. Bib., A. scitlellatus, Id. Id., A. capensis, A. Smith.
Ici doue, la conformité de composition du sol explique la distribution géographique des espèces que je viens de nommer.
Si, à l'est et à l'ouest, nous trouvons des reptiles semblables, ne sera-ce pas à la présence des grands cours d'eau qui parcourent ces régions que pourra être attribuée cette dispersion singulière? La présence des mêmes espèces dans le Sénégal et dans le Nil semblent le prouver. Par son bras le plus méridional ou Fleuve Blanc, le Nil, qui commence vers le Ier degré de latitude sous-équatoriale ou même plus au sud (p. 14?, note 1), s'étend jusque vers le 33e. Le Sénégal, au contraire, dont la source est voisine du 10e degré, ne dépasse
guère le \T . C'est donc seulement clans une petite partie de son étendue que l'immense fleuve qui baigne l'Abyssinie, la Nubie et l'Egypte occupe une position correspondante à celle du Sénégal. Or, sur ce dernier fleuve, comme sur les différents points du Nil, on rencontre le Crocodile vulgaire et le Saurien connu sous le nom de Tupinambis ( Varanus niloticus). La grande tortue molle, Gymnnpus (Trionyx) œgijplïacus, Geoffr., vit au milieu des eaux, non-seulement du Nil Blanc et de la partie du fleuve qui arrose la basse Egypte, mais aussi à l'ouest, et beaucoup plus au sud près de l'Equateur, puisque nous l'avons reçue de l'embouchure du Gabon1.
Au reste, le fait de la ressemblance entre les populations du Sénégal et du Nil n'a pas échappé à M. Valenciennes qui, dans ses descriptions des Silures (Hisl. poiss., t. XIV, p. 378), insiste sur cette particularité à l'occasion d'espèces appartenant aux genres Scliilbe et Bagre, dont les unes sont très-analogues entre elles, et dont les autres ne présentent même pas la moindre différence spécifique.
Le Nil n'est pas le seul fleuve où se trouve un Silure électrique. Une espèce de ce groupe de poissons douée des mêmes propriétés [Malaplerurus Beninensis, Murray), a été rapportée du vieux Calabar où M. Thomson a été témoin des effets remarquables qu'elle peut produire en déchargeant son électricité2.
Voilà sur l'extension géographique des genres et des espèces un certain nombre de faits sur lesquels je reviendrai nécessairement plus tard. Il me suffit d'avoir montré par ces exemples que les conditions de température résultant de la similitude de situation de certains pays, suivant qu'ils sont également éloignés ou rapprochés de l'équateur, ne suffisent pas toujours pour expliquer comment des animaux semblables occupent, sur un même continent, des
1. Je cherche plus loin à expliquer l'influence que semble avoir dû exercer sur la dissémination des Reptiles la disposition du sol africain, dont j'ai déjà parlé précédemment à l'occasion des voyages du docteur Livingstone dans le centre du continent (Note de la page 143).
2. Je donnerai dans la partie descriptive des détails empruntés à M. Murray (Report of the î">th meeting of the British Association held at Glasgow in 1855; 1856, p. 114).
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localités fort distantes les unes des autres. Il resuite, en effet de ce qui précède que les régions arides et sablonneuses, partout où elles se rencontrent sur le territoire africain, servent d'habitation à des espèces qui peuvent par conséquent se retrouver à des distances très-considérables. De même, on voit par là que les grands fleuves fournisssant les conditions les plus favorables pour certaines espèces sont habités par elles, quelle que soit leur situation géographique sur cette vaste partie du monde.
Enfin, si dans certaines régions de l'Afrique, on trouvait, comme cela a lieu au Sénégal et sur certains points de la côte de Guinée, ainsi qu'au Gabon, une végétation abondante, on y rencontrerait sans doute des serpents très-analogues, sinon identiques à ceux qui vivent dans ces contrées1. On y verrait ces remarquables espèces arboricoles qui, telles que les Cladophides, les Dendrophid.es, les Dendraspides, etc., ont été désignées par des dénominations propres à rappeler leur genre de vie.
On observe encore en Afrique d'autres particularités relatives à l'extension des limites d'habitation des reptiles. Elles surprennent, en ce qu'elles contrastent avec ce que l'on sait, pour d'autres régions du globe, de la fixité du séjour des animaux dans des zones généralement bien circonscrites.
Le premier fait que j'aie à signaler sous ce rapport est la présence d'un certain nombre d'espèces semblables, sur la côte occidentale et au sud. Telles, sont, comme nous en avons la preuve dans le musée de Paris, les suivantes : Testudo sulcala Miller2; Pentonyx capensis, Dum., Bib., [Test, galeata, Shaw.); Chamœleo dilepis,
\. M. Gautier-Laboullay, dans sa lettre déjà citée, donne d'intéressants détails sur les magnifiques forêts vierges du Gabon, qui sont presque impénétrables (voyez, p. 84 du présent volume).
2. C'est par erreur que dans VErpét. génér., t. II, p. 79, il est dit que cette espèce vit également dans l'Amérique du sud. Elle est exclusivement africaine. (Voyez, p. 164, ce qui concerne cette Tortue de terre. ) En outre, elle cifre des différences spécifiques bien manifestes, quand on la compare à la T. panthère ( Test, pardalis, Bell), du Cap, dont elle ne serait, selon M. Schlegel {Essai sur la physion. des Serpents, p. 216), qu'une simple variété locale. Malgré toute l'autorité qui, à si juste titre, s'attache aux travaux de l'habile zoologiste de Leyde, il est impossible d'accepter cette assimilation.
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Leach; Varanus niloticus, Fitz.1; Agama colonorum, Daud.; Zonurus griseus, var. a. Dum. Bib. (Cordylus griseus, Cuv.}; Lycodon gutlalus, Smith; Lyc. capense, Sm. (Lyc. Horstokii, Schlegel); Camus rhombealus, Wagl.; Naja haje, Geoffr. ; Dendraspis ùngusticeps, A. Dum. (Naja angust., Smith); Echidna arietans, Merrem ; Bufo pantherinus, Boie, lequel, de même que YAgame des colons cité plus haut, vit aussi eu Algérie et en Egypte.
Dans ce dernier pays, et dans l'Abyssinie, il y a d'autres espèces encore que Ton retrouve à l'ouest, au Sénégal, ou sur différents points de la Guinée et au Gabon. Telles sont celles qui ont été nommées : Gymnopus œgyptiacus , Dum. Bib. (Trionyx œgijpt., Geoffr.); Crocodi/us vulgaris, Cuv.; Varanus niloticus, Fitz.; Var. oeellatus, Rùpp. ; Acanlhodactylus Savigny Dum. , Bib. (deux variétés différant uniquement par le système de coloration); Scincus ofjicinalis, Laurenti, (deux variétés pour les couleurs); Sphenops capistratus, Wagl. ; Eryx thebaicus, Et. et Isid. Geoffr. ; Psammophis moniliger, hole; Naja haje, Et. Geoffr.
En lin, beaucoup plus au sud, l'Afrique orientale possède sur la côte de Mozambique, comme on en a la preuve par les publications de M. Peters et de M. Bianconi, certaines espèces des régions de l'occident voisines de l'équateur2.
Le Musée de Paris ne renferme qu'un très-petit nombre de reptiles de la côte de Mozambique. Il ne se trouve donc dans nos collections aucun spécimen mozambien de l'une des espèces communes à cette
J'en dirai autant de plusieurs autres rapprochements proposés dans le même passage et de ceux qu'on rencontre dans la partie descriptive de son ouvrage. Ils fournissent de nouvelles preuves des difficultés nécessairement inhérentes à l'emploi d'une classification où l'on fait un usage en quelque sorte exclusif des caractères naturels extérieurs et souvent un peu vagues tirés de la ressemblance plus apparente que réelle des animaux soumis à l'étude. C'est là, s'il est permis de s'exprimer ainsi, l'exagération de l'emploi de la méthode naturelle.
1. J'ai déjà cité ce Saurien comme témoignant de la dispersion de certaines espèces sur les différents points de l'Afrique où se trouvent les conditions favorables à leur genre de vie : il habite, en effet, les rives des grands cours d'eau, tels, par exemple, que le Sénégal, le Nil et le fleuve Orange.
2. Plusieurs espèces mozambiennes appartiennent également à la faune de l'Afrique australe.
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contrée, ainsi qu'à l'Afrique occidentale, et dont je donne la liste dans la note ci-dessous1, mais j'ai pu retrouver dans un batracien du genre Dactylèthre pris au Gabon par M. Aubry-Lecomte, l'espèce du sud-est dite D. Mwlleri, Peters.
Que faut-il donc conclure de cette remarquable dispersion sur des points si divers de l'Afrique du grand nombre d'espèces que je viens d'énumérer, et auxquelles beaucoup d'autres sans doute devront être ajoutées quand nous connaîtrons mieux la faune de ce vaste continent?
On doit en déduire cette conséquence qu'il est presque impossible d'y tracer des zones bien circonscrites et, par suite, de diviser les reptiles africains en un certain nombre de groupes suivant les régions où cbacun de ces groupes se rencontrerait plus spécialement. L'Afrique septentrionale, c'est-à-dire l'étendue de pays située au nord de l'Atlas, semble faire seule exception, et l'on peut considérer comme assez nettement limitée la zone méditerranéenne, dont la faune, d'ailleurs, offre des points de contact avec celle des contrées de l'Europe méridionale qui s'avancent jusqu'à cette mer2.
A l'occident, ou, en termes plus précis, au Sénégal, sur la côte de
{. Penlonyx capemis, Dum.,Bib. ( Test, galeata, Shœpff); Crocodilus vulgaris, Qm.; Chamseleo dilepis, Leach; Faranus niloticus, Fitz.; Gerrhosaurus flavigularis, Wiegm.; Lycophidion capense, Smith (Lycodon Horstokii, Schl.); Cladophis Kirtlandii [Ox. Lecomlei), A. Dum., Psammophis moniliger, Boie; Naja haje, Geoffr.; Dendraspis angxisticeps, A. Dum. (Naja angust., Smith); Echidna arietans, Merr. ; Bufo pantherinus, Boie; Dactylellira Mûlleri, Peters.
Ces espèces ont été décrites par M. Peters dans son travail sur les Beptiles de Mozambique (Monatsber. der kœn. Preuss. Akad., 1854, p. 215 et 614-629, et JViegm. Arch., 1855, p. 43).
2. Cette communauté de population sur les différents points du bassin de la Méditerranée, déjà signalée pour les animaux vertébrés supérieurs est démontrée pour les Beptiles, par les espèces suivantes : Cistudo europœa; Chamseleo vulgaris, qui vit dans l'Espagne méridionale; Tropidosaura algira; Lacer/a viridis, (Var. concolor); Acantliodactylus vulgaris; Gongylus ocellatus; Seps chalcides; Periops hippocrepis ; Tropidonotus natrix; Tropid. viperinus ; Coronella girondlca; Cœlopellis insignitus; Rana viridis; Hyla viridis; Bufo vulgaris; Salamandra maculosa ; Salam. corsica.
Je pourrais citer également un grand nombre de poissons méditerranéens, qui fréquentent les rivages de l'Europe méridionale et ceux de l'Afrique, mais la liste en serait trop longue si je n'en voulais omettre aucun. Je me borne donc à l'indication de quelques-uns appartenant aux principales
Guinée el au Gabon, c'est-à-dire jusqu'à l'équateur, limite méridionale dec pays de l'ouest, dont nous connaissions un peu la faune erpétologique, nous trouvons des genres et des espèces que possèdent l'Egypte, la Nubie, l'Abyssinie la cote de Mozambique et même l'Afrique australe.
Ce qui rend plus remarquable encore celte extension, c'est qu'elle a lieu pour des genres d'une organisation toute spéciale qui, par conséquent, se trouvent répandus sur des régions très-diverses du continent. Ainsi, pour ne citer que les Reptiles les plus disparates, les tortues d'eau à cinq ongles a tous les membres (Pentonyx), qui forment une exception1 et les singuliers serpents à saillies émaillées de la face antérieure des vertèbres constituant une sorte d'appareil dentaire œsophagien (Rachiodon), vivent au Cap, en Abyssinieet au Gabon. Les serpents cornus ou Cérastes sont originaires du Cap et de l'Egypte. Enfin, les Dactylètkres, si distincts de tous les autres batraciens par leurs ongles, appartiennent au Gabon, à la cote de Mozambique et au cap de Bonne-Espérance2.
Si nous faisons porter ensuite notre examen non plus sur les
familles :Serranus scriba, cabri/la; Trachinus draco, araneus, ripera, radiatus ; Sphyrsena vu/garis; Trigla lineala :, hirundo, lyra; Scorpxna scrofa, porcus; Sargus Rondelet/'i, Salviani, annularis; Pagellus vulgaris, centrodonlus , acarne; Scomber vu/garis, pneumatophorus ; T/ujnnus vulgàris, thunnina; Mugi! cep/talus, capito; Julis vulgaris, xstwus ; Murasna helena ; Syngnathus Rondeletii,rubescens ; Scyllium canicula, catulus; Zygxna mallus, tudes; Torpédo narce, marmorata ; Myliobates aquila, et bien d'autres encore que je passe sous silence.
Je ferai observer que, parmi ces espèces, il y en a beaucoup qui habitent l'Océan et se pèchent sur les côtes d'Europe.
1 . Peut-être trouvera-t-on ailleurs que sur le territoire de l'Afrique australe, les Tortues qui, par la présence de quatre doigts seulement aux pattes de devant comme aux postérieures {Homopodes), forment une exception non moins singulière, dont, jusqu'ici, on a rencontré des exemples uniquement dans le voisinage du Cap et à Madagascar (Homopus areolatus et //. signatus).
2. Je devrais mentionner encore ici un genre d'une organisation spéciale et qui est devenu, par cela même, le type d'une famille particulière. C'est le Varan, dont on a recueilli des espèces trèsdistinctes, mais toutes absolument congénères : en Egypte ( Yaranus arenarius); dans cette même contrée, puis au Sénégal, au Gabon, à Mozambique et dans l'Afrique australe [y, niloticus); dans les régions traversées par le Nil Blanc ou le Sénégal (r~. ocellatus). Je laisse cependant ce groupe de côté, parce que la présence de certaines espèces dans l'Inde ( V. bengalensis, nebulosus, Picquolii, Dumerilii, bivittatus) et de quelques autresen Australie (/'. cklorosligma, varias, Bellii, Gouldii,
à-dire un ensemble de plateaux superposés et plus ou moins vastes. Le plus remarquable est celui qui semble s'étendre depuis le cinquième parallèle nord jusque vers le quinzième au dessous de l'équatenr. On peut, à l'exemple de M. Balbi , [Abrégé de géogr., p. 827), le nommer plateau austral, par opposition à celui de l'Atlas et des montagnes qui en dépendent, auquel ce même géographe impose la dénomination de plateau boréal. Or, n'est-il pas permis de supposer que, des différents étages du plateau austral, qui occupe de si vastes étendues au centre même de l'Afrique, des espèces ont pu se répandre dans toutes les directions et se trouver, par cela même, dispersées dans les diverses régions du continent? Les chaînes de montagnes, d'ailleurs, n'ont pas opposé d'obstacles à ces déplacements, puisque, à l'exception de l'Atlas, leur direction est généralement du nord au sud ou, au contraire, du sud au nord1.
Je termine ici les considérations générales sur la distribution géographique des Reptiles et des Poissons du continent et des eaux de l'Afrique, dont il m'a semblé utile de faire précéder leur histoire particulière. J'ai voulu montrer ainsi l'intérêt que présentent, relativement à leur répartition sur celte vaste partie du monde, les animaux qu'il s'agit maintenant de faire connaître.
1 . Je dois rappeler ici que M. Pucheran, dans son Esquisse sur la mammalogic du continent africain ( Hev. zoo/., 1855, p. 451 ), a émis une opinion semblable relativement à la cause de la diffusion d'un certain nombre de genres de mammifères dans les diverses régions de l'Afrique. Mes éludes sur les Reptiles de cette vaste partie du monde fournissent donc des résultats tout à fait conformes à ceux que ce zoologiste a obtenus. Il convient cependant de faire observer qu'il y a, dans la distribution géographique des Reptiles, des singularités encore plus frappantes que dans celle des mammifères.